"Des espèces sonnantes et trébuchantes".

  • Cette jolie expression du registre désuet a d'abord désigné :
    • au sens propre : de l'argent sous forme de pièces de monnaie authentiques (et non de pièces contrefaites, de fausse monnaie),
    • puis, au sens figuré, et par extension, de façon plaisante : de la monnaie fiduciaire ou "argent liquide" (pièces de monnaie ou billets de banque), par opposition à la monnaie scripturale (chèques, cartes bancaires, virements).
  • L'adjectif "sonnantes" fait référence au son clair que les pièces d'or et d'argent font quand elles s'entrechoquent et "sonnent" juste.

Pensez à Don Salluste (Guy de Funès) et à son valet Blaze (Yves Montand) dans "La folie des grandeurs", le film franco-hispano-italo-allemand réalisé en 1971 par Gérard Oury, adapté de la pièce de Victor Hugo "Ruy Blas" (1838).

Affiche du film français "La folie des grandeurs" de Gérard Oury (1971)

Et à la célébrissime scène où Don Salluste détecte à l'oreille, qu'il manque une pièce parmi les centaines que fait "sonner" son valet Blaze, au matin, afin de le réveiller : "C'est l'or, il est l'or, l'or de se réveiller, monseignor, il est huit or !".

  • Et l'adjectif "trébuchantes" fait référence à l'une des acceptions du mot "trébuchet", désignant une petite balance à plateaux permettant autrefois de peser les pièces avec précision, afin de s'assurer qu'elles pesaient bien le poids de métal précieux prévu.

Une pièce "trébuchante" avait passé l'épreuve du trébuchet, qu'elle avait emporté par sa pesanteur et correctement fait pencher.

J'ai cependant toujours été étonné pour ma part par cette expression, dans la mesure où le véritable nom de ce type de trébuchet utilisé en numismatique est le "Biquet" !

Souvenir personnel

Assez curieusement, cette expression est en partie à l'origine de ce blogue J'aime les mots !

Elle m'avait en effet énormément intrigué étant enfant, à l'été 1967... Alors que je faisais des courses avec mon grand-père, à Payrac (46), l'épicière avait réclamé devant nous, à un client agriculteur, des "espèces sonnantes et trébuchantes", ce qui m'avait laissé pantois. Évidemment, j'avais alors pensé au premier sens du verbe "trébucher" signifiant tomber... et ne connaissais même pas cette acception du mot "espèces" signifiant "monnaie fiduciaire" ou "argent liquide" !

Et comme ce monsieur élevait toutes sortes d'animaux domestiques, j'avais été interloqué par cette étrange formule d'"ESPÈCES... SONNANTES et TRÉBUCHANTES" ; m'interrogeant sur les "espèces" ANIMALES susceptibles à la fois de TOMBER (j'excluais les oiseaux de la basse-cour et ses pigeons, mais pensais à ses vaches et cochons...)... et de SONNER !

Je songeais bien au "coucou" des pendules, mais je n'imaginais guère l'oiseau "coucou"... "trébucher" !

Bref : un incroyable mystère, dont j'ai naturellement demandé l'explication à mon grand-père dès la sortie du magasin, ce qui l'avait bien fait rire. Celui-ci m'avait alors expliqué le sens moderne de cette superbe expression. Et, parce qu'il ne connaissait pas lui-même la signification exacte de l'adjectif "trébuchantes", il m'avait montré, sitôt rentré à la maison, comment on pouvait la chercher - et surtout la trouver ! - dans cet incroyable livre qu'était LE DICTIONNAIRE ; faisant ainsi mon bonheur et initiant ma passion pour cet ouvrage, qui m'ouvrait la porte sur le monde merveilleux et sans fin des mots !

Inutile de vous préciser que celle-ci ne m'a plus jamais quitté depuis plus lors !

Sources : www.linternaute.fr et www.expressio.fr

"Prendre au trébuchet".

Cette expression du registre familier signifie, au sens figuré : amener habilement quelqu’un à faire une chose qui lui est désavantageuse, ou qui est contraire à ce qu’il avait prévu.

Et elle fait référence à un type de piège à oiseaux appelé "Trébuchet".

Source : wiktionary.org

"Biqueter".

Ce verbe du registre désuet pouvait avoir autrefois, selon le contexte, deux significations très différentes :

  • mettre bas, dans le registre familier, pour une chèvre, familièrement appelée "bique",
Mise bas d'une chèvre qui "biquette" un "biquet" ou "chevreau"
Mise bas d'une chèvre qui "biquette" un "biquet" ou "chevreau"
  • ou peser des pièces au biquet.

Source : wiktionary.org

Ne dites pas : "J'ai fait un Master" ou "J'ai fait mon ingéniorat" !

Mais : "J'ai passé un Master" et "J'ai effectué mon ingéniorat" !

"Liminaire".

Cet joli adjectif du registre soutenu nous vient du mot latin "liminaris", construit à partir du mot "limen", "liminis" ("seuil").

Et il signifie : placé en tête, au début d'un ouvrage ou d'un discours.

On parle par exemple de "texte liminaire" pour une préface de livre.

Et de "propos liminaire" ou de "déclaration liminaire" pour un prologue de discours ou lorsqu'une personne commence par poser (ou imposer) le contexte de ce qu'elle va dire avant de le dire.

En déclarant par exemple : "Je souhaite rappeler ici, avant toutes choses, que j'ai toujours été profondément et fondamentalement attaché aux valeurs de l'écologie".

Nota bene : toute ressemblance, ou similitude avec des déclarations récentes ne saurait être que coïncidence fortuite.

Sources : www.larousse.fr, wiktionary.org et michel.balmont.free.fr

"Avant toute chose".

Cette locution adverbiale du langage courant signifie : d’abord, avant tout, en premier lieu, premièrement.

On dit par exemple : "Je tiens à préciser avant toutes choses que je ne suis pas raciste : j'ai même plusieurs très bons amis blancs".

Ou : "Il faudrait avant toutes choses se mettre d'accord sur quelques principes de fonctionnement".

Sources : www.larousse.fr, Le Robert et wiktionary.org

"Fortuit" ou "Fortuite" et "La fortuité".

Ces jolis adjectifs et substantif féminin du registre soutenu signifient respectivement :

  • "Fortuit" ou "Fortuite" : qui arrive ou paraît survenir par hasard.

On dit par exemple : "Mon épouse a fait la connaissance de mon assistante de façon fortuite...  en rentrant à la maison sans prévenir avec deux jours d'avance".

  • "La fortuité" : qualité de ce qui arrive de manière fortuite, imprévue ; par hasard.

On dit par exemple : "La fortuité est à l'origine de nombreuses recettes de cuisine ou inventions".

Et non la "sérendipité", ainsi que je l'entends malheureusement dire trop souvent désormais !

Source : www.larousse.fr et wiktinary.org

"Le Petit Poucet de la Coupe de France de football" ou "Le Cendrillon de la Coupe de France de football".

Ces deux appellations désignent de petites équipes de football amateures mises en lumière lors de leur participation à la Coupe de France parce qu'elles parviennent à réaliser l'exploit de battre successivement plusieurs équipes de divisions supérieures et notamment de première et de deuxième division (actuelles Ligue 1 et Ligue 2), qui sont des équipes professionnelles.

On parle souvent dans ces cas là de la "magie de la coupe", qui permet de telles surprises ; les rencontres à élimination directe rendant possible la mise en difficulté - le temps d' un match - d'équipes théoriquement supérieures par des équipes de divisions inférieures.

Ainsi, le 4 février 1957, le club algérien de division d'honneur du SCU El Biar élimine le glorieux Stade de Reims, finaliste de la précédente Coupe des clubs champions européens (actuelle Ligue des champions) face au Real Madrid !

De très nombreuses autres formations amateures ont éliminé des équipes professionnelles, parmi lesquelles l'incroyable US Quevilly :

  • finaliste en 1927,
  • puis victorieux en huitième de finale de l'Olympique lyonnais en 1968,
  • avant d'enchaîner deux séries mémorables en trois ans :
    • en 2010, face au Angers SCO, au Stade rennais et à l'US Boulogne avant de perdre en demi-finale 1-0 contre le Paris Saint-Germain,
    • puis en 2012, face au Angers SCO, à l'Olympique de Marseille et au Stade rennais avant d'échouer 1-0 contre l'Olympique lyonnais en finale.

Cependant depuis les débuts de la Coupe de France, seuls Le Havre AC (Ligue 2) en 1959 et l'En Avant de Guingamp (Ligue 2) en 2009 sont parvenu à gagner la Coupe de France en étant pensionnaires d'une division inférieure.

Source : wikipedia.org

"Être dur de la feuille".

Un jeune homme mal-entendant

J'adore cette expression du registre argotique en forme d'idiotisme botanique qui signifie : avoir des difficultés auditives, entendre mal.

Naturellement, elle interloque souvent mes interlocuteurs étrangers ou les personnes peu habituées à la langue verte, mais c'est toujours un véritable plaisir pour moi que de la leur expliquer.

Concernant ce thème de la surdité, je vous recommande également la lecture de mon article consacré à toutes les façons de reprocher à quelqu'un de ne rien entendre ou de dire que l'on entend mal.

"Tebé" ou "Teubé".

Cet horrible adjectif du registre familier signifie "bête" en verlan.

Mal prononcé, "bè-te" devient à l'envers "te-bé" .

On dit par exemple : "J'chuis pas tebé moi : j'chuis v'nu en bagnole !".

J'abhorre personnellement ce mot, que je trouve d'une vulgarité crasse et dont l'emploi caractérise à mes yeux le plus médiocre des niveaux de langage possible.