"Ne pas y avoir un chat", "Il n'y a pas un chat".

Cette expression du registre familier en forme d'idiotisme animalier signifie :

  • "Ne pas y avoir un chat" : n'y avoir absolument personne, être désert.
  • et "Il n'y a pas un chat" : il n'y a absolument personne ; l'endroit est désert.

On dit utilise également l'expression en forme d'idiotisme religieux : "Ne pas y avoir âme qui vive", "Il n'y a pas âme qui vive".

Et les marseillais disent, dans le registre familier : "Y avoir dégun", "Il y a dégun".

Source : www.expressio.fr

"C'est le bordel !", "C'est le box !", "C'est le boxon !" ou "Quel bordel !", "Quel box !", "Quel boxon !".

Ces différentes locutions interjectives appartiennent toutes au registre argotique voire au registre vulgaire.

Et désignent, au sens figuré :

  • un grand désordre, un foutoir (registre vulgaire).

On dit par exemple : "La gestion de cette crise est un vrai brodel".

  • ou : une situation chaotique.

On dit par exemple : "C'est le bordel depuis que ce gouvernement est en place".

Ou : "Cette grève a créé un gros bordel".

Sur un thème contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de désigner un établissement où se pratique la prostitution.

"Bigre !" et "Bigrement" ou "Bougrement".

J'aime assez ces trois mots du registre familier et du registre désuet, que je continue personnellement d'utiliser :

  • "Bigre !" est une interjection dérivée du mot "Bougre" et constitue une exclamation exprimant la crainte, le dépit, l'étonnement ou l'admiration.

On dit par exemple : "Bigre ! Tu ne vas pas passer inaperçu avec ce costume !".

  • tandis que "Bigrement" est un adverbe dérivé du mot "Bougrement", ayant la même signification, c'est à dire : très, extrêmement ou rudement (registre familier).

On dit par exemple : "Mon chéri, ton rôti était bigrement bon !".

Ou : "J'ai trouvé ce documentaire bougrement intéressant".

Ces trois mots sont synonymes de "Fichtre !" et "Fichtrement" ou "Foutrement", qui relèvent - pour moi - des registres populaire et vulgaire.

Sources : wiktionary.org et Le Robert

"Au diable l'avarice !".

Cette expression en forme d'idiotisme religieux constitue une exclamation accompagnant la décision d'effectuer une dépense peu raisonnable ou d'acheter quelque chose sans regarder à la dépense, en étant davantage guidé par l'envie que par la raison.

Sources : wiktionary.org, dictionnaire.reverso.net et www.expressions-francaises.fr

"Serrer le kiki".

Cette étrange locution verbale du registre populaire signifie : serrer le cou, étrangler.

On dit par exemple : "Arrête donc de serrer le kiki de ton grand frère comme ça : tu vas finir par l'étouffer, voyons" !

Le mot "Kiki" peut cependant avoir en français plusieurs significations différentes.

Et on le retrouve également dans une autre expression déjà évoquée : "C'est parti mon kiki !".

"La dépression post-partum" ou "La dépression postnatale".

Celle-ci peut se manifester à tout moment pendant l’année suivant l’accouchement. Les spécialistes s’entendent pour dire qu’il n’existe pas de cause unique à ce type de dépression, mais plutôt une combinaison de facteurs qui peuvent tous jouer un rôle dans son déclenchement.

La dépression post-partum peut ainsi s’expliquer par des causes physiologiques, mais elle peut aussi être déclenchée par les énormes changements de vie provoqués par l’arrivée du bébé. Elle peut également être causée par le fait qu’on se sente dépassé, voire submergé, par les contraintes et par un manque d’équilibre entre les tâches et les activités agréables.

Les études rapportent qu'au cours des trois premiers mois suivant l’accouchement, environ 7% des mères sont touchées de façon majeure, et jusqu’à 19 % de façon légère.

Et c'est trois mois après l’accouchement que le taux de dépression postnatale est, de manière générale, le plus élevé, avant de diminuer graduellement par la suite.

Les femmes ayant déjà souffert de dépression ou d’anxiété dans le passé ou pendant leur grossesse ont davantage de risques de développer une dépression post-partum.

D’autres facteurs de risque ont également été reconnus, tels que par exemple :

  • avoir récemment vécu des événements stressants (ex. : déménagement, soucis financiers),
  • être peu soutenu socialement,
  • avoir une faible estime de soi,
  • ou éprouver une moins grande satisfaction conjugale.

La dépression post-partum est plus grave que le "syndrome du troisième jour" ou la "dépression transitoire après accouchement" ("baby blues").

Dans les cas les plus sévères, elle peut non seulement nuire à la mère, mais nuire également au développement du lien d’attachement entre son bébé et elle, et réduire ses interactions avec lui. Le développement cognitif, social et affectif de son enfant pourrait même en être affecté.

Source : naitreetgrandir.com

"Rester sur sa faim".

Cette locution verbale du langage courant signifie :

  • au sens propre, dans le langage courant : avoir encore faim ; continuer d'avoir faim après avoir mangé.

On dit par exemple : "Tu imagines bien qu'avec un poulet pour quatre adultes et trois adolescents, nous sommes restés sur notre faim".

  • et au sens figuré, dans le registre familier : voir ses attentes déçues ; être insatisfait ; ne pas obtenir autant que ce que l'on attendait ou espérait.

On dit par exemple : "Je suis resté sur ma faim avec ce documentaire, car il n'expliquait pas grand chose".

Sources : Le Robert, www.expressio.fr et wiktionary.org

"Être clair comme de l'eau de roche" et "Être clair comme du jus de boudin" ou "Être clair comme du jus de chique".

Ces trois locutions adjectivales antonymes très imagées signifient respectivement :

  • "Être clair comme de l'eau de roche" : être parfaitement clair (langage courant).

On dit par exemple : "La situation est claire comme de l'eau de roche : ils s'aiment et veulent se marier !".

  • et "Être clair comme du jus de boudin" (idiotisme alimentaire) ou "Être clair comme du jus de chique" : ne pas être clair du tout, être trouble, obscur (registre familier).

On dit par exemple : "L'intrigue est claire comme du jus de chique : on ne comprend rien à rien !".

Ou : "Je n'ai rien compris à ton histoire : c'est clair comme du jus de boudin !".

"Trois francs six sous" ou "Trois fois rien".

J'aaile beaucoup ces deux expressions du registre familier et du registre désuet signifiant : une somme dérisoire, très peu d'argent, presque rien.

On dit par exemple : "J'adore cette friperie : j'y trouve souvent de chouettes fringues pour trois francs six sous".

Ou : "Ne t'inquiète pas pour ce vase brisé : il valait trois francs six sous".

Et : "J'ai eu ce blouson pour trois fois rien".

"Refiler la patate chaude" ou "Renvoyer la patate chaude".

Cette expression du registre familier signifie : se défausser, se débarrasser d'une affaire embarrassante, gênante, difficile ou délicate en confiant sa gestion à une autre personne.

On dit par exemple : "Comme à son habitude, le ministre a refilé la patate chaude à l'un de ses collaborateurs".

Sources : Le Robert, www.expressio.fr, www.languefrancaise.net et www.joellerochette.com

"Un béni-oui-oui".

Ce substantif masculin invariable du langage familier en forme de gémination désigne, de façon péjorative : une personne servile, toujours disposée et empressée à approuver les actes, demandes, initiatives ou propositions de ses supérieurs, du pouvoir en place ou d'une autorité établie.

On dit par exemple : "Dans l'entreprise où travaille ma femme les chefs de service ne sont que des béni-oui-oui".

Ou : "Le président dispose d'une assemblée de béni-oui-oui, prompte à approuver la moindre de ses décisions".

Il ne s'agit pas du tout d'un idiotisme religieux, puisque le mot "Béni" utilisé ici nous vient du mot arabe "Beni" signifiant "enfants, descendants" et constituant le pluriel de "ibn" ou "ben" ("le fils de"), servant à nommer des personnes ou des tribus.

Ce terme de "Béni-oui-oui" est en effet un mot algérien créé, dès le XIXe siècle, durant la période coloniale, et associant le mot arabe de "Beni" à l'adverbe français "Oui", utilisé par certains indigènes répondant systématiquement "Oui, oui" lorsque l'administration coloniale leur posait une question, quelle qu'elle soit.

"Béni-oui-oui" était déjà utilisé en France métropolitaine en 1888-1889 (pour désigner certains membres de l'assemblée nationale) et en 1919 au Maroc.

"Il désignait alors "Les hommes qui disent oui", c'est à dire les collaborateurs indigènes donnant systématiquement leur approbation unanime et s'empressant d'approuver toutes les demandes ou propositions des institutions du colonialisme français.

L'administration française utilisait en effet des musulmans comme intermédiaires de sa politique indigène, notamment comme élus dans les assemblées locales, cadis (juges locaux de droit musulman), receveurs d'impôts ou chefs tribaux.

Soumis au colonisateur auxquels ils se soumettaient servilement, ils étaient naturellement considérés par les nationalistes comme incapables d'initier la moindre initiative d'indépendance.

Sources : Le Robert, wiktionary.org, wikipedia.org et www.larousse.fr

"Ceinture !".

Cette interjection, qui ne manque pas d'interloquer nos amis étrangers et nos jeunes enfants, relève du registre familier.

Et elle constitue une ellipse de "IL VA FALLOIR FAIRE ceinture !".

Elle fait référence à la locution verbale "Faire ceinture", qui est déjà elle-même une ellipse de "Faire USAGE DE SA ceinture".

Dire à quelqu'un "Ceinture !" revient donc à lui ordonner ou, à tout le moins, à l'inviter fermement à se priver de nourriture (au sens propre) ou de quelque chose (au sens figuré).

Un médecin nutritionniste peut par exemple annoncer à un patient : "Vous oubliez complètement les barres chocolatées et les tartines de confiture au petit-déjeuner : ceinture !".

Ou un père, furieux après les mauvais résultats scolaires de son fils : "Terminé les jeux vidéo : ceinture !".