"Quelque chose qu'ont en commun les parisiennes, c'est le côté effortless".

Affiche publicitaire française Mango d'octobre 2019

Tel est l'invraisemblable et abscons slogan des affiches française d'octobre 2019 de la marque espagnole de vêtements et accessoires Mango.

L'auteure de cette énormité est citée sur les affiches, puisqu'il s'agit de "Jeanne Damas", un mannequin français, influenceuse et créatrice de mode, qui s'imagine certainement que dire "Effortless" plutôt que "Sans effort" rend sa phrase moins crétine !

"Thousands of whiskeys. Only one Jack".

Affiche publicitaire française "Thousands of whuiskeys. Only one Jack" pour le whiskey "Jack Daniel's" d'octobre 2019

Telle est encore une fois la devise publicitaire en anglais que nous inflige la marque de whiskey états-unienne Jack Daniel's sur ses affiches françaises d'octobre 2019.

Qui cette fois, au moins, a le mérite de l'avoir traduit correctement, mais en tout petit, en bas de l'affiche, : "Des milliers de whiskeys. Un seul Jack".

Pourquoi dire : "Un chatbot" ou "Un chatterbot" ?

Et pas : "Un agent conversationnel" ou "Un dialogueur" !

Il s'agit d'un programme informatique capable de simuler une conversation avec un ou plusieurs humains par échange vocal ou textuel.

Cet outil capable de dialoguer de manière sensée est aujourd'hui très utilisé sur Internet par les services clients de marques ou de commerçants en ligne à travers la messagerie instantanée.

Les agents conversationnels mettent en œuvre des connaissances linguistiques, psychologiques permettant à l'utilisateur de formuler sa demande en langage naturel et d'avoir un échange convivial.

On notera que "Chatbot" et "Chatterbot" sont des mots-valises ("CHAT roBOT" et "CHATTER roBOT") anglais regroupant les mots "Chat" (bavardage ou discussion écrite en temps réel, s’effectuant entre plusieurs individus par utilisation du clavier et d’un espace internet dédié) et "Robot".

Source : wikipedia.org, www.futura-sciences.com et medium.com

"Lynchburg, Tennessee. The home of Jack".

Affiche publicitaire française "Lynchburg, Tennessee. The home of Jack" pour le whiskey Jack Daniels d'octobre 2019

Telle est, encore une fois, la teneur du texte que nous inflige la marque de whiskey états-unienne Jack Daniel's sur ses affiches françaises d'octobre 2019.

Tout en nous traduisant son texte "L'origine de Jack", ce qui - à ma connaissance - n'est pas correct !

Une formule comme "Le pays de Jack" ou "Le pays d'origine de Jack" m'aurait davantage semblé convenir, mais je ne suis pas traducteur.

Interdire purement et simplement la présence de toute langue étrangère sur les publicités me semblerait quoi qu'il en soit la meilleure des solutions pour éviter cette invasion, permettre à mes compatriotes de pouvoir comprendre les messages qu'on leur adresse et éviter ce genre d'idioties !

On n'écrit pas : "Une connection" !

Mais : "Une conneXion" !

Avec un "x".

Et cela bien que nous utilisions le verbe "connecter".

Car il s'agit d'un mot nous venant du mot latin "connexio" ("lien", "enchaînement")

"Connection" avec "ct" est un mot anglais !

Pour vous en souvenir, pensez donc aux titres - en anglais - des films états-uniens, "French connection", réalisé en 1971 par William Friedkin, et "French connection 2", réalisé en 1975 par John frankenheimer.

Affiche du film états-unien "French connection", de William Friedkin (1971)

Affiche du film états-unien "French connection", de John Frankenheimer (1975)

Sources : wikipedia.org et www.capital.fr

 

"Dior addict" : "Be Dior. Be pink".

Affiche Dior Addict "Be Dior. Be pink"

Tel est le slogan que se permet d'infliger le parfumeur français Dior au public français, sur ses affiches de mai 2019 vantant son nouveau "rouge brillance stellaire" (on croit rêver...)... "Dior addict" !

Et bien voyons !

 

 

 

 

 

Pourquoi écrire : "Est. 1627" ?

Comme le fait le whisky Haig Club sur ses affiches publicitaires placardées en mai 2019 sur nos murs ; "est" étant évidemment, pour qui du moins parle couramment l'anglais, ce qui n'est naturellement le cas - à ma connaissance - que d'une infime partie de la population française, une abréviation du mot anglais "Established".

Et pas : "Fondé en" !

Ne dites pas : "La high-tech" et encore moins "Le high-tech" !

Affiche publicitaire française Lacoste de décembre 2019

Comme le fait lamentablement la chaîne de magasins de gare française Relay sur ses affiches publicitaires de la rentrée 2019, en annonçant "Chez Relay on n'a jamais fini de faire le tour du High-Tech".

Mais : "La haute technologie" !

Cela aura le double avantage :

  • de vous éviter d'utiliser une apocope (HIGH TECHnology),
  • et de parler anglais !

"Mr. Propre".

Logo Mr. Propre

Cette marque états-unienne de nettoyant ménager multi-usages de la firme Procter & Gamble est distribuée en France depuis 1966.

Son nom devrait bien évidemment s'écrire en France "M. Propre" pour "Monsieur Propre, et non "Mr. Propre", l'abréviation "Mr." signifiant "Mister" ("Monsieur") en anglais !

C'est d'ailleurs sous le nom de "Mr. Clean" ("M. Propre") que ledit produit est distribué aux États-Unis d'Amérique depuis 1958. CQFD !

Logo Mr. Clean

 

Ne dites pas : "Un podcast", "Podcasté", "En podcast" ou "Le podcasting" !

Mais : "Un ballado", "Balladodiffusé", "En balladodiffusion" et "La balladodiffusion" !

Un ballado est une émission audio composée de plusieurs épisodes, mise en ligne sur internet et que l’on peut télécharger. En quelque sorte, c’est un programme radio enregistré sur fichier numérique, que les auditeurs vont chercher eux-mêmes et téléchargent, pour l’écouter quand ils le souhaitent.

Le terme anglais "PODCAST" est un mot-valise (iPOD-broadCAST), créé en 2004 par un journaliste de la BBC, provenant de la contraction du nom du baladeur à succès d’Apple (iPOD), et du mot anglais signifiant "diffusion" (broadCAST).

Les ballados se trouvent sur des sites spécifiques tels que des radios ou des magazines, ou sont hébergés sur différentes plateformes, qui fournissent une bibliothèque personnelle, c’est-à-dire la possibilité de gérer et d’organiser sa propre liste d’émissions.

Les auditeurs peuvent également s’abonner à la balladodiffusion, afin de recevoir automatiquement les épisodes dès leur mise en ligne, chaque nouvel épisode étant alors directement rangé dans leur "bibliothèque" personnelle.

Pour lire un ballado téléchargé sur son ordinateur, un simple lecteur multimédia capable de lire les fichiers MP3 est nécessaire.

Et pour gérer les abonnements (recevoir, écouter, stocker les ballados), certains utilisateurs préférent un agrégateur de flux RSS, tandis que d'autres téléchargent une application, qui varie selon l’appareil utilisé : iPod, téléphone portable multifonction ou ordinateur.

En France, Arte-radio.com a été le premier site internet à proposer des ballados gratuits le 1er février 2004.

En 2018, la balladodiffusion a connu une effervescence avec l'arrivée de créateurs de plus en plus nombreux, mais souffre encore d'un déficit de notoriété en France, tandis que la consommation de ballados est en très forte hausse outre-Atlantique, touchant près d'un états-unien sur deux.

Je le confesse, cette évolution récente me réjouit, car doté paraît-il - cela fait plus de 35 ans qu'on me le dit ! - d'une voix de radio (et d'un physique de radio, diront mes détracteurs !), l'enregistrement et la mise à disposition en balladodiffusion d'un certain nombre de mes articles constitue clairement, pour moi, l'une des principales pistes de développement futur de jaimelesmots.com

Mais je vous en reparlerai !

Source : wikipedia.org

Ne dites pas : "Les european qualifiers" !

Logo des European qualifiers Euro 2020

Comme s'abaisse à le faire la chaîne de télévision française L'Équipe, lors de la diffusion des matches de qualification à l'Euro 2020 de football, du 21 mars au 19 novembre 2019.

Mais : "Les éliminatoires européens" !

"Flash Talk" sur LCP Assemblée Nationale : l'émission qui fait honte au service public audiovisuel.

Les présentateurs et le logo de l'émission "Flash talk"

En ce 15 avril 2018, c'est la seconde fois que j'ai la malchance d'atterrir sur l'émission télévisée dominicale "Flash Talk", diffusée - honte à elle -, à 13 heures, par la chaîne LCP Assemblée Nationale. Et, comme la première fois, je n'ai tenu que... deux minutes avant de devoir changer de canal, mortifié que j'étais par la médiocrité et la teneur du vocabulaire et du niveau de langage employés.

D'abord, naturellement, pourquoi ce titre anglais absurde et inadmissible sur une chaîne parlementaire française. Ses concepteurs pensent-ils sincèrement que leurs jeunes hypothétiques téléspectateurs en saisissent la signification ?

J'incline à penser pour ma part que "Conversation impromptue" ou "Conversation improvisée" serait nettement plus clair et surtout justifié, dans un pays francophone et sur une chaîne publique émanant de la chambre haute de la représentation nationale.

Ensuite, et surtout, cette émission, qui semble avoir pour vocation de donner la parole aux jeunes, concourt surtout, à mon sens, à les conforter dans leur médiocrité langagière.

De fait, pas plus Raphaël Yem que Sonia Chironi, ses deux animateurs, ne semblent en effet capable de prononcer ou de construire correctement une phrase dans un français un tant soit peu correct.

Jugez-en plutôt : "I' sont là ! I' vont avoir la parole !", débute la jeune femme. Avant que son comparse n'enchaîne, s'adressant à un premier interlocuteur : "C'est quoi ton prénom ?", "S'appelle comment ton collège ?" ! Puis, de jargonner le "djeun's", à coups de "Arrête de mythoner" et autres formules, toutes plus familières ou argotiques les unes que les autres.

Ce n'est pas, à mon sens, faire preuve de respect à l'égard de la jeunesse que de s'adresser ainsi à elle en la tutoyant gros comme le bras et en adoptant son sociolecte, ses mots, ses expressions, son jargon et ses tics de langage. Je pense, a contrario, que l'on doit vouvoyer un jeune interlocuteur ; lui parler un langage compréhensible mais suffisamment soutenu pour lui témoigner du respect qu'on lui porte. Et, idéalement, lui donner envie d'essayer d'améliorer son niveau de langue.

Il est évidemment tout à fait néfaste pour le maintien et l'amélioration de la pratique de notre jolie langue, de chercher ainsi à se mettre au niveau de langue de ses interlocuteurs en pratiquant le nivellement par le bas.

C'est au contraire en s'efforçant d'avoir une prononciation correcte et d'utiliser des mots et des locutions pertinents d'un registre de langue courant ou d'un registre de langue soutenu, qu'il sera je pense - et j'espère - possible d'y parvenir.