Pourquoi dire : "Lorsque nous sommes arrivés en situation de responsabilité" ?

L'homme politique français Bernard Cazeneuve

Comme l'a déclaré l'ancien Premier ministre français Bernard Cazeneuve, le 9 octobre 2019, sur la radio publique française France Inter.

Et pas : "Lorsque nous sommes parvenus au pouvoir" ou "Lorsque j'ai été nommé à ce poste".

Je trouve parfois que j'exagère et ai une fâcheuse propension à accumuler les adjectifs ou les périphrases.

Mais je dois m'incliner devant ces rois de la novlangue que sont la plupart de nos hommes politiques, régulièrement "en capacité" d'enfumer leur auditoire et de masquer leur incurie, leur impéritie, leur incompétence et leur inefficacité - ou celle de leurs services - sous des propos aussi abscons.

Pourquoi dire : "Le soft power" ?

La journaliste française Fabienne Sintes

Ainsi qu'a pu le déclarer, le 7 octobre 2019, la journaliste française Fabienne Sintes, dans son émission quotidienne "Un jour dans le monde", sur la chaîne radiophonique publique française France Inter.

Et pas simplement, en français : "La manière douce" ou "Le pouvoir de convaincre" !

Ce concept utilisé en relations internationales a été développé par le professeur états-sunien Joseph Nye, et repris depuis une décennie par de nombreux dirigeants politiques.

Il désigne la capacité d'un acteur politique - État, firme multinationale, ONG, institution internationale (comme l'ONU ou le FMI), voire réseau de citoyens (comme le mouvement altermondialiste) - à influencer indirectement le comportement d'un autre acteur.

Le concept a été développé aux États-Unis vers 1990, mais la notion est née au XIXe siècle au Royaume-Uni.

C'est, en effet, en partie à travers la culture britannique, sa littérature notamment (Shakespeare, Conan Doyle, avec ses enquêtes de "Sherlock Holmes", Lewis Carroll avec "Alice au pays des merveilles", etc.) ou, par l'adoption par de nombreux pays, de normes comme les notions de "fair-play" et d'amateurisme, que le Royaume-Uni a pu exercer au XIXe siècle et au début du XXe une forte influence.

Source : wikipedia.org

Pourquoi dire : "Un tout petit territoire qui n'est pas censé supporter autant de supporteurs... si je puis dire" !

Comme l'a déclaré la journaliste française Fabienne Sintes, le 7 octobre 2019, dans son émission radiophonique quotidienne  "Un jour dans le monde", consacrée au Qatar, pays organisateur de la future coupe du monde de football 2022, sur la chaîne radiophonique publique française France Inter.

Et pas : "Un tout petit territoire qui n'est pas censé ACCUEILLIR autant de supporteurs" !

On ne dit pas : "Un taxiway" !

Voie de circulation sur un aérodrome

Mais : "Une voie de circulation" (d'un aérodrome) !

Celle-ci est destinée au roulage des avions entre les pistes d'atterrissage et de décollage et les hangars ou les aérogares, et inversement.

"Le tarmac".

Aire de trafic ("Tarmac") d'un aérodrome

Sans doute vais-je surprendre plus d'un parmi vous, amis lecteurs, mais il s'agit là d'un nom de marque !

Il s'agit d'une apocope du mot "Tarmacadam", juxtaposition de "tar" ("goudron" anglais) et "macadam".

  • Cette marque enregistrée est à l'origine un matériau breveté en 1901 par l'entrepreneur britannique Edgar Purnell Hooley. 

Composé de goudron et d'agrégats, le tarmac est étendu sur une surface, puis est compacté avec un rouleau compresseur.

La marque appartient aujourd'hui à la société britannique Tarmac Holdings Limited, l'une des plus grandes entreprises de matériaux de construction du Royaume-Uni.

  • L'"aire de trafic", souvent appelée "tarmac", est, sur un aérodrome, la zone sur laquelle on procède à l'embarquement, au débarquement, au chargement, au déchargement et à l'avitaillement des "appareils" ou "avions".
  • Et l"'aire de stationnement", que l'on appelle fréquemment aussi "tarmac", désigne, comme son nom l'indique, la partie d'un aérodrome, où l'on stationne les "appareils" ou "avions".
  • Le terme "tarmac" est parfois utilisé dans le jargon aéronautique et très souvent de manière abusive par les organes d'information pour désigner, à tort, l'ensemble de la surface extérieure bétonnée, y compris la "piste" ("L'avion s'est posé sur le tarmac de Roissy à 15H".) : l'avion ne peut se poser que sur la "piste", qui peut être en herbe, en béton ou en béton goudronné, avant d'aller stationner sur le "tarmac"/"aire de trafic" ; le déplacement entre la "piste" et l'"aire de trafic" se faisant sur les "voies de circulation".

Autres articles sur le même thème : La différence exacte qui existe entre un "aérodrome" et un "aéroport" et  La surprenante origine du mot "Avion".

Source : wikipedia.org

On ne dit pas : "C'est un basique" ni "Ça fait partie de nos basiques" !

Comme l'a déclaré Isabelle Monnet, directrice générale de la société Scolarest (Groupe Compass), numéro trois de la restauration scolaire en France, au cours du reportage "Cantines scolaires, qu'est-ce qu'on mange ?", dans l'émission radiophonique dominicale française "Interception", le 6 octobre 2019, sur la radio publique française France Inter.

Mais : "C'est un élément de base" ou "Cela fait partie de nos éléments de base" !

En français, "basique" n'est en aucune façon un substantif, mais uniquement un adjectif, qui signifie "de base, basal(e), élémentaire".

Ne dites pas : "Le mentoring" !

Mais : "Le MENTORAT" !

Ce terme désigne une relation interpersonnelle de soutien, une relation d'aide, d'échanges et d'apprentissage, dans laquelle une personne d'expérience, le "mentor", offre sa sagesse et son expertise dans le but de favoriser le développement d'une autre personne, le "mentoré", qui a des compétences ou des connaissances à acquérir et des objectifs professionnels à atteindre.

L'aide fournie par le mentor est généralement facturée mais peut être bénévole dans certains cas particuliers. Elle est apportée dans le cadre d'une relation professionnelle, en dehors de la ligne hiérarchique, répondant aux besoins particuliers du mentoré en fonction d'objectifs liés à son développement personnel ou professionnel.

Source : wikipedia.org

Ne dites pas : "Trendy" ni "Le trend" !

Mais : "Tendance" et "La tendance" !

On ne dit pas : "Un achat en panic buy" !

Comme je l'ai entendu, début octobre 2019, dans l'émission télévisée "L'Équipe du soir", sur la chaîne télévisée française L'Équipe.

Mais : "Un achat de dernière minute" ou "Un achat effectué en catastrophe" !

Il s'agit, au surplus, d'un faux anglicisme, la véritable forme anglaise étant "Panic buying"...