Mais d’où sortent-t-ils donc ? Ces mots anciens que l’on n’utilise plus qu’au travers de certaines expressions
J’ai réuni dans cette collection l’ensemble de mes articles concernant des mots (« Dam » ou « Nues »), verbes (« Chaloir » ou Férir ») ou formes de verbes (« Féru », « Gît ») souvent anciens, que l’on n’utilise plus, la plupart du temps qu’au travers de certaines expressions (« Au grand dam », « Tomber des nues », « Peu me chaut », « Sans coup férir », « Être féru de », « Sans coup férir »).
Nombre total d’articles prévus dans cette collection : 39
Cette locution nominale signifie l'un derrière l'autre,à l'instar de loups en train de marcher ; le mot "Leu" n'étant autre que l'ancien nom du "Loup".
Loups à la queue-leu-leu
Cette expression est à rapprocher de l'expression "En file indienne", dont la signification est identique.
Mais : "Partir en goguette", c'est-à-dire partir s'amuser, faire la fête.
La "Goguette" était est effet une pratique festive consistant autrefois à se réunir en petits groupes afin de passer un bon moment et de chanter.
Aujourd'hui largement oubliée, celle-ci a été à la base de milliers de sociétés festives et/ou carnavalesques, pour la plupart disparues. Au point que la plupart des gens ignorent jusqu'à la signification du mot "Goguette", qu'ils confondent ainsi parfois avec la "Guinguette", ce cabaret populaire de la fin du XXe siècle faisant aussi office de restaurant et, souvent, de lieu de bal.
Cette curieuse expression en forme d'idiotisme corporel et d'idiotisme vestimentaire appartient au registre familier.
Et elle signifie : filer,s’en aller précipitamment, en emportant avec soi toutes ses affaires.
Apparue dans la première moitié du XIXe siècle, elle fait en effet référence aux jambes (les "cliques" en argot) et aux doubles chaussures plates ou surchaussures de protection, que l'on enfilait alors au-dessus des souliers afin d'éviter de les salir en cas d'intempéries (les "claques" dans le registre désuet).
Sources : CNews du 23 septembre 2019 et www.cnrtl.fr
Ces deux expressions du registre familier signifient, au sens figuré :
"Être sur la sellette" : être mis en cause, soupçonné, soumis à un interrogatoire serré.
Et donc, par extension : être menacé, dans une situation fâcheuse.
On dit par exemple : "Le ministre de la santé est régulièrement mis sur la sellette depuis le début de cette pandémie".
et "Mettre sur la sellette" : mettre en cause, interroger longuement et précisément, soumettre à un interrogatoire serré ; exposer aux critiques les plus sévères.
On dit par exemple : "L'ancien grand patron a été mis sur la sellette par la presse".
Elles font toutes deux référence au mot "Sellette", un substantif féminin, qui désigne ici un petit siège de bois très bas, sur lequel on obligeait autrefois à s'asseoir les accusés, lorsqu'on les interrogeait afin de les juger. Un usage qui a disparu avec la révolution de 1789.
Mais qui peut, selon le contexte, désigner de nombreuses autres choses :
un petit siège accroché aux barreaux d’une échelle ou soutenu par des cordes sur lequel s’assoient, à défaut d’échafaudage, les ravaleurs et les peintres en bâtiment,
Une sellette en bois massif
un banc haut sur pied, sorte de petit piédestal faisant partie du mobilier, ancien comme contemporain, pour exposerun objet (plante, statuette, etc.).
une pièce du harnais d’un cheval de trait, en forme de petite selle, placée sur le dos du cheval et supportant des courroies auxquelles sont attachés les brancards,
une petite selle de sculpteur,
la partie des anciennes charrues sur laquelle le timon était appuyé (registre désuet),
la plateforme sur laquelle vient reposer l’avant d’une semi-remorque accrochée à un tracteur routier,
l'ensemble siège-harnais du pilote de parapente, sur lequel sont fixées les suspentes de la voile, éventuellement d’un parachute de secours ou d’instruments de vol. Et généralement équipé d’un sac gonflable pour l’atterrissage,
ou : une pièce de bois en forme de moise, arrondie par les bouts, qui, accolant l’arbre d’un engin, sert avec deux liens à porter le fauconneau, un dispositif de levage (registre désuet).
Sources : www.cnrtl.fr, www.lefigaro.fr, www.expressio.fr et wiktionary.org
Cette très ancienne expression fait référence aubât, cette selle que l’on posait sur le dos des mulets utilisés comme bête de somme, afin d'y accrocher de lourdes charges.
Un bât mal fixé ou trop chargé générait systématiquement des plaies qui faisaient souffrir les bêtes et pouvait compromettre le déroulement de la fin du trajet.
De nos jours cette expression imagée signifie que l’on a identifié la cause d’une souffrance (généralement d'ordre psychologique), le point sensible d’une personne, ou un problème en général.
On dit par exemple : "Là où le bât blesse c'est que cet enfant ne dispose de sa propre chambre chez aucun de ses deux parents".
Le mot "Bât" se retrouve également de manière indirecte, sous forme d'adjectif, dans la locution nominale "Un âne bâté", souvent utilisée au sens figuré.
au sens propre : faire baptiser son filleul dans la religion chrétienne, pour le parrain ou la marraine, en portant son filleul sur les "fonts baptismaux", c'est à dire la ou les cuves servant à recevoir l'eau du baptême,
et, au sens figuré, : être à l'origine de, lancer, mettre en œuvre, provoquer l'avènement de, faire connaître quelque chose qui existait déjà mais n'était pas encore connu du grand public.
Source : www.expressio.fr et www.expressions-francaises.fr