"Énième", "Nième", "Ixième" ou "Xième".

Ces quatre adjectifs parfaitement synonymes appartiennent au registre soutenu.

Et ils signifient : occupant un rang non précisé, une place indéterminée dans une suite considérée comme trop longue.

On dit par exemple :

  • "Je vous répète pour la énième fois que je ne souhaite pas acheter de nouvelles fenêtres !",
  • "C'est la nième fois que je te dis de ranger ta chambre !",
  • "Ce n'est jamais que la ixième fois que le président nous annonce que la situation est maîtrisée",
  • ou : "J'ai vu hier soir qu'il repassait La grande vadrouille à la télévision pour la xième fois".

La graphie "Nième" (qui se prononce é-ni-èm) est peu fréquente.

Et la graphie "Xième" très rare.

Sources : Le Robert, wiktionary.org et www.larousse.fr

"Le reste" et "Le restant".

Ces deux substantifs masculins du langage courant sont synonymes lorsqu'ils désignent :

  • ce qui reste, subsiste d'un ensemble auquel on a retranché une partie.

On dit par exemple : "Je lègue le restant/reste de ma fortune à mes cousins".

Ou : "Le restant/reste de l'année je suis dans le Sud de la France".

  • un élément ou une partie subsistant d'un ensemble dont l'intégrité ou la totalité n'a pu être conservée.

On dit par exemple : "Le malheureux n'avait plus sur lui qu'un restant/reste d'uniforme".

Ou : "La maison était abandonnée depuis des années et ne possèdait plus qu'un restant/reste de toiture".

  • ou : une partie des aliments d'un repas qui n'ont pas été consommés (également appelés "Reliefs").

On dit par exemple : "Il y a un restant/reste de soupe, si cela te dit ?".

Ou : "Je mangerais bien ce restant/reste de gâteau au chocolat si personne d'autre n'en veut".

En revanche, le mot "Restant" ne peut remplacer le mot "Reste" :

  • en arithmétique :
    • "Le reste d'une soustraction" (résultat d'une soustraction),
    • "Le reste d'une division" (somme ou chiffre qui demeure, lorsque le dividende n'est pas divisé exactement par le diviseur),
    • "Le reste d'une série" (somme de la série restante, après suppression de tous les termes qui précèdent un terme déterminé),
  • en science politique :
    • "Le reste" désigne le nombre de suffrages exprimés qui, dans un scrutin à la représentation proportionnelle, n'ont pas été utilisés pour répartir les sièges. Les sièges non encore attribués sont alors attribués aux listes auxquelles il demeure les plus forts restes.
  • ainsi que dans  les différentes locutions ou expressions suivantes :
    • "Au reste" (registre soutenu) ou "Du reste" (d'ailleurs, en outre),
    • "Comme le reste" (comme beaucoup d'autres choses),
    • "De reste" (plus qu'il n'en faut) (registre désuet),
    • "Demander son reste" (demander la monnaie qui vous revient) (registre désuet),
    • "Et le reste" ou "Et tout le reste" (et caetera, et ce qui s'ensuit (registre populaire), et tout le bataclan (registre familier), et tout le saint frusquin (registre familier), et tout le tremblement (registre familier)),
    • "Être en reste (avec quelqu'un)" (devoir encore quelque chose, être débiteur, redevable envers cette personne),
    • "Faire le reste" (compléter une action afin d'atteindre le résultat espéré),
    • "Fermer les yeux sur le reste ou sur tout le reste" (tout ce que l'on estime sans importance par opposition à un élément que l'on désire mettre en valeur),
    • "Jouir de son reste" (jouir du peu de temps qu'il reste à vivre ; jouir d'une situation agréable qui va se terminer),
    • "Jouer son reste" (utiliser ses dernières ressources) (registre désuet),
    • "Ne pas demander son reste" (s'en tenir là, ne pas insister lorsque l'on se trouve dans une situation délicate ou périlleuse et préférer se retirer rapidement),
    • "Pour le reste" ou "Quant au reste" (en ce qui concerne ce dont il n'a pas été fait mention),
    • "Ne pas vouloir demeurer ou être être en reste (avec quelqu'un)" (vouloir être avec lui sur un pied d'égalité ; avoir toujours quelque chose à répondre, ne pas être pris au dépourvu) (sens figuré).

 

    • "Avoir de beaux restes" ou "Avoir de jolis restes" (demeurer physiquement beau/belle, en dépit du temps écoulé),
    • "Avoir l'art d'accommoder les restes" (savoir à merveille préparer de savoureux nouveaux plats en utilisant la partie des aliments d'un repas qui n'ont pas été consommés),
    • "Des restes de nourriture", "Manger les restes" (la partie des aliments d'un repas n'ayant pas été consommés),
    • "Des restes humains" ou "Les restes d'une personne" (le corps d'une personne décédée et enterrée depuis longtemps),
    • "Les restes d'un édifice ou d'un monument" (les ruines ou les vestiges),
    • ou "Se contenter des restes" (ne pas être regardant, accepter ce que les autres ont refusé ou déjà utilisé).

Source : www.cnrtl.fr

"Un beau vieux", "Un beau-vieux" et "Un vieux beau".

Ces trois locutions nominales n'ont absolument pas la même sinification.

  • "Un beau vieux" désigne en effet dans le langage courantun beau vieillard, C'est à dire un homme beau mais âgé.
Un "beau vieux" hindou
Un "beau vieux" hindou
  • et que  "Un vieux beau" désigne, à l'instar, par exemple, de l'homme d'affaires états-unien et ancien président des États-Unis d'Amérique Donald Trump (né le  14 juin 1946), un homme séducteur d'un certain âge ; élégant mais d'une élégance surannée, coquette, précieuse, recherchée, ou au contraire tape-à-l'oeil ; un homme un peu âgé cherchant à paraître plus jeune par sa tenue, son attitude, etc.
Un vieux beau" : l'homme d'affaire états-unien Donald Trump, devenu président des États-Unis d'Amérique
Un vieux beau" : l'homme d'affaire états-unien Donald Trump, devenu président des États-Unis d'Amérique

Sources : www.linternaute.fr, www.languefrancaise.net et www.languefrancaise.net

"Il m'édite" ou "Il médite" ?

Ces deux locutions verbales homopĥones ne doivent surtout pas être confondues :

  • "Il m'édite" est en effet la troisième personne du singulier du présent de l'indicatif du verbe "éditer", et signifie  par conséquent : il me publie ; cet individu publie ce que j'écris ou dessine.
  • tandis que "Il médite"est la troisième personne du singulier du présent de l'indicatif du verbe "méditer", et signifie donc : il pratique la méditation.

"Se fendre la gueule", "Se fendre la pêche", "Se fendre la pipe" ou "Se fendre la poire".

Ces différentes locutions verbales du registre argotique sont parfaitement synonymes, les substantifs féminins "Gueule", "Pêche", "Pipe" et "Poire" désignant ici le visage, la figure.

Et elles signifient toutes, au sens figuré : rire aux éclats, être plié de rire.

Sur le même sujet, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à  "Toutes les façons de dire "Bien rire" ou "Rire beaucoup".

"Imprudence" et "Impudence".

Ces deux substantifs féminins paronymiques ne doivent surtout pas être confondus.

Ils désignent respectivement en effet :

  • "Imprudence" (langage courant) :
    • le manque de prudence d'une personne.

On dit par exemple : "L'imprudence de mon chirurgien a failli me coûter la vie".

    • ou : une action imprudente.

On dit par exemple : "Veillez à ne pas commettre d'imprudences".

  • et "Impudence" (registre soutenu) :
    • l'attitude d'une personne qui agit volontairement d'une manière jugée choquante, offensante, indigne ou contraire à la bienséance ; l'impudeur, l'effronterie extrême, sans retenue ou cynique ; le culot (langage courant), le toupet (registre familier).

On dit par exemple :"Je ne saurais tolérer pareille impudence".

    • et par extension : une action ou une parole impudente ; un acte impudent.

On dit par exemple : "Les impudences de ce monsieur dépasse l'entendement".

Sources : www.cnrtl.fr et Le Robert

Quelle différence y-a-t-il entre "Voir" et "Regarder" ?

"Regarder" ou "Voir" : quand utiliser chacun de ces verbes ?

Ces deux verbes possèdent des significations distinctes mais pas toujours évidentes à identifier pour nos jeunes enfants ou nos amis étrangers.

Aussi est-il certainement utile de les préciser ici.

  • "Voir" est en effet un acte passif, involontaire.
    • Le verbe “voir” signifie que l'on perçoit quelque chose parce que cette chose se trouve dans notre champ de vision, dans notre environnement, proche ou lointain. Mais nous n'y prêtons pas vraiment attention. Nous enregistrons les images, mais d’une manière passive, sans le vouloir.

On dit par exemple : "J'ai la chance de voir la montagne Sainte-Victoire depuis les fenêtres de mon salon".

Ou : "En venant chez toi, j'ai vu qu'il allait pleuvoir".

    • Le verbe “Voir” peut également s’utiliser dans le sens de : distinguer quelque chose. Autrement dit, pour exprimer la capacité à percevoir quelque chose ("Es-tu capable de voir … ?" ou "Parvenez-vous à voir... ?").

On dit par exemple : "As-tu vu le magnifique voilier qui sort du port ?".

Ou : "Vous avez vu ces étoiles filantes ?".

    • Enfin, le verbe "Voir" s’emploie dans le sens de : rendre visite à une personne ou rencontrer quelqu’un régulièrement.

On dit par exemple : "Je suis allé voir ma grand-mère".

Ou : "Ma soeur a vu son fiancé hier".

  • tandis que "Regarder" est un acte volontaire, intentionnel.
    • “Regarder” signifie ainsi : porter son regard sur quelque chose ou sur quelqu’un. Lorsque l'on regarde, on dirige volontairement, consciemment ses yeux sur quelque chose ou sur quelqu’un. On est actif car on est attentif à ce que l'on voit.

On dit par exemple : "Dimanche, j’ai regardé de vieux albums photos familieux avec mes grands-parents".

Ou : "Mon grand-père regarde les navires qui entrent et sortent du port".

    • Conjugué à l’impératif, le verbe “Regarder” s’utilise également pour attirer l’attention d’une personne à qui l'on souhaite montrer quelque chose.

On dit par exemple : "Regardez la guenon ! Elle est en train d'allaiter son petit !".

Ou : "Regarde comment il fait, pour apprendre !".

Deux exemples concrets dans lesquels les deux verbes peuvent être utilisés :

Dans les deux cas, on utilise le verbe “Voir” pour parler de l’expérience .

Et le verbe “Regarder” pour parler de l’action.

  • "Voir un documentaire" ou "Regarder un documentaire" :
    • "Ma fille a vu ce documentaire la semaine dernière" (expérience).
      Ou : "Nous souhaitons voir ce documentaire que ma fille nous a recommandé" (expérience).
    • "Nous sommes en train de regarder un documentaire" (action).
    • Ou : "Je regardais un documentaire lorsque tu as sonné" (action).
  • "Voir une arrestation" ou "Regarder une arrestation" :
    • "Hier j'ai vu un jeune se faire arrêter à la gare" (expérience).
    • "Ce matin, j'ai regardé un homme se faire arrêter dans le métro" (action).

Source : parlez-vous-french.com

"Travailler comme une brute" et "Dormir comme une brute".

Ces deux locutions verbales du langage courant ne manquent sans doute pas de surprendre nos enfants et nos amis étrangers.

Et elles signifient respectivement, au sens figuré :

  • "Travailler comme une brute" : travailler avec acharnement, sans répit.

On dit par exemple : "J'ai beau travailler comme une brute, arriver au bureau à 8H00 et ne jamais en partir avant 19H00, je ne m'en sors pas !".

Ou : "Autrefois, un mineur de fond devait travailler comme une brute pour gagner à peine de quoi survivre".

Un mineur de fond obligé de "travailler comme une brute"

  • "Dormir comme une brute" : dormir d'un sommeil particulièrement épais.

On dit par exemple : "J'ai eu toutes les peines du monde à réveiller mon père : il dormait comme une brute".

Un homme en train de "dormir comme une brute"

Et l'on dit également : "Dormir d'un sommeil de plomb".

 

Source : www.cnrtl.fr

On ne dit pas : "Une antidote" !

Mais : "UN antidote" !

Ce substantif masculin du langage courant désigne :

  • au sens propre : une substance spécifique retardant ou neutralisant les effets nocifs d'un poison, d'un venin, d'un virus.

On dit par exemple : "Faute d'antidote efficace, l'absorption de ce poison est souvent mortelle".

  • et au sens figuré : un remède spécifique et radical contre les effets nocifs d'une situation pénible.

On dit par exemple : "La lecture de ce livre est un très efficace antidote à la mélancolie".

Sources : wiktionary.org; Le Robert et www.cnrtl.fr

Ne pas confondre : "Mettre à bas" et "Mettre bas".

Ces  deux locutions verbales du langage courant possèdent en effet  des significations très différentes.

  • "Mettre à bas" signifie : démanteler, abattre, démolir, détruire.

On dit par exemple : "Nous devons mettre à bas cette bicoque à moitié en ruine".

Ou : "Mettre à bas ce régime corrompu est une priorité".

  • tandis que "Mettre bas" signifie : donner naissance à un ou plusieurs petits, "accoucher" pour un animal, plus particulièrement pour les mammifères.

On dit par exemple : "Ma chienne va mettre bas d'ici peu".

Source : crisco2.unicaen.fr

"Rire quand on se brûle" ou "Ne rire que quand on se brûle et "Sourire quand on se brûle" ou "Ne sourire que quand on se brûle".

La chanteuse britannique Victoria Beckham qui "rit quand elle se brûle"

J'aime assez ces deux locutions verbales qualifiant, au sens figuré et de manière très ironique, selon le contexte :

  • une personne qui n'a aucun sens de l'humour,

On dit par exemple : "Inutile de lui raconter la moindre blague ; il rit quand il se brûle".

  • une personne qui ne rit ou ne sourit jamais,

On dit par exemple : "Tu verrais mon nouveau patron : il sourit quand il se brûle".

  • ou enfin : une personne au visage tellement peu expressif, voire figé, qu'il nous donne le sentiment de ne pouvoir être affecté - à l'instar d'un sourire ou d'un rire, qui nous fait désserrer les dents - que par une brûlure.

On dit par exemple : "La mannequin et vedette britannique Saffron Burrows, qui joue l'inspectrice Serena Stevens aux côtés de Jeff Goldblum, dans la neuvième année du feuilleton états-unien New York section criminelle ne rit que quand elle se brûle".

La mannequin et actrice britannique Saffron Burrows, qui "rit quand elle se brûle"