On ne dit pas : "Jamais i' z'ont rien fait pour trouver une solution" !

Ainsi que j'ai pu l'entendre dire hier, dans un autobus de ma bonne ville d'Aix-en-Provence (13).

Mais, en français : "ILS N'ont jamais rien fait pour trouver une solution" !

Pourquoi dire : "Plugger" ou "Se plugger" ?

Et pas simplement, en français :

  • "Brancher" ou "Connecter",
  • et : "Se brancher" ou "Se connecter" !

Pourquoi dire : "Un scoop" ?

Et pas simplement, en français : "UnE EXCLUSIVITÉ" !

Ou, s'il faut vraiment faire court, par apocope : "UnE EXCLU" !

La couverture du numéro 2372 de "Paris Match", paru le 10 novembre 1994, qui révélait au grand public l'existence de Mazarine Pingeot, la fille cachée de François Mitterrand.
La couverture du numéro 2372 de "Paris Match", paru le 10 novembre 1994, qui révélait au grand public l'existence de Mazarine Pingeot, la fille cachée de François Mitterrand.

 

Une exclusivité ("Un scoop") : la double page couleur du numéro 2372 de "Paris Match", paru le 10 novembre 1994, qui révélait au grand public l'existence de Mazarine Pingeot, la fille cachée de François Mitterrand.
Une exclusivité ("Un scoop") : la double page couleur du numéro 2372 de "Paris Match", paru le 10 novembre 1994, qui révélait au grand public l'existence de Mazarine Pingeot, la fille cachée de François Mitterrand.

"Durer un bon moment" et "Passer un bon moment".

Attention : la locution nominale "Un bon moment" ne possède absolument pas la même signification dans ces deux locutions verbales.

Ce qui ne laisse pas de surprendre nos amis étrangers ainsi que nos jeunes enfants.

  • "Durer un bon moment" relève du registre familier et signifie : durer assez longtemps.

On dit par exemple : "Il n'y avait qu'une seule personne avant moi mais la consultation a duré un bon moment, je commençais à m'impatienter".

  • tandis que "Passer un bon moment" relève du langage courant et signifie : passer un moment agréable.

On dit par exemple : "Nous sommes restés à la maison et avons passé un bon moment en famille".

"Aussi sec".

Cette locution adverbiale relève du registre populaire.

Datant du XIXe siècle, elle nous vient du jeu de jeu de cartes "L'écarté", au cours duquel on peut gagner au mieux en cinq coups sans en perdre un seul, le fameux "Cinq sec".

Et elle signifie : aussitôt, immédiatement, directement, du tac au tac, sans hésiter.

On dit par exemple : "Ce type voulait que je paye pour me garer dans son champ ! Je lui ai dit aussi sec C'est ça et puis après je vais venir faire ta vaisselle !".

Dans l'excellent film franco-italien "Week-end à Zuydcoote", réalisé en 1964 par Henri Verneuil, d'après le roman éponyme, écrit en 1949 par Robert Merle", "Aussi sec !" est la formule interjective favorite de "Pinot, le gars de Bezons" (Georges Géret), compagnon d'infortune du sergent-chef Julien Maillat (Jean-Paul Belmondo).

Pinot "Le gars de Bezons" (Georges Géret) et Julien Maillat (Jean-Paul Belmondo) dans "Week-end à Zuydcoote", le film franco-italien de Henri Verneuil (1964)

Sources : wiktionary.org, www.lalanguefrancaise.com et Le Robert

On ne dit pas : "C'est un X, ce qu'on appelle" ni "Ce sont des X, ce qu'on appelle" et encore moins "C'est des X, ce qu'on appelle" !

Mais : "C'est quE L'on appelle un X" et "Ce sont ce quE L'on appelle des X" !

Cette construction erronée, qui relève du registre populaire, a - je le confesse - le don de m'exaspérer.

"J'espère que tu es bien assis ?" ou "J'espère que vous êtes bien assis ?".

J'aime assez cette formule qui relève du registre familier.

Et qui signifie, au sens figuré : attention, je vais t'annoncer une nouvelle très surprenante !

On dit par exemple : "J'espère que tu es bien assise car tu vas être grand-mère de triplés !".

"Frileux" ou "Frileuse".

Cet adjectif relève du langage courant.

Et il signifie :

  • au sens propre : craignant le froid, très sensible au froid.

On dit par exemple : "Ma tante est une des personnes les plus frileuses que je connaisse : même en plein été elle porte des gilets à manches longues".

  • et au sens figuré :
    • manifestant une réserve craintive à l'égard de tout événement ou action qui l'implique.

On dit par exemple : "On a rarement vu ministre plus frileux que celui-ci : incapable de prendre une véritable décision".

    • dans le registre soutenu : manquant de chaleur ou de passion.

On dit par exemple : "Mon frère n'a guère connu que de frileuses amoures".

Sources : www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

"Des pudeurs de gazelle".

C'est à l'homme politique français Jean-Luc Mélenchon que nous devons cette superbe locution verbale en forme d'idiotisme animal, appartenant depuis 2017 au jargon journalistique ainsi qu'au jargon politique.

Et qui désigne : une gêne, un embarras à dire certaines choses, subtilement évoquées de la manière la plus naturelle qu'il soit, afin d'affecter l'innocence.

L'homme politique français Jean-Luc Mélenchon

Il l'a d'abord employé sur son blogue jeanlucmelenchon.fr, lors de la campagne pour les élections régionales de 2010 : "Je n'ai pas non plus de pudeur de gazelle".

Une gazelle de Thomson
Une gazelle de Thompson

Mais surtout, le 21 mars 2017, lors du premier débat télévisé de l'élection présidentielle, opposant les 5 principaux candidats (François Fillon, Benoît Hamon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et lui-même) sur la chaîne de télévision française TF1, au cours duquel il avait lancé à la journaliste française Anne-Claire Coudray :

"J'ai admiré vos pudeurs de gazelle quand vous dîtes que la campagne a été polluée par les affaires de certains d'entre vous. Pardon, pas moi. Je tiens à le préciser. Ici, il n'y a que deux personnes qui sont concernées : monsieur Fillon et madame Le Pen. Les trois autres, nous n'avons rien à voir avec tout ça. Alors s'il vous plaît, ne me mettez pas dans le même sac".

Source : www.leparisien.fr

 

Source :

"Hauturier" ou "Hauturière" et "Roturier" et "Roturière".

Ces deux termes paronymes ne doivent surtout pas être confondus !

Relevant du langage courant, ils signifient en effet respectivement :

  • "Hauturier" ou "Hauturière" (adjectif) : relatif à la haute mer, c'est à dire la zone maritime éloignée des côtes, hors des eaux territoriales.

Il s'emploie à propose de la navigation et de la pêche qui s'y pratiquent.

De telle sorte que l'on parle par exemple de "permis bateau hauturier".

Le permis bateau hauturier

Et de "pêche hauturière".

"Pêche côtière" et "Pêche hauturière" (© www.aquaportail.com)

 

  • et "Roturier" ou "Roturière" (adjectif et substantif) : qui n'est pas noble ou n'a pas été anobli, qui n'appartient pas à la noblesse.

On dit par exemple : "Le prince Emmanuel-Philibert de Savoie, héritier présomptif au trône d'Italie, a épousé une roturière, l'actrice française Clotilde Courau, devenue la princesse Clotilde de Savoie, princesse de Venise et de Piémont".

Le substantif féminin "Roture" désignait, sous l'Ancien Régime, l'ensemble des personnes appartenant au tiers état.

Sources : wikipedia.org, wiktionary.org, Le Robert et www.larousse.fr

Pourquoi dire : "Les hardskills" et "Les softskills" ?

Et pas simplement, en français :

  • "Les SAVOIR-FAIRE" ou "Les COMPÉTENCES TECHNIQUES",
  • et "Les SAVOIR-ÊTRE", "Les COMPÉTENCES DOUCES", "Les COMPÉTENCES COMPORTEMENTALES",  "Les COMPÉTENCES TRANSVERSALES", "Les COMPÉTENCES COGNITIVES" ou "Les COMPÉTENCES PERSONNELLES" !

Autrement dit : des compétences relatives à la manière de se comporter ou d’agir, le plus souvent transposables et réutilisables.

Source : www.digitalrecruiters.com

"Un addendum" ou "Un addenda" et "Des addenda".

Ce substantif masculin latin relève du registre juridique.

Il nous vient du latin "Addere" ("Ajouter")

Et il désigne : un texte ou un ensemble de textes ajoutés a posteriori à un ouvrage pour le compléter.

Source : www.larousse.fr