"Aplater".

Ce verbe largement méconnu possède deux significations radicalement différentes :

  • dans le domaine maritime : répartir les matelots sept par sept pour manger au même plat,
  • et dans le domaine alimentaire : découper une Fourme d'Ambert, en respectant un geste précis consistant à la couper en commençant par le sommet, en un mouvement circulaire.

La découpe se fait à l'aide d'un couteau de forme très précise et l'entame de la tranche est réalisée en biseau.

Couteau à aplater la fourme d'AmbertCouteau à aplater la fourme d'Ambert

Source : wiktionary.org et www.gastronomico.fr

"Aller un peu vite en besogne".

Cette locution verbale relève du registre familier.

Et elle signifie :

  • au sens propre : travailler trop rapidement,

On dit par exemple : "Vous êtes allés un peu vite en besogne les gars : vous allez me refaire correctement ce parquet qui ne ressemble à rien !".

  • et au sens figuré : précipiter les choses ; aller trop vite ; être expéditif ; agir précipitamment.

On dit par exemple : "Quitter ta femme parce que tu l'as surpris en train d'embrasser un type ? Tu vas un peu vite en besogne !".

Sources : Le Robert et wiktionary.org

"Affréter", "Fréter" et "Noliser".

Ces trois verbes relèvent du jargon maritime.

  • "Affréter" et "Noliser" sont des verbes synonymes signifiant :
    • conclure un contrat d'affrètement,
    • et par extension : prendre en location un moyen de transport de marchandises ou de personnes tel qu'un navire ou un avion.

"Affréter" relève du langage courant.

Et "Noliser" relève du registre désuet et s'employait surtout dans la région méditerranéenne.

On dit par exemple : "Nous avons affréter plusieurs avions afin de rapatrier les français présents dans ce pays".

Ou : "Noliser un navire en plein été dans cette région n'est pas chose facile".

  • tandis que "Fréter" signifie tout à la fois :
    • exactement la même chose que "Affréter" et "Noliser",
    • et : mettre un bateau à la disposition de quelqu'un, le donner en location, conclure avec quelqu'un un contrat d'affrètement.

On dit par exemple : "Notre compagnie a fréter un navire pour le gouvernement français qui souhaitait envoyer rapidement du matériel dans cette région".

Sources : www.larousse.fr, www.cnrtl.fr, wiktionary.com et Le Robert

"Cuprifère" et "Une cuprifère".

  • "Cuprifère" est un adjectif désignant : ce qui renferme du cuivre.

On parle ainsi d'un "filon cuprifère".

  • et "Une cuprifère" est un substantif féminin utilisé dans le domaine de la finance pour désigner un titre d'actionnaire de mines de cuivre.

On dit par exemple : ""Les cuprifères sont à la baisse".

Source : www.cnrtl.fr

On ne dit pas : Pourquoi vous parlez toujours "On joue l'attaque ?" !

L'ancien joueur de football international français Olivier Rouyer

Ainsi qu'a pu lamentablement pu le déclarer, le 27 novembre 2022, l'ancien joueur de football international français Olivier Rouyer, dans l’émission vespérale d’Olivier Ménard "L’Équipe du soir", sur la chaîne de télévision française L’Équipe.

Mais bien évidemment : Pourquoi vous DITES toujours "On joue l'attaque ?" !

J'ai beaucoup de sympathie pour ce commentateur enjoué , mais je ne peux que continuer de déplorer, années après années, son désastreux niveau de français et sa difficulté à construire des phrases correctement.

On ne dit pas : "C'est l'ancêtre du projecteur à diapos" !

La commissaire-priseur française Delphine Fremeaux-Lejeune, experte dans l'émission "Affaire conclue", sur la chaîne de télévision publique française France 2

Ainsi qu’a pu le déclarer, le 12 décembre 2022, la commissaire-priseur française Delphine Fremeaux-Lejeune, en expertisant une lanterne magique dans l'émission "Affaire conclue, la vie des objets", sur la chaîne de télévision publique française France 2.

Mais : "C'est l'ancêtre du projecteur DE diapos" !

  • "Une lanterne magique" est l'ancêtre des appareils de projection et particulièrement du projecteur de diapositives. Inventée au XVIIe siècle par le père Athanase Kircher en Allemagne et par le père De Châle en France, elle permet de projeter des images peintes sur des plaques de verre à travers un objectif, via la lumière d'une chandelle ou d'une lampe à huile.

Une lanterne magiqueUne lanterne magique

Tout d'abord baptisée "lanterne de peur" par son inventeur, elle est, après plusieurs appellations successives, renommée "lanterne magique" par le jésuite Francesco Eschinardi en raison de la fascination que ses images exercent sur le public.

  • Tandis qu'"un projecteur de diapos" est un instrument d'optique permettant de visionner des diapositives (ou "dias" dans le registre familier) par projection de l'image sur une surface blanche de grande taille (que ce soit un mur ou un écran adapté).

Il est le descendant direct de la lanterne magique par son principe de fonctionnement et ses buts.

Et son usage s'est répandu dans les années 1950.

"Des dias", "des diapos" ou "des diapositives"

Source : wikipedia.org

"La nuit porte conseil".

Ce proverbe est vraisemblablement dérivé de la forme : "La nuit est mère de conseil", répertoriée dès le XVIe siècle.

Et il signifie : il est judicieux de se laisser une nuit de sommeil/réflexion, avant de prendre une décision importante. Cette rupture permettra en effet de prendre la distance nécessaire avec les faits avant d’agir en conséquence.

On dit par exemple : "La nuit porte conseil : nous reparlerons de tout cela demain".

Sources : www.linternaute.fr et wiktionary.org

"La fourme d'Ambert".

De la fourme d'Ambert

La fourme d'Ambert est un fromage français à base de lait de vache de la région Auvergne-Rhône-Alpes, créé à l'origine dans les environs d'Ambert (63), et qui bénéficie d'une AOC (Appellation d'Origine Contrôlée) depuis 1972 et d'une AOP (Appellation d'Origine Protégée) depuis 2006.

Localisation de la ville d'Ambert (63)

Sa meilleure période de consommation s'étend de mai à octobre.

Il s'agit d'un fromage à base de lait de vache, à pâte persillée, non cuite et non pressée, à croûte sèche et fleurie, se présentant sous la forme d'un cylindre dont les dimensions sont d'environ 13 cm de diamètre, 19 cm de hauteur et dont le poids oscille entre 2 et 2,5 kg.

De la fourme d'Ambert

Étymologie

L'appellation "fourme" est une francisation du terme occitan "forma", lui-même issu du latin "forma" qui est aussi à l'origine du terme français "fromage".

Avec 5 800 tonnes fabriquées en 2020, la fourme d'Ambert est la neuvième appellation fromagère protégée française en volume.

Une grosse partie de cette fabrication est le fait de 7 structures laitières industrielles. Mais la production fermière se développe, avec 9 producteurs fermiers , dont deux sur le canton même d'Ambert (63).

Pour bénéficier du label AOP, les fourmes doivent suivre des conditions de fabrication précises, définies par un cahier des charges et contrôlées par des organismes indépendants.

Il faut transformer 19 litres de lait cru pour obtenir une fourme d’Ambert.

Consommation

Sa période de consommation optimale dépend de sa durée d'affinage et de son type : industrielle, artisanale ou fermière. En effet, la fourme d'Ambert est affinée au moins 28 jours mais certains fromagers l'affinent plus longtemps, parfois plus de 50 jours.

Une fourme fermière sera à consommer de préférence de juin à décembre (saveurs automnales de noix, de noisette et d'amande) si l'on souhaite profiter des laits produits à partir d'herbages du printemps riches en saveurs, ou consommer les fromages transformés par un producteur fermier à partir de laits traits durant l'estivage, dans des prairies d'altitude riches en flore.

Dans les plats, la douceur de la fourme d'Ambert peut mettre en valeur les viandes rouges comme les viandes blanches ou les poissons. Elle peut se consommer avec de la confiture de fruits (abricots, prunes, par exemple) et tous les vins blancs moelleux. Lorsqu'elle est chauffée, elle ne gratine pas et ne file pas, ce qui peut la faire entrer dans la composition de sauces.

La fourme d'Ambert se découpe d'une manière très spécifique : on l'aplate.

Aire de production et transformation

La production du lait et sa transformation en fourme d'Ambert peut s'effectuer dans une zone assez vaste :

  • 43 cantons du département du Puy-de-Dôme (63) (soit les zones de montagne du Puy de Dôme excluant donc les plaines de Limagne),
  • 8 communes sur 3 cantons du département de la Loire (42),
  • et 5 cantons du Nord-Est du département du Cantal (15).

Histoire de l'appellation

La fourme est sans doute l'un des plus anciens fromages de France : une légende veut que la fourme se préparait au temps des puissants Arvernes, avant la conquête de la Gaule par César (selon cette légende, ce dernier, avant d'aller à Gergovie, serait passé par Ambert où il aurait consommé le fromage) mais ses premières traces remontent aux environs du VIIIe siècle où il était dû par les serfs au seigneur pour une partie de la dîme.

Le fromage prit le nom de "Fourme de Pierre sur Haute", en référence au point culminant du massif qui était le centre de la zone de production laitière. C'est sous ce nom que le fromage a fait l'objet d'une dénomination commune le 14 mai 1939. Alors que la production était exclusivement fermière et réalisée en estive, des fromageries de dimensions modestes sont créées dès 1900, permettant une fabrication totale de l’ordre de 200 tonnes par an.

Le 9 mai 1972 était créée une AOC (Appellation d'Origine Contrôlée) commune à la fourme d'Ambert et à la fourme de Montbrison, la "Fourme d'Ambert et de Montbrison", qui dura près de trente ans. Les deux appellations ont été séparées par décrets du 22 février 2002.

Bien que distantes d'à peine 43,5 km, les deux localités relèvent de deux départements différents : le Puy-de-Dôme (63) pour Ambert et la Loire (42) pour Montbrison.

Carte routière Ambert (63) et Montbrison (42)

La différence entre la fourme d'Ambert et la fourme de Montbrison réside essentiellement dans les techniques actuelles d'égouttage et de salage :

  • la fourme d'Ambert subit un égouttage réduit et salage au sel sec en surface ou par saumure. Elle est plus persillée et a une croûte légèrement fleurie,
  • tandis que la fourme de Montbrison subit un pré-égouttage, broyage et salage dans la masse du caillé ; sa phase de séchage s'effectue couchée dans des chéneaux d'épicéa. Elle a une croûte rouge-orangé et est plus douce, moins persillée.

De la fourme de Montbrison (42)

Source : wikipedia.org

"Mettre le holà".

Cette locution verbale relève du langage courant.

Et elle signifie : mettre fin à quelque chose, ou intervenir pour faire revenir une situation au calme quand celle-ci est agitée. Ou pour faire revenir au sujet, s'il s'agit d'un débat.

On dit par exemple : "J'ai dû mettre le holà, car mes enfants prenaient la maison pour un hôtel".

Cette formule remonte au milieu du XVIIe siècle. "Holà" est en effet une interjection servant à interpeller les chevaux d'un attelage afin de tempérer leur hardeur ou leur demander de s'arrêter.

Sources : wiktionary.org, www.linternaute.fr, www.expressio.fr et www.larousse.fr

On ne dit pas : "Il était même pas destiné à lui" !

L'ancien joueur de rugby à XV et consultant sportif français Éric Blanc, cofondateur de la marque de vêtement "Eden park"

Ainsi qu’a lamentablement pu le déclarer, le 28 novembre 2022, l'ancien joueur de rugby à XV et consultant sportif français Éric Blanc, dans l’émission vespérale d’Olivier Ménard "L’Équipe du soir", sur la chaîne de télévision française L’Équipe.

Mais : "Il NE LUI était même pas destiné" !

On ne dit pas : "On met vraiment toutes les prudences nécessaires" !

La journaliste française Amélie Carrouër, de la chaîne de télévision française d'information en continu LCI

Ainsi qu’a pu lamentablement le déclarer, le 27 novembre 2022, la journaliste française Amélie Carrouër, dans l’émission "En toute franchise", sur la chaîne de télévision française d'information en continu LCI.

Mais : "On PREND vraiment toutes les PRÉCAUTIONS ORATOIRES nécessaires" !

Mais comment est-il sincérement possible de sortir un tel charabia après au moins 5 années d'études supérieures et quatorze d'années de carrière en tant que professionnelle du verbe ?

"Mon Dieu, gardez-moi de mes amis. Quant à mes ennemis, je m'en charge."

On ne connait pas avec certitude l'auteur de cette superbe formule.

Bien que souvent attribuée au génial Voltaire, elle serait en réalité beaucoup plus ancienne.

Dans son "Encyclopédie des citations" de 1959, le linguiste français Paul Dupré la fait en effet remonter à l'Anthologie Palatine, un recueil de poèmes allant de la période classique à la période byzantine de la littérature grecque, paru au XIIe siècle.

Et le doxographe et compilateur grec de l'Antiquité tardive (Ve ou VIe siècle) Jean Stobée (en latin Ioannes Stobaeus), dans son Anthologie, à Antigone II, un roi de Macédoine ayant vécu vers 225 av. J.-C.

Elle fait référence au fait que c'est souvent de son propre camp que viennent les critiques les plus acerbes et les coups les plus rudes. Et qu'il est généralement plus facile de parer les attaques de ses véritables ennemis, clairement identifiés, que les traîtrises et autres coups bas venus de son propre entourage.

Sources : www.lepoint.fr, www.babelio.com et wikipedia.org