"Rabattre le caquet à quelqu'un", "Rabattre le caquet de quelqu'un" ou "Rabattre son caquet de quelqu'un" et "Rabaisser le caquet à quelqu'un", "Rabaisser le caquet de quelqu'un" ou "Rabaisser son caquet à quelqu'un"..

Ces différentes locutions verbales font référence au substantif masculin "un caquet", qui désigne le gloussement de la poule lorsqu'elle pond.

Appartenant au registre familier, elles signifient, au sens figuré : faire taire une personne, la réduire au silence, l'obliger à se taire, lui clouer le bec ; la remettre à sa place, la forcer à être moins insolente, dégonfler son orgueil. En lui infligeant par exemple un démenti.

On dit par exemple : "Je n'en pouvais plus d'écouter pérorer cet insolent bouffi d'orgueil ; il fallait absolument que je trouve le moyen de lui rabattre le caquet".

Sources : dictionnaire.reverso.net, wiktionary.org, www.expressio.fr, www.expressions-francaises.fr et www.larousse.fr

"Ne pas se trouver sous le sabot d'un cheval" ou "Ne pas se trouver sous les sabots d'un cheval".

"Ne pas se trouver sous le sabot d'un cheval"

Cette locution verbale en forme d'idiotisme animalier remonterait au XVIIe siècle, où elle était connue sous la forme : "Ne pas se trouver dans le pas d'un cheval'', le mot "pas" signifiant ici, à l'époque, "trace".

Et elle signifie, au sens figuré, dans le registre familier : être très rare, difficile à trouver, ne pas se trouver facilement, comme par miracle ; surtout en parlant d’argent ou de choses de valeur.

On dit par exemple : "Tu me fais rire : où veux-tu donc que je trouve cette somme ? Ça ne se trouve pas sous le sabot d'un cheval !".

Ou : "Je vous conseille de ne pas laisser passer cette occasion : un tel objet ne se trouve pas sous les sabots d'un cheval".

Sources : wiktionary.org et www.pourquois.com

 

"Une mauviette".

Ce substantif féminin invariable et polysémique peut avoir différentes significations.

Il peut en effet désigner, selon le contexte :

  • un petit oiseau passereau appelé "Alouette commune" ou "Alouette des champs", très apprécié rôti, en brochettes, gratin ou pâté, que l'on appelle "Alouette grasse" ou "Mauviette" lorsqu'elle s'est engraissée, à la fin de l'été,

Une "mauviette" ou "alouette grasse", c'est à dire une "alouette commune" ou "alouette des champs", engraissée à la fin de l'été

  • par extension : n'importe quelle variété de petits oiseaux comestibles, par confusion volontaire (afin de tromper les consommateurs ou convives sur la nature du mets servi) ou non,
  • et par analogie :
    • une toute petite escalope recouverte de lamelles de jambon fumé que l'on cuit au beurre et que l'on sert très chaude, avec des olives vertes passées dans la cuisson et un peu de jus de citron,
    • et, dans le registre familier :
      • une personne chétive, fragile, sans aucune résistance physique et au tempérament délicat ; une petite nature,

Vous pouvez consulter à ce sujet mon article consacré à toutes les façons de dire "Un homme très mince ou de faible constitution".

      • une personne lâche, peu courageuse, poltronne, peureuse.

Sources : www.cnrtl.fr, Le Robert, wiktionary.org, www.larousse.fr et www.linternaute.fr

"Avoir mangé du cheval".

Cet idiotisme animalier relève du registtre familier.

Et il signifie, au sens familier : faire preuve d'un dynamisme inhabituel, d'une énergie inaccoutumée.

On dit par exemple : "Et bien dis-donc, toi qui d'ordinaire passe ton samedi allongé sur le canapé, tu as tondu la pelouse, réparé la gouttière et emmené la voiture au contrôle technique : tu as mangé du cheval aujourd'hui !

Sources : www.larousse.fr et contre-galop.com

"Un malabar".

Ce substantif polysémique désigne, selon le contexte :

  • dans le registre familier : un homme très grand et très fort, très costaud, très robuste ; au physique impressionnant ; une force de la nature,

Le champion de judo françaisTeddy Riner : un "malabar"

  • et dans le langage courant : un habitant du village de Boudevilliers, dans le canton de Neuchâtel, à l'Ouest de la Suisse.

C'est donc un gentilé.

Carte de Suisse

Sources : www.larousse.fr, Le Robert et www.linternaute.fr

"Une ménagère".

Ce substantif féminin polysémique peut avoir de nombreuses significations.

Il peut en effet désigner, selon le contexte :

  • soit une personne :
    • dans le langage courant : une femme qui, dans un couple, s'occupe de son foyer, du ménage, de l'organisation des tâches ménagères, de l'administration de la maison et gère l'économie domestique.

La "ménagère de moins de 50 ans", stéréotype féminin constituant une cible publicitaire et mercatique considérée comme déterminante dans les dépenses du ménage, n'a pas survécu au "politiquement correct".

Une ménagère des années 1960
Une ménagère des années 1960
    • dans le registre familier : la femme légitime ; l'épouse,

Mais il existe bien d'autres mots possédant la même signification.

    • dans le registre argotique : une bonne à tout faire s’occupant du ménage du colonial et faisant souvent fonction de concubine,
    • dans le registre désuet : une servante s'occupant du ménage de quelqu’un,
  • soit un objet :
    • un service de couverts de table, généralement présenté dans coffret ou un écrin,

Il existe ainsi des ménagères en argent.

Une ménagère en argent
Une ménagère en argent
Une ménagère en argent
Une ménagère en argent
Une ménagère en argent
Une ménagère en argent

Mais également en inox.

Une ménagère en inox Pradel
Une ménagère en inox Pradel

Ou dans d'autres matière telles que le vermeil.

Une ménagère en vermeil
Une ménagère en vermeil
Une ménagère en vermeil
Une ménagère en vermeil
    • une pièce de vaisselle ou ustensile de table sur lequel se range la salière et la poivrière, et parfois l'huilier et le vinaigrier, à la disposition des convives,

La "ménagère de table" est un ensemble de petits récipients, contenant des épices ou assaisonnements, regroupés sur un même support.

La ménagère la plus simple et la plus diffusée est le couple "salière et poivrière", uni sur un même support de divers matériaux (bois, verre, métal, céramique, combinaison de plusieurs matières, etc.).

Une ménagère de table 2 pièces : sel et poivre

Dans les restaurants, on trouve le plus souvent le trio "sel-poivre-moutarde" ou "sel-poivre-cure-dents".

Une ménagère de table 3 pièces : sel, poivre et moutarde
Une ménagère de table 3 pièces : sel, poivre et moutarde

Ou le quatuor "sel-poivre-huile-vinaigre".

Une ménagère de table 4 pièces : sel, poivre, huile et vinaigre
Une ménagère de table 4 pièces : sel, poivre, huile et vinaigre
    • ou : un nécessaire de couture.
Une ménagère nécessaire de couture
Une ménagère nécessaire de couture

Une ménagère nécessaire de couture

  • et enfin, en zoologie : une espèce d’insecte lépidoptère (papillon) de jour.

La ménagère, un papillon de jourLa ménagère, un papillon de jour

Sources : wiktionary.org, wikipedia.org, www.cnrtl.fr et www.larousse.fr

"Manger comme une mauviette".

"Manger comme un moineau" ou "Avoir un appétit d'oiseau"

Cette locution nominale en forme d'idiotisme alimentaire appartient au registre familier et au registre désuet.

Elle fait référence au substantif féminin "Mauviette", dans son acception de petite nature, personne chétive, fragile, sans aucune résistance physique et au tempérament délicat.

Et elle signifie, par conséquent : manger très peu, grignoter, picorer.

On dit par exemple : "Tu as à peine touché à mon rôti et tu ne veux pas de dessert : tu manges vraiment comme une mauviette !".

On utilise également les idiotismes animaliers : "Avoir un appétit d'oiseau" ou "Manger comme un moineau".

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Manger abondamment".

Sources : dictionnaire.reverso.net et www.cnrtl.fr

"À quoi ça sert que Ducros il se décarcasse !".

L'acteur français Pierre Mirat (12 février 1924 - 16 juillet 2008), inoubliable interprète des publicités "ducros" des années 1970-1980 "À quoi ça sert que Ducros il se décarcasse ?"

Cette formule publicitaire est entrée dans le langage courant.

Et il est assez fréquent que l'on entende des phrases dérivées de ce slogan, telles que : "À quoi ça sert qu'on se décarcasse !", "À quoi ça sert que l'on se décarcasse !" ou "À quoi ça sert que je me décarcasse !".

On dit par exemple, dans le registre familier : "À quoi ça sert que je me décarcasse, si vous saissez tout avec vos bottes pleines de boue !".

Ce slogan publicitaire devenu culte, ici utilisé en 1978 pour la préparation aromatique "Salagou", date en fait de 1975 et continue encore d'être utilisé sous des formes dérivées telles que : "Il se décarcasse et ça change tout !" ou "On se décarcasse, vous assurez !".

  • Le cuistot provençal des publicités des années 1970-1980 était l'acteur français Pierre Mirat (12 février 1924 - 16 juillet 2008), qui a notamment joué Pierre Miramas, dit Michel-Ange, le patron du café Les Bons Enfants, dans le premier feuilleton quotidien français, "Le Temps des copains", de Robert Guez, en 1961-1962, puis avec Jean-Paul Belmondo et Lino Ventura dans "Cent mille dollars au soleil", d'Henri Verneuil, en 1964, ainsi qu'avec Louis de Funès et Jean Gabin, dans "Le Tatoué", de Denys de la Patellière, en 1968.

L'acteur français Pierre Mirat (12 février 1924 - 16 juillet 2008), inoubliable interprète des publicités "ducros" des années 1970-1980 "À quoi ça sert que Ducros il se décarcasse ?"

  • Le véritable fondateur de Ducros, Gilbert Ducros (12 février 1928 - 22 décembre 2007) ne ressemblait pas du tout au cuisinier bedonnant et moustachu de ces publicités, si ce n'est l'accent du Midi, puisqu'il était originaire de la Drôme (26). "C'était un petit bonhomme brun énergique et typiquement provençal", dont le credo était "Etre provençal et mondial", confiait, en 2007, à l'AFP (Agence France-Presse) son fils Michel.

Gilbert Ducros (12 février 1928 - 22 décembre 2007), le fondateur du groupe alimentaire qui portait son nom (© AFP photo)

C'est en effet une épopée industrielle peu banale que celle de Gilbert Ducros, fondateur du groupe qui portait son nom.

Renoncant dans les années 1950 à une carrière d'officier pour se lancer dans les herbes aromatiques, suivant ainsi les traces de son père, courtier pour les grossistes de Carpentras (84), il commence modestement, en vendant du tilleul sur les marchés. En 1963, il crée avec son frère Marc une société de négoce en vrac de produits et aromates provençaux, poivres et épices à destination des industries alimentaires et pharmaceutiques. Et ses deux fils, Yves et Michel, les rejoignent au début des années 1970.

Les logotypes successifs de la société Ducros, de 1963 à 2013
Les logotypes successifs de la société Ducros, de 1963 à 2013

Premier coup de génie mercatique, il développe dans les années 1960, cette fois pour le grand public, ses fameux petits bocaux à bouchon rouge pour herbes déshydratées et épices, et les meubles supports pour la vente en supermarchés. Le tout est complété, à partir de 1975, par la célèbre campagne, lancée avec Havas, suivie de "Les herbes de Provence, c'est Ducros qui me les ramasse". Ces différents slogans fonctionnent à merveille, assurant rapidement à la marque une incroyable notoriété

Gilbert Ducros réalise une deuxième opération mercatique en 1973,  avec la création de Vahiné, marque de fruits secs conditionnés, d'arômes liquides et de toutes sortes d'aides à la pâtisserie. Le slogan - "Vahiné, c'est gonflé" - est tout aussi efficace.

Logotype de la marque Vahiné, créée en 1973 par le groupe Ducros

Et en 1981, ce sera le tour de La Tisanière.

Logotype de la marque La Tisanière, créée en 1981 par le groupe Ducros

Peu à peu, cependant, la situation décline. Et en 1986, le groupe de Carpentras (84) commence à perdre de l'argent. Devenu numéro un européen des épices (260 millions d'euros de chiffre d'affaires en 1990), il a vu trop grand. Confrontés à des pertes et à un fort endettement, les Ducros sont également empêtrés dans des divergences familiales, les fils revendiquant une vision plus gestionnaire que le père. En 1992, les Ducros vendent l'entreprise à Eridania-Béghin-Say, le pôle agroalimentaire du groupe italien Ferruzzi-Montedison. L'Italien va restructurer, en se séparant des activités sauces, condiments et tisanes..., puis revendre en 2000 au numéro un mondial des épices, l'américain McCormick, pour 425 millions d'euros.

Mais dès 1992, quelques mois après la vente de son groupe, Gilbert Ducros - à qui Ferruzzi n'a pas fait signer de clause de non-concurrence - créée la surprise, en lançant une nouvelle entreprise sur le marché naissant des herbes aromatiques surgelées : GYMA, pour Gilbert, Yves et MArc Ducros !

Cette fois cependant son slogan "Gyma j'imagine !" lui vaut des ennuis judiciaires. Gilbert Ducros perd en effet le procès que lui intente la société helvétique Maggi (ma-ji) , car dans "Gyma j'imagine !", il y a "Maggi Maggi", le slogan de la marque Maggi !

On ne peut pas gagner à tous les coups !

Logotype de la marque helvétique Maggi, créée en 1885 par le suisse Julius Maggi

Source :www.lemonde.fr

"Subclaquant" ou "Subclaquante".

J'adore cet adjectif peu usité, qui appartient au registre familier.

Et qui signifie, selon le contexte :

  • pour un être vivant :
    • extrêmement fatigué, épuisé,

On dit par exemple : "On nous avait présenté cet acteur comme subclaquant et le voilà de retour, plus en forme que jamais, malgré son âge avancé".

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Très fatigué".

    • dont l'état de santé est très dégradé,

On dit par exemple : "Ma tante est subclaquante, je ne peux vraiment pas lui demander ce service".

On dit par exemple : "Cet éléphant est subclaquant, ses blessures l'ont trop affaibli pour pouvoir atteindre le point d'eau".

  • et pour un appareil ou une machine : pratiquement hors d'usage, sur le point de ne plus fonctionner, et ce de manière définitive.

On dit par exemple : "Je te déconseille d'utiliser cet engin : il est subclaquant".

Sources : wiktionary.org, www.linternaute.fr et www.larousse.fr

"Faire pleurer Mirza".

"Faire pleurer Mirza", c'est à dire : uriner

Cette étrange locution verbale relève du registre familier.

Et signifie tout simplement : uriner.

On dit par exemple : "Attendez-moi les gars : je vais faire pleurer Mirza et j'arrive !".

Cette expression fait naturellement référence à la sympathique chanson "Mirza", chantée en 1965 par l'excellent Nino Ferrer, et dans laquelle celui-ci évoque son chien ; un animal que l'on sort... pour uriner.

Un petit chien sur une pelouse, urinant le long d'un arbre

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Uriner" en français.

"Rabibocher" et "Se rabibocher".

J'aime bien ce verbe du registre familier, qui désigne selon le contexte :

  • "Rabibocher" :
    • dans le registre désuet : réparer, remettre en état d'une manière sommaire ou provisoire ; rafistoler (registre familier), retaper (registre familier).

On dit par exemple : "J'ai voulu rabibocher le miroir de ma copine, mais je l'ai fait tomber par terre  !".

    • ou : raccommoder, réconcilier des personnes après une courte brouille.

On dit par exemple : "Mon frangin n'a pas réussi à rabibocher nos parents".

  • et "Se rabibocher" : se réconcilier.

On dit par exemple : "J'aimerais bien me rabibocher avec mon cousin, mais je ne suis pas très optimiste car j'ai paumé sa Ferrari : je suis malheureusement incapable de me souvenir où je l'ai garée".

Sources : Le Robert et www.cnrtl.fr

"Heu-reux !".

"Heureux..." : disque 45t de l'humoriste français Fernand Raynaud

Les plus âgés d'entre nous continuent parfois de prononcer ainsi, de façon ironique, cette interjection du registre familier.

On dit par exemple :

- "Tu es heureux alors ?",

- "Heu-reux !".

Comme pour beaucoup d'autres, c'est au génial - et bien injustement oublié - humoriste français Fernand Raynaud que nous devons cette formule, puisqu'il s'agit, à l'origine, du titre de l'une de ses saynètes.