"Écorcher les oreilles" et "Faire saigner les oreilles".

Ces deux expressions imagées en forme d'idiotismes corporels signifient, au sens figuré : être extrêmement désagréable, voire insupportable à entendre, en parlant d'une musique ou d'un propos.

Parce qu'on ne l'apprécie pas, pour ce qui concerne la musique.

Ou parce qu'ils sont truffés de fautes de grammaire, de prononciation, d'anglicismes, etc., pour ce qui concerne des propos.

  • "Écorcher les oreilles" relève du langage courant.

On dit par exemple : "Les journalistes et invités des chaînes de télévision françaises d'information en continu m'écorchent les oreilles toutes les 90 secondes à tout le moins".

  • Et "Faire saigner les oreilles" relève du registre familier.

On dit par exemple : "Mon fils a voulu me faire écouter la nouvelle chanson de son rappeur français préféré : j'en ai saigné des oreilles".

Cette seconde formule est relativement récente, puisqu'elle est apparue - me semble-t-il - depuis le début du XXIe siècle.

Principalement employée par les djeun's, elle tend, je crois, à se répandre.

Ce qui ne me dérange aucunement, je dois le dire, puisque je la trouve personnellement excellente et n'hésite pas à l'employer !

Source : www.dico2rue.com

Pourquoi dire : "De la weed" ?

Sachet de cannabis

Et pas : "De l'herbe" voire : "De la beuh".

C'est à dire : de la marijuana, du haschich, du cannabis, etc. (tous ces mots sont synonymes et il en existe de nombreux autres), utilisé pour rouler soi-même des cigarettes appelées "joints", "pétards", "bédos", "cônes", etc. (registre argotique).

mains de femme en train de rouler un joint

"Weed" est en effet un mot anglais du registre argotique.

"Le protoxyde d'azote" ou "Le proto".

Cette locution nominale et son apocope désignent ce que l'on appelle couramment "le gaz hilarant".

Ce composé chimique, également appelé "Oxyde nitreux" ou "Hémioxyde d'azote", est un gaz incolore a l'odeur et au goût légèrement sucrés.

Il s'agit d'un puissant gaz à effet de serre, 298 fois plus puissant que le gaz carbonique, devenu le premier contributeur à la destruction de la couche d'ozone !

Utilisations traditionnelles

Ce gaz est utilisé :

  • comme comburant, pour accroîre la puissance des moteurs, en compétition automobile,
  • avec l'acétylène dans certains appareils d'analyse,
  • comme gaz dépoussiérant, pour les ordinateurs,
  • comme gaz propulseur, dans les bombes de crème chantilly,
  • et pour les siphons à crème Chantilly, crème fouettée ou mousses chaudes ou froides.

Siphon à Chantilly

Utilisation comme drogue

On le surnomme "gaz hilarant" car il euphorise à l'inhalation, d'où son usage comme drogue récréative hallucinogène.

Sa consommation par les jeunes français a littéralement explosé ces derniers temps, du fait de :

  • son extrême simplicité d'utilisation :
Un jeune inhalant du protoxyde d'azote à l'aide d'un ballon de baudruche préalablement gonflé à l'aide d'une cartouche de gaz pour siphon
Un jeune inhalant du protoxyde d'azote à l'aide d'un ballon de baudruche, préalablement gonflé à l'aide d'une cartouche de gaz pour siphon ©La Voix du Nord/Pascal Bonnière

Il suffit en effet de remplir un ballon de baudruche avec le contenu d'une cartouche, puis d'inhaler le gaz ainsi transféré dans le ballon.

Cartouches de protoxyde d'azote et ballons de baudruche jetés sur un trottoir après usage

Ainsi s'explique le grand nombre de cartouches argentées vides et de ballons dégonflés que vous avez certainement dû remarquer depuis quelque temps, au moins dans certains quartiers, jonchant souvent les pelouses des parcs et des cités, ainsi que les trottoirs de nos villes...

Cartouches de protoxyde d'azote et ballons de baudruche jetés après usage

  • son extrême facilité d'accès :

Le protoxyde d'azote est en effet en vente libre dans sa version "gaz pour syphon", ce qui permet de se droguer en toute légalité !

  • et son prix absolument dérisoire :

On trouve ce "gaz pour syphon" à un prix défiant toute concurrence et à la portée de n'importe quel jeune enfant, puisque par exemple à 4 euros les 6 cartouches chez Casino, soit seulement 66 centimes pièce !

Blister de 6 cartouches de gaz pour siphon en vente dans les magasins Casino

Et même à 134,95€ les 400 cartouches sur le site bienmanger.com, mis en avant par Google, soit 33,7 centimes pièce !

Lot de 400 cartouches de "gaz siphon professionnelles N2O pour chantilly" en vente sur le site bienmanger.com
Lot de 400 cartouches de "gaz siphon professionnelles N2O pour chantilly" en vente sur le site bienmanger.com

Ou encore à 219€ les 600 cartouches chez le même fournisseur, pour les crétins ne sachant pas compter (36,5 centimes pièces, soit 8,3% plus cher !).

Source : wikipedia.org

"Flipper sa race".

Cette locution verbale du registre argotique est utilisée par les jeunes depuis une vingtaine d'années afin de signifier : avoir très peur, être très angoissé.

On dit par exemple : "Kevin flippe sa race : son père veut le changer de bahut".

"Passer crême".

Cette étrange formule du registre familier en forme d'idiotisme alimentaire est utilisée depuis quelques années par les jeunes pour signifier : "Convenir, aller bien, être bien, être impeccable, être parfait".

On dit par exemple : "Ça a été avec ta reum hier soir ? Ouais : c'est passé crême !".

Ou : "Ton contrôle s'est bien passé ? Ouais : c'est passé crême !".

Des personnes plus âgées diraient dans le même registre : "Nickel !".

 

"Muz" ou "Un muz".

Ce petit mot étrange du registre familier est apparu assez récemment.

Il constitue l'apocope du mot "Musulman" et me semble avoir un caractère plutôt péjoratif.

On dit par exemple : "Les muz ne mange pas de porc".

Ou : "Sa soeur sort avec un muz".

 

"S'te plaît" ou "Steup".

Ces deux formules du registre familier signifient tout simplement "S'il te plaît".

Et elles sont particulièrement utilisées par les jeunes.

On dit par exemple : "File moi un bonbon, steup"

Ou : "S'te plaît p'pa laisse-moi y aller !".

Imaginez seulement un instant la perplexité de nos amis étrangers s'interrogeant sur la possible signification de la formule "Steup" !

58 façons de dire "Énerver".

Le registre vulgaire nous propose : "Casser les burnes", "Casser les couilles", "Péter les burnes" et "Péter les couilles".

Comme souvent, le registre argotique est extrêmement riche, avec les verbes ou locutions verbales "Casser les bonbons", "Emmerder", "Faire caguer", "Faire chier", "Faire iéch" (verlan), "Faire péter un câble", "Faire péter une durite", "Faire péter un plomb", "Foutre la rage", "Foutre les boules", "Foutre les glandes", "Gaver",  "Gonfler", "Mettre la rage", "Mettre les boules", "Mettre les glandes" ou "Péter les pruneaux", "Plomber", "Saouler" (ou "Soûler") ou les formules de djeun's "Foutre le seum" et "Véner" (verlan).

Mais ma préférée est incontestablement la désormais légendaire formule "Les briser menu", immortalisée par l'extraordinaire Lino Ventura, dans le film de 1963 de Georges Lautner "Les tontons flingeurs", dialogué par le génial Michel Audiard.

Je vous rappelle la phrase complète  : "Patricia, mon petit, je voudrais pas te paraître vieux jeu ni encore moins grossier. L'homme de la pampa, parfois rude, reste toujours courtois... Mais la vérité m'oblige à te le dire: ton Antoine commence à me les briser menu !".

Aujourd'hui totalement oublié, le verbe "Canuler" appartient au registre populaire et au registre désuet.

"Assommer", "Barber, "Bassiner", "Crisper", "Donner de l'urticaire", "Filer de l'urticaire", "Embêter", "Empoisonner", "Faire suer", "Horripiler", "Raser", "Rendre fou" ou "Taper sur les nerfs relèvent du registre familier, lui aussi très fourni.

De même que "Escagasser", utilisé par les provençaux et les marseillais.

Nous disposons également de "Agacer", "Crisper", Embêter", "Ennuyer", "Faire perdre son sang-froid" ou "Fatiguer", dans le langage courant.

Ainsi que de l'extraordinaire formule : "Agir très efficacement sur le gros colon".

Tandis que, pour finir, le registre soutenu nous offre "Courroucer", "Exaspérer", "Excéder", "Importuner", Incommoder", "Insupporter", "Irriter" ("au plus haut point", "fortement" ou "passablement"), et surtout : "Déclencher l'ire" ou "Provoquer l'ire".

Et que le registre désuet nous propose : "Échauffer la bile".

"De la beuh".

Du cannabis

Ce mot de verlan signifie : de l'herbe (beu-her, contracté en beuh, par apocope) (registre argotique).

C'est à dire : de la marijuana, du haschich, du cannabis, du shit (registre argotique), de la weed (anglicisme), etc. (tous ces mots sont synonymes et il en existe de nombreux autres), utilisée pour rouler soi-même des cigarettes appelées "joints", "pétards", "bédos", "cônes", etc. (registre argotique).

Cigarette de cannabis ou "joint"

"Salut les gens !" !

Cette expression absurde utilisée actuellement par nos adolescents est un pur décalque de l'anglais "Hello people !".

En français, on ne dit pas "Salut les gens" mais, selon le contexte :

  • "Salut tout le monde",
  • "Salut les filles",
  • ou : "Salut les gars" !

"Sur la tête de ma mère !" ou "Sur la vie de ma mère !".

Relevant du registre argotique, ces deux locutions interjectives sont couramment employées par les jeunes pour attester de leur bonne foi ou de leurs intentions.

Elles constituent naturellement de simples ellipses des formes plus traditionnelles "Je te/vous le jure sur la tête de ma mère" ou "Je te/vous le jure sur la vie de ma mère".

Et elles existent également en verlan.

Sources : wiktionary.org