"La bile".

Ce substantif féminin désigne :

  • au sens propre : l'humeur sécrétée par le foie et stockée dans la vésicule "biliaire".
  • et au sens figuré : la colère (du grec "khole" signifiant "bile").

On croyait en effet autrefois que la colère était le produit de l’échauffement de la bile.

D'où l'expression en forme d'idiotisme corporel "Échauffer la bile".

Source : wiktionary.org

On n'écrit pas : "Pour qu'il n'y est pas d'ambiguïté" ni "Pour qu'il n'y est pas d'incompréhension" !

Ainsi que je viens malheureusement de le lire sur un tweet publié par le site www.tfiinfo.fr.

Capture d'écran du 13 octobre 2022 du site tf1info.fr

Mais bien sûr : "Pour qu'il n'y AIT pas d'ambiguïté" !

C'est à dire : troisième personne du subjonctif présent du verbe "Être".

Et non : troisème personne de l'indicatif présent du verbe "Être".

Source : www.tf1info.fr

"Un recensement" et "Une recension".

Ces deux termes paronimiques ne doivent surtout pas être confondus.

  • "Recensement" est en effet un substantif masculin désignant, selon le contexte :
    • une opération administrative consistant à faire le dénombrement détaillé de la population d'un État, d'une région, d'une ville, etc.

On dit par exemple : "Le recensement de 2015 fait état de 142 668 habitants pour Aix-en-Provence".

    • l'action de recenser des êtres, des choses ; un compte ou un inventaire détaillé ; le fait d'être recensé.

On dit par exemple : "J'ai ordonné un recensement de l'ensemble des établissements restant à aménager".

    • le dénombrement des jeunes soumis aux obligations du service national jusqu'en 2002, puis, à partir de cette date, à celle du "parcours citoyen".

Les jeunes gens et, depuis le 1er janvier 1999, les jeunes filles sont recensés dès leur seizième année.

    • ou l'inventaire des équipements de toute nature susceptibles d'être requis en temps de guerre.
  • tandis que "Recension" est un substantif féminin désignant, selon le contexte :
    • la vérification d'un texte d'après les manuscrits,
    • ou : l'analyse et le compte rendu critique d'un ouvrage dans une revue ; l'examen critique d'un texte.

Source : www.larousse.fr

"La fin de l'histoire".

La fin de l'Histoire est concept philosophique qui trouve sa source dans certaines exégèses des travaux de Hegel, notamment dans les travaux du philosophe français Alexandre Kojève. Il a été remis au goût du jour après la chute du mur de Berlin par le chercheur états-unien Francis Fukuyama, comme terme final de l'Histoire.

Considéré comme l'un des essais les plus importants de la fin du XXe siècle, "La fin de l'Histoire et le dernier homme" ("The end of History and the last man") a en effet été publié en 1992.

"La fin de l'histoire" : essai états-unien de Francis Fukuyama, publié en 1992

L'origine de la notion de "fin de l'Histoire" est régulièrement attribuée à Hegel par certains de ses commentateurs, tandis que le philosophe ne l'aborde jamais de front : plutôt que d'une fin, il s'agit d'un achèvement qui ouvre à une nouvelle période liée à l'essor de la Science.

Le philosophe allemand Georg Wilhelm Friedrich Hegel, né le 27 août 1770 et mort le 14 novembre 1831

L'hypothèse de la fin de l'histoire a été reprise au milieu du XXe siècle par le philosophe Alexandre Kojève, qui soutient que l'histoire est d'ores et déjà finie.

Le philosophe français d'origine russe Alexandre Kojève

L'hypothèse de la fin de l'histoire a été relancée par Francis Fukuyama peu avant la chute du mur de Berlin.

L'essayiste états-unien Francis Fukuyama

Considérant la fin des dictatures dans la péninsule Ibérique (Salazar, franquisme), en Grèce (dictature des colonels) ou en Amérique latine (juntes) puis le début de l'éclatement de l'Union soviétique dans les années 1970 et 1980, ce chercheur conclut que la démocratie libérale et l'économie de marché n'auront désormais plus d'entraves et que la guerre devient de plus en plus improbable. La démocratie libérale satisfait seule le désir de reconnaissance, qui serait l'essence absolue de l'Homme.

Cette théorie, qui précède de peu celle du choc des civilisations de Samuel Huntington, sera très débattue dans les années 1990.

Source : wikipedia.org

"Une affectation".

On l'ignore souvent, mais Ce substantif féminin polysémique nous vient du latin "Affectatio" ("Attribution").

Et il possède de très nombreuses significations :

  • Action de montrer une grande prédilection pour (une chose) (cf. affecter1A) :Action d'afficher une attitude peu naturelle et le cas échéant peu sincère; p. ext., attitude qui manque de naturel ou de sincérité.action d'affecter (un comportement) ; comédie, simulation,
    manque de sincérité et de naturel (dans le comportement, le style).

la destination, l'application de quelque chose à un usage déterminé ; son attribution, son imputation.

On dit par exemple : "Nous favoriserons l'affectation de crédits à des projets éducatifs".

  • dans le domaine militaire : l'action d'assigner un poste, la nomination à un poste ; ou ce poste lui-même.

On dit par exemple : "Je dois rejoindre mon affectation d'ici deux semaines".

L'affectation de défense, attribution d'un emploi, ou emploi donné, dans le service de défense.

L'affectation de mobilisation est l'attribution d'un emploi, ou l'emploi donné à un militaire d'active ou de réserve dans une unité mobilisée.

Et l'affectation spéciale est l'affectation donnée, dans la disponibilité et la réserve du service militaire, à certains personnels, en raison de leur situation civile et de leurs capacités professionnelles, pour faire partie des corps spéciaux ou de cadres d'assimilés spéciaux.

  • dans le domaine des mathématiques : l'action d'attribuer une grandeur à une variable.
  • dans le domaine juridique : l'acte ou le fait ayant pour conséquence d'incorporer un bien au domaine public.

L'affectation hypothécaire est un acte par lequel on hypothèque un ou plusieurs immeubles pour garantir une créance.

  • dans le domaine informatique : l'attribution, l'assignation d'une valeur à une variable,
  • dans le domaine de la sylviculture : la surface qui doit être régénérée pendant un temps déterminé appelé "période", dans une forêt traitée en futaie régulière.

Sources : www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

"Faire machine arrière" ou "Faire marche arrière".

Ces deux locutions verbales relèvent du langage courant.

Elles font référence au domaine ferroviaire et au domaine automobile, puisqu'elles signifient :

  • au sens propre : revenir en arrière, reculer.

On dit par exemple : "Il y avait un marché et j'ai dû faire marche arrière".

Une femme faisant marche arrière

  • et au sens figuré : se rétracter ; changer d'opinion ; renoncer à une mesure ou un projet, ou les modifier de manière conséquente.

On dit par exemple : "On peut penser que le gouvernement risque de devoir faire machine arrière".

Capture d'écran du site francetvinfo.fr du 29/04/2019
Capture d'écran du site francetvinfo.fr du 29/04/2019

Source :

"Louer un appartement".

La double signification de cette locution verbale relevant du langage courant ne manque pas de surprendre nos amis étrangers et nos jeunes enfants.

Elle est en effet à la fois polysémique et énantiosémique, puisqu'elle désigne, selon le contexte :

  • mettre en location un appartement que l'on possède à un locataire en échange d'un loyer,

On dit par exemple : "Mon propriétaire (ou mon bailleur) me loue un appartement au 3e étage pour 700 euros par mois, charges non comprises".

  • ou : prendre en location l'appartement d'un bailleur en échange d'un loyer,

On dit par exemple : "Après mon divorce j'ai dû louer un appartement".

"Un hôte".

La double signification de ce substantif masculin relevant du langage courant ne manque pas de surprendre nos amis étrangers et nos jeunes enfants.

Il est en effet à la fois polysémique et énantiosémique, puisqu'il désigne, selon le contexte :

  • la personne qui reçoit des invités, qui donne l'hospitalité,

On dit par exemple : "Notre hôte avait bien fait les choses et choisi un traiteur renommé".

  • ou : la personne qui est reçue quelque part, à qui l'on donne l'hospitalité

On dit par exemple : "Mon chéri : pense à montrer à nos hôtes l'éclairage nocturne de la piscine".

En revanche, le substantif féminin "hôtesse" ne désigne que la personne qui reçoit. La personne reçue, même s'il s'agit d'une femme, conserve la dénomination d"hôte".

Une hôtesse accueillant ses hôtes devant sa maison et leur en remettant les clés
Une hôtesse accueillant ses hôtes devant sa maison et leur en remettant les clés

Source : wikipedia.org

"Être du côté du manche".

Cette locution verbale relevant du langage courant fait référence à la pioche.

Et elle signifie, au sens figuré : être du côté du plus fort ; se ranger du côté du plus puissant ; se mettre du côté de ceux qui réussissent et - souvent - du côté du pouvoir.

La pioche est en effet un outil composé de deux pièces : une pièce de travail en acier appelée "tête de pioche" ou "cognée", fixée par l'intermédiaire d'un oeil à un manche en bois dur, la pièce de métal formant un angle d'environ 90° avec le manche.

Le manche est la partie qui donne l'impulsion. Par opposition la cognée ou la tête de pioche subissent l'action. Il vaut donc mieux être du côté de celui qui frappe plutôt que du côté de celui qui subit.

"Être du côté du manche" : un homme qui pioche dans un jardin

Sources : wiktionary.org et www.linternaute.fr

"Fourbir ses armes".

Cette locution verbale en forme d'idiotisme militaire relève du langage courant.

Et elle signifie :

  • au sens propre : nettoyer ses armes en les frottant, préparer ses armes ; se préparer à la guerre, s'armer,

On dit par exemple : "Les deux pays fourbissent leurs armes".

  • et au sens figuré : préparer ses arguments, ses réponses.

On dit par exemple : "La veille du débat, le président a fourbi ses armes avec son principal conseiller".

Sources : www.linternaute.fr et www.larousse.fr

"Camper sur ses positions".

Cette locution verbale en forme d'idiotisme militaire relève du langage courant.

Et elle signifie :

  • au sens propre, dans le domaine militaire : ne plus se déplacer, s'installer en un lieu le plus favorable possible pour attendre l'ennemi.

On dit par exemple : "À partir d'avril, les deux armées n'avancent plus et campent sur leurs positions".

Camper sur ses positions, au sens propre

  • et au sens figuré, dans le domaine politique ou social : maintenir son opinion, ne pas changer d'avis ; refuser toute concession.

On dit par exemple : "La direction de l'entreprise et les syndicats ne dialoguent plus et campent sur leur position".

Les grévistes CGT d'une raffinerie (octobre 2022)

Source : wiktionary.org et www.linternaute.fr

"Remercier un collaborateur".

La double signification de cette locution verbale relevant du langage courant ne manque pas de surprendre nos amis étrangers et nos jeunes enfants.

Elle est en effet à la fois polysémique et énantiosémique, puisqu'elle désigne, selon le contexte :

  • le remercier, le féliciter.

On dit par exemple : "Remercier un collaborateur dont on est satisfait est indispensable".

  • ou : le licencier.

On dit par exemple : "J'ai dû remercier un collaborateur pour des faits de harcèlement sexuel".