"Je suis", "Je suis" et "J'essuie".

Avez-vous déjà imaginé le désarroi qui peut-être celui de nos jeunes enfants ou amis étrangers lorsqu'ils peuvent entendre ou lire ces formes conjuguées à la première personne du singulier des verbes "Être", "Suivre" et "Essuyer" ?

Les deux premières sont en effet parfaitement homophonographes :

  • "Je suis", première personne du singulier du verbe "Être",
  • et "Je suis", première personne du singulier du verbe "Suivre",
  • et la troisième, "J'essuie", première personne du singulier du verbe "Essuyer", est paronymique puisqu'elle se prononce "jai-sui" !

Tout cela peut évidemment prêter à confusion :

  • Ainsi d'un jeune migrant africain non francophone de ma connaissance, qui n'avait pas compris la recommandation que lui faisait un éducateur de suivre l'un de ses camarades ("Tu suis Ibrahim") et lui avait répondu "Non, moi je suis Mohamed !"...
  • Ou de cette délicieuse blague, narrée à la suite de la publication de cet article par Jonatan, un fidèle lecteur finnois que je remercie ici, :

Une jeune fille raconte à l'une de ses amies :

"Je suis Jennifer Lopez sur Instagram".
"Quoi ? Mais comment parviens-tu à faire une chose pareille ?"
« Et ben.... je clique sur Jennifer et je la suis...".

"Sans rémission".

Cette formule polysémique peut avoir des significations fort différentes, à l'instar du mot "Rémission" :

  • sans la possibilité d'un recours en grâce,
  • sans indulgence, sans possibilité de pardon,
  • sans appel, sans erreur,
  • sans marquer d'arrêt, sans relâche.

Source : www.cnrtl.fr

Shakespeare, toujours d'actualité !

Façade de Pharmacie-Homéopathie

Un jeune africain, fraîchement débarqué en France, demande à un ami étudiant s'il veut bien lui lire les différentes enseignes des commerces situés sur le trottoir d'en face, auxquelles il n'est pas encore habitué : Café-Tabac, Coiffeur, Pharmacie-Homéopathie...

De bonne volonté, l'ami s'exécute gentiment et commence à énoncer à haute et intelligible voix, en distinguant parfaitement chaque syllabe, : "ca-fé", "ta-ba", "koi-feur", "far-ma-ssi", "o-mé-o-pa-ti"...

Lorsque le jeune africain commente, visiblement affecté, : "Ah ! Pauv'e Juliette !".

Explication du calembour
Il résulte de l’homophonie entre le mot « Homéopathie » et la locution « Roméo parti ». Et fait naturellement référence à la célèbre pièce de théâtre britannique « Roméo et Juliette », écrite en 1597 par William Shakespeare.

On n'écrit pas : "Claire Brétécher" !

Claire Bretécher

Mais : "Claire BrEtécher" !

Née le 7 ou le 17 avril 1940 et morte le 11 février 2020, cette illustratrice, dessinatrice et scénariste de bande dessinée humoristique française a, sans conteste, été la plus célèbre femme de sa profession durant plusieurs décennies et fait figure de pionnière.

Après avoir collaboré aux principaux titres de la presse jeunesse franco-belge dans les années 1960 ("Record", "Tintin" et "Spirou"), elle participe à l'émergence de la bande dessinée adulte francophone en rejoignant "Pilote" en 1969 puis en co-fondant "L'Écho des savanes" en 1972.

De 1973 à 1981, elle publie dans l'hebdomadaire d'information généraliste "Le Nouvel Observateur" une série de gags en une ou deux pages moquant les comportements de la gauche bourgeoise bien-pensante, "Les Frustrés", première bande dessinée francophone à succès basée sur la critique sociale et assurément l'une de mes séries favorites.

Ensuite, tout en travaillant ponctuellement pour la presse, elle continue à se faire la sociologue des classes moyennes supérieures urbaines en consacrant des albums à la maternité, à la médecine, au tourisme, puis à l'adolescence avec sa deuxième œuvre phare, la série "Agrippine" (1988-2009).

Seule femme à avoir collaboré aux principaux périodiques franco-belges classiques, Claire Bretécher jouit d'une notoriété assez importante dès le début des années 1970, qui va s'accroissant tout au long de la décennie grâce à sa collaboration au "Nouvel Observateur".

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"Une bergère à oreilles".

Bergère à oreilles

Cette curieuse locution nominale désigne... un type de fauteuil !

La "Bergère" est un type de fauteuil, grand, confortable et spacieux, garni d’un coussin sur lequel on s’assied, plus large et plus profond que les fauteuils ordinaires, à l'assise plus basse, au dossier plus incliné en arrière et aux "joues" des "bras" toujours "garnies" (c'est à dire "pleines").

Et l'on parle de "Bergère à oreilles" ou "Bergère à orillons" lorsque son dossier rembourré en arrondi est muni d'éléments ajoutés sur le haut des cotés du dossier (les "Oreilles" ou "Orillons") et permettant de soutenir la tête ou de préserver l'intimité de l'utilisateur.

"Dispenser".

Ce verbe polysémique signifie, selon le contexte, :

  • Donner quelque chose à quelqu'un, le lui accorder.

On dit par exemple : "Dispenser les soins aux malades".

On peut également dire "Dispenser une formation" ou "Dispenser un cours".

Mais sans oublier que le verbe "Dispenser" sous-entend une notion d'abondance, de profusion, de générosité. Et que qu'il ne devrait donc s'agir que de formation ou de cours à destination de publics en difficulté.

  • Autoriser quelqu'un à ne pas faire quelque chose, lui épargner de le faire, l'en décharger, l'exempter, lui accorder une dispense.

On dit par exemple : "Dispenser un élève d'éducation physique".

Source : www.larousse.fr

"Une zébrelle" et "Une zébrette".

Ces deux mots paronymes très peu usités ont des significations fort différentes :

  • "Une zébrelle" est un zèbre femelle,
  • et "Une zébrette" est une personne de sexe féminin dotée d'un QI élevé.
Une zébrelle et son zébron ou zébreau
Une zébrelle et son zébron ou zébreau

Son pendant masculin portant le même nom que l'animal ("Zèbre"), je ne m'explique pas ce qui a pu amener à ce néologisme de "Zébrette".

"Être en souffrance".

Cette expression du langage courant peut signifier, selon le contexte, :

  • être en suspens, en parlant de ce qui doit être fait ("un dossier en souffrance"),
  • non délivré,ou non réclamé, en parlant d’un colis ("un paquet en souffrance"),
  • ou : souffrir psychologiquement.

Mais pas "souffrir physiquement", ainsi que de plus en plus de journalistes sportifs semblent malheureusement le croire !

Ainsi, un sportif grimaçant de douleur n'est-il pas "en souffrance" : il souffre, tout simplement.

"Le présent" et "Un présent".

  • "Le présent" c'est la partie du temps qui se déroule en ce moment ; le moment théorique qui sépare le temps qui a cessé d'être (le passé) de celui qui n'est pas encore (le futur).
  • Alors que "Un présent", c'est :
    •  une personne qui est là, ici, qui assiste à ce qui se passe en ce moment (par opposition à "Un absent"),
    • ou un cadeau, un don, une offrande (registre soutenu et registre désuet).

"Un antalgique" et "Un analgésique".

Ces deux mots désignent chacun un type de médicament utilisé en médecine dans le traitement de la douleur d'un patient, que l'on appelle plus couramment, dans le langage courant, "Un antidouleur".

  • "Un antalgique" a pour rôle de diminuer la douleur.

Il s'agit par exemple du paracétamol ou de l'AAS (Acide AcétylSalicylique) ou "Aspirine".

  • Et "Un analgésique" de supprimer la sensibilité à la douleur.

Il s'agit donc de médicaments beaucoup plus forts tels que les opioïdes ou morphiniques.

Toutefois, en pratique, les deux termes sont employés comme synonymes !

Source : wikipedia.org

"Un antitussif".

Une cuillerée à soupe de sirop antitussif

Ce vocable désigne - par ellipse lexicale - un médicament antitussif, c'est à dire censé arrêter la toux.

Le type d'antitussif adéquat dépend de la nature de la toux :

  • les toux "sèches" sont traitées par des suppresseurs de la toux qui suppriment le besoin urgent de tousser,
  • tandis que les toux "productives" ou toux "grasses" (toux associées à des expectorations) sont traitées avec des "expectorants", médicaments visant à produire et expulser le mucus de la trachée.

Personnellement, je pense toujours avec compassion aux enfants et apprenants de FLE, qui se demandent pourquoi on ne parle pas d'"antitoussif" !

Source : wikipedia.org

"Un gréement".

Il s'agit d'un terme de voile. Le mot "Gréement" est polysémique, puisqu'il peut tout aussi bien désigner :

  • l'ensemble des pièces fixes et mobiles d'un navire permettant la propulsion et la manoeuvre d'un bateau par la force du vent.

Il est constitué de l'ensemble des espars (mâts, vergues, bômes, tangons, etc.), cordages (manœuvres courantes : drisses, écoutes, etc.) et manoeuvres dormantes (étais, haubans, etc.) servant à régler, établir et manoeuvrer la voilure.

  • mais aussi, par extension, la configuration ou typologie de voilure d'une vergue, d'un mât ou d'un navire.

Ainsi, l'appellation "vieux gréement" désigne-t-elle un navire à gréement traditionnel (non bermudien), qu'il soit ancien ou qu'il s'agisse d'une réplique moderne.

  • ainsi que l'action de gréer,
  • ou le résultat de cette action.