"Ne pas se cacher derrière son petit doigt".

Cette locution verbale en forme d'idiotisme corporel relève du registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré : rester sérieux, cohérent, réaliste, ne pas dire ou faire n'importe quoi.

On dit par exemple : "On ne va pas se cacher derrière son petit doigt : la déroute de ce soir est historique".

Pourquoi dire : "La sexiness de Mick Jagger" ?

La journaliste française Sophie Rosemont

Comme peut le déclarer la journaliste française Sophie Rosemont, dans le documentaire "L'histoire française des Rolling Stones", de Raphaëlle Baillot et Élise Le Bivic, diffusé le 20 juin 2022 sur la chaîne de télévision publique française France 5.

Et pas : "L'attractivité sexuelle de Mick Jagger" ou "La sensualité de Mick Jagger" !

L'auteur-compositeur-interprète britannique Mick Jagger

 

"Fumer le calumet de la paix" avec quelqu'un.

Un chef amérindien fumant le calumet de la paix

Cette locution verbale relève du langage courant.

Et elle signifie, au sens figuré : faire la paix, se réconcilier avec cette personne, renoncer aux querelles, rétablir la paix avec elle ; renouer des relations cordiales après une période conflicteuse.

Elle fait référence à une vieille pratique amérindienne consistant à fumer le calumet de la paix, une longue pipe, fumée lors de délibérations, en fin de guerre ou pour souhaiter la bienvenue.

Trois amérindiens fumant le calumet de la paix

Le terme "calumet" et son synonyme "pétunoir" apparaissent dès 1612, dans l'Histoire de la Nouvelle-France de Marc Lescarbot.

Sources : www.larousse.fr et www.linternaute.fr

On ne dit pas : "Ils arrivent avec beaucoup beaucoup de fraîcheur en faisant un jeu qui est très efficace" !

Ainsi qu'a pu le déclarer, le 16 juin 2022, l'ancien joueur de rugby français Sébastien Chabal, sur la chaîne de télévision française d'information en continu CNews.

Mais : "Ils arrivent avec ÉNORMÉMENT de fraîcheur en PRATIQUANT un jeu très efficace".

"Comater".

Comater sur un canapé

J'aime bien ce verbe forgé à partir du mot "coma".

Relevant du registre familier, il signifie : être affalé, amorphe, immobile, sans énergie, somnolent, ne faisant absolument rien, généralement suite à la consommation d'une drogue ou à un gros manque de sommeil.

On dit par exemple : "Tu aurais vu Stéphane l'autre jour en boîte : il y a avait plein de filles superbes et lui il comatait dans un fauteuil".

Ou : "J'ai passé mon dimanche à comater sur mon canapé : lamentable !".

Sources : Le Robert, www.linternaute.fr et wiktionary.org

"Un bombard" ou "Un zodiac".

Ces deux substantifs masculins désignent, par antonomase : un canot pneumatique ou bateau gonflable à moteur.

Un canot pneumatique ou bateau gonflable à moteur de marque Zodiac

  • Zodiac est en effet une marque déposée le 2 février 1909, qui fabrique d'abord des dirigeables.

  • tandis que Bombard est une marque de bateau gonflable du groupe Zodiac Nautic, créée à la suite de la traversée de l'Atlantique en 65 jours, effectuée, en 1952 à bord d'un Zodiac Mark III (surnommé L'Hérétique) par le médecin français Alain Bombard.

"L'hérétique", le canot pneumatique ou bateau gonflable de marque Zodiac du docteur Alain Bombard

Ces traversées, de Monaco à Tanger, puis de Las Palmas dans les Canaries à la Barbade, avec un minimum de nourriture et d'eau douce, avaient pour but de prouver au public la solidité des bateaux pneumatiques, mais aussi de montrer la résistance de l'Homme à un naufrage et les techniques à utiliser pour survivre le plus longtemps possible dans ces conditions.

Alain Bombard, le naufragé volontaire

 

Depuis cet incroyable exploit, "un bombard" désigne un canot pneumatique de survie auto-gonflable et insubmersible qui équipe les navires du monde entier.

Et de très nombreux naufragés, dans le monde entier, doivent leur survie à la démonstration d'AlainBombard.

Source : wikipedia.org

"À dire vrai" ou "À vrai dire".

Ces deux locutions adverbiales relèvent du langage courant.

Elles font partie des cas - pas si fréquents en français - où l'on peut inverser l'ordre de deux mots sans changer la signification de ce qui est dit.

Toutes deux signifient en effet : pour être tout à fait exact, précis ; en fait ; pour parler honnêtement ; pour dire la vérité.

On dit par exemple : "À dire vrai, je ne sais pas qui je déteste le plus, de Jean-Marc Morandini ou de Michel Drucker".

Ou : "À vrai dire j'ai toujour été un collectionneur invétéré".

Sources : www.larousse.fr et wiktionary.org

"Ne pas arriver à la cheville".

J'aime beaucoup cette locution verbale en forme d'idiotisme corporel.

Datant du XVIIIe siècle, elle relève du registre familier.

Et elle signifie, de façon péjorative : être très inférieur à ; ne pas être au niveau de.

On dit par exemple : "Le personnel politique actuel est d'une médiocrité sans nom : il n'arrive pas à la cheville de ses prédécesseurs".

Les liliputiens vidant les poches de Gulliver ne lui arrivent pas à la cheville, au sens propre, dans "Les Voyages de Gulliver" ou "Les Voyages extraordinaires de Gulliver", un roman satirique anglais écrit par Jonathan Swift, en 1721
Les liliputiens vidant les poches de Gulliver ne lui arrivent pas à la cheville, au sens propre, dans "Les Voyages de Gulliver" ou "Les Voyages extraordinaires de Gulliver", un roman satirique anglais écrit par Jonathan Swift, en 1721

Sources : wiktionary.org, www.linternaute.fr et www.expressio.fr

On ne dit pas : "Bon nombre de la population peut avoir le sentiment que", pas plus que "I' faut reparlementariser et c'est bien ça qu'on s'attache avec la NUPES", ni "On a un sujet de remettre du continu, du participatif" !

L'homme politique français Julien Bayou, secrétaire national du parti EELV

Ainsi qu'à lamentablement pu le déclarer, le 22 juin 2022, dans la cour de l'Élysée, l'homme politique français secrétaire national du parti EELV, Julien Bayou.

Mais :

  • "Bon nombre de PERSONNES peuVENt avoir le sentiment que" ou "Bon nombre de GENS peuVENt avoir le sentiment que",

L'adjectif indéfini "Bon nombre de" signifie en effet "énormément" et ne peut donc aucunement s'appliquer à "la population".

  • "IL faut REDONNER TOUTE SA PLACE AU PARLEMENT et c'est bien CELa quE L'on s'attache À FAIRE avec la NUPES",
  • "et : ... ma foi je n'en ai, à vrai dire, strictement aucune idée, tellement cette phrase absconse et vide de sens ne signifie absolument rien !

"Un torchon".

Ce substantif masculin désigne :

  • au sens propre, dans le langage courant :
    • un carré de toile servant à essuyer la vaisselle, que nos voisins belges appellent d'ailleurs "essuie de vaisselle".

Un torchon

On dit par exemple : "Prends donc un torchon et essuie la vaisselle avant de retourner t'affaler dans ton fauteuil à ronfler devant ton match !".

    • et pour nos amis belges et canadiens : une serpillière.

Une serpillière

  • et au sens figuré, dans le registre familier :
    • un écrit, un texte, sans soin, sale, mal présenté ou sans valeur.

On dit par exemple, dans un monde idéal où les enseignants auraient toujours le droit de punir les élèves irrespectueux : "Comment osez-vous me rendre un tel torchon !".

Un torchon, c'est à dire une copie sale

    • un journal méprisable.

On dit par exemple : "Rassemblant des plumes souvent issues ou proches de l'Action française, l'hebdomadaire français Je suis partout, principal journal collaborationniste et antisémite français sous l'occupation allemande, devient, à partir de 1941, un torchon".

Page un du numéro spécial du 17 février 1939 du torchon antisémite "Je suis partout", un hebdomadaire français publié par Arthème Fayard, dont le premier numéro sort le 29 novembre 1930 et le dernier le 16 août 1944. Rassemblant des plumes souvent issues ou proches de l'Action française, il devient, à partir de 1941, le principal journal collaborationniste et antisémite français sous l'occupation allemande
Page un du numéro spécial du 17 février 1939 de "Je suis partout",  publié par Arthème Fayard, dont le premier numéro sort le 29 novembre 1930 et le dernier le 16 août 1944.

Sources : wikipedia.org et www.larousse.fr

"Un blanc-matignon".

Des blancs-matignon de Guadeloupe (97-1)

Cette locution nominale masculine relève du langage courant.

Et elle désigne : un membre d'une communauté, présente dans l’archipel guadeloupéen depuis le 18e siècle et qui, parce qu’elle ne s’est pas (ou très peu) mélangée aux autres composantes de la société locale, s’est singularisée.

Cette communauté existe toujours aujourd'hui et ses membres ont un fief, situé sur le territoire de la commune du Moule, à une quarantaine de kilomètres de Pointe-à-Pitre (97-1), dans la région des Grands Fonds.

Une histoire singulière

Fuyant la répression contre les propriétaires d’esclaves, après la première abolition de 1794, ces anciens colons d’origine européenne se sont repliés dans une région escarpée et difficile d’accès.

Le premier d’entre eux, Léonard Matignon dit "La Creuse", a donné son nom à tous ceux qui l’ont accompagné et suivi. Ils ont fait souche et leurs descendants ne passent pas inaperçus.

Aujourd’hui, à part leur origine et la couleur de leur peau, ces "Blancs-Matignon" n’ont pas grand-chose de commun avec les Békés de Martinique (97-2) ou les Blancs pays de Guadeloupe (97-1), souvent d’ascendance noble, grands propriétaires terriens, qui possèdent, jusqu’à ce jour, un rôle central dans l’économie des Antilles.

D’ailleurs, les "Blancs-Matignon" sont désignés comme des "petits Blancs". Depuis plus de deux siècles, ils vivent isolés et pauvres, en toute discrétion, ce qui a favorisé des fantasmes sur leur identité. Ils restent méconnus et secrets de réputation.

Source : la1ere.francetvinfo.fr