"Faire une fleur" à quelqu'un.

Une main, tenant une fleur en papier

Cette jolie locution verbale en forme d'idiotisme végétal relève du registre familier.

Et elle signifie au sens figuré : accorder de bonne grâce, avec amabilité, une faveur ou quelque chose de spécial à quelqu'un.

On dit par exemple : "Mon nouveau propriétaire m'a fait une fleur : il m'autorise à partir sans préavis".

Sources : wiktionary.org et www.10doigts.fr (pour la photographie)

11 façons de dire "Avoir faim" ou "Avoir très faim".

"La sauter", "Avoir la dalle" ou "Avoir les crocs"

"Avoir la dalle", "Avoir les crocs", "Claquer du bec" et "La sauter" ("Je la saute") relèvent du registre argotique.

Tandis que "Avoir les dents longues" et "Avoir l'estomac dans les talons" appartiennent au registre familier.

Et "Avoir l'estomac qui crie famine", "Avoir la fringale", "Avoir le ventre vide", "Avoir une faim de loup" ou "Être affamé" au langage courant.

"Faire son miel" de quelque chose.

Cette jolie locution verbale en forme d'idiotisme animal et d'idiotisme alimentaire relève du registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré : profiter, exploiter quelque chose ; en tirer parti, en tirer profit.

À l'instar de abeilles, qui fabrique leur miel à partir du pollen des fleurs.

Une abeille en train de butiner

On dit par exemple : "La presse à scandale britannique fait son miel des frasques de la famille royale".

Un apiculteur en train de faire son miel (au sens propre)
Un apiculteur en train de faire son miel (au sens propre)

Sources : wiktionary.org et

On ne dit pas : "Je vais mettre une précaution oratoire" !

Le journaliste sportif français Olivier Ménard

Comme a pu le déclarer, le 1er septembre 2022, le journaliste sportif français Olivier Ménard, dans son émission vespérale "L’Équipe du soir", sur la chaîne de télévision française L’Équipe.

Mais : "Je vais PRENDRE une précaution oratoire" !

"Mettre dans le même panier".

Cette locution verbale relève du langage courant.

Et elle signifie, au sens figuré : considérer comme identiques ou semblables des personnes ou des choses différentes.

On dit par exemple : "Pour moi, tous ces types sont à exclure de notre groupe : je les mets tous dans le même panier".

Attention : cette formule ne doit pas être confondue avec l'expression : "Ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier", qui possède une signification radicalement différente.

Source : wiktionary.org

"Un chef à plumes".

Un chef améridien portant une coiffe à plumes

Cette locution nominale masculine relève du jargon et vocabulaire politique.

Elle désigne en effet, depuis quelques années, au sens figuré : les principaux responsables des grands partis politiques.

Elle est apparue au début des années 2010, parmi les attachés de presse de l'UMP et du PS, en remplacement des termes "baron", pour les gaullistes, et "éléphant" pour les socialistes.

On dit par exemple : "Les chefs à plumes de la Macronie sont inquiets après la déroute de leurs candidats aux législatives".

Chefs lakotas

Cette formule fait naturellement référence aux peuples amérindiens qui ont utilisé des coiffes en plumes, notamment d'aigles, comme éléments décoratifs ou comme signe distinctif du rang social.

Une coiffe à plumes amérindienne

Les plumes avaient en outre des vertus magico-médicales ce qui donnait à cette coiffure une importance accrue. Chaque tribu avait son propre modèle de coiffure avec sa propre méthode pour les confectionner. Elles pouvaient leur attribuer un rôle culturel différent. Les coiffes de guerre (ou "bonnets de guerre") sont des couvre-chefs à plumes traditionnellement portées par les chefs masculins des nations indiennes des plaines américaines qui ont gagné une place de grand respect dans leur tribu.

À l'origine, elles étaient parfois portées au combat, mais sont maintenant principalement utilisées pour les cérémonies. Dans les communautés amérindiennes et des Premières Nations qui possèdent traditionnellement ces insignes, elles sont considérées comme des objets d'une grande importance spirituelle et politique, qui ne doivent être portés que par ceux qui en ont gagné le droit et l'honneur grâce à la reconnaissance formelle de leur peuple.

Les parures en plume d'aigles sont les plus prisées des parures d'Amérique du Nord. Elles sont si populaires qu'aux États-Unis seuls les Amérindiens ont le droit de détenir des plumes d'aigle, du fait que ces parures sont jugées essentielles au maintien de leur culture alors que les aigles sont des espèces strictement protégées. Ces parures peuvent être très simples, constituées d'une simple plume ou très complexes comme celle des Sioux ou des Arapahos. Elles étaient utilisées tant à la guerre que lors des conseils et cérémonies religieuses.

Il semble que les premiers Nord-Amérindiens à avoir utilisé des parures complexes soient les Crows. Les Pieds-Noirs les adoptèrent au début du XIXe siècle, mais leurs plumes d'aigle sont dressées circulairement et verticalement tout autour de la tête. Le chef Pawnee nommé Petalesharo en portait une en 1821, les Cheyennes vers 1830 au moins et les Sioux au milieu du XIXe siècle.

De nos jours, Ces coiffures sont toujours utilisées lors des pow-wows.

Un pow-wow

Sources : www.europe1.fr et wikipedia.org

"Se faire la cerise".

Cette curieuse locution verbale en forme d'idiotisme avec des fruits et légumes relève du registre familier.

Et elle signifie : fuir, s'enfuir.

On dit par exemple : "La soirée était tellement nulle qu'on s'est fait la cerise".

Cette expression ne doit surtout pas être confondue avec la locution verbale "Se refaire la cerise", à laquelle j'ai déjà consacré  un article.

"Pour un coup d'essai, c'est un coup de maître".

J'aime bien cette expression qui relève du langage courant.

Elle qualifie la réussite exceptionnelle d'une première expérience ou tentative.

Et elle fait référence à la locution nominale "un coup de maître", à laquelle j'ai déjà consacré un article.

On dit par exemple : "Je salue l'élection à l'assemblée nationale de Tematai Le Gayic, ce polynésien devenu, à 21 ans, pour sa première candidature, le plus jeune député de l'histoire de la Ve république. Pour un coup d'essai c'est un coup de maître".

Le jeune député tahitien Tematai Le Gayic, plus jeune député de l'histoire de la Ve république

"Ne pas se cacher derrière son petit doigt".

Cette locution verbale en forme d'idiotisme corporel relève du registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré : rester sérieux, cohérent, réaliste, ne pas dire ou faire n'importe quoi.

On dit par exemple : "On ne va pas se cacher derrière son petit doigt : la déroute de ce soir est historique".

"Un blanc-matignon".

Des blancs-matignon de Guadeloupe (97-1)

Cette locution nominale masculine relève du langage courant.

Et elle désigne : un membre d'une communauté, présente dans l’archipel guadeloupéen depuis le 18e siècle et qui, parce qu’elle ne s’est pas (ou très peu) mélangée aux autres composantes de la société locale, s’est singularisée.

Cette communauté existe toujours aujourd'hui et ses membres ont un fief, situé sur le territoire de la commune du Moule, à une quarantaine de kilomètres de Pointe-à-Pitre (97-1), dans la région des Grands Fonds.

Une histoire singulière

Fuyant la répression contre les propriétaires d’esclaves, après la première abolition de 1794, ces anciens colons d’origine européenne se sont repliés dans une région escarpée et difficile d’accès.

Le premier d’entre eux, Léonard Matignon dit "La Creuse", a donné son nom à tous ceux qui l’ont accompagné et suivi. Ils ont fait souche et leurs descendants ne passent pas inaperçus.

Aujourd’hui, à part leur origine et la couleur de leur peau, ces "Blancs-Matignon" n’ont pas grand-chose de commun avec les Békés de Martinique (97-2) ou les Blancs pays de Guadeloupe (97-1), souvent d’ascendance noble, grands propriétaires terriens, qui possèdent, jusqu’à ce jour, un rôle central dans l’économie des Antilles.

D’ailleurs, les "Blancs-Matignon" sont désignés comme des "petits Blancs". Depuis plus de deux siècles, ils vivent isolés et pauvres, en toute discrétion, ce qui a favorisé des fantasmes sur leur identité. Ils restent méconnus et secrets de réputation.

Source : la1ere.francetvinfo.fr

"La goutte d'eau qui fait déborder le vase".

La goutte d'eau qui fait déborder le vase

J'aime beaucoup cette locution verbale qui désigne, au sens figuré : l’incident final qui déclenche une réaction ; la parole de trop qui engendre une explosion de colère.

On dit par exemple : "Cette nouvelle mesure est la goutte d'eau qui fait déborder le vase : les Français vont descendre dans la rue".

Cette expression française est apparue sous cette forme au XIXe siècle chez Stendhal, mais était déjà présente au XVIIe siècle chez Madame de Sévigné, avec un verre au lieu d'un vase.

Il s'agit d'une métaphore fondée sur la tension superficielle de l'eau (voir la vidéo), dans laquelle un récipient presque plein continue de recevoir du liquide goutte à goutte. La surface se bombe peut à peut, dépassant légèrement la hauteur du rebord, sans encore toutefois déborder, jusqu'à ce que soudainement, à cause d'une unique dernière goutte d'eau de trop, le trop-plein s'écoule à l'extérieur.

L'expression fait parfaitement le parallèle entre la tension ou l'énervement qui monte (le vase qui se remplit jusqu'à être plein) et l'explosion qui suit (lorsque le vase qui finit par déborder dès que la petite goutte de trop y a été versée).

On peut rapprocher cette expression des formules  "La coupe est pleine" et "En avoir ras le bol".

Sources : www.linternaute.fr, wiktionary.org et www.expressio.fr

"Un appel du pied" ou "Des appels du pied".

Cette locution nominale masculine en forme d'idiotisme corporel relève du registre familier.

Et elle désigne : une ou des avances ou invitations discrètes, allusives ; une ou des propositions de rapprochement adressées de manière indirecte à une personne ou à un groupe de personnes.

On dit par exemple : "Sitôt connu les résultats du second tour des élections législatives, le soir du 19 juin 2022, on a vu en direct sur les plateaux de télévision, les députés et journalistes d'nsemble (ex LREM) faire des appels du pied éhontés aux représentants du Rassemblement National".

Ces deux locutions ne doivent surtout pas être confondues avec l'expression "Un pied d'appel".

Sources : www.linternaute.fr et www.larousse.fr