"Porter le chapeau" ou "Faire porter le chapeau".

Ces deux locutions verbales en forme d'idiotisme textiles et vestimentaires appartiennent au registre familier.

Remontant - sous cette forme - au début du XXe siècle, elles signifient respectivement, au sens figuré :

  • "Porter le chapeau" : endosser la responsabilité d’une action ou être tenu pour responsable à la place d'un autre ; assumer des faits souvent indépendants de sa volonté.

On dit par exemple : "On sait bien que dans cette affaire, le ministre mis en cause porte le chapeau".

Ou : "Pas question pour moi de porter le chapeau !".

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à l’expression "Porter la culotte".

  • et  "Faire porter le chapeau" : rejeter sa responsabilité sur quelqu'un d'autre, faire endosser à quelqu'un la responsabilité d’une action ou l'en tenir pour responsable ; lui faire assumer des faits souvent indépendants de sa volonté, nuisant ainsi clairement à sa réputation.

On dit par exemple : "IL est classique que le président de la République fasse porter le chapeau à ses collaborateurs ou ministres".

Ou : "Je n'accepterai pas que la direction me fasse porter le chapeau dans ce dossier".

Sources : wiktionary.org et www.projet-voltaire.fr

"Aller son petit bonhomme de chemin", "Faire son petit bonhomme de chemin", "Poursuivre son petit bonhomme de chemin" ou "Suivre son petit bonhomme de chemin".

J'aime beaucoup ces différentes locutions verbales, qui remontent au début du XIXe siècle et appartiennent au registre familier.

Elles signifient : avancer doucement, progresser lentement mais sûrement, régulièrement, constamment, sans éclat, avec calme et résolution, à son rythme, selon son plan, en toute tranquillité ; poursuivre sa vie sans dévier de sa route, sans se détourner de son projet.

On dit par exemple : "Curieux de tout et passionné, je suis un amoureux des mots. J'ai mis en ligne mon blogue J'aime les mots le 1er juillet 2019 et, depuis, je vais mon petit bonhomme de chemin. Il n'y a qu'à voir les statistiques et les petites joies que me procure au quotidien la progression mensuelle de sa fréquentation ou la régulière extension géographique de mon lectorat".

Sources : wiktionary.org, www.languefrancaise.net, www.dictionnaire.sensagent.leparisien.fr, www.larousse.fr et www.linternaute.fr

"Donner un coup de propre" ou Faire un coup de propre".

Ces deux locutions verbales du registre populaire désignent : pour un véhicule ou un bien immobilier, principalement, un nettoyage général destiné avant toutes choses à mettre autant que possible en valeur ledit véhicule ou bien, avant de le mettre en location ou en vente.

Il ne s'agit pas forcément de travaux de qualité, bien au contraire parfois, puisqu'il arrive fréquemment que l'on se contente par exemple d'utiliser des peintures couvrantes destinées à "rafraîchir" certaines pièces en "cachant la misère". Ou de recouvrir de moquette bon marché les sols abîmés.

On dit par exemple : "Je vais donner un coup de propre à ma voiture samedi matin car j'ai deux acheteurs potentiels qui doivent venir la voir le dimanche".

Ou : "Il va falloir faire un coup de propre dans la maison de ma tante si l'on en tirer un prix correct";

"Un bon vent", "Quel bon vent vous amène ?" et "Bon vent !".

  • "Un bon vent" est une locution nominale désignant : un vent portant directement un navire à voile vers le point où les marins souhaitent se rendre.

Un voilier bénéficiant d'un bon vent

  • "Quel bon vent vous amène" est une expression relevant du registre familier et signifiant au sens figuré : quelle bon augure vous amène; qu'est-ce qui me vaut le plaisir de votre visite ?
  • et "Bon vent !" est une locution interjective signifiant, au sens figuré, selon le contexte :
    • au revoir ; bon voyage ; bonne route ; bonne chance !
    • ou, de façon péjorative, afin d'exprimer le soulagement ressenti au départ d’un importun : va-t'en ! ; casse-toi !

Sources : www.linternaute.fr et www.expressio.fr

"Mener à bon port" et "Arriver à bon port" ou "Parvenir à bon port".

Le port de Naples (Campanie) (Italie)

Ces deux locutions verbales appartiennent au langage courant et elles nous viennent bien évidemment du monde de la marine.

Elles signifient respectivement, au sens figuré et selon le contexte :

  • "Mener à bon port" :
    • mener à destination, à l'endroit souhaité.

On dit par exemple : "Je ne vous demande pas de battre des records de vitesse, mais simplement de mener ce camion à bon port".

    • ou : mener à son terme, sans encombre.

On dit par exemple : "Je sais que ce collaborateur mènera ce dossier à bon port".

  • et "Parvenir à bon port" :
    • arriver à destination, à l'endroit souhaité.

On dit par exemple : "J'espère que vous parviendrez à bon port sans trop de difficultés, malgré cette météorologie exécrable".

    • ou : atteindre son but ; atteindre l'objectif que l'on s'était fixé.

On dit par exemple : "Je me félicite de ce que cette enquête soit parvenue à bon port, malgré un contexte difficile".

Sources : www.expressio.fr et www.linternaute.fr

"Une anicroche" et "Sans anicroches".

  • "Anicroche" est un substantif féminin du registre familier désignant : un petit obstacle ou une légère difficulté occasionnant un désagrément passager ; un ennui, un incident.
  • "Sans anicroches" est donc une locution adverbiale du registre familier signifiant : sans incident.

On dit par exemple : "La visite s'est déroulée sans anicroches".

Sources : www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

"Mettre la viande dans le torchon".

Cette amusante locution verbale en forme d'idiotisme alimentaire et d'idiotisme textile ne manque pas de surprendre nos jeunes enfants et nos amis étrangers.

Appartenant au registre familier, elle signifie tout simplement, au sens figuré : se mettre au lit pour dormir.

Dans l'excellent film d'Étienne Chatiliez "La vie est un long fleuve tranquille", sorti en 1988, Ghislaine Groseille (Sylvie Cubertafon) dit par exemple à son mari : "J'chuis crevée, j'vais mettre la viande dans l'torchon".

Cette expression très imagée a vraisemblablement pour origine le milieu de la charcuterie, où elle a dû commencé à être utilisée par analogie avec la locution nominale féminine "Jambon au torchon", qui désigne un jambon cuit dans un bouillon entouré d'une "Chaussettte à jambon" également appelée "Sac mousse" ou "Torchon".

Un jambon au torchon dans sa "Chaussette à jambon", également appelée "Sac mousse" ou "Torchon"
Un jambon au torchon dans sa "Chaussette à jambon", également appelée "Sac mousse" ou "Torchon"
Un charchutier en train d'emmailloter un jambon dans sa "Chaussette à jambon", également appelée "Sac mousse" ou "Torchon"
Un charchutier en train d'emmailloter un jambon dans sa "Chaussette à jambon", également appelée "Sac mousse" ou "Torchon"
Des jambons au torchon avant cuisson, en cours de ficelage
Des jambons au torchon avant cuisson, en cours de ficelage

Le jambon au torchon est fabriqué à partir des muscles de la cuisse du porc, qui sont rassemblés et comprimés aussi fort que possible, pour en faire une sorte de pain de viande, non pas dans un moule métallique comme pour le jambon industriel, mais plus traditionnellement dans une sorte de grande chaussette de textile, nouée à la fin, ce qui le fait ressembler avant cuisson à une sorte de grosse baudruche de viande.

Sources : www.consoglobe.com, www.caminteresse.fr et wiktionary.org

"Une cachotterie" ou "Des cachotteries", "Cachottier" ou "Cachottière" et "Un cachottier" ou "Une cachottière".

J'aime bien ces différents mots du registre familier désignant respectivement :

  • "Une cachotterie" (substantif) : une attitude empreinte d'affectation ou de mystère consistant à taire ou à cacher une chose généralement de peu d'importance.

On dit par exemple : "C'est encore une cachotterie de ma grand-mère !".

  • "Des cachotteries" (substantif) : ce que l'on cache ainsi.

On dit par exemple : "Inutile d'essayer de me faire des cachotteries : je t'ai vu sortir de chez le bijoutier".

  • "Cachottier" ou "Cachottière" (adjectif) : faisant des mystères, des cachotteries à propos de tout.

On dit par exemple : "Je déteste les manières cachottières de mon grand-oncle".

  • et "Un cachottier" ou "Une cachottière" (substantif) : une personne faisant des mystères, des cachotteries à propos de tout.

On dit par exemple : "Tu es un vilain petit cachottier : je n'imaginais que tu avais mis de côté autant d'autant d'argent pour me gâter".

Source : www.cnrtl.fr

"Faire la misère à quelqu'un", "Mettre la misère à quelqu'un" ou "Se mettre la misère".

Ces étranges locutions verbales couramment utilisées par les jeunes générations appartiennent toutes trois au registre argotique.

Et elles signifient respectivement :

  • "Faire la misère à quelqu'un" : mal se comporter à son égard, lui faire du tort, l'importuner, l'humilier, le faire souffrir, lui nuire.

On dit par exemple : "I' vont lui faire la misère dès qu'i' vont le r'trouver".

  • "Mettre la misère à quelqu'un" :
    • le battre à plate couture.

On dit par exemple : "Le PSG va mettre la misère à l'Ohème, tu vas voir !".

    • démonter (registre argotique), rudoyer lors d’un rapport sexuel.

On dit par exemple : "I' va lui mettre la misère j'te dis : elle pourra même p'us s'asseoir".

  • et "Se mettre la misère" : se saouler, s'ennivrer.

On dit par exemple : "J'me suis mis la misère sam'di soir".

Sources : www.languefrancaise.net et wiktionary.org

"Un bide", "Avoir du bide" ou "Prendre du bide" et "Être un bide", "Faire un bide" ou "Prendre un bide".

Le substantif masculin "Bide" appartient au registre argotique.

Et il possède deux significations très différentes :

  • le ventre.

On dit par exemple : "Mon ancien copain avait du bide, mais j'ai horreur de ça".

Ou : "Si mon nouveau mec prend du bide, je le plaque".

Avoir du bide ou avoir du ventre

  • ou : un échec complet, un fiasco ; notamment dans le domaine du spectacle.

On dit par exemple : "Son nouveau disque est un bide"

Ou : "Faire un bide dans sa ville natale a dû être assez humiliant".

Et : "Ce réalisateur a pris un bide avec son nouveau film".

Source : wiktionary.org

"Bon an, mal an".

J'aime assez cette locution adverbiale invariable, qui se prononce bone-an-mal-an.

Appartenant au langage courant, cette expression proverbiale signifie : en moyenne annuelle, l'un dans l'autre ; une fois effectuée la compensation entre les bonnes et les mauvaises années.

On dit par exemple : "Bon an, mal an, je récolte six à 7 tonnes de cerises".

Ou : "Bon an, mal, an, J'aime les mots attire désormais plusieurs millions de lecteurs par an".

Cette expression, qui daterait du XVIIe siècle, nous vient probablement du monde agricole, où l'exploitant doit tenir compte des années avec de bonnes récoltes ("Bon an"), comme des années de mauvaise récoltes ("Mal an") et effectuer une moyenne, s'il veut avoir une vision globale du rendement de son travail ou de ses terres.

Sources : www.linternaute.fr et wiktionary.org

Source : www.larousse.fr

"Faire montre de".

J'aime beaucoup cette locution verbale du registre soutenu, qui signifie :

  • montrer, afficher, étaler,

On dit par exemple : "Mon voisin fait montre de sa réussite en arborant une énorme montre suisse".

Ou : "Avec sa villa d'un luxe tapageur, ce nouveau riche fait montre de sa fortune".

  • ou : faire preuve de.

On dit par exemple : "Le président a fait montre de sagesse dans cette affaire".

Ou : "J'aurais aimé pouvoir faire montre d'un tel courage en d'aussi tragiques circonstances".

Sources : wiktionary.org