"Prendre ombrage".

J'aime assez cette jolie locution verbale du registre soutenu en forme d'idiotisme botanique qui signifie :

  • s'offenser, s'offusquer.

On dit par exemple : "L'épouse de mon patron a pris ombrage de ce que mon fils avait eu de meilleurs résultats scolaires que le sien".

La formule "Prendre la mouche" a une signification assez proche.

  • ou : ressentir de l'inquiétude, de la jalousie à propos de quelque chose, de quelqu'un.

On dit par exemple : "Ma compagne s'offusque des mensurations de rêve de ma nouvelle assistante".

Sur un sujet contigu, je vous recommandre la lecture de mon article consacré aux expressions "Faire ombrage à quelqu'un" ou "Porter ombrage à quelqu'un".

Sources : www.expressio.fr et www.larousse.fr

"De ce moment".

Cette charmante locution adverbiale du registre soutenu constitue une ellipse de la formule "À partir de ce moment" et signifie : à partir de maintenant, désormais, dorénavant ou à l'avenir.

On dit par exemple : "De ce moment, nul ne pourra plus prétendre ignorer la règle !".

Ou : "De ce moment, il est clair que la victoire nous est acquise".

"À des fins", "À des fins de" ou "Aux fins de".

Ces deux locutions prépositives du registre soutenu signifient :

  • "À des fins" : pour remplir des objectifs.

Cette formule s'utilise avec un adjectif qualifiant lesdites fins.

On dit par exemple : "À des fins politiques", "À des fins sociales", etc.

  • "À des fins de" : pour remplir des objectifs.

Cette formule s'utilise avec un nom introduit par la préposition "de".

On dit par exemple : "À des fins de propagande politique", "À des fins de documentation", etc.

  • et "Aux fins de" : pour les besoins de, pour.

Cette formule sert uniquement à introduire un nom désignant une action. Et elle ne peut pas précéder un nom désignant une chose ou un objet :

On dit par exemple : "Aux fins d’évaluation", "Aux fins de vérification", "Aux fins d’identification", etc.

Mais pas : "Aux fins d’impôt" ("Impôt" n'est pas un mot désignant une action), qui est un anglicisme.

Source : www.btb.termiumplus.gc.ca

 

"Une diatribe".

J'aime beaucoup ce substantif féminin du registre soutenu qui nous vient du grec "diatribé" signifiant "discussion d'école" ou "discussion philosophique" et qui désigne :

  • de nos jours : une critique amère et violente,

Il peut s'agir d'un texte ou d'un discours qui attaque une personne ou une institution, le plus souvent sur un ton injurieux. Il peut éventuellement s'agir d'un pamphlet ou d'une satire.

Plusieurs de nos plus célèbres hommes de lettres du XIXe siècle, tels Émile Zola ou Victor Hugo, s'exprimaient sous cette forme dans divers journaux. Et la lettre ouverte "J'accuse...!" d'Émile Zola, parue dans le journal l'Aurore, le 13 janvier 1898, en est un parfait exemple.

On dit par exemple : "Je ne supporte plus les diatribes xénophobes de cet homme politique".

  • et, dans l'Antiquité : un genre littéraire, pratiqué notamment par les Cyniques et les Stoïciens.

L'origine de cette forme littéraire est en général attribuée à Bion de Borysthène, philosophe cynique du IIIe siècle av. J.-C.

Et parmi les autres philosophes qui ont pratiqué ce genre, on peut citer Télès, chez les Cyniques, et Musonius Rufus, chez les Stoïciens.

Au IIIe siècle av. J.-C., la diatribe prend la forme d'un dialogue avec un interlocuteur en général fictif. Visant à la prédication morale, elle traite de lieux communs de l'éthique. Elle use des procédés de la rhétorique et, pour renforcer ses effets sur un auditoire constitué d'un large public non spécialisé, recourt, selon le cas, à l'ironie, à l'invective et à la polémique.

Et c'est précisément cette forme polémique et violente que prenaient souvent ces dialogues à visée morale qui explique l'évolution de l'usage du mot à notre époque.

Source : wikipedia.org

"Dussé-je".

J'aime beaucoup cette formule du registre soutenu correspondant à la première personne du singulier du subjonctif imparfait du verbe "devoir" et signifiant : quand bien même je devrais.

On dit par exemple : "Dussé-je le poursuivre jusqu'en enfer, je retrouverai l'assassin de ma fille !".

Ou : "Dussé-je y passer des heures, je trouverai d'où vient cette erreur !".

"Battre sa coulpe".

Cette locution verbale a un origine directement religieuse puisqu'elle signifie :

  • au sens propre, dans le registre désuet : frapper sa poitrine en disant "Mea culpa" ("Ma faute" en latin),

Le chapitre des coulpes était une pratique médiévale, au cours de laquelle, les moines devaient avouer devant la communauté rassemblée leurs fautes en se frappant ainsi la poitrine.

  • et au sens figuré, dans le registre soutenu : se repentir d’une faute, avouer sa culpabilité ; admettre, prendre conscience des ses torts, les reconnaître.

On dit pas exemple : "Je bats ma coulpe : j'ai complètement oublié de te souhaiter un bon anniversaire !".

Sources : wiktionary.org et www.linternaute.fr

"Sans flagornerie" ou "Sans flagornerie aucune".

J'aime beaucoup cette locution adverbiale du regsitre soutenu, qui signifie : sans être bassement flatteur ni intéressé. C'est à dire : très honnêtement et très sincèrement.

On dit par exemple : "Sans flagornerie aucune, mon ami, je pense que vous avez écrit là un livre qui marquera notre époque".

La "Flagornerie" est en effet le caractère d'une personne flattant bassement, avec insistance et de façon généralement intéressée.

Et "Une flagornerie" est donc, par métonymie, une action ou une attitude qui manifeste de la flatterie basse et intéressée.

Source : www.cnrtl.fr

"Depuis des temps immémoriaux" ou "Depuis la nuit des temps".

Ces deux locutions adverbiales signifient : depuis extrêmement longtemps.

  • "Depuis des temps immémoriaux" appartient au registre soutenu,
  • et "Depuis la nuit des temps" relève du langage courant.

Sur un sujet contigu, je vous recommande la lecture de mon article consacré à toutes les autres façons de dire "Depuis très longtemps".

"Au gré de" ou "Au gré des".

J'aime beaucoup cette jolie locution prépositive du registre soutenu, qui signifie, selon le contexte :

  • Selon, suivant.

On dit par exemple : "Les feuilles mortes s'amoncèlent souvent au gré du vent".

Ou : "Nous ferons évoluer notre position au gré des événements".

  • À la convenance, au caprice, à la fantaisie de quelqu'un, selon ses désirs, ses sentiments.

On dit par exemple : "Mon voisin agit souvent au gré de son humeur".

Ou : "Ma femme décore notre maison au gré de ses goûts".

Sources : wiktionary.org et www.larousse.fr

"Les lettres de noblesse" ou "Des lettres de noblesse", "Acquérir ses lettres de noblesse" et "Donner ses lettres de noblesse".

  • "Les lettres de noblesse" ou "Des lettres de noblesse" désignent :
    • au sens propre, autrefois : les documents par lesquels il était établi qu’une personne était noble (registre désuet).

C'est le roi de France qui conférait la noblesse par lesdites lettres. Et la première lettre de noblesse connue date du 24 juin 1008.

Elle déclareait "nobles et de noble race" Denis et Louis Jacquot, originaires de Bourgogne.

Et elle émanait de Robert II le Pieux - ou "le Dévot" ou "le Sage" -, fils de Hughes Capet, né vers 972 et mort le 20 juillet 1031.

    • et au sens figuré, dans le registre soutenu :
      • la reconnaissance de la compétence d’une personne par ses pairs,

On dit par exemple : "C'est avec son troisième film, que ce réalisateur a véritablement acquis ses lettres de noblesse".

      • ou la reconnaissance de l’importance d’une chose par les personnes compétentes.

On dit par exemple : "En France, ce n'est qu'au XXIe siècle que l'affacturage a acquis ses lettres de noblesse".

De nos jours, dans le registre soutenu et au sens figuré :

  • "Acquérir ses lettres de noblesse" signifie donc :
    • obtenir la reconnaissance de sa compétence par ses pairs, pour une personne,
    • ou : obtenir la reconnaissance de l’importance d’une chose par les personnes compétentes, pour une chose,
  • et "Donner ses lettres de noblesse" signifie :
    • reconnaître la compétence de l'un ses pairs,
    • ou : reconnaître l’importance d’une chose, pour une personne compétente.

Source : wiktionary.org

"Archétypal", Archétypale" et "Archétypaux" ou "Archétypique" et "Archétypiques".

Ces deux adjectifs du registre soutenu sonr rigoureusement synonymes et signifient : relatif(ve)(s) à un archétype, à un modèle idéal, une idée de base, un symbole universel.

Mais la forme "Archétypique" / "Archétypiques" est bien davantage usitée que la forme "Archétypal", Archétypale" et "Archétypaux".

On dit par exemple : "Nous sommes allés en vacances dans les Vosges, où nous avions loué un gîte archétypique du chalet de montagne".

Sources : www.cnrtl.fr, wiktionary.org et www.universalis.fr

"À telle enseigne que".

J'aime beaucoup cette expression du registre soutenu que j'utilise régulièrement et qui signifie, selon le contexte : à tel point que, au point que, cela est si vrai que, comme le prouve le fait que ou tellement que.

On dit par exemple : "Je me suis progressivement totalement désintéressé de la politique. À telle enseigne que je ne participe désormais plus aux différentes mascarades électorales".

Ou : "Je collectionne les mots, locutions et expressions depuis des décennies. À telle enseigne que je possède près d'un demi-million de petites fiches papier consacrées à ma passion".

Sources : wiktionary.org, www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

6 façons de dire "Hurler" en français.

"Gueuler" appartient au registre argotique.

"Brailler" relève du registre familier.

Alors que"Beugler", "Clamer" et "Crier" appartiennent au langage courant.

Et que "Vociférer" relève du registre soutenu.