Mots, locutions et expressions du registre soutenu
Le registre soutenu (ou soigné) correspond à un langage travaillé avec un vocabulaire recherché.
Il est essentiellement adapté au langage écrit et principalement employé dans la littérature et la rhétorique.
Il exige une connaissance approfondie des ressources de la langue et met l’accent sur les références littéraires, culturelles, etc.
Ce registre utilise principalement :
des phrases pouvant être longues (alors appelées « périodes »),
avec unesyntaxe souvent complexe,
un vocabulaire précis, rare et varié (« le firmament », « les cieux » ou « l’azur » pour « le ciel »),
des figures de style recherchées,
des tournures élaborées,
la forme interrogative directe inversée (« D’où m’appelles-tu ? » pour » D’où est-ce que tu m’appelles ? »),
l’inversion du sujet après certains adverbes de liaison (tels que : aussi, ainsi, peut-être, etc.) (« Aussi ai-je dû écourter mes vacances » pour « Aussi, j’ai dû écourter mes vacances ».),
l’imparfait et le plus-que-parfait du subjonctif (« Il fallait qu’il vînt » pour « Il fallait qu’il vienne »),
le passé simple et le passé antérieur de l’indicatif (« Je le vis lorsque je revins » pour « Je l’ai vu quand je suis revenu »).
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Ce substantif masculin nous vient directement de l'espagnol "parangon" signifiant "comparaison".
En français, ce mot désigne :
dans le registre soutenu, ironiquement : un modèle, un archétype.
On dit par exemple : "Se prendre pour un parangon de vertu".
Ou : "Se croire un parangon de beauté".
dans le langage courant :
un marbre noir de Grèce,
ou, en bijouterie : une perle ou une pierre précieuse remarquable par sa beauté, sa perfection ; parfaite, exempte de défaut.
et dans le registre désuet :
au XIXe siècle, comme en espagnol : une comparaison,
On disait par exemple : "Mettre en parangon", "Cela est sans parangon" ou "Faire le parangon d'une chose avec une autre".
ou, en typographie : deux caractères dont l’un est de vingt et un points et l’autre de dix-huit, appelés respectivement "gros parangon" et "petit parangon".
Sources : wiktionary.org, Le Robert, www.larousse.fr et www.cnrtl.fr
On ignore souvent ce que signifie ce substantisme masculin relevant du registre soutenu.
Il s'agit : d'un argument ou d'un raisonnement faux malgré une apparence de logique ou de vérité; d'une argumentation à la logique fallacieuse.
L'étymologie du mot est extrêmement intéressante, puisqu'il nous vient du latin "sophisma", lui-même issu du grec "sophisma" signifiant "habileté", "invention ingénieuse", "raisonnement trompeur".
Ce mot grec est formé sur "sophia" : "sagesse", "savoir", et désigne dès l'Antiquité grecque le type de discours prononcés par les sophistes (littéralement " ceux qui sont spécialistes du savoir"), orateurs prestigieux et professeurs d'éloquence (ou plus globalement de rhétorique), dont le but était surtout de persuader l'auditoire (dans les assemblées ou les tribunaux), bien souvent au mépris de la vérité elle-même.
On dit par exemple :"Le président Poutine et ses acolytes accumulent les sophismes".
Sources : Le Robert, www.larousse.fr, wikipedia.org et www.linternaute.fr
Cette locution verbale relève du registre soutenu.
Et elle signifie : ne dire rien qui vaille, n'annoncer rien de bon, augurer des suites fâcheuses ; être de mauvais augure ; estimer que le pire est à craindre.
On dit par exemple : "Cette nouvelle ne présage rien de bon : il va falloir être prudent".
Ces locutions verbales signifient respectivement : être - ou ne pas être - qualifié, indiqué pour.
Et non : ne pas pouvoir ; ne pas devoir ; ne pas avoir le droit ; ne pas être destiné à ; ne pas disposer des qualités pour.
Ainsi que vous allez cependant pouvoir le constater ci-après, c'est pourtant bien dans ces différents sens que nos dirigeants en usent et abusent aujourd'hui :
du ministre français Emmanuel Vals, le 24 septembre 2013, que "Les Roms ont vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie",
du maire de Lyon (69)Gérard Collomb, le 14 octobre 2013 : "Ces populations n'ont pas vocation à s'intégrer",
ainsi, du président de la République française François Hollande, le 16 décembre 2013 : Les forces françaises n'ont "pas vocation à rester durablement en Centrafrique",
l'ancien Premier ministre français Laurent Fabius, le 18 février 2014 : "Nous n'avons pas vocation à rester en permanence en Centrafrique",
le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault, le 25 février 2014 : "la France n'a pas vocation à se substituer aux forces internationales" en Centrafrique,
de l'ancienne ministre française Cécile Duflot, le 4 avril 2014 : "Les écologistes ont vocation à exercer le pouvoir",
l'ancien ministre français François Bayrou, le 4 mai 2014 : "Le centre n'a pas vocationà être une roue de secours, ni une force d'appoint ni à être accessoire. Il a vocation à être un moteur, une volonté",
le général de division français Marc Foucaud, le 13 mai 2014 : "Nous n'avons pas vocation à rester vingt ans au Mali",
Cet usage abusif relevant de lanovlangue et dujargon politique semble remonter notamment aux années 2006-2007.
Le professeur de linguistique, Jean Véronis, co-auteur de l'ouvrage "Les Mots de Nicolas Sarkozy" (Seuil, 2008), a en effet réalisé un remarquable travail de statistique lexicale, duquel il ressort que, pendant la campagne de 2007, l'homme politique français Nicolas Sarkozy a utilisé l'expression, environ dix fois plus que les autres candidats : "Tous les pays n'ont pas vocation à intégrer l'Union", "L'Etat n'a pas vocation à se mêler de tout", "L'Europe a vocation à protéger", "L'OTANn'a pas vocation à se substituer à l'ONU", etc.
Ce substantif masculin invariable relève du domaine juridique.
Et il désigne, selon le contexte :
en droit civil : un don par testament, c'est à dire une disposition à titre gratuit effectuée par un testateur de ses biens, en tout ou partie, au profit d'une ou plusieurs personnes physiques ou morales.
Le legs peut être particulier, universel, ou à titre universel.
par métonymie : le ou les biens ainsi laissés,
On dit par exemple : "Mon cousin est le bénéficiaire d'un legs très important de la part de mon oncle".
et au sens figuré, dans le registre soutenu : ce qu'une génération transmet aux générations suivantes ; l'héritage.
On dit par exemple : "Le legs de notre génération en matière d'environnement est proprement terrifiant".
Sources : Le Robert, www.larouse.fr et www.cnrtl.fr