"Un parangon".

Ce substantif masculin nous vient directement de l'espagnol "parangon" signifiant "comparaison".

En français, ce mot désigne :

  • dans le registre soutenu, ironiquement : un modèle, un archétype.

On dit par exemple : "Se prendre pour un parangon de vertu".

Ou : "Se croire un parangon de beauté".

  • dans le langage courant :
    • un marbre noir de Grèce,
    • ou, en bijouterie : une perle ou une pierre précieuse remarquable par sa beauté, sa perfection ; parfaite, exempte de défaut.
  • et dans le registre désuet :
    • au XIXe siècle, comme en espagnol : une comparaison,

On disait par exemple : "Mettre en parangon", "Cela est sans parangon" ou "Faire le parangon d'une chose avec une autre".

    • ou, en typographie : deux caractères dont l’un est de vingt et un points et l’autre de dix-huit, appelés respectivement "gros parangon" et "petit parangon".

Sources : wiktionary.org, Le Robert, www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

"Les propos qu'il m'est donné d'entendre" et "Les objectifs que je me suis donné".

  • "Les propos qu'il m'est donné d'entendre" est une locution verbale qui relève du registre soutenu.

Et elle signifie : les propos que j'ai l'occasion d'entendre.

  • tandis que "Les objectifs que je me suis donné" est une locution verbale relevant du langage courant.

Et qui signifie : les objectifs que je me suis donné, fixé, assigné.

"Un sophisme".

On ignore souvent ce que signifie ce substantisme masculin relevant du registre soutenu.

Il s'agit : d'un argument ou d'un raisonnement faux malgré une apparence de logique ou de vérité ; d'une argumentation à la logique fallacieuse.

L'étymologie du mot est extrêmement intéressante, puisqu'il nous vient du latin "sophisma", lui-même issu du grec "sophisma" signifiant "habileté", "invention ingénieuse", "raisonnement trompeur".

Ce mot grec est formé sur "sophia" : "sagesse", "savoir", et désigne dès l'Antiquité grecque le type de discours prononcés par les sophistes (littéralement " ceux qui sont spécialistes du savoir"), orateurs prestigieux et professeurs d'éloquence (ou plus globalement de rhétorique), dont le but était surtout de persuader l'auditoire (dans les assemblées ou les tribunaux), bien souvent au mépris de la vérité elle-même.

On dit par exemple :"Le président Poutine et ses acolytes accumulent les sophismes".

Sources : Le Robert, www.larousse.fr, wikipedia.org et www.linternaute.fr

"Épleuré(e)" ou "Éploré(e)" ?

Ces deux adjectifs signifient : tout(e) en pleurs.

  • "Épleuré(e)" relève du registre familier.

On dit par exemple : "La mère de ma copine était épleurée".

  • tandis que "Éploré(e)" relève du registre soutenu.

On dit par exemple : "Le souverain éploré ne parvenait pas à contenir sa douleur".

Un homme éploré : le docteur Patrick Pelloux, miraculé de la tuerie de Charlie Hebdo, le 8 janvier 2015
Un homme éploré : le docteur Patrick Pelloux, miraculé de la tuerie de Charlie Hebdo, le 8 janvier 2015

Source : www.dictionnaire-academie.fr

"D’excellent augure", "De bon augure", "De très bon augure" ni "De mauvais augure" !

Ces différentes locutions adverbiales relèvent du registre soutenu.

Et elles signifient respectivement :

  • "De bon augure" : bon signe, favorable, plein de promesses, présageant un bon avenir,

On dit par exemple : "Ce succès est de bon augure pour le cinéma français".

  • "D’excellent augure" et "De très bon augure" : très bon signe, très favorable, très prometteur, présageant d'un bon avenir,

On dit par exemple : "Ces nouvelles sont d'excellent augure pour le commerce extérieur français".

Ou : "Cette arrivée est de très bon augure pour l'Ohème".

  • "De mauvais augure" : mauvais signe, défavorable, présageant d'un avenir inquiétant,

On dit par exemple : "Ce printemps est de mauvais augure pour les prochains Jeux Olympiques".

  • et "De mauvais augure" : très mauvais signe, très défavorable, présageant d'un avenir très inquiétant,

On dit par exemple : "Cette nomination est de très mauvais augure pour les syndicats".

Sources : langue-francaise.tv5monde.com, wiktionary.org et dictionnaire.reverso.net

"Ne rien présager de bon".

Cette locution verbale relève du registre soutenu.

Et elle signifie : ne dire rien qui vaille, n'annoncer rien de bon, augurer des suites fâcheuses ; être de mauvais augure ; estimer que le pire est à craindre.

On dit par exemple : "Cette nouvelle ne présage rien de bon : il va falloir être prudent".

Sources : www.cnrtl.fr et www.larousse.fr

On ne dit pas : "C'est quand qu'tu viens ?" !

Mais, à tout le moins, dans le langage courant : "Quand est-ce que tu viens ?" !

Et idéalement, dans le registre soutenu : "Quand viens-tu ?" !

"Discursif" ou "Discursive".

Cet adjectif relève du registre soutenu.

Il nous vient du latin scolastique "discursivus", de "discursus", discours.)

Et il signifie, selon le contexte :

  • qui repose sur le raisonnement, procède par le raisonnement, par opposition à intuitif,

On parle par exemple de "raisonnement discursif" ou de "méthode discursive".

  • et, en linguistique : qui se rapporte au discours, à l'analyse de discours.

On parle par exemple d'une "étude discursive".

Sources : Le Robert et www.larousse.fr

"Avoir vocation à" ou "Ne pas avoir vocation à".

Ces locutions verbales signifient respectivement : être - ou ne pas être - qualifié, indiqué pour.

Et non : ne pas pouvoir ; ne pas devoir ; ne pas avoir le droit ; ne pas être destiné à ; ne pas disposer des qualités pour.

Ainsi que vous allez cependant pouvoir le constater ci-après, c'est pourtant bien dans ces différents sens que nos dirigeants en usent et abusent aujourd'hui :

  • du ministre français Emmanuel Vals, le 24 septembre 2013, que "Les Roms ont vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie",

Le Premier ministre français Manuel Valls

  • du maire de Lyon (69) Gérard Collomb, le 14 octobre 2013 : "Ces populations n'ont pas vocation à s'intégrer",
Le ministre français Gérard Collomb (© ludovic MARIN / AFP)
© Ludovic Marin / AFP
  • ainsi, du président de la République française François Hollande, le 16 décembre 2013 : Les forces françaises n'ont "pas vocation à rester durablement en Centrafrique",

Le président de la République française François Hollande

  • l'ancien Premier ministre français Laurent Fabius, le 18 février 2014 : "Nous n'avons pas vocation à rester en permanence en Centrafrique",

Le Premier ministre français Laurent Fabius

  • le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault, le 25 février 2014 : "la France n'a pas vocation à se substituer aux forces internationales" en Centrafrique,

Le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault

  • de l'ancienne ministre française Cécile Duflot, le 4 avril 2014 : "Les écologistes ont vocation à exercer le pouvoir",

La femme politique française Cécile Duflot

  • l'ancien ministre français François Bayrou, le 4 mai 2014 : "Le centre n'a pas vocation à être une roue de secours, ni une force d'appoint ni à être accessoire. Il a vocation à être un moteur, une volonté",

L'homme politique français François Bayrou

  • le général de division français Marc Foucaud, le 13 mai 2014 : "Nous n'avons pas vocation à rester vingt ans au Mali",

Le général français Marc Foucaud

Cet usage abusif relevant de la novlangue et du jargon politique semble remonter notamment aux années 2006-2007.

Le professeur de linguistique, Jean Véronis, co-auteur de l'ouvrage "Les Mots de Nicolas Sarkozy" (Seuil, 2008), a en effet réalisé un remarquable travail de statistique lexicale, duquel il ressort que, pendant la campagne de 2007, l'homme politique français Nicolas Sarkozy a utilisé l'expression, environ dix fois plus que les autres candidats : "Tous les pays n'ont pas vocation à intégrer l'Union", "L'Etat n'a pas vocation à se mêler de tout", "L'Europe a vocation à protéger", "L'OTAN n'a pas vocation à se substituer à l'ONU", etc.

Le président de la République française Nicolas Sarkozy (© AFP)
(© AFP)

Source : Le Robert et Le magazine du Monde, Didier Pourquery, 4 juillet 2014

"Une palinodie" ou "Des palinodies".

Ce joli substantif féminin nous vient du grec "palinodia" signifiant "rétractation".

S'employant essentiellement au pluriel, il désigne :

  • au sens propre, dans l'Antiquité : une pièce de vers dans laquelle le poète déclarait rétracter des sentiments antérieurs,
  • et dans le registre soutenu : un changement complet d'attitude, d'opinion politique.

On dit par exemple : "Nul ne pourra jamais oublier les palinodies du gouvernement français au sujet de l'utilité des masques".

Sources : Le Robert et www.larousse.fr

On n'écrit pas : "Un lègue" ni "Un leg" !

Un legs

Mais ! "Un legs" !

Avec un "s" muet au singulier.

Ce substantif masculin invariable relève du domaine juridique.

Et il désigne, selon le contexte :

  • en droit civil : un don par testament, c'est à dire une disposition à titre gratuit effectuée par un testateur de ses biens, en tout ou partie, au profit d'une ou plusieurs personnes physiques ou morales.

Le legs peut être particulier, universel, ou à titre universel.

  • par métonymie : le ou les biens ainsi laissés,

On dit par exemple : "Mon cousin est le bénéficiaire d'un legs très important de la part de mon oncle".

  • et au sens figuré, dans le registre soutenu : ce qu'une génération transmet aux générations suivantes ; l'héritage.

On dit par exemple : "Le legs de notre génération en matière d'environnement est proprement terrifiant".

Sources : Le Robert, www.larouse.fr et www.cnrtl.fr

"Ne pas pouvoir souffrir", "Ne pas souffrir" quelque chose ou quelqu'un ou "Souffrir que".

Ces différentes locutions verbales ne manquent pas de surprendre nos émis étrangers ou nos jeunes enfants.

Elle signifient en effet respectivement :

  • "Ne pas pouvoir souffrir" : ne pas pouvoir supporter, détester (registre familier),

On dit par exemple : "Je ne peux pas souffrir ce nouveau directeur".

  • "Ne pas souffrir" : ne pas supporter (registre soutenu),

On dit par exemple : "Ce film ne souffre pas la comparaison avec ses précédentes réalisations".

Ou encore : "Ne pas souffrir le moindre délai", "Ne pas souffrir d'exception", "Ne pas souffrir de répartie" ou "Ne pas souffrir de contradictions".

  • et "Souffrir que" : permettre, consentir (registre soutenu).

On dit par exemple : "Souffrez que je vous précède".

Source : www.cnrtl.fr