On ne dit pas : "Un dispositif antiputsch très robuste" !

Le président de la République française Emmanuel Macron

Comme l'a déclaré, le 02 octobre 2020, le président de la République française Emmanuel Macron.

Mais : "Un dispositif antiputsch très SOLIDE" ou "Un dispositif antiputsch très EFFICACE" !

Voire : "Un dispositif très SOLIDE CONTRE LES PUTSCHS" ou "Un dispositif antiputsch très EFFICACE CONTRE LES PUTSCHS" !

Et idéalement, pour moi : "Un dispositif très EFFICACE CONTRE LES COUPS D'ÉTATS MILITAIRES" !

  • D'une part en effet, il me semble que l'adjectif polysémique "robuste" est ici parfaitement inadapté, et relève, comme souvent chez monsieur Macron... du pur anglicisme.

Son ministre de la santé, Olivier Véran, avait d'ailleurs déclaré la veille, 1er octobre 2020, de façon tout aussi impropre, selon moi : "Ces nouvelles règles, si elles nous semblent suffisamment robustes, protectrices, contrôlables" !

  • et d'autre part, parce que - même s'il est utilisé en français - il n'en demeure pas moins que le substantif masculin "putsch" est un mot allemand, que l'on peut aisément remplacer dans notre langue par la locution nominale masculine "coup d'État militaire !

Source : www.larousse.fr

"Fâcheuse", "Fâcheuses" ou "Fâcheux".

Ce joli adjectif du registre soutenu signifie, selon le contexte :

  • cause de déplaisir, ennuyeu(s)x, contrariant(e)(s) (registre soutenu),

On dit par exemple : "Ce meuble est dans un faĉheux état".

  • cause de douleur, de souffrance, affligeant(e)(s) (registre soutenu),

On dit par exemple : "La disparition mystérieuse de son fils il y a dix ans a été fâcheuse pour mon voisin".

  • ou : entraînant des conséquences ennuyeuses, désagréables, regrettables ; comportant des inconvénients ; portant préjudice (registre soutenu).

On dit par exemple: "L'arrivée de l'autoroute va être fâcheuse pour certains d'entre nous".

Source : wiktionary.org et www.larousse.fr

"Un conciliabule" et "Être en grand conciliabule".

J'aime beaucoup ce joli substantif masculin du registre soutenu, qui nous vient tout droit du vocabulaire et jargon religieux.

  • "Un conciliabule" désigne en effet :
    • au sens propre : une assemblée de prélats schismatiques n'ayant pas autorité pour délibérer, ou convoqués irrégulièrement,
    • et par extension :
      • une conférence secrète et où président d'ordinaire des sentiments de malveillance ou d'hostilité,

On dit par exemple : "Il se dit que l'aile gauche du parti s'est réuni nuitamment en conciliabule en tout début de semaine".

      • des entretiens à voix basse, plus ou moins suspects.

On dit par exemple : "Les enfants, je n'aime pas vous voir ainsi en conciliabule : qu'êtes-vous donc en train de préparer ?".

  • la locution verbale "Être en grand conciliabule" signifie par conséquent de nos jours, hors contexte religieux :
    • s'entretenir secrètement, dans une optique plutôt malveillante et hostile,

On dit par exemple : "Certains députés de la majorité ont été surpris en grand conciliabule avec différents représentants éminents de l'opposition".

    • s'entretenir à voix basse, de façon plus ou moins suspecte.

On dit par exemple : "Depuis deux jours plusieurs groupes d'élèves sont en grand conciliabule près des toilettes, durant chaque récréation".

Source : www.larousse.fr

"Formidable".

Cet adjectif trouve son origine dans latin "formidabilis" ("formidable, terrible"), dérivé de "formido" ("crainte, peur, effroi, terreur, épouvante").

Et signifie :

  • dans le registre désuet et dans le registre soutenu : effrayant, effroyable, redoutable, terrible, qui inspire ou qui est de nature à inspirer une très grande crainte ; qui est dangereux de nature ou terrifiant d'aspect.

On dit par exemple : "Nous avons dû affronter une tempête formidable".

Ou : "La crise liée à la pandémie de coronavirus 2019 va avoir de formidables conséquences".

  • dans le langage courant : qui sort de l'ordinaire, extraordinaire, colossal, énorme, gigantesque, fantastique ; qui impressionne par sa force, sa puissance, sa masse ou sa taille.

On dit par exemple : "Nous avons vu un formidable feu d'artifice".

Ou : "Cet engin a une puissance de feu formidable".

  • et - par extension - dans le registre familier :
    • astronomique, exorbitant, fabuleux, immense ; très grand, considérable par le nombre ou la quantité.

On dit par exemple : "Le père de ma copine gagne des sommes formidables".

Ou : "Cet avion atteint des vitesses formidables".

    • très beau ou excellent, admirable, fantastique, très remarquable, extraordinaire.

On dit par exemple : "J'ai passé une soirée formidable".

Ou : "Ce film est formidable".

    • magnifique, merveilleux, épatant, sensationnel.

On dit par exemple : "C'est formidable !".

Ou : "Ce type est vraiment formidable".

    • étonnant, surprenant.

On dit par exemple : "Cette histoire est quand même formidable !".

Ou : "C'est tout de même formidable que tu n'aies rien remarqué !".

Sources : www.larousse.fr, wiktionary.com et www.cnrtl.fr

"La concupiscence", "Concupiscent" ou "Concupiscente".

J'aime beaucoup ces joli mots du registre soutenu et du registre désuet, qui désignent, dans la théologie chrétienne :

  • le penchant, l'attrait naturel vers la jouissance des biens matériels, terrestres, soit, de manière plus générale,
  • et en particulier le penchant, l'inclination vers les plaisirs sensuels ; la convoitise, le désir.

On dit par exemple : "Son regard trahit la concupiscence  lorsqu'il regarde les femmes en maillot de bain sur la plage".

Le mot "Concupiscence" nous vient du mot latin "Concupiscentia", qui est dérivé du verbe "Cupere" signifiant littéralement "Désirer ardemment". D'autres dérivés de ce verbe sont par exemple le nom de "Cupidon", dieu latin de l’amour fou et du désir, ou encore le mot "Cupidité".

Le terme "Concupiscentia" n’a pas été "inventé" avec le christianisme. Avant d’être une notion importante du christianisme, le terme appartient au vocabulaire des païens qui en font l'équivalent de ce que notre langue appelle la convoitise. La concupiscentia est, dans ce contexte, définie comme l’élan qui amène l'homme à désirer avec ardeur. La concupiscence ne fait cependant pas encore l’objet d'une attention particulière avant l'ère chrétienne et désigne originellement toute forme véhémente de désir humain.

Source : www.larousse.fr, www.linternaute.fr et wikipedia.org

"Ne pas tarir d'éloges".

J'aime beaucoup cette locution verbale du registre soutenu - qui ne s'utilise qu'à la forme négative - signifie : dire énormément de bien. De quelque chose ou de quelqu'un.

Et cela de façon un peu trop excessive ; la formule évoquant un flot de paroles, un discours qui n'en finit pas.

On dit par exemple : "Je trouve toujours plaisante cette façon qu'ont les académiciens de ne pas tarir d'éloges sur leur prédécesseur, lors de leur discours de réception".

"Un archétype".

Ce substantif masculin du registre soutenu désigne :

  • un modèle primitif idéal ou le plus étendu, un type suprême ou un prototype ; l'exemple-type d'une situation ou d'une réalité donnée,
  • en littérature et en philosophie : un modèle idéal (général) à partir duquel est construit dans sa "forme", sa "matière", sa "fin", un sujet (qui appartient en quelque sorte à une série),
  • en critique textuelle : un manuscrit ancien, ancêtre d'un ou de plusieurs autres ; un modèle original ou idéal sur lequel est construit un texte, un ouvrage, une oeuvre, expliquant les ressemblances (fautes identiques, mise en page, passages manquants similaires) entre différents manuscrits d'un même livre,
  • en linguistique : une unité linguistique reconstruite par la méthode historique comparative,
  • chez Platon : un modèle approchant la perfection,
  • en psychologie analytique, un concept créé par Carl Gustav Jung désignant une structure psychique universelle (l'image de l'homme idéal que l'on se fait) issue de l'inconscient collectif, de l'humanité, apparaîssant dans les mythes, les contes,le folklore, les rites etc. des peuples les plus divers,
  • dans les beaux-arts : un plâtre moulé sur un bas-relief,
  • en biologie animale : un organe animal peu différencié dont dérivent, au cours de l'évolution, des organes plus spécialisés et nettement différents d'un groupe à l'autre (patte, aile ou nageoire à partir du membre antérieur, par exemple), appelés "organes homologues".

Sources : www.universalis.fr, wiktionary.org, wikipedia.org et www.larousse.fr

"Non sans difficulté" ou "Non sans mal".

Ces locutions prépositives invariables du registre soutenu signifient tout simplement : avec difficulté, difficilement.

On dit par exemple : "Ma copine a réussi - non sans difficulté - à convaincre sa mère de la laisser dormir chez moi samedi soir".

Ou : "Je suis parvenu - non sans mal - à endormir ma fille, qui avait très peur de l'orage".

"Revêche".

J'aime bien cet adjectif qui signifie :

  • dans le registre désuet :
    • Rude, rugueux au toucher, rêche, âpre au goût.

On dit par exemple : "Ces poires sont aussi revêches que ce vin".

      • en particulier, en parlant d'un matériau : difficile à travailler, à polir.

On dit par exemple : "J'ai rarement rencontré un bois aussi revêche".

      • et par analogie :
        • en parlant d'une terre : peu fertile.
        • en parlant d'un objet, d'une chose : dont l'aspect ou le contact est rude ; rêche.

On dit par exemple : "Il n'y avait qu'une vieille couverte revêche".

        • en parlant d'un son : grinçant, désagréable.

On dit par exemple : "Je déteste cet instrument et ses sonorités revêches".

  • et dans le registre soutenu :
    • en parlant d'une personne, de son aspect, de sa manière d'être : qui est d'un abord difficile, peu accommodant, déplaisant ; acariâtre, grincheux.

On dit par exemple : "Sa mine revêche ne me disait rien".

    • et en parlant d'une chose : qui rebute par son aspect peu engageant, qui inspire de l'aversion.

On dit par exemple : "Je n'ai rien mangé car j'ai trouvé les plats revêches".

L'adjectif "Revêche" est notamment utilisé dans l'expression "Être revêche à (quelque chose)".

Source : www.cnrtl.fr

"Mutin" et "Un mutin".

Contrairement au substantif masculin "Un mutin", l'adjectif "Mutin" peut avoir deux significations différentes :

  • L'adjectif "Mutin" signifie en effet, selon le contexte :
    • ayant un caractère insoumis, rebelle ; porté à la révolte, désobéissant, effronté, frondeur, indiscipliné, querelleur.

On parle par exemple d'un "peuple mutin".

    • ou, dans le registre soutenu, par atténuation de sens : ayant un caractère espiègle, malicieux, vif ; d'humeur badine, taquine, aimant à plaisanter.

On parle par exemple d'un "enfant mutin".

  • tandis que le substantif masculin "Un mutin" désigne uniquement : une personne en révolte ouverte contre une autorité établie, qui refuse d'obéir aux ordres de ses supérieurs. Autrement dit, selon les circonstances : un émeutier, un insurgé, un rebelle, un séditieux.

Sources : www.cnrtl.fr et www.larousse.fr

"Antagonique", "Antagoniste" et "Un antagoniste".

"Antagonique" et "Antagoniste" sont deux adjectifs paronymiques du registre soutenu aux significations proches mais dont on ne peut pas dire qu'ils sont parfaitement synonymes :

  • "Antagonique" signifie en effet uniquement : en antagonisme, opposé, agissant en sens contraire.

On dit par exemple : "Le patronat et les syndicats ont naturellement des intérêts antagoniques".

  • tandis que "Antagoniste" signifie tout à la fois :
    • opposé, rival, adversaire, ennemi ; personnes s'opposant dans une lutte idéologique, dans un conflit,

On dit par exemple : "Lucky-Luke et les Dalton sont personnages antagonistes".

    • en anatomie et myologie : en opposition fonctionnelle, pour des organes et notamment des muscles (voir plus bas),

On dit par exemple : "L'homme possède des muscles antagonistes".

    • et, en pharmacologie et en électrophysiologie : bloquant ou diminuant l'effet physiologique d'une autre molécule, pour une molécule interagissant avec un récepteur membranaire ou récepteur nucléaire.
  • Enfin, le substantif "Un antagoniste" désigne lui :
    • dans le théâtre grec antique, et par extension dans d'autres arts du récit comme la littérature, la bande dessinée ou le cinéma : un personnage, un groupe de personnages, ou une institution, représentant l'opposition du protagoniste. En d'autres termes : une personne, ou un groupe de personnes s'opposant au(x) personnage(s) principal/principaux.

Par exemple, lorsqu'un héros combat, d'une manière ou d'une autre, un méchant, celui-ci est l'antagoniste du héros, qui est le protagoniste.

L'antagoniste peut également représenter une menace ou un obstacle au personnage principal.

On dit par exemple : "Les frères Dalton sont les antagonistes de nombreux albums de Lucky-Luke".

    • en anatomie et myologie : un muscle ou un groupe de muscles s'opposant au mouvement créé par les agonistes. Lorsqu'un muscle travaille, le muscle opposé ne travaille pas, sinon il empêcherait le mouvement de se produire, car les deux muscles se compenseraient. Lors d'un effort musculaire, le muscle agoniste est celui qui se contracte, et le muscle antagoniste celui qui s'étire en réaction à cette contraction. Ainsi, chaque muscle possède son muscle antagoniste,
    • et, en pharmacologie et en électrophysiologie : une molécule interagissant avec un récepteur membranaire ou récepteur nucléaire et bloquant ou diminuant l'effet physiologique d'une autre molécule.

Sources : wiktionary.org, wikipedia.org et www.larousse.fr

"Agir très efficacement sur le gros colon".

J'aime beaucoup cette formule pour le moins distinguée - que l'on peut même considérer comme appartenant au registre soutenu - signifiant : exaspérer, irriter au plus haut point, et donc... dans le registre vulgaire et dans le registre scatologique : faire chier !

"Une imprécation".

Ce substantif féminin du registre soutenu désigne :

  • dans l'Antiquité, une prière solennelle appelant (sur l'ennemi ou le coupable) la colère des divinités infernales,
  • et donc, par analogie : une malédiction solennelle, proférée contre quelqu'un,
  • et par extension : une parole ou un souhait - quand ce n'est pas une injure - appelant le malheur sur quelqu'un.

On dit ainsi : "Charger quelqu'un d'imprécations", "Lancer des imprécations", "Proférer des imprécations", "Hurler des imprécations", "Fulminer des imprécations" ; "Éclater en imprécations" ou "Se répandre en imprécations".

Sources : www.larousse.fr et www.cnrtl.fr