"Béotien" ou "Béotienne" et "Un béotien" ou "Une béotienne".

Localisation de la Béotie en Grèce

Ces deux adjectif ou substantifs désignent, selon le contexte :

  • "Béotien" ou "Béotienne" :
    • au sens propre : ce qui est relatif à la Béotie, province de la Grèce ancienne,
    • et par extension, de façon péjorative, dans le registre soutenu : ce qui présente les caractéristiques de l'esprit, de l'attitude prêtés aux Béotiens ; épais, inculte, lourd, lourdaud.
  • et "Un béotien" ou "Une béotienne" :
    • au sens propre : un habitant de la Béotie, province de la Grèce ancienne,
    • et au sens figuré, dans le registre soutenu : une personne lourde, peu ouverte aux lettres et aux arts, ayant des goûts grossiers.

Sources : Le Robert et www.cnrtl.fr

 

 

"Un sybarite".

Ce substantif masculin désigne :

  • au sens propre : un habitant de Sybaris, une colonie grecque du Sud de l'Italie (Calabre), fondée au VIIIe siècle av. J. -C. dans le cadre du mouvement d'établissement et d'essaimage des Grecs vers l'Occident, et particulièrement en Grande Grèce.

Le mot "Sybarite" est donc un gentilé.

Carte des colonies grecques de Grande Grèce et de Sicile

  • et dans le registre soutenu, par allusion à la réputation des habitants de Sybaris et à certains aspects de leur façon de vivre : un jouisseur, une personne aimant le luxe, le raffinement en matière de plaisir, recherchant le confort et la volupté, dans la vie comme dans la pensée, ou qui y est habitué.

"Sybarite" est ainsi l'antonyme du mot "Ascète".

On dit par exemple : "Mon oncle mène une vie de sybarite dans sa luxueuse villa de Cannes (06)".

Et l'on parle de "Sybaritisme" pour qualifier la recherche de la jouissance, ou le goût pour les plaisirs délicats, raffinés ou luxueux.

Sources : Le Robert, wikipedia.org et www.cnrtl.fr

"L'iridescence", "Iridescent" ou "iridescente", "Iriser" et "L'irisage", "L'irisement" ou "L'irisation".

Des nuages iridescents

Tous ces superbes mots relèvent du registre soutenu.

Et ils dérivent du grec ancien "iris" qui signifie arc-en-ciel.

  • le substantif féminin "L'iridescence" désigne : la propriété de certaines surfaces qui semblent changer de couleur selon l'angle de vue ou d'illumination.

On parle également de "Goniochromisme", un substantif masculin construit à partir des mots grecs "gonio" signifiant "angle" et de "chroma" désignant la "couleur".

Il en est par exemple ainsi des bulles de savon, des ailes de certains papillons, du plumage de certains oiseaux, de la coquille de certains coquillages ou de certains minéraux.

Des bulles de savon iridescentes

L'iridescence est souvent créée par coloration structurelle (microstructures qui interfèrent avec la lumière) ou par le phénomène optique de diffraction. Elle est souvent confondue avec l'irisation (voir plus bas), l'iridescence étant un terme plus spécifiquement réservé à la diffraction et l'irisation à l'interférence

On dit par exemple : "L'iridescence de ces montagnes est merveilleusement belle".

Des nuages iridescents

  • l'adjectif "Iridescent" ou "Iridescente" signifie : brillant(e), chatoyant(e), avec des reflets irisés, c'est à dire dotés des couleurs, des nuances de l'arc-en-ciel.

On parle par exemple de "nuages iridescents".

Des nuages iridescents

  • le verbe "Iriser" signifie : faire briller, faire chatoyer.

On dit par exemple : "Les reflets du soleil irisent merveilleusement la surface de l'eau de lac".

  • les substantifs masculins "Irisage" et "Irisement", ainsi que le substantif féminin "Irisation" désignent : l'action d'iriser ou le résultat de cette action.

On dit par exemple : "L'irisage de ces vitraux est superbe", "L'irisement de ces nuages est splendide" ou "L'irisation de ce flacon est éblouissante".

Sources : www.cnrtl.fr et wikipedia.org

"La coercition".

Ce joli substantif féminin qui nous vient du latin "coertitio" ("contrainte"), se prononce co-er-ssi-ssion et relève du registre soutenu.

Il désigne en français : l'action de contraindre quelqu'un - physiquement ou psychologiquement - pour le forcer à agir ou à s'en abstenir.

Et plus particulièrement : l'action, le droit de contraindre quelqu'un à accomplir son devoir, à obéir à la loi.

Le droit de coercition est ainsi l'un des attributs de la justice.

On dit par exemple : "Tous les moyens de coercition possibles seront employés".

Sources : wikipedia.org, www.cnrtl.fr et www.larousse.fr

"Peu me chaut" ou "Peu m'en chaut" et "Peu lui chaut" ou "Peut lui en chaut".

J'adore cette jolie locution interjective qui relève du registre soutenu.

Ne trouvez-vous pas, en effet, qu'il s'agit là d'une délicieuse façon de dire "Peu m'importe" ?

À l'apostrophe rageuse "Tu vas la dégager ta caisse pourrie espèce de gros con, où tu veux qu'j'appelle les keufs !", on peut ainsi répondre "Peu me chaut mon brave, il se trouve que je j'appartiens moi-même à la maréchaussée et qu'il ne me déplairait nullement de converser avec quelques collègues".

La forme conjuguée "chaut" correspond à la troisième personne du singulier du verbe "chaloir".

Relevant aujourd'hui du registre désuet, ce verbe nous vient du latin "calere" ("être chaud", "désirer").

En sorte que la formule "Peu me chaut" signifie littéralement "Cela ne me fait ni chaud ni froid".

Sur un sujet contigu, je me permet de vous recommander la lecture de mon article consacré à "Toutes les façons de dire : "Ne pas s'inquiéter de quelque chose ou de quelqu'un" en français.

Sources : wikipedia.org et ww.orthodidacte.com

"Confondre".

Ce verbe possède, selon le contexte différentes significations :

  • mêler si étroitement (soit plusieurs choses ou personnes, soit une chose ou une personne à un ensemble) qu'il n'est plus possible de les distinguer.

On dit par exemple : "Le confluent de la Seine et de l'Oise est l'endroit à partir duquel les deux cours d'eau confondent leurs eaux".

  • unir, réunir, identifier jusqu'à rendre indiscernable,

On dit par exemple : "Certaines mères confondent leurs enfants dans un même amour passionné".

  • ne pas distinguer des choses ou des personnes, les mêler dans son esprit et, en particulier, se tromper en les prenant l'un pour l'autre ; faire une confusion.

On dit par exemple : "J'ai confondu mon inspectrice des impôts avec une ancienne maîtresse : elle n'a pas apprécié mes mùarques d'affection".

  • démasquer quelqu'un, le réduire quelqu'un au silence, en prouvant publiquement qu'il a commis une faute ou un délit,

On dit par exemple : "Nous allons rapidement confondre ce menteur".

  • et dans le registre soutenu : déconcerter, décontenancer, étonner, remplir d'un grand étonnement ;troubler au point de réduire à l'impuissance, de mettre dans l'impossibilité de répondre,

On dit par exemple : "Ce discours confond l'entendement".

Sources : www.cnrtl.fr, www.larousse.fr et Le Robert

"Vénale".

Cet adjectif qui relève du registre soutenu peut avoir, selon le contexte, deux significations fort différentes :

  • corruptible, cupide ; prête à se vendre ou à se laisser acheter au mépris de la morale ou par intérêt, en parlant d'une personne.

On parle par exemple d'une "politicienne vénale".

  • ou : estimée en argent, en parlant d'une chose.

On parle par exemple de la "valeur vénale d'un bien".

Au masculin, on dit "Vénal" et "Vénaux".

"L'irénisme", "Irénique" et "Un iréniste".

Ces mots peu usités par le Français moyen relèvent du vocabulaire religieux.

Le terme "irénisme" est récent puisque n'est attesté qu'en 1962. Il nous vient du grec εἰρήνη (eirếnê), où il signifie "la paix". Et le mot est dérivé d'"irénique", emprunté au latin ecclésiastique moderne "irenicus", apparu en 1867.

Ils signifient en effet respectivement :

  • au sens propre :
    • "L'irénisme" : une attitude d'esprit condamnée par l'encyclique "Humani Generis", selon laquelle on tolère de façon tranquille des erreurs graves, inacceptables, par désir exagéré de paix et de conciliation,
    • "Irénique" : ce qui relève de l'irénisme,
    • et "Un iréniste" : une personne qui pratique l'irénisme,
  • et par analogie, dans le domaine politique :
    • "L'irénisme" : une attitude visant à la compréhension mutuelle en se focalisant sur ce qui unit ou rapproche et en minimisant ce qui éloigne ou amène au conflit ; la recherche de la paix et de la concorde.

On dit par exemple : "L'irénisme du président Macron mène notre pays à la catastrophe".

Sources : www.cnrtl.fr, wikipedia.org et wiktionary.org

"Hors de ma vue" ou "Hors de ma vue !".

Le point d'exclamation change tout !

  • La locution adjectivale "Hors de ma vue" signifie en effet : que je ne peux voir, parce que trop loin ou parce que dissimulé.

On dit ainsi : "Les voleurs sont sortis par une porte située hors de ma vue".

  • tandis que la locution interjective "Hors de ma vue !" avec un point d'exclamation constitue une interjection signifiant : "Déguerpissez !" (registre soutenu) ou "Fichez-moi le camp !" (registre familier).

"Congénère" et "Un congénère".

J'aime assez cet adjectif et ce substantif masculins, qui relèvent aujourd'hui du registre désuet.

Et qui désignent, selon le contexte :

  • "Congénère" (adjectif) :
    • en biologie : qui appartient au même genre.

On parle ainsi d'animaux congénères, de plante congénère d'une autre, ou de plantes congénères mais d'espèces différentes.

    • et dans le domaine des idées ou des arts : qui est de même nature ou de même origine.

On parle par exemple d'une idée congénère de la précédente ou d'un pratique congénère à certains peuples.

  • "Un congénère" ou "Des congénères" (substantif masculin) :
    • un être vivant de même genre ou espèce qu'un autre.

On dit par exemple : "J'espère ne pas croiser des congènères du chien errant agressif qui m'a attaqué hier soir".

    • ou par extension, de façon usuelle et souvent péjorative et au pluriel : des personnes de même genre, de même race, de même catégorie sociale.

On dit par exemple : "J'ai le plus grand mépris pour cet individu et ses congénères".

Source : www.cnrtl.fr et www.larousse.fr

"Prosaïque" et "Le prosaïsme".

Ces deux mots nous viennent du latin "prosaicus" ("écrit en prose") et relèvent du registre soutenu.

  • "Prosaïque" est un adjectif signifiant :
    • au sens propre : qui tient de la prose ou qui tient trop de la prose.

On parle par exemple d'un "style prosaïque" ou de "vers prosaïques".

    • et au sens figuré : qui manque d’élégance, de distinction ; banal, commun, plat, vulgaire.

On dit par exemple : "Veuillez m'excuser d'être aussi prosaïque".

  • tandis que "Le prosaïsme" est un subtantif masculin désignant :
    • au sens propre : un défaut de la poésie qui contient un trop grand nombre de tours et d’expressions appartenant à la prose.

On dit par exemple : "Ses vers sont remplis de prosaïsmes".

    • et au sens figuré : ce qui a un caractère prosaïque, manque d’élégance, de distinction ; ce qui est banal, commun, plat, vulgaire.

On dit par exemple : "Cette formule prosaïque dit bien ce qu'elle veut dire".

 Source : wiktionary.org

"La monstration" de quelque chose.

Ce substantif féminin relève du registre soutenu.

Il nous vient du latin "monstratio" signifiant "action de montrer".

Et il désigne en français : l'action, le fait de montrer, d'exposer, de présenter quelque chose.

La Revue Paris Merveilles, au Lido, à Paris (75)
La Revue Paris Merveilles, au Lido, à Paris (75)

On dit par exemple : "La monstration de ces corps de femmes partiellement dénudés ne m'a jamais émoustillé".

Source : www.larousse.fr, www.linternaute.fr et wiktionary.fr