Mots, locutions et expressions du registre soutenu
Le registre soutenu (ou soigné) correspond à un langage travaillé avec un vocabulaire recherché.
Il est essentiellement adapté au langage écrit et principalement employé dans la littérature et la rhétorique.
Il exige une connaissance approfondie des ressources de la langue et met l’accent sur les références littéraires, culturelles, etc.
Ce registre utilise principalement :
des phrases pouvant être longues (alors appelées « périodes »),
avec unesyntaxe souvent complexe,
un vocabulaire précis, rare et varié (« le firmament », « les cieux » ou « l’azur » pour « le ciel »),
des figures de style recherchées,
des tournures élaborées,
la forme interrogative directe inversée (« D’où m’appelles-tu ? » pour » D’où est-ce que tu m’appelles ? »),
l’inversion du sujet après certains adverbes de liaison (tels que : aussi, ainsi, peut-être, etc.) (« Aussi ai-je dû écourter mes vacances » pour « Aussi, j’ai dû écourter mes vacances ».),
l’imparfait et le plus-que-parfait du subjonctif (« Il fallait qu’il vînt » pour « Il fallait qu’il vienne »),
le passé simple et le passé antérieur de l’indicatif (« Je le vis lorsque je revins » pour « Je l’ai vu quand je suis revenu »).
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Ces deux adjectif ou substantifs désignent, selon le contexte :
"Béotien" ou "Béotienne" :
au sens propre : ce qui est relatif à la Béotie, province de la Grèce ancienne,
et par extension, de façon péjorative, dans le registre soutenu : ce qui présente les caractéristiques de l'esprit, de l'attitude prêtés aux Béotiens ; épais, inculte, lourd, lourdaud.
et "Un béotien" ou "Une béotienne" :
au sens propre : un habitant de la Béotie, province de la Grèce ancienne,
et au sens figuré, dans le registre soutenu : une personne lourde, peu ouverte aux lettres et aux arts, ayant des goûts grossiers.
au sens propre : un habitant de Sybaris, une colonie grecque du Sud de l'Italie (Calabre), fondée au VIIIe siècle av. J. -C. dans le cadre du mouvement d'établissement et d'essaimage des Grecs vers l'Occident, et particulièrement en Grande Grèce.
et dans le registre soutenu, par allusion à la réputation des habitants de Sybaris et à certains aspects de leur façon de vivre : un jouisseur, une personne aimant le luxe, le raffinement en matière de plaisir, recherchant le confort et la volupté, dans la vie comme dans la pensée, ou qui y est habitué.
"Sybarite" est ainsi l'antonyme du mot "Ascète".
On dit par exemple : "Mon oncle mène une vie de sybarite dans sa luxueuse villa de Cannes (06)".
Et l'on parle de "Sybaritisme" pour qualifier la recherche de la jouissance, ou le goût pour les plaisirs délicats, raffinés ou luxueux.
Sources : Le Robert, wikipedia.org et www.cnrtl.fr
Tous ces superbes mots relèvent du registre soutenu.
Et ils dérivent du grec ancien "iris" qui signifie arc-en-ciel.
le substantif féminin "L'iridescence" désigne : la propriété de certaines surfaces qui semblent changer de couleur selon l'angle de vue ou d'illumination.
On parle également de "Goniochromisme", un substantif masculin construit à partir des mots grecs "gonio" signifiant "angle" et de "chroma" désignant la "couleur".
Il en est par exemple ainsi des bulles de savon, des ailes de certains papillons, du plumage de certains oiseaux, de la coquille de certains coquillages ou de certains minéraux.
L'iridescence est souvent créée par coloration structurelle (microstructures qui interfèrent avec la lumière) ou par le phénomène optique de diffraction. Elle est souvent confondue avec l'irisation (voir plus bas), l'iridescence étant un terme plus spécifiquement réservé à la diffraction et l'irisation à l'interférence
On dit par exemple : "L'iridescence de ces montagnes est merveilleusement belle".
l'adjectif "Iridescent" ou "Iridescente" signifie : brillant(e), chatoyant(e), avec des reflets irisés, c'est à dire dotés des couleurs, des nuances de l'arc-en-ciel.
On parle par exemple de "nuages iridescents".
le verbe "Iriser" signifie : faire briller, faire chatoyer.
On dit par exemple : "Les reflets du soleil irisent merveilleusement la surface de l'eau de lac".
les substantifs masculins "Irisage" et "Irisement", ainsi que le substantif féminin "Irisation" désignent : l'action d'iriser ou le résultat de cette action.
On dit par exemple : "L'irisage de ces vitraux est superbe", "L'irisement de ces nuages est splendide" ou "L'irisation de ce flacon est éblouissante".
J'adore cette jolie locution interjective qui relève du registre soutenu.
Ne trouvez-vous pas, en effet, qu'il s'agit là d'une délicieuse façon de dire "Peu m'importe" ?
À l'apostrophe rageuse "Tu vas la dégager ta caisse pourrie espèce de gros con, où tu veux qu'j'appelle leskeufs !", on peut ainsi répondre "Peu me chaut mon brave, il se trouve que je j'appartiens moi-même à la maréchaussée et qu'il ne me déplairait nullement de converser avec quelques collègues".
La forme conjuguée "chaut" correspond à la troisième personne du singulier du verbe "chaloir".
Relevant aujourd'hui du registre désuet, ce verbe nous vient du latin "calere" ("être chaud", "désirer").
En sorte que la formule "Peu me chaut" signifie littéralement "Cela ne me fait ni chaud ni froid".
Ce verbe possède, selon le contexte différentes significations :
mêler si étroitement (soit plusieurs choses ou personnes, soit une chose ou une personne à un ensemble) qu'il n'est plus possible de les distinguer.
On dit par exemple : "Le confluent de la Seine et de l'Oise est l'endroit à partir duquel les deux cours d'eau confondent leurs eaux".
unir, réunir, identifier jusqu'à rendre indiscernable,
On dit par exemple : "Certaines mères confondent leurs enfants dans un même amour passionné".
ne pas distinguer des choses ou des personnes, les mêler dans son esprit et, en particulier, se tromper en les prenant l'un pour l'autre ; faire une confusion.
On dit par exemple : "J'ai confondu mon inspectrice des impôts avec une ancienne maîtresse : elle n'a pas apprécié mes mùarques d'affection".
démasquer quelqu'un, le réduire quelqu'un au silence, en prouvant publiquement qu'il a commis une faute ou un délit,
On dit par exemple : "Nous allons rapidement confondre ce menteur".
et dans le registre soutenu : déconcerter, décontenancer, étonner, remplir d'un grand étonnement ;troubler au point de réduire à l'impuissance, de mettre dans l'impossibilité de répondre,
On dit par exemple : "Ce discours confond l'entendement".
Sources : www.cnrtl.fr, www.larousse.fr et Le Robert
Ces mots peu usités par le Français moyen relèvent du vocabulaire religieux.
Le terme "irénisme" est récent puisque n'est attesté qu'en 1962. Il nous vient du grec εἰρήνη (eirếnê), où il signifie "la paix". Et le mot est dérivé d'"irénique", emprunté au latin ecclésiastique moderne "irenicus", apparu en 1867.
Ils signifient en effet respectivement :
ausens propre :
"L'irénisme" : une attitude d'esprit condamnée par l'encyclique "Humani Generis", selon laquelle on tolère de façon tranquille des erreurs graves, inacceptables, par désir exagéré de paix et de conciliation,
"Irénique" : ce qui relève de l'irénisme,
et "Un iréniste" : une personne qui pratique l'irénisme,
et par analogie, dans le domaine politique :
"L'irénisme" : une attitude visant à la compréhension mutuelle en se focalisant sur ce qui unit ou rapproche et en minimisant ce qui éloigne ou amène au conflit ; la recherche de la paix et de la concorde.
On dit par exemple : "L'irénisme du président Macron mène notre pays à la catastrophe".
Sources : www.cnrtl.fr, wikipedia.org et wiktionary.org
La locution adjectivale "Hors de ma vue" signifie en effet : que je ne peux voir, parce que trop loin ou parce que dissimulé.
On dit ainsi : "Les voleurs sont sortis par une porte située hors de ma vue".
tandis que la locution interjective "Hors de ma vue !" avec un point d'exclamation constitue une interjection signifiant : "Déguerpissez !" (registre soutenu) ou "Fichez-moi le camp !" (registre familier).