"Il vit sa vie" et "Il vit son vit".

Dans ces deux phrases paronymiques, les mots "vie" et "vit" sont homophones, puisqu'ils s'écrivent différemment mais se prononcent de façon identiques ("vi").

Et les trois mots "vit" employés sont homophonographes, puisqu'ils s'écrivent ("vit") et se prononcent ("vi") de façon identique, mais possèdent des significations totalement distinctes :

  • "Il vit sa vie" :
    • Dans la première partie de cette phrase ("Il vit"), le mot "vit" constitue la troisième personne du singulier du verbe "vivre" au présent de l'indicatif.

Et cette phrase constitue une déclinaison de l'expression du langage courant "Vivre sa vie".

  • et "Il vit son vit" :
    • Dans la première partie de cette phrase ("Il vit"), le mot "vit" constitue la troisième personne du singulier du verbe "voir" au passé simple de l'indicatif.
    • tandis que dans la seconde partie ("son vit"), le mot "vit" est un substantif masculin du registre soutenu désignant la verge.

"Dépasser l'entendement".

J'aime beaucoup cette locution verbale du registre soutenu signifiant : être incompréhensible, difficile à imaginer, à concevoir ; parce que se situant au-delà des limites de la compréhension humaine.

"L'entendement" est en effet un substantif masculin du registre soutenu désignant : l'aptitude de quelqu'un à comprendre ; le bon sens, le raisonnement, le jugement.

Sources : www.larousse.fr et wiktionary.org

"Marmoréen" ou "Marmoréenne".

Ce très joli adjectif du registre soutenu qualifie :

  • au sens propre : ce qui a la nature ou l'apparence du marbre.

On parle par exemple d'un "calcaire marmoréen".

Un calcaire marmoréen
Un calcaire marmoréen
  • et au sens figuré : ce qui a l'aspect ou l'apparence (la blancheur, l'éclat, la dureté, la froideur) du marbre ou d'une statue de marbre.

On parle par exemple d'une "froideur marmoréenne" ou d'une "pâleur marmoréenne".

Une jeune femme d'une pâleur marmoréenne
Une jeune femme d'une pâleur marmoréenne

Sources : Le robert, wiktionary.org et www.larousse.fr

"Luxuriant" ou "Luxuriante" et "Luxurieux" ou "Luxurieuse".

Ces adjectifs paronymiques du registre soutenu ont des significations totalement différentes et ne doivent donc surtout pas être confondus :

  • "Luxuriant" ou "Luxuriante" signifie en effet :

Une végétation luxuriante

    • qui foisonne, pousse et se développe en abondance et avec vigueur.

On parle ainsi souvent d'une "forêt luxuriante", d'une "jungle luxuriante" ou d'une "végétation luxuriante".

Voire, par analogie, d'une "chevelure luxuriante".

Une pilosité masculine luxuriante

Ou d'une "pilosité luxuriante".

    • ou : qui déborde de richesse, de vigueur.

Une santé luxuriante

On parle par exemple d'un "style luxuriant", d'une "description luxuriante" ou d'une "santé luxuriante".

  • tandis que "Luxurieux" ou "Luxurieuse" signifie : débauché(e), lascif(ve), lubrique, voluptueuse, sensuelle ; s'adonnant à la luxure.

Ou : empreint(e) d'une sensualité lascive ; incitant au plaisir sexuel.

Une danseuse du ventre

On parle par exemple d'une "danse luxurieuse".

L'actrice espagnole Penelope Cruz, dans une pose luxurieuse
L'actrice espagnole Penelope Cruz, dans une pose luxurieuse

Ou d'une "pose luxurieuse".

Sources : Le Robert, www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

Ne dites pas : "Mille cent", "Mille deux cents", "Mille trois cents", "Mille quatre cents", "Mille cinq cents", "Mille six cents", "Mille sept cents", "Mille huit cents" ou "Mille neuf cents" !

Mais plutôt : "ONZE cents", "DOUZE cents", "TREIZE cents", "QUATORZE cents", "QUINZE cents", "SEIZE cents", "DIX-SEPT cents", "DIX-HUIT cents" ou "DIX-NEUF cents" !

Les deux façons d'énumérer (transcription par multiplication  : seize cents pour 16 x 100 ou par addition : mille six cents pour 1000 + 600) sont grammaticalement correctes, mais la première a le mérite d'appartenir au registre soutenu.

Et son utilisation vous permet donc de hausser votre niveau de langue.

On n'évoque d'ailleurs jamais la célèbre victoire de Marignan en parlant de la bataille de "Mille cinq cent quinze", mais de "Quinze cent quinze".

À l'instar de nos fameux "Soixante-dix", "Quatre-vingt" et "Quatre-vingt-dix", remplaçant les "Septante", "Octante" et "Nonante" utilisés par nos amis belges et suisses, ou du nom de l'hôpital ophtalmologique parisien des "Quinze-vingts" (qui comptait originellement 15 X 20 = 300 lits), la forme multiple de cent est une survivance d'un ancien système de numération utilisant la base vingt, dit "vicésimal" ou "vigésimal".

La Convention a institué, le 7 avril 1795, le système métrique et le système décimal (système de numération utilisant la base dix).

Mais ces deux façons d'énumérer, et d'énoncer des dates notamment, ont coexisté bien avant le XIXe siècle.

Ainsi, Rabelais écrivait par exemple, en 1534, dans célèbre "La vie très horrifique du grand Gargantua, père de Pantagruel, jadis composée par M. Alcofribas abstracteur de quintessence. Livre plein de Pantagruélisme" : "Le dimanche huitiesme jour d'octobre du dit an, mil cinq cents quatorze".

Tandis que l'on trouvait la forme "L'an treize cents cinquante & deux", en 1619, dans L'"Histoire généalogique de plusieurs maisons illustres de Bretagne" d'Augustin du Paz.

Source : parler-francais.eklablog.com

 

"Le pathos" et "Faire du pathos".

"Le pathos" est un substantif masculin qui nous vient du mot grec" Pathos" signifiant "Souffrance, passion, affect, douleurs".

Il désigne en français :

  • autrefois, dans le registre soutenu et dans le registre désuet : la partie de la rhétorique traitant des moyens propres à émouvoir l'auditeur, par opposition à l'"ithos" (qui traite de l'impression morale que doit produire l'orateur sur l'auditeur).
  • et, de nos jours, de façon péjorative et dans le registre familier : une enflure verbale, un style oratoire ou littéraire pathétique, déplacé, affecté ou outré, consistant à emprunter un ton solennel afin d'apporter de l'émotion, mais qui se révèle maladroit, vain et souvent incompréhensible.

On dit par exemple : "Après l'attentat, le président nous a encore fait du pathos lors des obsèques des victimes".

Source : www.linternaute.fr, www.cnrtl.fr et wiktionary.org

"La truculence", "Truculent" ou "Truculente".

  • "La truculence" est un substantif féminin désignant le caractère de ce qui est truculent.
  • et "Truculent" ou "Truculente" est un adjectif signifiant :
    • autrefois (registre désuet) : qui a un aspect ou une apparence farouche, terrible, un comportement brutal, violent, excessif.
    • et de nos jours, dans le registre soutenu : haut en couleur, plein de pittoresque et de vigueur ; libre, cru, qui étonne et réjouit par ses excès.

On dit par exemple : "J'aime l'humour truculent de cet artiste".

Ou : "Il y a dans cette comédie des personnages plus truculents les uns que les autres".

Sources : Le Robert, wiktionary.org et www;cnrtl.fr

Ne pas confondre : "Infecter" et "Infester" !

Ces deux verbes paronymiques du langage courant sont souvent confondus, alors qu'ils possèdent des significations sensiblement différentes :

  • "Infecter" signifie en effet :
    •  contaminer ; communiquer, transmettre des germes infectieux ou des microbes susceptibles de produire une infection générale ou locale.

On dit par exemple : "Il faudra vérifier que cette plaie ne s'infecte pas".

    • par analogie :
      • empester, empuantir, répandre une odeur infecte ; imprégner l'air ou un lieu d'émanations malsaines, puantes.

On dit par exemple : "Un ivrogne assoupi infecte le wagon".

      • contaminer un ordinateur par un logiciel malveillant.

On dit par exemple : "Ce virus risque d'infester tous nos ordis".

    • et au figuré : contaminer, corrompre, rendre infect, souiller moralement.

On dit par exemple : "Cette revue infecte l'esprit de nos enfants".

  • tandis que "Infester" signifie :
    • lorsqu’on parle d’animaux ou de plantes nuisibles : envahir et foisonner, pululler ; se répandre à profusion au point de causer des dommages.

On dit par exemple : "Les mauvaises herbes infestent mon jardin".

Ou : "Les souris infestent le grenier de ma maison de campagne".

    • lorsque l'on parle de personnes, dans le registre soutenu : ravager (un lieu) par des actes violents, des attaques incessantes ou réitérées.

On dit par exemple : "Des bandes organisées infestent certaines banlieues".

Ou : "Les pirates infestent nos côtes".

    • et en médecine, lorsqu'on parle de parasites : entrer dans l'organisme et l'envahir.

On dit par exemple : "L'organisme de mon patient est infesté de parasites".

Ce dernier sens se rapproche évidemment du premier sens du verbe "Infecter", mais l'idée de contamination est absente du verbe"Infester".

Ce qui n'empêche pas un agent qui infeste l'organisme d'être une cause d'infection ! Ainsi, une gorge "infestée" de staphylocoques peut s'"infecter".

Mais qui a dit que le français était une langue compliquée ?

Sources : Le Robert, www.cnrtl.fr, bdl.oqlf.gouv.qc.ca et www.larousse.fr