"Antagonique", "Antagoniste" et "Un antagoniste".

"Antagonique" et "Antagoniste" sont deux adjectifs paronymiques du registre soutenu aux significations proches mais dont on ne peut pas dire qu'ils sont parfaitement synonymes :

  • "Antagonique" signifie en effet uniquement : en antagonisme, opposé, agissant en sens contraire.

On dit par exemple : "Le patronat et les syndicats ont naturellement des intérêts antagoniques".

  • tandis que "Antagoniste" signifie tout à la fois :
    • opposé, rival, adversaire, ennemi ; personnes s'opposant dans une lutte idéologique, dans un conflit,

On dit par exemple : "Lucky-Luke et les Dalton sont personnages antagonistes".

    • en anatomie et myologie : en opposition fonctionnelle, pour des organes et notamment des muscles (voir plus bas),

On dit par exemple : "L'homme possède des muscles antagonistes".

    • et, en pharmacologie et en électrophysiologie : bloquant ou diminuant l'effet physiologique d'une autre molécule, pour une molécule interagissant avec un récepteur membranaire ou récepteur nucléaire.
  • Enfin, le substantif "Un antagoniste" désigne lui :
    • dans le théâtre grec antique, et par extension dans d'autres arts du récit comme la littérature, la bande dessinée ou le cinéma : un personnage, un groupe de personnages, ou une institution, représentant l'opposition du protagoniste. En d'autres termes : une personne, ou un groupe de personnes s'opposant au(x) personnage(s) principal/principaux.

Par exemple, lorsqu'un héros combat, d'une manière ou d'une autre, un méchant, celui-ci est l'antagoniste du héros, qui est le protagoniste.

L'antagoniste peut également représenter une menace ou un obstacle au personnage principal.

On dit par exemple : "Les frères Dalton sont les antagonistes de nombreux albums de Lucky-Luke".

    • en anatomie et myologie : un muscle ou un groupe de muscles s'opposant au mouvement créé par les agonistes. Lorsqu'un muscle travaille, le muscle opposé ne travaille pas, sinon il empêcherait le mouvement de se produire, car les deux muscles se compenseraient. Lors d'un effort musculaire, le muscle agoniste est celui qui se contracte, et le muscle antagoniste celui qui s'étire en réaction à cette contraction. Ainsi, chaque muscle possède son muscle antagoniste,
    • et, en pharmacologie et en électrophysiologie : une molécule interagissant avec un récepteur membranaire ou récepteur nucléaire et bloquant ou diminuant l'effet physiologique d'une autre molécule.

Sources : wiktionary.org, wikipedia.org et www.larousse.fr

"Significatif" et "Signifiant" ou "Le signifiant".

Ces mots paronymiques ont des significations assez proches et sont parfois confondus :

  •  "Significatif" est un adjectif voulant dire :
    • éloquant, parlant, révélateur ; qui signifie, exprime, indique, manifeste ou renseigne clairement, nettement, sans ambiguïté.

On dit par exemple : "Cet exemple est significatif".

    • lourd de sens, à quoi on attribue facilement telle interprétation, qui renseigne sur quelque aspect.

On dit par exemple : "Les chiffres du dernier trimestre sont significatifs".

  • "Signifiant" est :
    • soit un adjectif voulant dire :
      • qui signifie, qui a et transmet une signification, qui exprime beaucoup de choses.

On dit par exemple : "Ce choix n'est pas signifiant".

      • en linguistique : qui est porteur de signification, qui a du sens, qui fonctionne en tant que signe.

On dit par exemple :

      • et en théologie : qui signifie et opère.

On dit par exemple : "Les sacrements sont les signes signifiants et effectifs de la grâce".

    • soit le participe présent du verbe signifier, qui peut vouloir dire, selon le contexte :
      • Indiquer, marquer quelque chose, avoir comme sens,

On dit par exemple : "Elle m'a lancé un regard signifiant : Courage !".

      • exprimer ce que l’on entend par un mot, par une locution, par une phrase, en parlant de langue et de grammaire,

On dit par exemple : "Sea est un mot anglais signifiant Mer en français".

      • notifier, déclarer, faire connaître quelque chose par des signes évidents, des paroles expresses.

On dit par exemple : "Il m'a donné ses instructions sur un ton signifiant que je n'avais pas intérêt à contester".

      • dans le domaine judiciaire : notifier par voie de justice, par ministère d’huissier.

On dit par exemple : "Il faudra agir très vite en signifiant l'arrêt sous 48 heures".

  • et "Le signifiant" est un substantif  utilisé en linguistique, selon une terminologie instaurée par le linguiste suisse Ferdinand de Saussure (26 novembre 1857 - 22 février 1913)et .

Il désigne : la forme concrète, matérielle et sensible (image acoustique ou symboles graphiques) du signe linguistique, renvoyant arbitrairement à un concept, le "signifié".

Sources : www.larousse.fr, wiktionary.org et www.cnrtl.fr

Un canon de campagne".

Un canon de campagne

Un canon de campagne est un canon utilisé sur le champ de bataille.

Il s'agit généralement de petites pièces d'artillerie pouvant être déplacées facilement par des troupes mobiles.

Entrant dans la famille de l'"artillerie de campagne", elle se distingue des pièces à emplacement fixes comme les pièces de siège, de place, ou même de tranchée.

En France notamment, les canons de campagne ont beaucoup été utilisés sous Napoléon Ier, lors de la Première Guerre mondiale et lors de la Seconde Guerre mondiale.

Les canons de campagne ont presque disparu des armées modernes, au profit des obusiers et des lance-roquettes multiples qui sont bien plus pratiques sur le champ de bataille.

Source : wikipedia.org

Pourquoi dire : "Troisième clean sheet de suite" ?

Le journaliste sportif franco-algérien Messaoud Benterki

Comme l'a déclaré, le 27 septembre 2020, le journaliste sportif franco-algérien Messaoud Benterki, dans l'émission vespérale "L'Équipe du soir", sur la chaîne de télévision française L'Équipe.

Et pas : "Troisième RENCONTRE CONSÉCUTIVE SANS ENCAISSER DE BUT" !

C'est évidemment nettement plus long.

Mais cela a le mérite d'être du français et non du jargon de journalistes sportifs anglophones.

"Le parlement des savants".

L'ancien collège des Quatre-Nations, quai Conti, devenu Institut de France et surnommé "Le parlement des savants"

Il s'agit du surnom attribué à l'Institut de France, une institution française créée en 1795.

Il rassemble les élites scientifiques, littéraires et artistiques de la nation afin qu'elles travaillent ensemble à perfectionner les sciences et les arts, à développer une réflexion indépendante et à conseiller les pouvoirs publics.

Siégeant quai de Conti, dans le 6e arrondissement de Paris (75), l'Institut de France regroupe cinq académies, dont les réunions solennelles ont lieu en habit vert sous la coupole de l'ancien collège des Quatre-Nations qui l'abrite :

  • l'Académie française (40 membres),
  • l'Académie des inscriptions et belles-lettres (55 membres),
  • l'Académie des sciences (263 membres),
  • l'Académie des beaux-arts (63 membres),
  • et l'Académie des sciences morales et politiques (50 membres).

Source : wikipedia.org

"For", "Fort" et "Un fort".

Ces différents mots homophones ont des significations très différentes :

  • "For" est un substantif masculin qui nous vient du latin "Forum".
  • "Fort" est :
    • soit un adjectif masculin, qui signifie, selon le contexte :
      • agissant avec énergie, pour un produit ou un médicament ("Un somnifère assez fort"),
      • ayant de la force morale, de la force de caractère ("Être fort dans l'adversité"),
      • ayant des connaissances étendues, une grande habileté, une grande aptitude dans un domaine ; surpassant les autres ("Être fort en calcul mental"),
      • bien établi, sûr, résistant au temps, aux attaques, etc. ("Un amour très fort"),
      • corpulent, épais, gros ("Être fort des hanches"),
      • désagréable au goût ou à l'odorat, âcre ("Du beurre fort"),
      • dont la puissance, les moyens d'action, le pouvoir sont très développés ; qui s'impose aux autres ("Un parti politique fort"),
      • doté d'une teneur très importante en son principe actif, pour une substance ou une préparation ("Du piment fort"),
      • manifestant l'habileté, le savoir-faire, la compétence et s'imposant à l'esprit avec force ("Un film très fort"),
      • recourant à la contrainte et à des mesures autoritaires, pour un État ("Un régime fort"),
      • résistant, solide ("Du carton fort"),
      • robuste, solide, vigoureux, ayant de la force physique, pour un individu ("Un homme fort"),
      • tirant son assurance, sa supériorité de telle ou telle chose ("Fort de son expérience"),
      • ou : très actif, très correctif, puissant, pour un instrument ou un appareil ("Des verres correcteurs très forts").
    • soit un adverbe, qui signifie, selon les cas :
      • d’une manière forte et vigoureuse. ("Crier fort", "Frapper fort", "Pousser fort", etc.),
      • ou : beaucoup ("Couler fort", "Pleuvoir fort", "Venter fort", etc.)

Placé devant un adjectif ou devant un adverbe, "Fort" marque le superlatif : "Avoir fort à coeur de", "Savoir fort bien que", etc.

  • et "Un fort" est un substantif masculin désignant, selon le contexte :
    • une fortification permanente isolée et indépendante, autonome.
San Felipe de Lara, un fort colonial espagnol à l'entrée du lac Izabal, dans l'Est du Guatemala
San Felipe de Lara, un fort colonial espagnol à l'entrée du lac Izabal, dans l'Est du Guatemala

Ouvrage de terre ou de maçonnerie, parfois revêtu de métal, il s'agit d'un bâtiment militaire conçu pour la guerre défensive, destiné à résister aux attaques de l’ennemi.

Le fort de Jorey à Fermanville (50)
Le fort de Jorey à Fermanville (50)
    • à la chasse : un repaire, de la retraite de certains animaux, qui se réfugient toujours dans l’endroit le plus épais du bois ("Le sanglier est dans son fort"),
    • celui qui a la force ou la puissance, qui représente ou symbolise la force ("Le fort contre faible"),
    • dans le registre désuet : un portefaix . "Un fort des Halles" était le nom attribué au manutentionnaire qui avait pour mission de transporter les marchandises de l'extérieur vers l'intérieur des pavillons des anciennes Halles de Paris (75).
Forts des Halles, à Paris (75), vers 1910
Forts des Halles, à Paris (75), vers 1910

Portant une tenue de travail très caractéristique, les forts formaient une corporation très célèbre dans la capitale, créée sous le règne de Louis IX, et aujourd'hui disparue.

Mais le mot "Fort" pour désigner des employés devant porter de lourdes charges durant leur travail a également été utilisé ailleurs, puisqu'il a par exemple existé des "forts des Abattoirs de Lille (59)",

    • dans le registre familier : un genre de mérite ou de savoir, qui distingue une personne, la place au-dessus des autres ("Le français a toujours été mon fort"),
    • l'endroit le plus fort d’une chose ("Le fort d’une voûte, d’une épée"),
    • l'endroit le plus épais et le plus touffu d’un bois ("S’enfoncer dans le fort du bois"),
    • le temps où une chose est dans son plus haut point, dans son plus haut degré ("Au fort de la tempête", "Au fort de la mêlée"),
    • et enfin, pour nos amis québecois : l'eau-de-vie.

Sources : www.larousse.fr et wiktionary.org

 

Pourquoi dire : "Depuis le restart du championnat" ?

L'ancien joueur international de football franco-polonais, devenu consultant, Ludovic Obraniak

Comme l'a déclaré l'ancien joueur international de football franco-polonais Ludovic Obraniak, devenu consultant, le 15 septembre 2020, dans l'émission "L'Équipe d'Estelle", de la chaîne de télévision française L'Équipe.

Et pas : "Depuis le REDÉMARRAGE du championnat" !

Pour ses anglicismes, ses fautes de grammaire et ses phrases construites en dépit du bon sens, je lui décerne mon label de médiocrité "Fâchés avec le français".

"Une litote" n'est pas "Un euphémisme" !

Les journalistes des différents organes d'information - en particulier audiovisuels - ont malheureusement de plus en plus tendance à confondre les deux figures de style que sont la litote et l'euphémisme, présentant des litotes comme des euphémismes.

Aussi est-il bon, je pense, de rappeler ce dont il s'agit exactement :

  • "Une litote" est une figure de style consistant à atténuer l'expression de sa pensée et à dire moins pour laisser entendre davantage.

Elle est fréquente dans le registre familier, où l'on dit par exemple :

    • "Cette fille n'est pas sotte" pour "Cette fille est (très) intelligente".
    • ou : "Il n'est pas mauvais ce vin !" pour "Il est (très) bon ce vin !".

La célébre réplique de Chimène dans "Le Cid" de Corneille - "Va, je ne te hais point" - n'en est cependant pas une à mes yeux, ainsi que je m'en explique dans un autre article de J'aime les mots.

  • tandis que "Un euphémisme" est une figure de style consistant à atténuer l'expression de faits ou d'idées considérés comme brutaux, déplaisants, choquants, désagréables, tristes dans le but d'adoucir la réalité.

L'euphémisme se différencie donc de la litote par la volonté de rendre un terme moins choquant en amoindrissant l'information.

L'euphémisme a pour antonyme l'hyperbole et le dysphémisme.

La novlangue journalistique et politique actuelle regorge d'euphémismes :

On dit par exemple : "Le disparu" pour "Le mort", "Le corps sans vie" pour "Le cadavre" ou "Il est parti pour un monde meilleur" plutôt que "Il est mort".

Et : "Le PSE ou Plan de Sauvegarde de l'Emploi" pour "Le plan de licenciement".

Source : wikipedia.org

"Les ravioli" ou "Les raviolis".

Assiettée de ravioli à la tomate en conserve

"Ravioli" est un mot italien constituant le pluriel du mot "Raviolo". En français, les deux formes - avec ou sans "s" - sont admises pour le pluriel.

Ce substantif masculin désigne un produit typique de la cuisine italienne, provenant vraisemblablement de Chine sous le nom de "Jiaozi".

Machine à ravioli

Ravioli faits maison venant d'être découpés
Ravioli faits maison venant d'être découpés

Ils se présentent souvent sous la forme de carrés de pâte remplis d'une farce - généralement à base de viande, de légumes et de fromage - et cuits à l'eau bouillante.

Raviolis faits maison
Raviolis faits maison

Les ravioli se fabriquent normalement de façon traditionnelle, mais ils existent également en conserve, bien que n'ayant pas vraiment la même saveur.

Boîte de ravioli en conserve de marque Panzani

Un plat qui existe dans le monde entier

On trouve des raviolis en France, dans l'actuel Pays niçois, la Provence, la Savoie, le Languedoc, et la Catalogne depuis le bas Moyen Âge.

Les raviolis existent aussi en Asie, où ils sont appelés "Jiaozi en Chine, "Gyoza" au Japon et "Mandu" en Corée.

Ainsi qu'en Europe de l'Est, où on les nomme "Pirojki" ou "Pelmeni" en Russie, ou "Pierogi" en Pologne.

Lorsqu'on les nomme "Ravioles", il s'agit le plus souvent de la raviole du Dauphiné, une recette farcie de fromage et de persil, fabriquée dans la Drôme (26) et dans l'Isère (38).

Sachet de ravioles du Dauphiné de marque Saint-Jean

Source : wikipedia.org

On ne dit pas : "Il a réussi à jouer dans le restart" !

Le journaliste sportif français Vincent Duluc

Comme l'a déclaré le journaliste sportif français Vincent Duluc, le 15 septembre 2020, dans l'émission "L'Équipe d'Estelle", de la chaîne de télévision française l'Équipe.

Mais : "Il a réussi à jouer LORS DU REDÉMARRAGE" !

Et même, idéalement : "Il EST PARVENU à jouer LORS DU REDÉMARRAGE DU CHAMPIONNAT" !