Pourquoi dire : "Le factoring" et "Le factor" ?

Et pas : "L'affacturage" et "L'affactureur" !

Ces deux appellations désignent :

  • "L'affacturage" : une technique de financement et de recouvrement de créances (entre entreprises, pas sur des particuliers) consistant, pour les entreprises, à obtenir un financement anticipé et à sous-traiter cette gestion à un établissement de crédit spécialisé,
  • et "L'affactureur" : ledit établissement de crédit spécialisé, qui, moyennant rémunération, gère les comptes clients de l'entreprise affacturée et prend en charge le recouvrement des factures précédemment financées, ainsi que les éventuels contentieux.

Considéré durant longtemps comme le dernier recours de sociétés en difficultés financières, l'affacturage a aujourd'hui acquis ses lettres de noblesse.

Et est enfin perçu comme un outil souple au service des entreprises, leur permettant tout à la fois :

  • d'externaliser des tâches administratives,
  • de se prémunir contre les impayés,
  • et d'être financé à court terme.

Gérant d'une petite société de fabrication d'objets promotionnels, au début des années 1990, je ne travaillais qu'avec des multinationnales n'offrant aucun risque d'impayés.

Mais j'ai eu recours à l'affacturage afin de ne plus subir les procédures comptables complexes et les longs délais de paiement de mes clients. Avoir délégué l'émission et le recouvrement de mes factures à la BNP m'avait alors épargné de devoir constamment harceler mes interlocuteurs des services mercatique et communication afin qu'ils relancent leurs services comptables.

Source : wikipedia.org

On ne dit pas : "Un dispositif antiputsch très robuste" !

Le président de la République française Emmanuel Macron

Comme l'a déclaré, le 02 octobre 2020, le président de la République française Emmanuel Macron.

Mais : "Un dispositif antiputsch très SOLIDE" ou "Un dispositif antiputsch très EFFICACE" !

Voire : "Un dispositif très SOLIDE CONTRE LES PUTSCHS" ou "Un dispositif antiputsch très EFFICACE CONTRE LES PUTSCHS" !

Et idéalement, pour moi : "Un dispositif très EFFICACE CONTRE LES COUPS D'ÉTATS MILITAIRES" !

  • D'une part en effet, il me semble que l'adjectif polysémique "robuste" est ici parfaitement inadapté, et relève, comme souvent chez monsieur Macron... du pur anglicisme.

Son ministre de la santé, Olivier Véran, avait d'ailleurs déclaré la veille, 1er octobre 2020, de façon tout aussi impropre, selon moi : "Ces nouvelles règles, si elles nous semblent suffisamment robustes, protectrices, contrôlables" !

  • et d'autre part, parce que - même s'il est utilisé en français - il n'en demeure pas moins que le substantif masculin "putsch" est un mot allemand, que l'on peut aisément remplacer dans notre langue par la locution nominale masculine "coup d'État militaire !

Source : www.larousse.fr

"Les dents déciduales" ou "Les dents lactéales".

Dents de lait de petit garçon

Ces deux locutions nominales féminines peu usitées désignent ce que l'on appelle plus couramment "les dents de lait" ; à savoir les premières dents, temporaires, formant la première dentition de l'enfant.

L'adjectif "déciduale(s)" vient en effet du latin "Deciduus" signifiant "qui tombe".

Ces dents apparaissent chez l'enfant entre six et huit mois et tombent entre six et douze ans pour laisser la place aux dents permanentes.

L'appellation "dents de lait" provient du fait que ces premières dents apparaissent au moment où l'enfant se nourrit encore principalement de lait. Mais également, peut-être, qu'elles sont aussi blanches que du lait ?

Sur un thème contigu, je vous recommande la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Les dents" en français.

"Un conciliabule" et "Être en grand conciliabule".

J'aime beaucoup ce joli substantif masculin du registre soutenu, qui nous vient tout droit du vocabulaire et jargon religieux.

  • "Un conciliabule" désigne en effet :
    • au sens propre : une assemblée de prélats schismatiques n'ayant pas autorité pour délibérer, ou convoqués irrégulièrement,
    • et par extension :
      • une conférence secrète et où président d'ordinaire des sentiments de malveillance ou d'hostilité,

On dit par exemple : "Il se dit que l'aile gauche du parti s'est réuni nuitamment en conciliabule en tout début de semaine".

      • des entretiens à voix basse, plus ou moins suspects.

On dit par exemple : "Les enfants, je n'aime pas vous voir ainsi en conciliabule : qu'êtes-vous donc en train de préparer ?".

  • la locution verbale "Être en grand conciliabule" signifie par conséquent de nos jours, hors contexte religieux :
    • s'entretenir secrètement, dans une optique plutôt malveillante et hostile,

On dit par exemple : "Certains députés de la majorité ont été surpris en grand conciliabule avec différents représentants éminents de l'opposition".

    • s'entretenir à voix basse, de façon plus ou moins suspecte.

On dit par exemple : "Depuis deux jours plusieurs groupes d'élèves sont en grand conciliabule près des toilettes, durant chaque récréation".

Source : www.larousse.fr

Pourquoi dire : "Un feedback" ?

Et pas, selon le contexte :

  • "Un retour d'expérience" ou "Un retour d'information".

Il s'agit d'un processus de régulation de la communication permettant à l'émetteur d'un message de savoir si le récepteur l'a bien compris et de l'adapter en conséquence.

  • une rétroaction (action en retour d'un effet sur sa cause, ou sur l'un de ses facteurs causals).
  • ou : un retour de son.

Source : wiktionary.org

"Une combinazione" ou "Des combinazione".

La traduction littérale de ce substantif féminin italien est, selon le contexte : "Combinaison" ou "Hasard, coïncidence, le plus souvent favorable".

Mais il est parfois utilisé en français, dans le domaine du journalisme politique notamment, pour désigner de manière péjorative : une forme d'arrangement particulier, alternatif, hors norme.

On dit par exemple : "Ce choix relève davantage de la combinazione que d'un processus réellement démocratique".

Ou : "On espère ne pas assister à un retour des combinazione".

Source : wiktionary.org

"Capé", "Capée", "capées" ou "Capés".

Cet adjectif relève du vocabulaire et du jargon sportif se dit de joueurs ou de joueuses - essentiellement de football ou de rugby - possédant une ou plusieurs "Capes", c'est à dire sélections en équipe nationale.

On dit par exemple : "Hugo Lloris est le gardien le plus capé du footall français".

Le gardien de but de l'éuipe de France de football Hugo Lloris

Ou : "Le sanglier des Ardennes a longtemps été le joueur de football français le plus capé".

Source : wiktionary.fr

On ne dit pas : "Un homme correspondant au signalement fait par les victimes" !

La journaliste française Sarah-Lou Cohen, chef du service police-justice sur BFM

Comme l'a déclaré, le 25 septembre 2020, la journaliste française Sarah-Lou Cohen, chef du service police-justice de la chaîne de télévision française d'information en continu BFMTV.

Mais :

  • "Un homme correspondant au signalement COMMUNIQUÉ par les victimes",
  • "Un homme correspondant au signalement DONNÉ par les victimes",
  • ou "Un homme correspondant au signalement ÉTABLI par les victimes" !

"Sine die".

Cette locution adverbiale latine régulièrement utilisée en français signifie : sans préciser le jour ou sans fixer d'autre date.

Et donc : indéfiniment, de manière indéfinie.

On dit par exemple : "Le débat a été reporté sine die".

Ou : "Le vote a été repoussé sine die".

Sources : wiktionary.org, www.cnrtl.fr et www.larousse.fr

"La concupiscence", "Concupiscent" ou "Concupiscente".

J'aime beaucoup ces joli mots du registre soutenu et du registre désuet, qui désignent, dans la théologie chrétienne :

  • le penchant, l'attrait naturel vers la jouissance des biens matériels, terrestres,
  • et en particulier : le penchant, l'inclination vers les plaisirs sensuels ; la convoitise, le désir.

On dit par exemple : "Son regard trahit la concupiscence  lorsqu'il regarde les femmes en maillot de bain sur la plage".

Le mot "Concupiscence" nous vient du mot latin "Concupiscentia", qui est dérivé du verbe "Cupere" signifiant littéralement "Désirer ardemment". D'autres dérivés de ce verbe sont par exemple le nom de "Cupidon", dieu latin de l’amour fou et du désir, ou encore le mot "Cupidité".

Le terme "Concupiscentia" n’a pas été "inventé" avec le christianisme. Avant d’être une notion importante du christianisme, le terme appartient au vocabulaire des païens qui en font l'équivalent de ce que notre langue appelle la convoitise. La concupiscentia est, dans ce contexte, définie comme l’élan qui amène l'homme à désirer avec ardeur. La concupiscence ne fait cependant pas encore l’objet d'une attention particulière avant l'ère chrétienne et désigne originellement toute forme véhémente de désir humain.

Source : www.larousse.fr, www.linternaute.fr et wikipedia.org

"Une plainte".

"Une plainte" est un substantif féminin du langage courant désignant, selon le contexte :

  • une lamentation, un gémissement exprimant la peine ou la douleur

On dit par exemple : "Les plaintes d'un blessé".

  • un bruit long, monocorde et triste

On dit par exemple : "La plainte sinistre du mistral dans la toiture d'un manoir".

  • l'expression d'un mécontentement, d'un grief

On dit par exemple : "Susciter des plaintes".

  • ou la dénonciation en justice d'une infraction

On dit par exemple : "Porter plainte".