"Que j'aille".

Cette locution verbale peut avoir deux significations totalement différentes, puisqu'il peut s'agir :

  • du subjonctif présent de la première personne du verbe "Aller".

On dit par exemple : "Il faudrait que j'aille voir ma grand-mère".

  • ou de l'indicatif présent de la première personne du verbe "Ailler", qui signifie garnir ou frotter d'ail.

On dit par exemple : "J'aille ensuite mon gigot avant de l'enfourner".

 

"Une sauce au beurre noir", "Une sauce beurre noir" ou "Un beurre noir".

Cuisson à feu doux d'un beurre noir

Ces trois appellations désignent une préparation culinaire, élaborée à base de beurre doux.

Celui-ci est cuit à feu doux dans une poêle ou une casserole, jusqu'à ce qu'il prenne une coloration foncée. Malgré son appellation, il doit cependant brunir sans noircir.

L'étape finale de la préparation consiste à déglacer, en ajoutant une solution acide, comme du vin blanc, du jus de citron ou du vinaigre.

On cuisine notamment ainsi :

Aile de raie au beurre noir
Aile de raie au beurre noir
  • les ailes de raie,
Cervelle de veau poêlée au beurre noir
Cervelle de veau poêlée au beurre noir
  • ou la cervelle.

Le nom de cette sauce a donné lieu à une jolie expression imagée : "Un oeil au beurre noir".

Source : wikipedia.org

"Déglacer", "Effectuer un déglaçage" ou "Effectuer un déglacement".

Déglaçage au vin blanc

C'est l'action qui consiste, une fois la cuisson d'une viande terminée, à récupérer encore chauds les sucs restés au fond du récipient en raison de leur viscosité.

Pour cela, on les dilue à l'aide d'une certaine quantité de liquide, telle qu'un verre de vin blanc, de porto, de crème ou de bouillon.

Ledit liquide mêle alors ses propres saveurs à celles des sucs, constituant ainsi une sauce d'accompagnement.

Ne dites pas : "Un mix", "Mixer", "Un mixer" ni même "Un mixeur" !

Mais, respectivement :

  • "Un mix" : "Un mélange" ou "Un panachage",
  • "Mixer" :
    • "Battre" ou "Mélanger", dans le domaine culinaire,
    • et "Panacher" ou "Mélanger", dans le domaine musical,
  • et "Un mixer" ou même  "Un mixeur" :
    • "Un batteur" ou "Un mélangeur", dans le domaine culinaire.
Un mixer plongeur ou "Batteur"
"Un mixer plongeur" ou "Un mixeur plongeur", c'est à dire : "Un batteur" ou "Un mélangeur"
"Un mixer" ou "Un mixeur", c'est à dire : "Un batteur" ou "Un mélangeur"
"Un mixer" ou "Un mixeur", c'est à dire : "Un batteur" ou "Un mélangeur"
    • et : "Un mélangeur de sons", dans le domaine musical !
Un mixer de musique ou "Mélangeur de sons"
"Un mixer de musique" ou "Un mixeur de musique", c'est à dire : "Un mélangeur de sons"

Pourquoi dire : "Des nuggets de poulet" ?

Et pas : "Des BEIGNETS de poulet", "Des BOUCHÉES de poulet", "Des CROQUETTES de poulet" ou "Des PÉPITES de poulet" !

Ce ne sont pourtant pas les mots français qui manquent, cré nom de d'la !

Ne dites pas : "Un timer" !

Mais : "Un minuteur" !

C'est vrai ; je vous le concède : cela va vous obliger à prononcer trois syllabes au lieu de deux... mais vous aurez le mérite de vous être exprimé en français.

"Un bleu".

Ce substantif polysémique peut avoir pas moins de... 16 significations différentes :

  • c'est d'abord ainsi que l'on appelle une ecchymose, dans le registre familier,

Ecchymose sur la cuisse

  • ou, au sens figuré, une blessure infligée à la psyché, aux sentiments ou à la pensée (on parle par exemple de "bleus à l'âme"),
  • mais également une personne sans expérience, un novice, nouvellement arrivé ou engagé, à l'armée ou au travail (registre familier),
  • un policier ou un gendarme (registre familier),

Policiers en intervention dans le métro

  • un sportif de haut niveau français, sélectionné dans l'équipe nationale de sa discipline,

L'équipe de France de handball

  •  un fromage dont les champignons contenus dans la pâte forment des veines de couleur bleue,

Fomage bleu

  • un vêtement de travail ("bleu de travail") utilisé pour la mécanique ("bleu de mécanicien") ou la chaufferie ("bleu de chauffe"),

 

  • un plan, schéma ou croquis reproduit sur papier au ferro-prussiate,
  • le document relié en bleu représentant le budget proposé par le gouvernement (par opposition au "vert", le budget voté par le Parlement),
  • un document de travail interministériel relatif à un projet de loi,
  • une maladie du lait et du vin blanc, causée par des bactéries.

Et c'était également autrefois :

  • un soldat des armées de la République durant la guerre de Vendée (surnom donné par les chouans),
  • puis, par extension, un républicain, par opposition aux "blancs" (royalistes) ou aux "rouges" (communistes),
  • un soldat états-unien nordiste confédéré durant la guerre de Sécession (par opposition aux "gris" sudistes unionistes),

Un soldat nordiste au corps à corps avec un soldat sudiste

  • un télégramme (registre familier),

  • un document utilisé dans la seconde moitié du XXe siècle par les coloristes de bande dessinée, afin d'appliquer leurs couleurs en aplats ("bleu d'imprimerie" : copie de la planche au format de parution, où les traits encrés apparaissaient en bleu clair).

un bleu de coloriage de bande dessinée

"L'amer" ou "Un amer".

Ce mot peut avoir différentes significations selon qu'il s'agit de l'adjectif ou du substantif :

  • l'adjectif  "amer" caractérise en effet l'une des saveurs primaires du goût appelée "amertume".
  • tandis que le substantif "Amer" désigne, selon le contexte :
    • est un point de repère fixe et identifiable sans ambiguïté, utilisé pour la navigation maritime, tel qu'un phare, un clocher, un château d'eau, etc.
    • ou une liqueur apéritive fabriquée à partir de l'infusion de plantes amères.

"Un buffet canadien", "Un repas canadien", "Un souper canadien" ou "Un pique-nique canadien".

Une "auberge espagnole", c'est à dire : un repas partagé

Il s'agit, pour nos amis suisses de ce type de repas consistant à manger ce que les différents convives ont amené, que nous appelons en France "Auberge espagnole", Repas-partage", "Repas partagé" ou "Repas tiré du sac".

Et que nos amis belges appellent uniquement "Auberge espagnole".

"Une tête au chocolat", "Une "tête au/de choco", "Une tête-mousse", "Un merveilleux" ou "Une merveille au chocolat".

Ces différentes locutions nominales désignent souvent désormais la "Tête-de-nègre", cette pâtisserie constituée de deux meringues entre lesquelles repose de la crème au beurre, le tout étant enrobé de chocolat.

Nos amis québecois, pour leur part, l'appellent "Whippet", par antonomase d'un nom d'une marque.

Son nom traditionnel de "Tête-de-nègre" a en effet parfois été l'objet de polémique, du fait du rappel péjoratif, pour certains, de l'esclavage, de la colonisation et du racisme ; ces esprits chagrins trouvant cette appellation galvaudée ou insultante.

Ce qui est - comme la plupart des fois, en pareil cas - parfaitement ridicule, puisque cela revient à sortir les choses de leur contexte. Le mot "nègre" désignait en effet, à l'origine une couleur ; l'expression " Tête de nègre" étant apparue en France pour la première fois en 1829 et désignant la couleur d'un vêtement.