Mais : "MENER une enquête", "MENER des enquêtes" ou "ENQUÊTER" !
Vocabulaire et jargon de la police et de la sécurité
Cette collection regroupe l’ensemble de mes articles consacrés aux différents mots, locutions, expressions, acronymes ou sigles utilisés dans le domaine de la police et de la sécurité, dont le sens nous échappe souvent.
Nombre total d’articles restant à paraître dans cette collection : 143
On ne dit pas "L'incendie est sous contrôle" !
Ainsi que je l'ai entendu dans le journal de 9H, le 14 décembre 2019, sur la chaîne radiophonique nationale France Inter.
Mais : "L'incendie est MAÎTRISÉ" ou "Les pompiers ont la situation en main" !
La forme "Sous-contrôle" relève de l'anglais et non du français.
Pourquoi dire : "Une no go zone" ?
Et pas : "Une zone de non-droit" !
C'est à dire une zone regroupant une population importante, souvent très jeune, en bonne part issue de l’immigration, avec un taux de criminalité et un taux de chômage également très élevés.
Ces concentrations périurbaines, en marge des grandes villes françaises, comme Paris (75), Lyon (69), Marseille (13), mais désormais aussi autour de villes moyennes et peut-être même parfois de petites villes françaises, ont extrêmement mauvaise réputation, surtout certaines d’entre elles, où se sont organisés les plus importants trafics de drogues.
Dans ces quartiers laissés pour compte, la police n'est pas ou est peu présente, laissant la délinquance s'installer et se développer, au risque d'avoir de plus en plus de mal à y intervenir.
Ne dites pas : "Faire du violon" !
Mais : "Jouer du violon" !
Ou "Aller en prison", "Être emprisonné" !
Le "Violon" est effet l'un des nombreux mots du registre argotique désignant la prison.
"Le parapluie bulgare".
Cette locution nominale masculine, également surnommée "La piqûre de parapluie", désigne une méthode inventée par les services secrets soviétiques pour faire pénétrer du poison dans le corps d'une victime à l'aide d'un parapluie.
Ladite méthode tient son nom de l'empoisonnement à la ricine, le 7 septembre 1978, de l'écrivain et dissident bulgare Georgi Markov (décédé le 11 septembre 1978) par le KDS (Komitet za Darzhavna Sigurnost, en français "Comité pour la Sécurité de l'Etat"), les services secrets de la République populaire de Bulgarie, ainsi que de la tentative d'assassinat, le 26 août 1978, du journaliste bulgare réfugié en France Vladimir Kostov.
Et elle a inspiré au réalisateur français Gérard Oury son film comique "Le coup du parapluie", sorti en 1980, avec en vedette l'acteur Pierre Richard.
Le titre initial était d'ailleurs "Le coup du parapluie bulgare", mais sous la pression de son producteur Alain Poiré, Gérard Oury le rebaptisa à contrecoeur.
Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Un parapluie".
Source : wikipedia.org
"Une hirondelle".
- Ce mot désigne tout d'abord naturellement un petit oiseau passereau migrateur, au dos généralement noir bleuté, au ventre blanc, à longues ailes effilées, à queue fourchue,
Mais également deux moyens de transport :
- une bicyclette de la marque "Hirondelle" (registre désuet),
- et un petit vapeur rapide assurant le transport de voyageurs sur certains cours d'eau (registre désuet),
Et cinq types de personnes :
- par extension : un agent de police cycliste parisien, circulant sur une bicyclette de la marque "Hirondelle". Les vélos "Hirondelle" ont en effet été utilisés par les brigades cyclistes de la police de Paris (75) des années 1900 jusqu'en 1984.Mais ce surnom leur venait aussi de la silhouette d'oiseau que leur donnait leur pèlerine flottant dans le vent (registre familier),
- un resquilleur (registre populaire),
- un jeune vagabond parisien sans abri ("Les hirondelles du pont d'Arcole", citées par Victor Hugo en 1862 dans "Les misérables") (registre désuet),
- une personne dont la grâce, la vivacité, l'esprit voyageur, le caractère protecteur rappelle l'hirondelle,
- une religieuse appartenant à la congrégation des Petites Soeurs de l'Assomption, fondée en 1865 ("Petite soeur hirondelle")
Voir également : "Une hirondelle ne fait pas le printemps".
Source : www.cnrtl.fr
Ne dites pas : "Un visuel" ni "Avoir en visuel" ou "Avoir en visu" !
Mais : "Un aperçu", "Un dessin", "Une illustration", "Une image", "Une photographie", "Une vue" !
Et : "Avoir dans son champ de vision" !
12 façons de dire "Arrêter" un individu.
Les verbes "Alpaguer", "Choper", "Coincer", "Cueillir", "Ferrer", "Gauler" et "Serrer" relèvent du registre argotique.
La locution verbale "Passer les bracelets" relève du registre familier, tandis qu'"Attraper", "Interpeller" et "Passer les menottes" appartient au langage courant.
Enfin , le verbe "Appréhender" relève du registre soutenu.
Ne dites pas : "Faire un portrait-robot" !
Mais : "DRESSER un portrait-robot" ou "ÉTABLIR un portrait-robot" !
Un portrait-robot est un outil d'enquête utilisé dans le domaine de la police judiciaire visant à établir un portrait le plus ressemblant possible du visage d'une personne recherchée, en fonction des indications données par les victimes ou les témoins.
Autrefois dessiné, composé et redessiné à partir de bandes de photo (cheveux, yeux, nez, bouche, menton), le portrait-robot est aujourd’hui réalisé à partir de logiciels spécialisés.
Source : wikipedia.org
Ne dites pas : "Les militaires sont arrivés sur zone" ou "Les secours sont déjà sur site" !
Mais : "Les militaires sont arrivés sur PLACE" ou "Les militaires sont arrivés sur LA zone (de conflit)"
Et : "Les secours sont déjà sur PLACE" ou "Les secours sont déjà sur LE site (de l'attentat ou du sinistre)" !
"Un coup de filet".
Cette locution nominale du langage courant désigne :
- au sens propre, le jet d'un filet dans l'eau afin de ramener du poisson,
- au sens figuré, l'arrestation simultanée de plusieurs personnes.
On dit par exemple : "La police a réalisé hier un superbe coup de filet dans les milieux terroristes".
- et, par analogie, un gain ou un profit considérable réalisé en une seule fois.
On dit par exemple : "Avec cette opération, le milliardaire italien réalise un énorme coup de filet".
"Un bleu".
Ce substantif polysémique peut avoir pas moins de... 16 significations différentes :
- c'est d'abord ainsi que l'on appelle une ecchymose, dans le registre familier,
- ou, au sens figuré, une blessure infligée à la psyché, aux sentiments ou à la pensée (on parle par exemple de "bleus à l'âme"),
- mais également une personne sans expérience, un novice, nouvellement arrivé ou engagé, à l'armée ou au travail (registre familier),
- un policier ou un gendarme (registre familier),
- un sportif de haut niveau français, sélectionné dans l'équipe nationale de sa discipline,
- un fromage dont les champignons contenus dans la pâte forment des veines de couleur bleue,
- un vêtement de travail ("bleu de travail") utilisé pour la mécanique ("bleu de mécanicien") ou la chaufferie ("bleu de chauffe"),
- un plan, schéma ou croquis reproduit sur papier au ferro-prussiate,
- le document relié en bleu représentant le budget proposé par le gouvernement (par opposition au "vert", le budget voté par le Parlement),
- un document de travail interministériel relatif à un projet de loi,
- une maladie du lait et du vin blanc, causée par des bactéries.
Et c'était également autrefois :
- un soldat des armées de la République durant la guerre de Vendée (surnom donné par les chouans),
- puis, par extension, un républicain, par opposition aux "blancs" (royalistes) ou aux "rouges" (communistes),
- un soldat états-unien nordiste confédéré durant la guerre de Sécession (par opposition aux "gris" sudistes unionistes),
- un télégramme (registre familier),
- un document utilisé dans la seconde moitié du XXe siècle par les coloristes de bande dessinée, afin d'appliquer leurs couleurs en aplats ("bleu d'imprimerie" : copie de la planche au format de parution, où les traits encrés apparaissaient en bleu clair).











