Ces deux locutions verbales parfaitement synonymes en forme d'idiotismes corporels.
Appartenant au langage courant, elles signifient toutes deux : pleurer beaucoup, abondamment ; être particulièrement triste, sembler inconsolable.
On dit par exemple : "Je me souviens encore de ma petite fille, pleurant à chaudes larmes parce que son ballon s'était envolé".
Ou : "Moi-même, enfant, j'avais pleuré toutes les larmes de mon corps, la fois où, notre télévision familiale étant en panne, j'avais appris que je n'allais pas pouvoir regarder Les Saintes chéries, mon feuilleton préféré".
Cette locution adjectivale et cette locution verbale appartiennent au registre familier.
Et elles signifient respectivement, au sens figuré :
"Inconnu au bataillon" :
ne figurant pas dans une liste, un répertoire, ou tout simplement dans les connaissances de quelqu’un.
On dit par exemple : "Patron, on me demande si vous auriez eu un employé du nom de Robert Dumas... Cela vous dit quelque chose ?". "Pas du tout : inconnu au bataillon !".
et par extension : complètement, parfaitement, totalement inconnu.
On dit par exemple : "J'ai un ami qui parcourt le monde et visite de minuscules pays inconnus au bataillon".
et "Être inconnu au bataillon" : être un illustre inconnu; quelqu'un que l'on n'a jamais vu et dont l'on n'a jamais entendu parler.
On dit par exemple : "J'ai voulu effectuer des recherches pour savoir qui était la personne qui a donné son nom à ma rue mais je n'ai curieusement rien trouvé : il semble être inconnu au bataillon !"
Il s'agit de formules directement issues du jargon militaire, puisque le substantif masculin "Bataillon" désigne une troupe et, de nos jours, un corps d'infanterie composé de plusieurs compagnies.
Et que l'expression "Inconnu au régiment" est utilisée lors de l'appel militaire, lors duquel elle constitue la réponse réglementaire faite à l'appel d'un nom inconnu, non identifié. "Inconnu au bataillon !" signifie : impossible à identifier, à retrouver, ou sans papiers d'identité.
Sources : www.defense.gouv.fr et Dictionnaire historique de la langue française, Alain Rey, Nathan, 2011
Enfant, j'avais adoré découvrir cette expression en forme d'idiotisme corporel.
Appartenant au registre populaire, elle signifie : ne pas être coiffé(e) du tout, être complètement décoiffé(e), avoir les cheveux en désordre, ébouriffés, "en pétard" (registre familier).
À l'image des poils des "dessous-de-bras" (registre populaire), c'est à dire des aisselles, lorsqu'ils sont très longs.
On dit par exemple : "Tu auras vu la tête de ma frangine au réveil : les yeux gonflés, coiffée comme un dessous-de-bras".
Ce substantif masculin appartient au langage courant.
Et il désigne, selon le contexte :
un oiseau rapace diurne du genre faucon, mais plus petit que celui-ci, son envergure ne dépassant pas 70-84 cm.
Cet oiseau migrateur, que l'on appelle souvent "Faucon hobereau" hiverne en Afrique du Nord et dans quelques lieux d'Europe du Sud.
Et migre en Europe d'avril à septembre, en bordure de forêt ou dans les boqueteaux, chassant pour se nourrir de petits oiseaux (alouettes, cailles) qu'il capture en vol, ainsi que des insectes (libellules, hannetons).
par analogie et de façon péjorative : un gentilhomme campagnard de petite noblesse vivant sur ses terres.
Ces deux formules en forme d'idiotismes corporels relèvent du langage courant.
Et elles désignent ou signifient respectivement
"Un trompe-l'oeil" (locution nominale) :
au sens propre : une peinture ou un décor donnant, à distance, par divers artifices, l'illusion de la réalité (relief, matière, perspective).
Et cela, en jouant sur la confusion de la perception du spectateur qui, sachant qu'il est devant une surface plane peinte, est malgré tout, trompé sur les moyens d'obtenir cette illusion.
La façade du Théâtre Saint-Georges, 51 rue Saint-Georges, à Paris, dans le 9e arrondissement. Le réalisateur François Truffaut y avait tourné, en 1980, son film "Le dernier métro"La même façade, peinte en trompe-l'oeil par Dominique Antony.Une étonnante fresque murale en trompe-l'oeil, à Poznan (Pologne)Portrait en trompe-l'oeil du neurologue autrichien Sigmund Freud (6 mai 1856 - 23 septembre 1939), fondateur de la psychanalyse, révélant "ce à quoi pense un homme"
Il s'agit d'un procédé très ancien, puisque Pline l'Ancien rapporte l'anecdote selon laquelle Zeuxis avait peint des raisins si réalistes que des oiseaux, trompés par l'exécution parfaite, s'étaient précipités contre le tableau !
Et malgré la pauvreté des moyens techniques dont ils disposaient, les décorateurs romains sont parvenus à imiter le relief à même les murs pour simuler la sculpture et les éléments d'architecture : colonnes, chapiteaux, soubassements, statues, enrichissant à moindres frais les intérieurs.
Assez étonnamment, le mot "Trompe-l'oeil" est utilisé dans toutes les langues - y compris l'anglais - la seule exception étant l'espagnol, qui utilise le mot "Trampantojo".
L'idée de cet article m'est d'ailleurs venue en regardant en VOSTF un épisode du feuilleton états-unien "Les Soprano", dans lequel Carmine Lupertazzi Jr. dit "Little Carmine" (Ray Abruzzo), récemment devenu le chef de famille mafieuse new yorkaise, à la mort de son père, explique à ses collègues - en anglais - que la fresque murale du salon de sa villa de Miami (Floride) est un "trompe-l'oeil".
Mais il prononce ce mot d'une telle façon ("Trompay lay oil" soit trom-pi-li-oï-le) que j'ai dû utiliser à deux reprises la fonction retour arrière de mon lecteur de DVD pour m'en assurer !
Mais ce qui est encore plus drôle, c'est que les anglophones ont inventé un pluriel pour ce mot - rappellons-le invariable en français - qu'ils écrivent... "Trompe-l'oeilS", en prononçant le "s", ignorant manifestement le pluriel irrégulier en "Yeux" de ce mot.
et au sens figuré : un faux-semblant, un leurre.
On dit par exemple : "La sérénité actuelle de l'équipe de France ne serait-elle qu'un trompe-l'oeil ?".
et "En trompe-l'oeil" (locution adverbiale) :
au sens propre : exécuté(e) en recourant à ce procédé.
On parle par exemple de "Façade peinte en trompe-l'oeil", de "Décor en trompe-l'oeil", de "Mur en trompe-l'oeil" ou de "Paysage en trompe-l'oeil".
et au sens figuré : d'apparence trompeuse ; faisant illusion.
On dit par exemple : "Je ne suis pas inquiet car il me semble qu'il s'agit d'une fébrilité en trompe-l'oeil".
Sources : www.linternaute.fr, wikipedia.org, sopranos.fandom.com, www.cnrtl.fr et www.larousse.fr
Cette curieuse interjection en forme d'idiotisme animalier s'utilise souvent, en France, afin d'obtenir un joli sourire de la part des personnes que l'on s'apprête à photographier.
Chaque langue possède son petit mot ou sa locution interjective, qui, prononcé face à l'objectif d'un photographe, est supposé assurer un sourire radieux.
La sublime actrice états-unienne Marilyn Monroe et son éblouissant sourire
Les italiens disent ainsi "Famiglia !" ("Famille !"), les hispanophones "Patatas !" ("Pommes de terre !"), les polonais "Marmolada !" ("Marmelade !"), les néerlandophones "Zaag Eens Kaas !" "Dites fromage !") et les anglophones, leur célèbre "Cheese !" ("Fromage !").
Mais une étude réalisée en 2010 par le fabricant japonais d'appareils photos, dans le cadre du lancement de sa nouvelle gamme d'appareils photo compacts Nikon Coolpix, sur 26 locutions européennes, a démontré que le plus beau sourire s'obtient avec le "Ouistiti !" français !
Cocorico !
Un ouistiti à pinceaux blancs
Les ouistitis ou "callitriches" sont un genre de singes de toute petite taille, présent dans le Nouveau Monde.
Le long de la côte Est du Brésil et au Sud de l’Amazone, les ouistitis se sont diversifiés en une vingtaine d'espèces ne pesant que de 120 à 400 g et dont le pelage peut être blanc, sombre ou bien encore agouti.
Il est cependant probable que d’autres espèces de ouistitis existent dans certaines régions encore mal connues du Brésil et de la Bolivie.
Ainsi, le "ouistiti pygmée", également appelé "ouistiti mignon" ou "ouistiti nain" n'a-t-il été découvert qu'en 1998.
Cette locution nominale féminine du langage courant signifie :
au sens propre, dans le domaine médical : une vaccination ultérieure destinée à stimuler le système immunitaire, c'est à dire une injection d’un vaccin, déjà reçu antérieurement par le patient, pour optimiser ses défenses immunitaires en stimulant la production d’anticorps.
On dit par exemple : "On vous fera une piqûre de rappel dans 12 mois".
Une "piqûre de rappel" au sens propre : l'injection d'un vaccin
et au sens figuré, dans le registre familier : un événement, rappelant à quelqu’un ce qu’il doit faire ou arrêter de faire.
On dit par exemple : "Ce match nul constitue une piqûre de rappel pour l'équipe de France, qui va devoir sérieusement renforcer sa défense".
Ce syndrome a été décrit en 1975 par la gériatre états-unienne Allison N. Clark, pour caractériser un trouble du comportement conduisant à des conditions de vie négligées, voire insalubres.
Il comprend une forme extrême d'accumulation compulsive, appellée TAC (Trouble d'Accumultion Compulsive) ou "Syllogomanie", mais ne s'y limite pas.
Ce nom de "Syndrome de Diogène", adopté en 1975, fait référence à Diogène de Sinope, le philosophe grec du IVe siècle av. J.-C., figure clé du cynisme et disciple d'Antisthène.
Diogène vivait dehors, dans un dénuement extrême, vêtu d'un simple manteau, et muni d'un bâton, d'une besace et d'une écuelle.
Dénonçant l'artifice des conventions sociales, il préconisait une vie simple, hors de la culture et de la civilisation grecques, plus proche de la nature.
Il se pliait à certaines restrictions susceptibles de lui apporter une plus grande indépendance vis-à-vis des biens matériels, une plus grande liberté morale.
Et se contentait pour dormir, d'une grande jarre renversée, couchée sur le flanc, ou d'un tonneau.
Caractéristiques
Le syndrome associe entre autres :
une négligence parfois extrême de l'hygiène corporelle et domestique,
une accumulation d'objets hétéroclites, nommée également "Syllogomanie",
un déni de son état, et donc une absence de toute honte,
un isolement social selon les critères habituellement admis dans sa culture,
un refus d'aide, celle-ci étant vécue comme intrusive,
et une personnalité pré-morbide : soupçonneuse, astucieuse, distante, tendant à déformer la réalité (là encore selon les critères culturels en cours).
Historique
La première étude de ce modèle de conduite date de 1966. Cette année-là, deux psychiatres anglais, Mac Millan et Shaw, publient une étude sur 72 personnes âgées vivant dans des conditions d’hygiène personnelle et domestique inquiétantes.
Ils constatent chez ces patients un effondrement de leur norme de propreté personnelle et d'environnement et parlent de "Syndrome de décompensationsénile".
Symptômes
La personne présentant ce syndrome choisit un isolement social aussi grand qu'il lui est possible.
Elle en arrive à vivre presque recluse chez elle, n'ayant dès lors plus autant de raisons d'entretenir son logement et se désintéressant en même temps, à un degré plus ou moins grand, de son hygiène personnelle.
Le comportement du célèbre milliardaire états-unien Howard Hughes dans les dernières années de sa vie en constitue par exemple une parfaite illustration.
Se pensant à tort ou à raison en risque de pauvreté extrême, ce qui lui est suggéré par la vie peu gratifiante où elle s'installe, la personne atteinte du syndrome de Diogène essaie souvent d'économiser le plus possible pour parer à l'avenir, et accumule parfois des sommes importantes sans avoir réellement conscience de leur valeur.
Accumulerchez elle de grandes quantités de déchets ou du moins d'objets sans utilité immédiate l'amène à vivre dans des situations insalubres : d'abord simple encombrement, puis impossibilité d'entretenir ou même de faire entretenir son logement en raison même de cet encombrement devenu obstacle.
Patients
On trouve souvent un tel comportement chez des personnes d'âge avancé souffrant de solitude après la mort d'un conjoint ou d'un parent très proche.
Ce comportement peut être encouragé par un sentiment de fragilité financière, réelle ou non.
Et la solitude, voulue, ou l'isolement, subi, semble être le facteur de déclenchement principal.
Étiopathogénie
De 30 % à 80 % des personnes souffrant du syndrome de Diogène sont atteintes de maladies neuropsychiques.
Et presque 100 % chez les jeunes sujets.
Traitement
Le traitement doit commencer par la détection des cas de risque, puis l'admission dans un hôpital spécialisé ou une unité de gériatrie, avec étude des troubles médicaux. On prend ensuite des mesures adaptées de protection sociale pour éviter la rechute du patient dans ses conditions de vie antérieures. Dans quelques cas, il convient de traiter aussi une éventuelle pathologie psychiatrique associée (dépression, délire chronique).
S'il n'est pas possible d'assurer la vie en commun ou de placer le patient dans une institution sociale, il faut lui assurer un suivi régulier, des visites à domicile, et un travail coordonné de services sanitaires (médecin, infirmier/ère, ergothérapeute) et sociaux (travailleur social).
Bon, là, en ce qui concerne ces deux dernières photographies, j'aurais envie de dire que c'est très différent : rien que de très normal à mon sens.
Et je vous signale à toutes fins utiles l'existence de l'association d'aide et de soutien des victimes du syndrome de Diogène et de leurs proches "Survivre à l'insécurité", dont je vous communique ci-après :
On dit par exemple : "Mon chéri, lorsque tu auras fini de pleurer comme une Madeleine parce que le PSG a perdu, tu penseras à aller chercher les enfants chez tes parents, s'il te plait".
"Pleurer comme une Madeleine" ne constitue pas un idiotisme alimentaire mais un idiotisme religieux.
En effet, la Madeleine dont il est ici question n'est pas le petit gâteau sucré à pâte molle, en forme de coquille...
... mais Marie de Magdala ou Marie la Magdaléenne ("Marie Madeleine"), pleurant aux pieds du Christ dans la Bible.
Ce substantif masculin polysémique appartient au registre familier.
Et il désigne, selon le contexte :
par ellipse lexicale de "Un restaurant routier" : un type de restaurant fréquenté par des (chauffeurs) routiers (où camionneurs) où l'on sert des repas simples mais copieux pour des prix modérés.
Un relais routier à l'heure du repas
Beaucoup d'entre eux appartiennent à la chaîne des "Relais routiers" dont on connaît bien le pannonceau bleu et rouge, présent le long des routes de France depuis l'initiative du journaliste français de François de Saulieu de la Chomonerie, en 1934 :
Avec les parcs de stationnement bondés de poids-lourds, ce pannonceau est en effet caractéristique de ce type d'établissement.
par ellipse lexicale "Un chauffeur routier" : un conducteur de poids lourds effectuant de longs trajets, que l'on appelait jusqu'aux années 1930 "Un roulier" ou "Un camionneur",
un jeune homme faisant du scoutisme, également appelé "Un compagnon" ou "Un pionnier",
dans le domaine du cyclisme : un coureur sur route (par opposition au coureur sur piste appelé "Pistard"),
et dans le jargon maritime : une carte à petite échelle comprenant une partie d'un océan.