"Toucher sa bille".

Cette expression du registre argotique ne signifie nullement "Tripoter l'un de ses testicules" !

Mais simplement : "S'y connaître, être expert dans un domaine".

On dit par exemple : "Mon pote Kevin touche sa bille en informatique !".

"Serrer la cuillère", "Serrer la cuiller", "Serrer la louche" ou "Serrer la pogne".

Ces différentes formules du registre argotique signifient toutes "Serrer la main".

Le mot "Cuiller/cuillère" pouvant s'écrire de deux façons différentes, il peut arriver que l'on rencontre la graphie "Serrer la cuiller", mais cela demeure - à ma connaissance - relativement rare.

 

"Les nuits d'un damoiseau" deuxième version ou : 27 expressions imagées évoquant la fellation et la masturbation

Cette amusante chanson constitue une parodie méconnue de la célèbre chanson grivoise de 1963 "Les nuits d'une demoiselle", écrite par Guy Breton, composée par Raymond Legrand et interprétée par Colette Renard.

Comme dans celle-ci, l'interprète - dont j'ignore le nom - y énumère pas moins de 27 expressions imagées du registre argotique évoquant la fellation et la masturbation, envisagée cette fois du côté masculin.

Les nuits d'un damoiseau

Que c'est bon d'être damoiseau, car le soir, dans mon petit lit,
Quand l'étoile Vénus brille haut, quand sur la ville tombe la nuit,

J'me fais soupeser les valseuses,
Je m'fais user le calisson,
Je m'fais gonfler les caverneuses,
Je m'fais mesurer l'espadon,
J'me fais polisher la calandre,
J'me fais déboucher le gicleur,
J'me fais ramoner l'échappement,
J'me fais tarauder l'injecteur,
J'me fais fouetter la Chantilly,
Je me fais lécher le chinois,
J'me fais réchauffer la bouillie,
J'me fais dérouler l'ver à soie,
Je m'fais défroisser l'col roulé,
Je m'fais amidonner l'baveux,
Je m'fais égrener l'taboulé
Je me fais moucher le morveux
Je m'fais souffler dans la trompette,
Je me fais suer le colosse,
Je m'fais rissoler l'andouillette,
Je m'fais museler le molosse,
Je m'fais stimuler la prostate,
Je m'fais curer la vespasienne,
Je me fais nouer la cravate,
Je m'fais monter la canadienne,
Je m'fais une séance de ciné,
J'me fais l'ami des amygdales,
J'me fais irriguer le veiné,
J'me fais gâter par Philippe Val,

Mais vous me demanderez peut-être ce que je fais le jour durant,
Oh, cela tient en très peu de lettres, le jour, je m'branle, tout simplement.

Pour les amateurs : il existe une autre version de cette chanson, interprétée par un certain "Robeurt Féneck" et "poétiquement incorrecte", énumérant 17 autres façons imagées d'évoquer la fellation et la masturbation masculine, en partie fondées sur des calembours.

"Prendre une tôle" ou Se prendre une tôle".

Cette locution verbale du registre argotique signifie "Échouer lamentablement, subir un échec cuisant".

On dit par exemple : "Le Classico n'a plus vraiment d'intérêt ; l'Ohème n'a plus battu le PSG depuis novembre 2011 et se prend une tôle au moins une fois sur deux".

On ne dit pas : "Pas d'bol : on est tombé en rade cinq bornes avant Paname" !

Mais : "Jouant de déveine, nous avons été victime d'une défaillance mécanique cinq kilomètres en deçà de Paris (75) !"(registre soutenu)

Ou, à tout le moins, : "Pas de chance, nous sommes tombés en panne cinq kilomètres avant Paris !" (langage courant)

Vous passerez ainsi du registre argotique au registre soutenu ou au langage courant.

"La mouise".

Ce mot du registre populaire et du registre argotique désigne, selon le contexte :

  • une soupe de mauvaise qualité.
  • ou : la misère, la pauvreté.

On dit par exemple : "Être dans la mouise". À l'instar de "Être dans la panade".

58 façons de dire "Énerver".

Le registre vulgaire nous propose : "Casser les burnes", "Casser les couilles", "Péter les burnes" et "Péter les couilles".

Comme souvent, le registre argotique est extrêmement riche, avec les verbes ou locutions verbales "Casser les bonbons", "Emmerder", "Faire caguer", "Faire chier", "Faire iéch" (verlan), "Faire péter un câble", "Faire péter une durite", "Faire péter un plomb", "Foutre la rage", "Foutre les boules", "Foutre les glandes", "Gaver",  "Gonfler", "Mettre la rage", "Mettre les boules", "Mettre les glandes" ou "Péter les pruneaux", "Plomber", "Saouler" (ou "Soûler") ou les formules de djeun's "Foutre le seum" et "Véner" (verlan).

Mais ma préférée est incontestablement la désormais légendaire formule "Les briser menu", immortalisée par l'extraordinaire Lino Ventura, dans le film de 1963 de Georges Lautner "Les tontons flingeurs", dialogué par le génial Michel Audiard.

Je vous rappelle la phrase complète  : "Patricia, mon petit, je voudrais pas te paraître vieux jeu ni encore moins grossier. L'homme de la pampa, parfois rude, reste toujours courtois... Mais la vérité m'oblige à te le dire: ton Antoine commence à me les briser menu !".

Aujourd'hui totalement oublié, le verbe "Canuler" appartient au registre populaire et au registre désuet.

"Assommer", "Barber, "Bassiner", "Crisper", "Donner de l'urticaire", "Filer de l'urticaire", "Embêter", "Empoisonner", "Faire suer", "Horripiler", "Raser", "Rendre fou" ou "Taper sur les nerfs relèvent du registre familier, lui aussi très fourni.

De même que "Escagasser", utilisé par les provençaux et les marseillais.

Nous disposons également de "Agacer", "Crisper", Embêter", "Ennuyer", "Faire perdre son sang-froid" ou "Fatiguer", dans le langage courant.

Ainsi que de l'extraordinaire formule : "Agir très efficacement sur le gros colon".

Tandis que, pour finir, le registre soutenu nous offre "Courroucer", "Exaspérer", "Excéder", "Importuner", Incommoder", "Insupporter", "Irriter" ("au plus haut point", "fortement" ou "passablement"), et surtout : "Déclencher l'ire" ou "Provoquer l'ire".

Et que le registre désuet nous propose : "Échauffer la bile".

"Imbitable" ou "Imbittable".

J'adore cet adjectif du registre argotique dérivé du verbe "Biter", qui signifie "incompréhensible, difficile à comprendre".

On dit par exemple : "Il existe déjà quelques sites internet traitant des expressions de la langue française... mais plusieurs d'entre eux sont souvent assez imbitables".

"Un emplâtre".

Ce mot polysémique peut avoir pas moins de six significations différentes et désigner, selon le contexte, :

  • au sens propre : une préparation thérapeutique adhésive se ramollissant à la chaleur et destinée à être appliquée sur la peau ou à être étendue sur des bandes de tissu.

Le terme était parfois féminin au XVIIIe siècle.

  • au sens figuré, dans le registre familier : un empoté, un individu sans énergie, sans initiative, bon à rien ; une personne n’ayant incapable d’agir comme il convient, ne faisant qu’apporter de l’embarras dans les affaires dont elle se mêle.

On dit par exemple : "Mais quel emplâtre que cet apprenti là !".

  • dans le registre argotique : un coup, une gifle.

On dit par exemple : "Tu les aurais vu se foutre des emplâtres !"

  • en horticulture : un enduit gluant destiné à recouvrir les plaies des arbres, pour accélérer leur cicatrisation, également appelé "Englumen".
  • dans le registre désuet : une pièce que l'on colle sur une chambre à air pour boucher un trou, également appelée "Rustine".
  • et dans le registre familier, un aliment bourratif.

On dit par exemple : "Je ne saurais critiquer la cuisine de ma belle-mère : elle concocte d'extraordinaires emplâtres !".

Sources : www larousse.fr et wiktionary.org

"Douiller"

Ce verbe du registre argotique signifie :

  • au sens propre : "Payer".

On dit par exemple : "C'est encore ma mère qui va douiller avec ce radin".

  • et, par extension, :
    • "Subir un désagrément.

On dit par exemple : "Avce cette fichue crise, ce sont encore les plus défavorisés qui vont douiller".

    • ou "Souffrir".

On dit par exemple : "Tu vas douiller chez ce dentiste : c'est un vrai boucher !".

"Biter" et "Piger".

J'aime assez ces deux verbes du registre argotique qui signifient "comprendre".

Attention : "Biter" s'emploie presque exclusivement à la forme négative.

On dit ainsi par exemple tout aussi bien" : "Mon voisin pige vite : c'est pas un con" que "Je pige rien à ce que tu me raconte" ou "Je ne pige rien à ce que tu me raconte".

Mais seulement : "Mon pote ne bite rien à ce que tu viens de lui dire".