"Faire pleurer dans les chaumières" et "Faire pleurer Margot".

Ces deux locutions verbales appartiennent au registre familier.

Elles s'utilisent toutes deux de manière légèrement ironique et signifient : susciter la pitié, émouvoir par des procédés faciles, faire pleurer en utilisant des sentiments grossiers.

On dit par exemple : "Tu as vu le reportage hier à la télé ? Ils ont voulu faire pleurer dans les chaumières avec leur histoire de bébés chiens affamés...".

Ou : "Ma fille a encore inventé une histoire à faire pleurer Margot pour justifier ses absences au collège".

Source : wiktionary.org, www.cnrtl.fr et www.languefrancaise.net

"Château La Pompe" ou "Château Chirac".

Une carafe d'eau et un verre à moitié pleins, sur une table, en extérieur

Ces deux locutions verbales en forme de noms de vins appartiennent au registre familier.

Et elles désignent, de façon ironique : l'eau du robinet.

On dit par exemple : "Tu ne bois toujours pas de vin ? Non, je reste au Château La Pompe !".

La formule "Château Chirac" était utilisée à Paris (75), du 25 mars 1977 au 16 mai 1995,  durant les trois mandats de maire de l'homme politique français Jacques Chirac ( (29 novembre 1932 - 26 septembre 2019).

On disait par exemple : "Et toi, que bois-tu ? Du Château Chirac s'il te plaît".

Jacques Chirac, ceint de son écharpe demaire de Paris, devant la devise de la capitale : "Fluctuat nec mergitur"
Jacques Chirac, ceint de son écharpe de maire de Paris, devant la devise de la capitale : "Fluctuat nec mergitur"

 

Ne dites pas : "Faire des cancans" !

Mais : "Cancaner" !

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander mon article consacré à toutes les façons de dire "Bavarder" en français.

"Papounet" et "Mamounette".

J'ai toujours beaucoup aimé ces deux charmants substantifs masculin et féminin.

Relevant du registre familier, ils sont utilisés de façon affectueuse comme diminutif des mots "Papa" et "Maman".

Par les enfants, mais aussi parfois, de façon légèrement ironique mais tendre, par certains adultes.

On dit par exemple : "Le plus fort de tous les papas c'est mon papounet !" ou "Ton papounet t'a appelé pour ton anniversaire ?".

Et : "C'est ma mamounette qui fait les meilleures crêpes !" ou "Mamounette va te reprocher de trop dépenser".

Source : www.linternaute.fr

Le mot "Après" ne peut pas être synonyme de "Cela étant" ni "Néanmoins" !

Ainsi que de nombreuses personnes semblent le croire.

On ne doit donc pas dire par exemple :

  • "Je ne suis pas bon en sport. Après, je n'ai pas vraiment essayé d'en faire".
  • ni : "Mon patron n'est pas très généreux en matière de primes. Après il nous paye plutôt bien globalement".

"Après" peut être :

  • soit une préposition :
    • qui marque la postériorité dans le temps.

On dit par exemple : "Après mon petit-déjeuner je tondrai la pelouse".

Ou "Le beau temps reviendra certainement après la pluie".

    • et par analogie :
      • qui indique l’ordre, le rang immédiatement derrière.

On dit par exemple : "Année après année, nous vieillissons".

Ou : "Après l’or et le platine, l’argent est le métal le plus cher".

      • qui indique un lieu placé derrière, plus loin.

On dit par exemple : "Après l'église, tourne à gauche".

      • qui indique la position où a lieu l’action.

On dit par exemple : "Il avait toujours des médailles épinglées après son veston".

    • qui indique sur quoi portent certaines actions ou intentions.

On dit par exemple : "Mon prof de maths a encore hurlé après moi parce que je ne comprenais rien".

Ou : "Le chien de mon père aboie après tous les passants".

    • ou qui signifie, pour nos amis québecois ou louisianais, dans le registre familier : en train de.

On dit par exemple : "Là je suis après lire un bon livre".

  • soit un adverbe :
    • Par ellipse.

On dit par exemple : "Je fais une sieste et je viens après".

Ou : "Range d'abord tes jouets, nous irons au parc après".

    • ou comme synonyme de "Qu’en résultera-t-il ?".

On dit par exemple : "Tu vas aller lui détruire sa voiture ; et après ?

Source : wiktionary.org

 

"Soi-disant" et "Soi-disant que".

  • "Soi-disant" peut être, selon les circonstances :
    • un adjectif invariable signifiant, dans le langage courant : qui passe pour ce qu'il n'est pas ; apparent, censé, présumé, prétendu ; qui se dit à tort être tel ou tel.

On dit par exemple :"Ce n'est pas ce soi-disant ami qui risque de venir m'aider".

    • ou un adverbe invariable signifiant, dans le langage courant : censément, prétendument.

On dit par exemple : "Ce parti soi-disant progressiste ne l'a jamais été !".

  • et "Soi-disant que" est une locution conjonctive avec valeur d'adverbe, signifiant, dans le registre familier : prétendument.

On dit par exemple :"Ma femme me fait la tête depuis deux jours. Soi-disant que je lui aurais manqué de respect en essayant de coucher avec sa soeur... mais elles ne se ressemblent absolument pas : je ne savais pas que c'était sa soeur !".

Source : www.cnrtl.fr

"S'en payer une bonne tranche" ou "S'en payer une tranche".

Voilà bien deux locutions verbales relevant du registre familier qui ne manquent pas manquer d'interloquer nos jeunes enfants et amis étrangers.

Elles signifient en effet, par ellipse des locutions nominales "de rigolade" ou "de bon temps" : beaucoup s'amuser, bien rigoler, se régaler.

On dit par exemple : "Tu devrais venir avec nous chez Jean-Charles, on va s'en payer une bonne tranche".

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Beaucoup rire" ou "Bien rire" en français.

 

"Faire tintin".

Cette étrange locution verbale en forme de gémination relève du registre familier.

Elle n'a rien à voir avec le jeune journaliste à la houpe "Tintin", créé en 1929 par le dessinateur et scénariste belge Hergé.

Mais semble en revanche relativement contemporaine de cette période, puisqu'elle serait d'abord apparu dans l’argot militaire, au cours des années 1930, sous la forme "Faire tintin ballon", au sens de : "Être privé de vin".

Le jeune reporter Tintin, créé en 1929 par Hergé (© Moulinsart)
Le jeune reporter Tintin, créé en 1929 par Hergé (© Moulinsart)

Et elle signifie : être frustré, privé de quelque chose ; ne rien recevoir, ne rien obtenir, alors que l’on attendait quelque chose.

On dit par exemple : "Tu peux faire tintin pour que je t'aide la prochaine fois !".

Ou : "Mon mari a oublié de me souhaiter ma fête : je peux te dire qu'après ça il a fait tintin !".

Source : wiktionary.org

"Casser la baraque".

Cette locution verbale en forme d'idiotisme architectural appartient au registre familier.

Elle s'utilise au sens figuré et elle peut avoir deux significations très différentes selon le contexte :

  • dans le domaine du spectacle : avoir beaucoup de succès, obtenir un triomphe, déchaîner l’enthousiasme, recevoir un excellent accueil.

On dit par exemple : "Dès ses débuts, ce groupe a cassé la baraque !".

  • ou : ruiner les projets de quelqu'un, faire échouer une entreprise.

Sources : Le Robert et wiktionary.org

"De tout poil".

Cette locution adjectivale invariable relève du registre familier.

Et elle signifie au sens figuré : de toutes sortes, de toute espèce, de tout acabit, en tout genre.

On dit par exemple : "Ce tripot était fréquenté par des aventuriers de tout poil".

Sources : www.larousse.fr et wiktionary.org

50 façons de dire "Bavarder".

Trois jeunes femmes bavardant et riant

"Bagouler", "Baver", "Jacter", "Jaspiller" et "Tailler une bavette" appartiennent au registre argotique.

Et "Baratiner" au registre populaire.

"Bavasser", "Causer", "Dégoiser", "Faire des cancans", "Jaspiner", "Papoter", "Parloter", "Piapiater" et "Tchatcher" relèvent du registre familier.

De même que "Clabauder", "Jaboter", "Jaser", "Lantiponner", "Potiner" et "Ragoter", qui relèvent également du registre désuet.

Ou "Babeler" qu'utilisent nos amis belges et "Babiner" qu'utilisaient nos amis québecois.

"Babiller", "Commérer", "Déblatérer", "Dire des frivolités", "Dire des futilités", "Discuter", "Échanger", "Échanger des banalités", "Échanger des propos", "Faire des commérages", "Palabrer", "Parler de choses futiles", "Parler de la pluie et du beau temps", "Parler de tout et de rien", "Parler inutilement" ou "Parler pour ne rien dire" appartiennent au langage courant.

Ainsi que "Cailleter", "Cancaner", "Caqueter","Jacasser" et "Jaser", utilisés au sens figuré, puisqu'ils s'utilisent ordinairement à propos du cri des caillettes, canards, poules et pies.

Enfin, "Confabuler", "Converser", "Deviser", "Discourir", "Dissserter", "Pérorer", "S'entretenir" relèvent du registre soutenu.

"Entre quatre yeux".

Cette expression en forme d'idiotisme numérique et d'idiotisme corporel appartient au registre familier.

Et elle signifie : en tête à tête, face à face, seul à seul.

On dit par exemple : "Je ne vais pas faire un scandale devant toute ma famille : je m'expliquerai avec mon frère plus tard, entre quatre yeux".

Elle devrait normalement se prononcer : an-tre-ka-tre-ieu .

Le substantif masculin "Yeux" ne se prononce en effet zieu que précédé des articles "Ces", Des", "Les", "Leurs", "Mes, "Nos, "Tes", "Vos", etc.

Mais pas devant des nombres tels que "Quatre", "Cent", "Cinq", "Sept", "Huit", etc.

De façon très exceptionnelle cependant, parce qu'il est pratiquement impossible de prononcer en-tre-ka-tre-ieu, l'Académie Française admet que l'on prononce en-tre-ka-tre-zieu, voire en-tr-kat-zieu.

Ce qui est normalement une prononciation fautive (ou "cuir").