"Ça pique les yeux".

Cette expression signifie :

  • au sens propre : irriter les yeux par son odeur, ses vapeurs ou sa fumée, âcre ou piquante.
  • au sens familier, dans le registre familier, :
    • être désagréable à voir, être laid.

On dit par exemple : "C'est peut-être un architecte renommé qui a conçu cet immeuble coloré mais ces façades piquent les yeux !".

    • être pénible à lire, du fait de l’abondance des fautes, de la construction des phrases et de la médiocrité du style.

On dit par exemple : "Je viens de lire les paroles des chansons de cette vedette du rap : ça pique les yeux !".

"À preuve" ou "Preuve que".

Ces deux locutions du registre populaire signifient :

  • "la preuve c'est que".

On dit ainsi : "J'l'avais lu, j't'ai dit. À preuve : j't'en avais même déjà parlé !";

  • et "c'est la preuve que".

On dit ainsi : "J'suis pas rentré dans la maison, m'sieur le commissaire : preuve que c'est pas moi !".

Source : www.cnrtl.fr

"Un adminicule".

Ce terme désigne :

  • en droit, ce qui aide à faire la preuve dans une affaire, un commencement de preuves, un indice.
  • et en médecine, ce qui peut servir à faciliter le bon effet d'un remède.

"Des comptes d'apothicaire" ou "Un compte d'apothicaire".

Cette locution nominale désigne un ou des calculs ;

  • très voire trop précis, détaillés, relevant presque de la manie,

On dit par exemple : "Tu ne vas pas te lancer dans des calculs d'apothicaire pour savoir si chacun de nous cinq a bien dépensé la même somme au cours de ces trois jours ?".

  • ou : compliqués dont les résultats n'ont aucun intérêt ou sont difficilement vérifiables.

On dit par exemple : "Je t'assure que tes comptes d'apothicaire destinés à retrouver l'évolution du salaire moyen des barbiers toulousains au cours du XVIIe siècle ne présente pas un intérêt fondamental".

"Apothicaire" est l'ancien nom du "pharmacien", jusqu'au début du XIXe siècle. Curieusement, c'est au moment où ce mot a commencé à tomber en désuétude que l'expression est apparue.

Le mot désignait, à partir du milieu du XIVe siècle, un personnage érudit, ayant des connaissances avancées aussi bien en médecine qu'en ingrédients susceptibles d'entrer dans la composition des médications qu'il élaborait.

L'apothicaire préparait, vendait et administrait des préparations médicamenteuses, tout en commercialisant des produits rares, des épices ou des ingrédients tels que le sucre.

Il existait d'ailleurs, au XVIe siècle, un idiotisme alimentaire aujourd'hui totalement disparu - "Un apothicaire sans sucre" - pour désigner une personne ne disposant même pas du minimum pour pouvoir exercer correctement sa profession.

Source : www.expressio.fr

"Le mariage est consommé" et "Le divorce est consommé".

La formule "est consommé" n'a absolument pas la même signification dans ces deux expressions :

  • "Le mariage est consommé" signifie que les époux se sont unis charnellement,

Un mariage "non consommé", donc, au sein duquel les époux n'ontpas eu de relations sexuelles, peut être reconnu par le Pontife romain comme étant nul pour une juste cause, à la demande des deux parties ou d'une seule, même contre le gré de l'autre.

  • tandis que "Le divorce est consommé" signifie, au sens figuré, puisque l'expression s'utilise à propos de personnes non mariées, que la rupture est définitive, la séparation actée.

Les journalistes sportifs disent par exemple : "Entre l'attaquant brésilien et le club de la capitale, le divorce est désormais consommé".

"Une mandoline".

Ce mot peut avoir deux significations :

  • c'est d'abord un instrument de musique originaire d'Italie et utilisé tout autour de la Méditerranée. De la famille du luth, il est utilisé en musique folklorique, traditionnelle mais aussi en musique classique. Il s'agit d'un instrument à cordes pincées et à manche court, dont la caisse de résonance est en forme d'amande, avec un fond plat ou bombé. Il est notamment l'instrument d'accompagnement privilégié de la chanson napolitaine.

Une mandoline instrument de musique

  • mais c'est également un ustensile de cuisine servant à découper les légumes crus en dés, lamelles ou tranches de différentes épaisseurs.

"Deux intellectuels assis vont moins loin qu'une brute qui marche".

Deux intellectuels assis vont moins l'un qu'une brute qui marche. Maurice Biraud et Charles Aznavour dans "Un taxi pour Tobrouk" de Denys de la Patellière (1961)

J'adore cette extraordinaire citation, extraite des dialogues écrits en 1961 par Michel Audiard pour le film "Un taxi pour Tobrouk" de Denys de la Patellière, inspiré du livre éponyme de René Havard publié la même année.

Affiche du film français "Un taxi pour Tobrouk" de Denys de la Patellière (1961)

Elle est précédée d'une phrase non moins mémorable : "Je crois, docteur, que l'homme de Néandertal est en train de nous le mettre dans l'os".

La scène se passe en octobre 1942, dans le désert de Libye et réunit deux soldats des Forces Françaises Libres, assis côte à côte. François Jonsac (Maurice Biraud dans le film) s'adresse au docteur Samuel Goldmann (interprété par Charles Aznavour), après que les deux hommes aient décidé de rester près de leur véhicule en panne, au contraire du brigadier Théo Dumas (Lino Ventura), qui, ne se résignant pas à mourir sur place, est parti à pied, malgré les 700 kilomètres qui les séparent de tout point d'eau.

Pourquoi dire : "Un caméraman" ?

Et pas : "Un cadreur" ou "Un opérateur de prise de vue" !

Ce technicien est aux commandes d'une caméra lors d'une prise de vues pour le cinéma ou la télévision, qu'il s'agisse de films ou d'émissions en direct.

Il est responsable du cadrage, soit sous les recommandations ou indications d'un réalisateur, soit selon sa propre initiative.

Source : wikipedia.org