"Faire grise mine" ou "Faire le chat-brun".

Ces deux locutions verbales relèvent du langage courant.

Et elles signifient, au sens figuré : être contrarié ; avoir l'air dépité, déçu.

Mais "Faire le chat-brun" est une ancienne expression lorraine en forme d'idiotisme animalier et d'idiotisme chromatique, qui a peu de chance d'être comprise en dehors de la région Lorraineet particulièrement de nos jours.

Sources : www.larousse.fr et wiktionary.org

"Un bleu".

Ce substantif polysémique peut avoir pas moins de... 16 significations différentes :

  • c'est d'abord ainsi que l'on appelle une ecchymose, dans le registre familier,

Ecchymose sur la cuisse

  • ou, au sens figuré, une blessure infligée à la psyché, aux sentiments ou à la pensée (on parle par exemple de "bleus à l'âme"),
  • mais également une personne sans expérience, un novice, nouvellement arrivé ou engagé, à l'armée ou au travail (registre familier),
  • un policier ou un gendarme (registre familier),

Policiers en intervention dans le métro

  • un sportif de haut niveau français, sélectionné dans l'équipe nationale de sa discipline,

L'équipe de France de handball

  •  un fromage dont les champignons contenus dans la pâte forment des veines de couleur bleue,

Fomage bleu

  • un vêtement de travail ("bleu de travail") utilisé pour la mécanique ("bleu de mécanicien") ou la chaufferie ("bleu de chauffe"),

 

  • un plan, schéma ou croquis reproduit sur papier au ferro-prussiate,
  • le document relié en bleu représentant le budget proposé par le gouvernement (par opposition au "vert", le budget voté par le Parlement),
  • un document de travail interministériel relatif à un projet de loi,
  • une maladie du lait et du vin blanc, causée par des bactéries.

Et c'était également autrefois :

  • un soldat des armées de la République durant la guerre de Vendée (surnom donné par les chouans),
  • puis, par extension, un républicain, par opposition aux "blancs" (royalistes) ou aux "rouges" (communistes),
  • un soldat états-unien nordiste confédéré durant la guerre de Sécession (par opposition aux "gris" sudistes unionistes),

Un soldat nordiste au corps à corps avec un soldat sudiste

  • un télégramme (registre familier),

  • un document utilisé dans la seconde moitié du XXe siècle par les coloristes de bande dessinée, afin d'appliquer leurs couleurs en aplats ("bleu d'imprimerie" : copie de la planche au format de parution, où les traits encrés apparaissaient en bleu clair).

un bleu de coloriage de bande dessinée

"Le Barça", "Les Blaugranes", "Les Azulgranas", "Les Bleus et Grenats" et "Le club catalan".

Les logos successifs du FC Barcelone, de 1899 à 2002

Il s'agit des différents surnoms du club de football catalan du FC Barcelona (Futbol Club Barcelona) (Catalogne) (Espagne), fondé en 1899 :

  • "Barça" est un diminutif du registre familier en forme de syncope du mot espagnol "Barcelona " (Barcelone),
  • "Blaugranes", qui signifie "Bleus et grenats" en catalan,
  • "Azulgranas" qui signifie "Bleus et grenats" en espagnol,
  • et "Bleus et grenats" sont les célébrissimes couleurs du club.

Le Barça est en effet le club européen le plus titré du XXIe siècle et l'un des clubs les plus titrés de l'histoire, son palmarès lui valant d'apparaître au troisième rang européen du classement des clubs de football du XXe siècle, en ayant remporté :

  • vingt-six championnats,
  • trente Coupes d'Espagne,
  • dont huit doublés Coupe/Championnat,
  • cinq Ligues des champions,
  • quatre Coupes des vainqueurs de coupe,
  • trois Coupes des villes de foire,
  • et trois Coupes du monde des clubs !

Le club a par ailleurs annoncé, le 19 septembre 2019, qu'il prévoyait un niveau record de revenus de plus d'un milliard d'euros pour la saison 2019-2020, qui pourrait lui permettre de devenir le premier à dépasser cette barre emblématique, un an avant le calendrier fixé par son président.

"Un blanc-bec".

Cette locution désigne :

  • au sens propre, un jeune homme dont la bouche n'est pas encore assombrie par la moustache,
  • et, par extension, de manière péjorative, un jeune homme dont on estime qu'il allie l'ignorance à la fatuité.

N'écrivez pas : "Un noir de geai", "Des cheveux de geai" ou "Des yeux de geai" !

Un geai

Mais : "Un noir de jais", "Des cheveux de jais" ou "Des yeux de jais" !

Il existe en effet - j'y consacre même une collection d'articles - un grand nombre de noms de couleurs directement dérivé de ceux d'animaux.

Mais le "Geai" est un oiseau au plumage gris mêlé de bleu, de noir et de rouge orangé sur les ailes, et les quelques traces de noir que l’on aperçoit chez lui n’ont rien de remarquable, contrairement à celles que l’on trouve chez son homonyme, le "Jais", cette pierre d’un noir brillant et profond.Pierre de jaisPar conséquent, c’est bien évidemment à la pierre que l’on fait allusion, et non à l’oiseau, lorsque l'on parle de cette couleur !

Source : www.academie-francaise.fr

"Une zone bleue".

Cette locution nominale peut désigner, selon le contexte :

Un panneau de zone bleue

  • une zone de stationnement gratuit à durée limitée, au sein de laquelle l'automobiliste doit disposer derrière son pare-brise un disque rotatif en carton indiquant son heure d'arrivée.

Un disque de zone bleue

La durée de stationnement autorisée est normalement de 1 heure 30 entre 9 h et 19 h (libre de 11 h 30 à 14 h 30). Mais les horaires peuvent changer selon les villes.

  • ou une région du monde où la longévité des habitants est très nettement au-dessus de la moyenne.

Les zones bleues dans le monde (pôles de longévité)

Ce néologisme a été créé par l'universitaire italien Gianni Pes et le démographe belge Michel Poulain, après avoir découvert, en 2000, dans la province de Nuoro, en Sardaigne (Italie), la plus forte concentration au monde alors connue d’hommes centenaires, localisée dans de nombreux villages de montagne de cette province. Ils dessinèrent sur une carte à l'encre bleue la zone regroupant ces villages qu'ils appelèrent alors simplement la "Zone bleue".

Depuis 2002, un projet a été lancé pour identifier d'autres zones bleues dans le monde. En 2017, cinq avaient été identifiées :

    • des villages de montagne de la province sarde de Nuoro, où les hommes, souvent d'anciens bergers, ont la même espérance de vie que les femmes, et où l'on compte 30,9 centenaires pour 100 000 habitants, avec des nonagénaires en très bonne condition physique,
    • l'île grecque d'Ikaria, dans le Nord-Est de la Mer Égée,
    • l'île japonaise d'Okinawa,
    • la péninsule de Nicoya, au Costa Rica, avec une population métisse d'environ 100 000 personnes, dont le taux de mortalité à 50 ans est inférieur à la normale,
    • et Loma Linda, en Californie (États-Unis d'Amérique), communauté d'adventistes du Septième Jour dont la plupart des membres possèdent une espérance de vie supérieure d’une dizaine d’années à la moyenne américaine.

9 facteurs favorables ont été identifiés :

    • une activité physique modérée et régulière,
    • un but dans la vie,
    • la réduction du stress,
    • la restriction calorique,
    • une alimentation à base d'aliments d'origine végétale,
    • une consommation modérée d'alcool, en particulier du vin,
    • un engagement spirituel ou religieux,
    • un engagement dans la vie de famille,
    • un engagement dans la vie sociale.

Ces zones bleues ont en commun d'être des zones ensoleillées et aérées. Les régimes alimentaires sont différents mais ils ont deux aspects en commun. Le premier est qu'ils sont basés sur les aliments d'origine végétale, avec la viande, le poisson ou le fromage seulement en petite quantité ou pendant les fêtes. Le deuxième est qu'ils mangent des légumes. Quant au goût, les régimes sont très différents. Si la population grecque d'Ikaria a un régime proche du régime crétois (légumes, poissons, viandes blanches), la population des villages de montagne sardes ne consomme pas de poisson mais de la viande, dont de la charcuterie.

L'étude publiée par Michel Poulain et Gianni Pes identifie l'importance d'un mode de vie sain, en altitude, avec une activité physique au-delà de 80 ans, sans stress, avec des liens familiaux et sociaux étroits.

Source : wikipedia.org

"Une marche blanche".

La marche blanche du 20 octobre 1996

Il s'agit d'un mouvement de soutien et de protestation, organisée autour de la mort d'une victime de fait divers ; et ce, principalement lorsque la victime est un enfant ou un adolescent, qu'elle a succombé à une action des forces de l'ordre, ou que les circonstances de sa disparition ne sont pas élucidées.

La pratique et l'expression sont d'origine belge et datent très précisément du 20 octobre 1996.

Ce jour là en effet se réunirent à Bruxelles (Belgique), ville qui comptait alors 950 000 habitants, pas moins de 350 000 personnes, venues de l'ensemble du pays et qui défilèrent en silence et intégralement vêtues de blanc - symbole de neutralité, de dignité, d’espoir et d’innocence - entre les deux principales gares de leur capitale.

Elles entendaient protester ainsi, à l'appel des parents des petites Julie Lejeune et Mélissa Russo, mais également An Marchal et Eefje Lambrecks, toutes quatre assassinées par le pédophile Marc Dutroux.

Cette gigantesque "Marche blanche" a été mise sur pied en seulement quinze jours, mais tout a concouru à ce qu'elle secoue profondément et durablement l'ensemble de la société belge, et marque même le monde à jamais, puisque ce nom et cette pratique sont désormais malheureusement devenus planétaires, même si elle n'ont plus jamais atteint la même amplitude :

  • l'attitude d'exceptionnelle dignité des parents d'enfants victimes,
  • leur intransigeance aussi calme que résolue devant les manquements des institutions chargées de l'enquête,
  • et la médiatisation que la presse unanime leur a offerte.

Source : wikipedia.org

Pourquoi dire : "Une blacklist", "Blacklisté" ou "Blacklister" ?

Et pas : "Une liste noire", "Être inscrit sur liste noire" ou "Inscrire sur liste noire" !

Il s'agit d'un document rassemblant les noms d'individus ou d'entités (concrètes ou virtuelles) jugés indésirables, hostiles ou ennemis par une personne, un groupe ou une organisation donnée.

La plus célèbre des listes noires fut assurément "La liste noire de Hollywood". Créée le 25 novembre 1947 à la suite d'une annonce de la MPAA (Motion Picture Association of America), elle recensait les artistes à qui les studios hollywoodiens refusaient tout emploi, parce qu’ils les soupçonnaient de sympathie avec le parti communiste américain.

Source : wikipedia.org

"Enfiler le bleu de chauffe", "Mettre le bleu de chauffe" ou "Remettre le bleu de chauffe".

Ces trois locutions verbales signifient, dans le registre familier, se mettre ou se remettre sérieusement au travail.

On dit par exemple : "L'équipe de France va devoir enfiler le bleu de chauffe au cours de la seconde mi-temps si elle veut l'emporter".

La locution nominale "Bleu de chauffe" désigne :

  • la veste bleue que portaient les cheminots à l'époque des locomotives à vapeur, lorsqu'ils devaient constamment alimenter en charbon le foyer, qui chauffait la chaudière, laquelle produisait la vapeur nécessaire au moteur à vapeur, qui transformait le travail de la vapeur sous pression en force motrice sur les essieux,
  • ainsi qu'une couleur superficielle que prennent les métaux ferreux aux alentours de 400 degrés Celsius.

Lors de l'assemblage à chaud, soudure ou brasure, on voit en effet apparaître un spectre de couleurs de chauffe autour du point de chauffe principal, allant du bleu au jaune.

 

"Les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas !".

  • Au sens propre, cette expression trouve son origine dans le fait que les goûts et les couleurs ne se choisissant pas selon des critères rationnels, il est parfaitement vain d'essayer de convaincre son interlocuteur que les siens sont bons ou mauvais, puisque personne ne peut avoir raison,
  • Mais ce proverbe a plutôt tendance à être utilisé au sens figuré, en matière d'opinions ou de choix, qu'ils soient politiques, relationnels ou culturels.

On dit par exemple :

  • "Tu as vu le nouveau fiancé de ma cousine ? Je le trouve aussi laid que le précédent ! mais comme on dit : les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas !".
  • Ou : "J'ai lu le nouveau roman dont tu m'avais parlé mais, contrairement à toi, je t'avoue ne l'avoir guère apprécié. Tu me diras : les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas !".

Source : www.linternaute.fr

On peut "Être blanc comme" beaucoup de choses en français.

Différentes expressions idiomatiques françaises commencent par la formule "Être blanc comme...".

Il importe cependant de bien les connaître car elles ont le plus souvent des significations fort différentes les unes des autres !

Ainsi "Être blanc comme un linge" ou "Être blanc comme un linceul" se dit d'une personne qui, commençant à se sentir mal, devient blême, toute pâle, livide.

On utilise en revanche les expressions "Être blanc comme un cachet d'Aspirine" et "Être blanc comme un lavabo" pour qualifier une personne à la peau particulièrement blanche. Ainsi que les formules - tout aussi imagées, mais moins sympathiques, - "Être blanc comme un bidet" et "Être blanc comme un cul".

Relevant toutes les quatre du registre familier elles sont souvent utilisées sur un ton légèrement narquois par des personnes originaires de régions plus ou moins méridionales ou par des citadins de retour de congé, pour décrire l'aspect d'un estivant d'origine plus septentrionale et n'ayant pas encore eu le loisir de s'exposer aux rayons du soleil.

Enfin, la formule "Être blanc comme neige" symbolise la parfaite innocence d'une personne n'ayant rien à se reprocher.