"Un ventouseur".

Ce terme désigne deux professions très différentes :

  • il s'agissait autrefois de la personne qui posait des ventouses, était spécialisée dans la pose de ventouses.
  • mais il désigne aujourd'hui, dans le milieu du cinéma, celui qui réserve des places de stationnement, en les occupant ou par d'autres moyens.

Cette profession essentielle au bon déroulement des tournages en extérieur est peu connue du grand public.

Les parisiens connaissent pourtant souvent cette activité pour avoir parfois remarqué, le soir, en bas de chez eux, d'étranges individus empêchant  le stationnement à l'aide de cônes de chantier et de rubans jaunes, avant de retrouver, garés au petit matin des camions techniques ou des véhicules d’un autre temps.

Pourquoi les parisiens ? Parce que, tout simplement, la Préfecture de police de Paris tolère cette pratique à défaut de permettre de réserver officiellement des emplacements dans une rue.

"Le ventousage", "faire de la ventouse" ou "ventouser", c’est donc s’approprier des places dans une rue pour permettre d'y stationner, lors d’un tournage de film, sa régie et ses décors.

Pour cela, des hommes surveillent 24h/24h, plusieurs jours à l’avance, la rue choisie par la production. Et se l’approprient petit à petit avec patience, ténacité, mais aussi ruse et gentillesse. Avec l’aide des commerçants et des habitants de leur connaissance, face aux riverains souvent peu enclins à devoir céder leur stationnement.

Quant à l'appellation "une voiture-ventouse, elle désigne une voiture utilisant de manière prolongée un espace de stationnement.

Source : wikipedia.org

"Un rivage" et "Une rive".

  • Le rivage est la partie de la terre bordant la mer.

C'est donc la zone limite entre la terre ferme et une étendue d’eau salée, sans que des frontières précises soient géographiquement définies.

  • Tandis que la rive borde une étendue d'eau douce : fleuve, rivière, étang, lac, etc.

Le mot "rive" désigne à la fois :

    • la ligne de contact entre l'eau et la terre, jusqu'au sommet de la berge (lorsque celle-ci existe et émerge). Selon la variation de la hauteur d'eau, elle peut s’étaler au-delà et la rive s'arrête alors le long des plus hautes eaux historiquement connues lors des crues.
    • la bande de terre en bordure, le long de l'étendue d'eau.

Étrangement, pas moins de trois adjectifs parfaitement synonymes désignent ce qui a trait à la rive.

Source : wikipedia.org

"Scrogneugneu" ou "Scrongneugneu" !

J'adore ces deux interjections exprimant le déplaisir, dont j'ai longtemps ignoré, je le confesse, qu'il s'agissait d'une altération de l'expression "Sacré nom de Dieu !", dont la forme primitive était "Sacrégnongnieu !".

On ne dit pas : "Jean-Claude Gaudin est le vieux porc de Marseille" !

Mais : "Jean-Claude Gaudin déteste le Vieux-Port de Marseille".

Explication du calembour
Il résulte de l’homophonie entre les locutions « Est le vieux porc » et « Hait le Vieux-Port« .

Né le 8 octobre 1939, cet homme politique français, républicain, professeur d'histoire et de géographie de formation, a été député de 1978 à 1989, sénateur entre 1989 et 2017 et à plusieurs reprises vice-président du Sénat, maire de Marseille (13) depuis 1995, président du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur de 1986 à 1998, président de la métropole d'Aix-Marseille-Provence entre 2015 et 2018 et ministre de l'Aménagement du territoire, de la Ville et de l'Intégration, dans le second gouvernement Juppé, du 7 novembre 1995 au 2 juin 1997.

Quand il est temps, il est temps !

La scène se déroule au début des années 2000, à Feytiat, une petite ville de la banlieue Sud-Est de Limoges (87).

Ma petite nièce par alliance, alors âgée de 3 ans et demi, rentre en petite section de maternelle à la rentrée de septembre et doit donc être propre et ne plus porter de couches.

Comme elle passe l'été en vacances chez ses grands-parents maternels, puis paternels, résidant tous quatre aux alentours de Marseille (13), ses parents ont demandé à ce que l'on profite de cette période pour lui apprendre à aller toute seule au pot ou aux toilettes, considérant que, vivant le plus souvent en maillot de bain ou en jupette, ses éventuels petits oublis ne porteront guère à conséquence.

La consigne ayant été scrupuleusement suivie, la petite limougeaude s'avère être propre à la fin du mois d'août, à la grande satisfaction de ses parents - rassurés - et de ses grands-parents, fiers d'avoir mener à bien la mission qui leur avait été assignée.

De retour chez eux, mon beau-frère et son épouse, invitent à l'apéritif leurs différents voisins et leurs enfants pour célébrer le retour de la "grande" fille, qui ne porte plus de couches et va rentrer à l'école.

Les voisines et la maman se félicitent de la situation, lorsque soudain, la petite - qui jouait accroupie dans le jardin à quelques mètres d'elles - se relève soudainement et se précipite à l'intérieur de la maison en courant.

Pot pour bébé

"Ah ! Il y a peut-être tout de même eu un problème cette fois-ci..." se dit alors l'assemblée, dans l'expectative.

Mais la petite réapparaît quelques instants plus tard, arborant un grand sourire.

  • "Tout va bien ma chérie ?" s'enquiert le papa, rassuré et fier.
  • "Oui, mais il était temps, putain !".

Je vous laisse imaginer la tête des voisins, pour qui le mot "putain" revêtait évidemment un incroyable caractère de grossièreté - a fortiori dans la bouche d'une petite fille ! -, bien éloigné de son aspect "élément de ponctuation", en vigueur dans les Bouches-du-Rhône (13),où le mot est vraiment largement banalisé. Au point qu'une enfant de trois ans et demi l'entende suffisamment - hors de chez ses grands-parents, je le précise ! - en deux mois seulement, pour l'intégrer à son vocabulaire actif !

Sur le même sujet, je vous recommande la lecture de mon article "Les jeunes marseillaises sont-elles impolies ?".

"Désirée Clary".

Quel incroyable destin que celui de cette femme !

Fille du riche fabricant et marchand de soie marseillais François Clary, Bernardine Eugénie Désirée Clary, née le 8 novembre 1777 et morte le 17 décembre 1860, a d'abord été le premier coup de foudre de Napoléon Bonaparte, à qui elle se fiance officiellement le 21 avril 1795, tandis que sa soeur aînée, Julie, épouse épouse Joseph Bonaparte, le frère cadet de Napoléon.

Cette alliance des Bonaparte et des Clary leur apporte fortune et notoriété et à ces derniers, protection et opportunités.

Mais après avoir rencontré pour la première fois Joséphine de Beauharnais, au salon de Mme Tallien à Paris (75), au cours de l'été 1795, Bonaparte renonce à son projet de mariage avec Désirée et rompt ses fiançailles le 6 septembre 1795.

Dès juillet 1798, c'est cependant un nouveau coup de foudre pour Désirée, avec cette fois le général Jean-Baptiste Bernadotte, un adversaire militaire et politique de Bonaparte, qu'elle épouse le 17 août 1798.

Bernadotte est élu prince héritier de Suède le 21 août 1810 et Désirée Clary devient donc première princesse de Pontecorvo.

Puis reine consort de Suède et de Norvège, le 5 février 1818, sous le nom de Desideria, lorsque son mari accède au trône sous le nom de Charles XIV Jean, après la mort du roi Charles XIII.

Elle conservera son titre jusqu'au 8 mars 1844, lorsque, à la mort de Bernadotte, leur fils Oscar devient roi de Suède sous le titre d'Oscar 1er.

Et l'actuel roi de Suède est son arrière-arrière-arrière-arrière petit-fils, Charles XVI Gustave (ou Carl XVI Gustaf), né le 30 avril 1946 et couronné le 15 septembre 1973.

Depuis le 14 février 1987, "Désirée Clary" est une station de la ligne 2 du métro de Marseille (13).

Située au croisement de la rue Clary et de la rue de Ruffi dans le 3e arrondissement, à proximité de l'Hôpital européen, elle dessert le quartier de La Villette.

Source : wikipedia.org

"Un "Passage à tabac" n'est pas une ruelle où acquérir des cigarettes de contrebande" !

Mais une très ancienne pratique policière, dont certains mauvais esprits osent prétendre qu'elle perdurerait dans certains de nos commissariats !

Cette curieuse locution nominale du registre familier désigne en effet un tabassage, le fait de frapper un individu de manière répétée, avec violence, en lui donnant de nombreux coups.

 

 

"Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait".

Cette citation de l'imprimeur et humaniste français Henri II Estienne (1528-1598), extraite de son recueil "Les prémices ou le premier livre des proverbes épigrammatisés" (ou "Des épigrammes proverbiales rangées en lieux communs"), paru en 1594, m'a longtemps semblé très pertinente.

Quel monde idéal nous aurions pu avoir, en effet, si seulement les jeunes (catégorie à laquelle j'appartenais alors) avaient déjà de l’expérience et si les vieux (dont j'allais, un jour, grossir les rangs) avaient encore de la force !

Fort heureusement, me semble-t-il, les jeunes d'aujourd'hui (dont je ne suis malheureusement plus, je suis né en 1961) en savent d'avantage. Si tant est, du moins, qu'ils le souhaitent. Par exemple en exploitant les fantastiques ressources offertes par la toile, auxquelles l'enfant et l'adolescent dévoré de questions et de curiosité que j'étais aurait naturellement rêvé d'avoir accès.

Et les vieux peuvent. Plus longtemps. Et en bien meilleure forme qu'autrefois. Quelle satisfaction là encore ! Combien de fois, n'ai-je entendu, enfant, les adultes parler d'une personne, disparue "sans avoir profité longtemps de sa retraite", donc mort peu après 65 ans. Tandis qu'aujourd'hui on demande couramment de quoi est mort celui qui est décédé avant 75 ans, si ce n'est plus, sans guère imaginer qu'il puisse s'agir de simple vieillesse.

Collégien au début des années 1970, je faisais figure de phénomène en ayant toujours mon arrière-grand-mère de plus de 80 ans. Mais n'étonne plus personne aujourd'hui en disant que ma mère, née en 1933, prend régulièrement l'avion pour rendre visite à ma soeur aux États-Unis d'Amérique, en Chine ou au Mexique, au gré des mutations de mon beau-frère. Ou que mon père, né en 1934, prend plusieurs fois par an sa voiture, pour aller en vacances dans sa maison de Dordogne (24).

"Une tête au chocolat", "Une "tête au/de choco", "Une tête-mousse", "Un merveilleux" ou "Une merveille au chocolat".

Ces différentes locutions nominales désignent souvent désormais la "Tête-de-nègre", cette pâtisserie constituée de deux meringues entre lesquelles repose de la crème au beurre, le tout étant enrobé de chocolat.

Nos amis québecois, pour leur part, l'appellent "Whippet", par antonomase d'un nom d'une marque.

Son nom traditionnel de "Tête-de-nègre" a en effet parfois été l'objet de polémique, du fait du rappel péjoratif, pour certains, de l'esclavage, de la colonisation et du racisme ; ces esprits chagrins trouvant cette appellation galvaudée ou insultante.

Ce qui est - comme la plupart des fois, en pareil cas - parfaitement ridicule, puisque cela revient à sortir les choses de leur contexte. Le mot "nègre" désignait en effet, à l'origine une couleur ; l'expression " Tête de nègre" étant apparue en France pour la première fois en 1829 et désignant la couleur d'un vêtement.

"Un grand Charles", "Un Charles de Gaulle" ou "Un de Gaulle".

Il s'agit du surnom donné à un type de tire-bouchon, en forme de bonhomme, dont la tête fait office de décapsuleur et dont les deux leviers latéraux, en forme de bras, se relèvent en forme de "V" lorsque l'on enfonce la tige dans le bouchon, avant de servir ensuite à extraire ce dernier, lorsqu'on les abaisse.

Cet ustensile évoque en effet le général de Gaulle et sa célèbre posture, les bras en l'air légèrement écartés.

 

Chacun se souvient l'avoir vu ainsi à plusieurs reprises, et notamment le 4 juin 1958, à Alger, lorsqu'il prononce son fameux "Je vous ai compris !", mais aussi le 24 juillet 1967, à Montréal (Québec) (Canada), pour son non moins célèbre "Vive le Québec libre !".

13 façons d'écrire le son "un".

Le français est décidément une langue riche, passionnante mais aussi extrêmement compliquée ! À écrire ou prononcer, notamment.

Jugez-en plutôt : j'ai recensé ci-après pas moins de 13 façons différentes d'écrire le son "un" !

Aim : "Daim" ou "Faim",

Ain : "Étain" ou "Pain",

Aint : "Saint" ou "Contraint",

Ein : "Empreinte" ou "Sein",

Eint : "Atteint" ou "Teint",

En : "Bien" ou "Chien",

Im : "Impact" ou Impôt",

In : "Brin" ou "Lapin",

Um : "Humble" ou "Parfum" ,

Un : "Brun" ou "Un",

Unt : "Défunt" ou "Emprunt",

Ym : "Thym" ou "Tympan",

Yn : "Lynx" ou "Synthèse".