"Une mule".

Ce substantif féminin possède plusieurs significations, puisqu'il peut tout aussi bien désigner :

  • au sens propre, dans le langage courant :
    • un animal hybride femelle (les mâles sont appelés "Mulet"), presque toujours stérile, né de l'accouplement d'un âne et d'une jument, ou d'un cheval et d'une ânesse, et utilisé pour le transport des marchandises,

Une mule

    • par analogie avec les mules utilisées en batellerie, comme animaux de trait, pour le halage : un engin de halage,
    • ou : une pantoufle laissant le talon découvert.

Une mule (chausson)

  • et au sens figuré, dans le registre familier :
    • une personne entêtée, butée, têtue.

On dit par exemple : "Mais quelle mule, ce type !".

Et on utilise la formule en forme d'idiotisme animalier "Être une tête de mule".

    • ou, dans le jargon des douanes, de la police et des trafiquants : une personne transportant d'un lieu à un autre des marchandises illicites - en particulier, de la drogue - pour le compte d’organisations criminelles.

De nombreuses mules transportent même dans leurs intestins, après les avoir avalées, des boulettes de drogue, enveloppées dans du film plastique.

Une radiographie d'une "mule" tentant de passer des boulettes de drogue préalablement ingurgitéesDes boulettes de drogue extraites de l'intestin d'une "mule"

Le réalisateur états-unien Clint Eastwood a réalisé en   un film, intitulé "La mule", dans lequel il interprète lui-même une mule

 

Sources : www.cnrtl.fr, wiktionary.org et www.larousse.fr

"À géométrie variable"

Cette locution adverbiale, qui relève du jargon aéronautique signifie :

  • au sens propre : pouvant adapter son angle, pour une aile d'avion,
  • et au sens figuré : variable en fonction des circonstances.

On dit par exemple, lorsque l'on trouve qu'un arbitre sportif a tendance privilégier une équipe plutôt que l'autre : "Les décisions de cet arbitre sont à géométrie variable !".

On ne dit pas : "Remettre des graines d'homophobisme" !

Le réalisateur français Benoît Berthe Siward

Ainsi qu'à pu le déclarer, le réalisateur français Benoît Berthe Siward, dans l'émission "Ça vous regarde", diffusée le 1er octobre 2021, sur la chaîne de télévision publique française LCP-AN.

Mais : "Remettre des graines d'homophobiE" !

Le mot "Homophobisme" n'existe pas en français : il s'agit d'un barbarisme.

"Purement et simplement".

Cette locution adverbiale relève du langage courant.

Et elle signifie, selon le contexte :

  • sans réserve et sans condition.

On dit par exemple : "Le but de notre adversaire était clair : anéantir purement et simplement notre armée".

  • ou : simplement.

On dit par exemple : "Cet échec est purement et simplement dû à votre incompétence".

Source : www.larousse.fr et wiktionary.org

"Mater".

Ce verbe peut avoir différentes significations en fonction du registre dans lequel il est employé.

  • dans le langage courant, il signifie en effet :
    • au sens propre, aux échecs : mettre le roi adverse en position de mat, c'est à dire en échec (Échec !") et de telle façon qu'il ne puisse plus se déplacer sans se retrouver dans la même situation, ce qui met fin à la partie ("Échec et mat !"),

On dit par exemple : "Je suis certain que mon père va te mater en moins de cinq minutes !".

Mater, aux échecs

    • et au sens figuré : soumettre, éventuellement par la violence, un animal, un être humain, ou une collectivité qui manifeste - un peu trop - sa volonté d'indépendance ou qui se révolte ; les rendre définitivement docile ; les dompter.

On dit par exemple : "Le président espère mater frapidement cette révolte".

  • dans le registre désuet :
    • mortifier, affaiblir.

On dit par exemple : "Mater son corps par de fréquents jeûnes".

    • retenir, refouler, réfréner.

On dit par exemple : "Toute mon enfance, on a voulu mater mon imagination".

  • et, dans le registre argotique :
    • regarder attentivement.

On dit par exemple : "Mate un peu la grenouille !".

On dit par exemple : "Mate un peu la gonzesse !".

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Regarder".

Sources : Le Robert, wiktionary.org et www.cnrtl.fr

Ne dites pas : "Faire un doublé", "Faire un triplé" ou "Faire un quadruplé", en parlant d'un sportif !

Mais plutôt :

  • "RÉALISER un doublé", "RÉUSSIR un doublé" ou "S'OFFRIR un doublé",
  • ou "RÉALISER un quadruplé", "RÉUSSIR un quadruplé" ou "S'OFFRIR un quadruplé" !

"Un démarrage en fanfare" ou "Démarrer en fanfare".

Une fanfare, en train de défiler

La locution adverbiale "En fanfare" fait référence au substantif féminin "Fanfare", qui désigne un ensemble de musiciens, jouant souvent en extérieur, de manière très sonore.

Et elle signifie, au sens figuré : spectaculairement ; rapidement ; remarquablement.

On dit par exemple : "Démarrage en fanfare pour ce nouveau film, avec déjà 3 millions d'entrées en 2 semaines".

Une fanfare, à l'arrêt

"Gâcher".

Ce verbe du langage courant signifie, selon le contexte :

  • au sens propre : délayer avec de l'eau et malaxer (du ciment, du mortier ou du plâtre),

Gâcher du plâtre

  • et au sens figuré :
    • accomplir négligemment et grossièrement une tâche,

On dit par exemple : "Ce type a gâché la taille de mes haies".

    • perdre ou compromettre quelque chose par un mauvais usage,

On dit par exemple : "J'ai malheureusement gâché mon temps et mon argent dans cette histoire".

    • compromettre, faire échouer une action, un projet ; compromettre le résultat, l'issue, la qualité de quelque chose dont on voulait tirer parti.

On dit par exemple : "Les pluies de cet automne ont gâché mes récoltes".

Sources : Le Robert, www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

"La contumace", "Une condamnation par contumace", "Condamner par contumace".

Ce substantif féminin, cette locution adverbiale et cette locution verbale relèvent de jargon juridique.

  • le substantif féminin "Contumace" désigne : le refus de comparaître devant un tribunal.
  • et la locution adverbiale "Être condamné par contumace", la locution nominale "Une condamnation par contumace", ainsi que la locution verbale "Condamner par contumace" s'utilisent : lorsque la personne condamnée n'est pas présente à l'audience, lors de son procès devant la cour d'assises.

Parce qu'elle n'a pu être arrêtée, parce qu'elle ne s'est pas volontairement présentée, ou parce qu'elle s'est évadée en cours de procès.

Sources : Le Robert et www.larousse.fr

"Le syndrome de tako-tsubo" (ou "takotsubo"), "Le tako-tsubo" (ou "takotsubo"), "La ballonisation apicale", "La cardiopathie de stress" ou "Le syndrome du coeur brisé" : des émotions trop fortes et la perte d'un être cher sont véritablement capables de vous briser le coeur !

Le "tako-tsubo" ou "Syndrome du coeur brisé"

Ce syndrome peu ou mal connu est une maladie du muscle cardiaque, générée par un stress intense, dont le nombre cas ne cesse d'augmenter depuis le début de la pandémie de COVID-19.

Ce trouble toucherait principalement les femmes.

Tout choc émotionnel ou physique entraînant un stress intense peut conduire à un tako-tsubo, davantage encore lorsque cette situation spécifique est associée à une fatigue intense. Des chercheurs de l'université de Zurich parlent notamment de décès, de rupture amoureuse, d'annonce d'une maladie, mais aussi d'intervention chirurgicale, d'agression, ou encore d'accident.

Autant dire que la pandémie de COVID-19 semble propice au syndrome du coeur brisé. Le nombre de cas aurait même été multiplié par 4,58 dans plusieurs pays pendant la crise sanitaire, comme le rapporte une étude états-unienne dévoilée en juillet 2020.

Des chercheurs de l'université John Hopkins, à Baltimore (Maryland) ont décrit plus précisément cette maladie. En 1999, l'équipe des professeurs Champion et Wittstein notait le caractère inhabituel de certains patients arrivant au centre se plaignant d'attaques cardiaques. Parmi eux, une forte proportion de femmes ménopausées qui venaient d'être victimes d'une émotion intense juste avant leur accident. "L'accumulation de stress conduit à une fragilité émotionnelle, qui peut aboutir à une paralysie du muscle cardiaque. Le coeur se met en état de sidération face à l'événement de trop, qui aurait pu être anodin en d'autres circonstances. C'est le Tako-tsubo, syndrome du cœur brisé ou cardiomyopathie de stress.

Pour mieux comprendre le phénomène, ces chercheurs ont collecté les électrocardiogrammes et différents dosages biochimiques de 19 patients souffrant de cardiomyopathie de stress, caractérisée par un spasme dans la poitrine et un affaiblissement général. Parmi les événements qui avaient amené ces malheureux à consulter, les chercheurs ont répertorié : un accident, un vol à main armée, une violente dispute et même une surprise d'anniversaire ! L'âge moyen de ces personnes était de 63 ans et 95 % étaient des femmes. Ils les ont ensuite comparés avec 7 patients atteints "de crises cardiaques classiques". Le syndrome se manifeste par des symptômes proches de l'infarctus, principalement chez la femme plutôt anxieuse, plus particulièrement au moment de la ménopause et chez les personnes en situation de précarité. C'est une urgence cardio-vasculaire encore trop méconnue, à prendre très au sérieux, tout particulièrement en cette période de COVID.

Une "fausse" crise cardiaque

Potentiellement mortel, ce syndrome a un très bon pronostic de guérison, à condition de bénéficier des traitements adéquats.

L'angiographie ne révélait aucune obstruction des artères alimentant le cœur, l'examen par les tests sanguins ne réussirent pas à déceler dans le sang les enzymes caractéristiques d'un dommage du muscle cardiaque. L'absence de dommage cardiaque a été confirmée par IRM (Imagerie par Résonance Magnétique). La capacité cardiaque revenait à la normale dans les deux semaines. En comparaison, la récupération partielle après une crise cardiaque peut prendre des semaines ou des mois et fréquemment, le dommage cardiaque est permanent.

Mais les analyses sanguines révélaient d'autres surprises. Les taux sanguins de plusieurs hormones appelées catécholamines (en particulier l'adrénaline) étaient deux à trois fois supérieurs aux autres patients après attaques cardiaques et 7 à 34 fois plus importants que les personnes en bonne santé. Sous l'effet d'une libération massive de ces hormones, une partie du cœur ne se contracte quasiment pas. Il se ballonne et prend une forme d'amphore, ce qui lui vaut le nom de "tako-tsubo" au Japon signifiant "piège à poulpe". Il s'agit d'une paralysie transitoire.

Des troubles du rythme ventriculaire, parfois graves, peuvent alors suivre. Les risques sont la mort subite, une insuffisance cardiaque aiguë, des caillots de sang dans le coeur inerte.

Les femmes davantage touchées que les hommes par le tako-tsubo

Surtout après la ménopause (probablement à cause de la chute du taux d'hormones aux effets cardioprotecteurs). Après cette première hypothèse, émise en 1999, une autre équipe états-unienne confirme cette prédominance féminine en 2005, tout comme l'issue très favorable en cas de traitement approprié.

Comment expliquer cette sensibilité féminine ? On le sait, les femmes réagissent différemment des hommes au stress. Leurs artères sont notamment plus sensibles aux effets du stress, les rendant plus sujettes aux spasmes. Ainsi, cette sensibilité féminine pourrait s'expliquer par les hormones et les liaisons nerveuses de leur cerveau et de leur coeur. Mais l'influence des hormones sexuelles sur les hormones du stress reste cependant largement mystérieuse.

L'importance d'un bon diagnostic

Alors qu'au Japon, ces troubles sont connus depuis de nombreuses années, ces cardiopathies de stress n'avaient suscité que peu d'intérêt en Occident. Les prochains travaux devront permettre de savoir si certains patients ont une vulnérabilité d'origine génétique et surtout savoir pourquoi ce syndrome des coeurs brisés touche principalement les femmes.

Ces travaux permettront demain de distinguer plus aisément ces cardiopathies de stress des véritables crises cardiaques. Bénéficiant du bon diagnostic, ces personnes pourraient éviter d'être soignées toute leur vie pour une maladie cardiovasculaire qu'elles n'ont pas. En attendant, essayez autant que possible de prendre un peu de distance par rapport aux événements stressants.

Le cerveau en cause ?

Selon une étude réalisée par des chercheurs de l'hôpital universitaire de Zurich, en Suisse, et publiée dans l'European Heart Journal, le 5 mars 2019, il y aurait un lien entre ce problème cardiaque et notre cerveau. Les scientifiques ont analysé l'activité cérébrale de 15 personnes souffrant d'un syndrome de tako-tsubo puis l'ont comparé à celle de 39 personnes en bonne santé.

Résultat, les patients atteints du syndrome ont une connectivité cérébrale différente et ne traite pas les émotions de la même manière. Ils seraient plus sensibles aux émotions fortes. Cette découverte permet d'envisager de nouvelles pistes de traitement.

Si la prévention - qui passe notamment par l'activité physique, une alimentation saine, un bon sommeil, ou encore des techniques de relaxation - peut permettre de réduire le risque d'être exposé à ce syndrome, la prise en charge doit elle être immédiate. Pour ce faire, il est primordial d'en connaître les symptômes.

Le syndrome peut être caractérisé par un essoufflement, une douleur brutale dans la poitrine en étau, des palpitations, une perte de connaissance, ou encore un malaise vagal.

Une femme de plus de 50 ans, ménopausée, en situation de rupture, ne doit surtout pas sous-estimer les premiers symptômes liés à un stress émotionnel aigu. Le syndrome de tako-tsubo nécessite une hospitalisation en urgence, pour éviter des complications graves et permettre une prise en charge en unités de soins intensifs cardiologiques. L'appel du 15 est primordial comme dans l'infarctus du myocarde, chaque minute compte !

Source : www.doctissimo.fr