"La glossophobie" et "La glottophobie".

Ces deux vocables paronymiques ne doivent naturellement pas être confondus puisqu'ils correspondent à deux choses totalement distinctes :

  • "la glossophobie" est en effet la peur irrationnelle de parler en public,
  • tandis que "la glottophobie" désigne l'ensemble des discriminations linguistiques.

Source : wiktionary.org

 

"Une pergola".

Une pergola en bois

Ce joli mot italien désigne une petite construction de jardin, utilisée à l'origine pour servir de support aux plantes grimpantes.

Faite de poutres horizontales en forme de toiture, soutenues par des colonnes, elle permet, depuis l'Antiquité, d'ombrager une terrasse.

 

Grâce à l'utilisation de nouveaux matériaux comme l’aluminium, désormais utilisé pour renforcer la structure, la pergola est souvent devenu, de nos jours, un véritable espace à vivre, jouxtant la maison.

Une pergola en métal

Ou non.

Une pergola en bois

Source : wikipedia.org

Les terminaisons de l'infinif ou Pourquoi il convient d'écrire "Suffire" et "Boire" et non "Suffir" et "Boir".

Les terminaisons de l'infinif

Certains infinitifs se terminent par "er" (chanter, aller).

D'autres qui se terminent par "ir" (finir, partir).

D'autres par "oir" (savoir, vouloir).

D'autres enfin par "re" : c'est le cas de "Suivre", "Paraître", "Prendre", "Faire", "Plaire".

Mais aussi de "Suffire" ou "Boire" où le "re" suit "i" et "oi".

On peut donc se demander pourquoi "SuffiRE" et "BoiRE" avec des "e"... mais "PartiR" et "VouloiR" sans "e" ?

De manière générale, pourquoi ce "e" après le "r" pour certains verbes ?

Une voyelle pour la rime

L'infinitif en français se marque par une terminaison.

Une terminaison est une séquence finale que l'on retrouve dans un ensemble de mots ; des mots qui sont regroupés au titre précisément de cette terminaison commune. Ainsi la terminaison "oir" permet-elle de regrouper tous les verbes dont l'infinitif est en "oir".

Ces mots regroupés au titre de leur terminaison commune, riment ensemble : une terminaison est une rime.

Or une rime comporte nécessairement au moins une voyelle. Il ne saurait donc y avoir de terminaison réduite à "r".

Lorsque la terminaison de l'infinitif n'inclut pas de voyelle avant le "r", il faut qu'elle intègre une voyelle après : une voyelle généralement imperceptible mais néanmoins présente pour soutenir la rime : le "e".

  • Par exemple :
    • Dans "Partir", "Vêtir", "Courir", "Offrir", "Tenir", le "i" n'appartient pas à la base du verbe telle qu'on peut la trouver dans d'autres formes : "Je pars", "Je vêts", "Je cours", "J'offre", "Je tiens".

Ce "i" est ajouté pour marquer l'infinitif. Et il fait donc partie de la terminaison de l'infinitif : "ir".

La terminaison contenant une voyelle (le "i"), nul n'est besoin d'en ajouter une.

    • et dans "Savoir", "Vouloir", "Avoir", "Mouvoir", "Valoir", le "oi" n'appartient pas à la base du verbe telle qu'on la trouve dans d'autres formes : "Je sais", "Je veux", "J'ai", "Je meus", "Je vaux".

Ce "oi" est ajouté pour marquer l'infinitif. Et il fait donc partie de la terminaison de l'infinitif : "oir".

La terminaison contenant une voyelle et même deux (le "o" t le "i"), nul n'est besoin d'en ajouter une.

  • En revanche :
    • dans "Lire", "Conduire", "Suffire", le "i" appartient à la base du verbe telle qu'on la trouve dans d'autres formes : "Je lis", "Je conduis", "Je suffis".

Il ne fait pas partie de la terminaison de l'infinitif.

Le "r" ne pouvant à lui seul constituer une rime, il doit alors se trouver complété par un "e" final : la terminaison est "re".

    • et dans "Boire" et "Croire", le "oi" appartient à la base du verbe telle qu'on la trouve dans d'autres formes : "Je bois", "Je crois".

Il ne fait pas partie de la terminaison de l'infinitif.

Le "r" ne pouvant à lui seul constituer une rime, il doit alors se trouver complété par un "e" final : la terminaison est "re".

Fondamental : le cas du 2e groupe (du type "Finir", "Agir", "Choisir")

Le cas des verbes du 2e groupe doit être considéré à part. Ces verbes comportent en effet un "i" tout au long de leur conjugaison :

"Je finis", "Nous finissons", "Tu finissais", "Vous finissiez", "Elles finissent", "Finissant", etc.

Pourtant ce "i" ne fait pas partie de la base : il fait partie de la terminaison de chacune des formes en question.

Pour une part importante des verbes concernés, le "i" est en fait un suffixe, auquel on peut même attribuer un sens : beaucoup des verbes du 2e groupe sont dérivés d'un adjectif X auquel ce "i" a été ajouté afin de signifier "devenir X".

Ainsi : "Grandir" = "Grand" + "ir" = "Devenir grand"

Ou : "Jaunir" = "Jaune" + "ir" = "Devenir jaune"

Le "i", même quand il n'est pas suffixe mais qu'il rime avec ce suffixe, fait donc bien partie de la terminaison du verbe, et ce quelle que soit sa forme, et notamment à l'infinitif.

Cette terminaison contenant par conséquent une voyelle, nul n'est besoin d'en ajouter une : la terminaison de l'infinitif est "ir".

Attention 4 exceptions

Il existe quatre exceptions au mécanisme général présenté ici : "Fuir", "Voir", "Surseoir" et "Asseoir".

Pour ces quatre verbes, il est difficile de tenir "ir" ou "oir" pour une terminaison de l'infinitif, dans la mesure où le "i" et le "oi" apparaissent dans d'autres formes conjuguées sans que l'on puisse l'attribuer à un effet de rime : "Je fuis", "Je vois", "Je sursois", "J'assois".

Pour ces quatre verbes, on aurait donc attendu un "e" final.

La méthode à utiliser

Pour savoir si un infinitif se termine ou non par un "e", il faut donc voir si la voyelle qui précède appartient ou non à la base.

En n'oubliant pas le cas plus compliqué du 2e groupe, où le "i" se retrouve sur toutes les formes sans pour autant appartenir à la base.

Et en n'oubliant pas les quatre exceptions.

Le moins que je puisse faire est de vous souhaiter "Bon courage !".

Source : uoh.univ-montp3.fr

"Se nicher".

Ce verbe désigne :

  • au sens propre, dans le langage courant : faire son nid, pour un oiseau.

On dit par exemple : "Chaque année des mésanges se nichent dans notre grange".

  • au sens figuré, dans le registre familier :
    • S'installer à demeure, se cacher, être blotti, en un point précis.

On dit par exemple : "Pour mon plus grand bonheur, ma belle-mère et son nouveau compagnon sont allés se nicher au fin fond de la Lozère".

    • Se caser, trouver refuge, se fourrer.

On dit par exemple : "Où la jalousie va-t-elle se nicher ? Mon épouse me croit entiché de mon assistante parce que je l'emmène en séminaire avec moi deux fins de semaine par mois !".

Source : www.larousse.fr

"Pascale Roberts".

L'actrice française Pascale Roberts

Il s'agit du nom d'artiste de l'actrice française Marie-José Walsain-Laurent, née le 21 octobre 1930 et morte d'un cancer le 26 octobre 2019.

Née d’un père anglo-italien et d’une mère créole, Pascale Roberts débute sa carrière en 1952, en étant embauchée par la télévision américaine pour un contrat d'un an, alors qu'elle demeure à Londres.

L'actrice française Pascale Roberts

Cinéma

Pascale Roberts commence ensuite à tourner pour le cinéma, comme actrice de seconds rôles, jouant dans quelques 56 films en 54 ans, de 1954 à 2008.

Affiche du film français "Le bon roi Dagobert" de Pierre Chevalier (1963)

Elle est la partenaire de Fernandel dans "Le bon roi Dagobert" de Pierre Chevalier (1963) et interprète la victime dans "Compartiment tueurs" de Costa-Gavras (1965).

Affiche du film français "Compartiment tueurs" de Costa-Gavras (1965)

En 1975, elle joue son rôle le plus célèbre : celui de la mère de la victime Isabelle Huppert, dans "Dupont Lajoie" de Yves Boisset.

Affiche du film français "Dupont Lajoie" de Yves Boisset (1975)

Au tout début des années 1980, elle est la partenaire d'Alain Delon dans "Trois hommes à abattre" (1980) et "Pour la peau d'un flic" (1981).

On la voit également dans "Le grand chemin" de Jean-Loup Hubert (1987).

Ainsi que dans six films de Robert Guédiguian, de "À la vie à la mort" (1995) à "Lady jane" (2008), en passant par le célèbre "Marius et Jeannette" (1997).

Affiche du film français "Marius et Jeannette" de Robert Guédiguian (1997)

Télévision

À la télévision, elle joue notamment dans le feuilleton "Chambre à louer" (1965).

Ainsi que dans le feuilleton télévisé quotidien "Le temps de vivre... le temps d'aimer" (1973), dans lequel elle est en vedette avec l'acteur Jean-Claude Pascal.

Et elle décroche son dernier grand rôle en juin 2008 : celui de Wanda Legendre, la mère de Blanche Marci, un personnage récurrent du feuilleton français "Plus belle la vie", diffusé sur France 3. Elle y apparaît jusqu'au 25 novembre 2016, avant de devoir arrêter les tournages pour raisons de santé.

J'ai personnellement été assez stupéfait le jour où j'ai pris conscience de son âge, car je la pensais sensiblement plus jeune.

Ainsi, je trouve que l'on a vraiment peine à croire qu'elle a déjà 79 ans dans cet extrait de l'épisode n°1 190 de "Plus belle la vie", datant du 2 avril 2009.

Enseignant de théâtre

Pascale Roberts a dispensé des cours de théâtre à l'EICAR (Ecole Internationale de Création Audiovisuelle et de Réalisation), à Paris (75), durant plusieurs années.

L'actrice française Pascale Roberts

Vie privée

Épouse de l'acteur Pierre Mondy (1957 -1966), elle s'est ensuite mariée avec l'acteur Michel Le Royer (l'un des héros de mon enfance, à travers le feuilleton télévisé "Corsaires et flibustiers", diffusé en 1966), puis avec l'écrivain Pierre Rey.

Jean-Michel Le Royer et Christian Barbier, dans le feuilleton télévisé français "Corsaires et flibustiers" (1966)
Jean-Michel Le Royer et Christian Barbier, dans le feuilleton télévisé français "Corsaires et flibustiers" (1966)

Source : wikipedia.org

"L'iconographie".

Ce mot désigne, selon le contexte :

  • l'étude des représentations figurées d'un sujet (peintures, sculptures, gravures) d'un sujet donné (personne, époque, évènenement, thème, lieu, civilisation, religion, etc.).

On dit par exemple : "Cet historien s'est spécialisé dans l'iconographie de la Guerre civile espagnole".

  • ces représentations elles-mêmes, répertoriées et classées.

On dit par exemple : "L'iconographie de la guerre du Vietnam est extrêmenent riche".

  • ou encore : l'ensemble des images et illustrations d'une publication (livre ou revue).

On dit par exemple : "L'iconographie de cet ouvrage consacré aux châteaux de la Loire est absolument remarquable".

Un "document iconographique" est donc une image, une gravure, un dessin, une caricature, une photographie, un graphique, etc.

Sources : www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

"Tout va très bien, Madame la marquise".

J'adore cette expression proverbiale utilisée pour désigner une attitude d'aveuglement face à une situation désespérée et une tentative maladroite d'en dissimuler la gravité.

Entrée depuis longtemps dans le langage courant, elle appartient même désormais, hélas, je crois, au registre désuet, car son usage me semble réellement se raréfier.

Il s'agit, à l'origine, du titre et du refrain d'une drolatique chanson de 1935 de Paul Misraki, devenue l'un des plus grands succès de l'orchestre de Ray Ventura et ses collégiens.

Écoutez la donc : vous ne serez pas déçus, je crois, car elle n'a - à mes yeux tout du moins - pas pris une ride ! L'énumération des catastrophes progressivement annoncées par quatre domestiques à leur maîtresse est tout aussi hilarante que leur façon d'en minorer complètement l'importance.

Un vrai délice qui a merveilleusement traversé le temps !

La chanson interprétée par Ray Ventura et ses collégiens (1935)

Paroles

Allô, allô James !
Quelles nouvelles ?
Absente depuis quinze jours,
Au bout du fil,
Je vous appelle ;
Que trouverai-je à mon retour ?

Tout va très bien, Madame la Marquise,
Tout va très bien, tout va très bien.
Pourtant, il faut, il faut que l'on vous dise,
On déplore un tout petit rien :
Un incident, une bêtise,
La mort de votre jument grise,
Mais, à part ça, Madame la Marquise
Tout va très bien, tout va très bien.

Allô, allô Martin !
Quelles nouvelles ?
Ma jument grise morte aujourd'hui !
Expliquez-moi,
Cocher fidèle,
Comment cela s'est-il produit ?

Cela n'est rien, Madame la Marquise,
Cela n'est rien, tout va très bien.
Pourtant il faut, il faut que l'on vous dise,
On déplore un tout petit rien :
Elle a péri
Dans l'incendie
Qui détruisit vos écuries.
Mais, à part ça, Madame la Marquise
Tout va très bien, tout va très bien.

Allô, allô Pascal !
Quelles nouvelles ?
Mes écuries ont donc brûlé ?
Expliquez-moi
Mon chef modèle,
Comment cela s'est-il passé ?

Cela n'est rien, Madame la Marquise,
Cela n'est rien, tout va très bien.
Pourtant il faut, il faut que l'on vous dise,
On déplore un tout petit rien :
Si l'écurie brûla, Madame,
C'est qu'le château était en flammes.
Mais, à part ça, Madame la Marquise
Tout va très bien, tout va très bien.

Allô, allô Lucas !
Quelles nouvelles ?
Notre château est donc détruit !
Expliquez-moi
Car je chancelle
Comment cela s'est-il produit ?

Eh bien ! Voila, Madame la Marquise,
Apprenant qu'il était ruiné,
A peine fut-il rev'nu de sa surprise
Que M'sieur l'Marquis s'est suicidé,
Et c'est en ramassant la pelle
Qu'il renversa toutes les chandelles,
Mettant le feu à tout l'château
Qui s'consuma de bas en haut ;
Le vent soufflant sur l'incendie,
Le propagea sur l'écurie,
Et c'est ainsi qu'en un moment
On vit périr votre jument !
Mais, à part ça, Madame la Marquise,
Tout va très bien, tout va très bien.

Une chanson présente dans les aventures de Tintin

Comme me l'a fort justement rappelé un vieil ami à moi, le grand Hergé lui-même fait référence à cette chanson, déjà devenue une expression en 1948, treize ans après sa sortie.

"Le temple du soleil", 14e album des aventures de Tintin, publié par Hergé en 1949 (et de 1946 à 1948 dans le journal "Tintin")
"Le temple du soleil", 14e album des aventures de Tintin, publié par Hergé en 1949 (et de 1946 à 1948 dans le journal "Tintin")

Dans l'album "Le temple du soleil", alors que Tintin et Haddock sont condamnés au bûcher par les Incas, le capitaine, entendant Tintin - qui a un plan pour les tirer d'affaire - lui dire : "Tout va bien !", lui rétorque en effet : "Tout va très bien !... Tout va très bien, Madame la marquise !...".

Case extraite "Le temple du soleil", le 14e album des aventures de Tintin, publié par Hergé en 1949 (et de 1946 à 1948 dans le journal "Tintin")

 Souvenir personnel :

J'ai personnellement découvert cette petite merveille très jeune, mais de façon indirecte, grâce à la superbe parodie qu'en avait réalisé, en 1971, l'idole de mes dix ans, Thierry Le Luron : "Tout va très bien, Pompon ça s'organise".

Le deuxième 33t de Therry Le Luron (1971)

Dans celle-ci, dont un demi-siècle plus tard je me souviens encore de la plupart des paroles, tant j'ai pu l'écouter et la réécouter, le jeune imitateur de 19 ans faisait appeler le Premier ministre Jacques Chaban-Delmas par le président de la République Georges Pompidou.

Source : wikipedia.org

"Nous n'avons pas les mêmes valeurs".

"Nous n'avons pas les mêmes valeurs" : publicité télévisée pour Bordeau Chesnel

Cette phrase culte est apparue sur nos écrans de télévision en 1986 et a généré depuis toute une saga de publicités télévisées.

Au point de faire entrer l'expression dans le langage courant.

Il s'agit du slogan publicitaire de "Bordeau Chesnel", la marque grand public de rillettes du Mans de la société LDC, filiale à 100% du groupe agroalimentaire  français Soparind Bongrain, devenu le Groupe Savencia en 2015.

"Nous n'avons pas les mêmes valeurs" : publicité télévisée pour Bordeau Chesnel

Inchangé depuis 1986, ce slogan est directement associé à l'actrice Marie-Hélène Lentini depuis 2004.

La première publicité avec l'huissier (1986)

Cette mise en scène d'un "huissier" dans le premier message publicitaire télévisé de la société LDC est particulièrement savoureuse lorsque l'on sait que ladite société résulte de la fusion, en 1973, de deux sociétés de charcuterie industrielle de la Sarthe (72) :

  • Bordeau Chesnel, créée en 1922, à Yvré-l'Évêque (72), par Jules Bordeau et Marie-Louise Chesnel,
  • et... Luissier, créée en 1900, au Mans (72), par Albert et Blanche Luissier !

Les deux sociétés réunies sont alors devenues LDC pour Luissier Bordeau Chesnel.

Sources : wikipedia.org, www.perche-sarthois.fr, www.journaldunet.com et www.lsa-conso.fr