"Oiseux" ou "Oiseuse" et "Oisif" ou "Oisive".

Ces adjectifs paronymes du registre soutenu sont fréquemment confondus alors qu'ils ont naturellement des définitions radicalement différentes :

  • "Oiseux" ou "Oiseuse" : "Creux/creuse, inutile, vain/e, ne menant à rien, ne servant à rien, vide de sens, sans intérêt, faisant perdre du temps" (un "discours oiseux", des "propos oiseux", une "discussion oiseuse"),
  • et "Oisif" ou "Oisive" : "N'ayant pas d'occupation, désoeuvré/e, inactif/ve" ("rester oisif", "mener une vie oisive").

"Oisif" et "Oisive" sont également des substantifs désignant des personnes oisives.

Source : www.larousse.fr

"Une fourre".

Nos amis suisses utilisent ce mot pour désigner :

Fardes à dessin en carton
Fourres cartonnées
  • un dossier ou une chemise cartonnée ou plastifiée servant à rassembler des documents papier.

On dit par exemple : "Tu n'as pas vu une fourre rouge dans laquelle j'avais rangé les contrats ?".

"Cartons à dessin" (France), "Fardes à dessin" (Belgique) ou "Fourres à dessin" (Suisse)
"Cartons à dessin" (France), "Fardes à dessin" (Belgique) ou "Fourres à dessin" (Suisse)
  • ou un carton à dessin.

On dit par exemple : "C'est un dessinateur de bande dessinée ; il se déplace toujours avec une fourre de planches originales".

Et nos amis belges parlent de "Farde".

"Partir la queue entre les jambes" ou "S'en aller la queue entre les jambes".

Cette expression du langage courant, qui daterait du XVIe siècle, n'a aucune connotation grivoise, puisqu'elle évoque simplement l'attitude d'une personne qui, par honte, s’éclipse sans demander son reste, après un échec, un affront ou une erreur.

Elle évoque naturellement le comportement du chien qui revient la queue basse, entre les pattes, avec avoir échoué à rattraper un animal ou perdu un combat contre un de ses congénères.

Toujours par comparaison avec le chien, il existait également deux autres expressions du même type utilisant le mot "queue", mais dont l'utilisation s'est aujourd'hui perdue en raison du sens qu'à pris ce mot dans le registre argotique, où il désigne couramment la "verge".

Sources : wiktionary.org, www.expressio.fr et www.linternaute.fr

Pourquoi dire : "C'est full" ou "Les Zénith se sont avérés full partout" ?

Le producteur français Christophe Porquet

Comme l'a déclaré le producteur français Christophe Porquet, le 4 mars 2020, dans le documentaire "Jean-Baptiste Guégan : l'incroyable destin de l'homme à la voix de Johnny", réalisé par en 2020 par Pierre-François Glaymann, et diffusé sur la chaîne de télévision française TMC.

Mais : "C'est PLEIN" et "Les Zénith se sont avérés PLEINS partout" !

Voire, idéalement : "TOUS les Zénith se sont avérés PLEINS" !

Le chanteur français Jean-Christoohe Guégan, son parolier Michel Mallory et son producteur Christophe Porquet (© BestImage)
Le chanteur français Jean-Christoohe Guégan, son parolier Michel Mallory et son producteur Christophe Porquet (© BestImage)

"Concomitant" ou "Concomitante", "La concomitance" et "Concomitamment".

Cet adjectif, ce substantif et cet adverbe du registre soutenu signifient :

  • Concomitant(e) : qui se produit ou se présente en même temps qu'un autre fait considéré comme principal, ou qui lui succède immédiatement.

On dit par exemple : "Les faits sont concomitants  de la sortie du film incriminé".

  • La concomitance : le rapport existant entre des faits concomitants.

On dit par exemple : "La concomitance des faits est révélatrice des intentions de cet individu".

  • Concomitamment : de façon concomitante, en concomitance.

On dit par exemple : "Les deux équipes ont agit concomitamment".

Source : www.cnrtl.fr

On ne dit pas : "Un énorme spécimen" ou "Un minuscule spécimen" !

Comme je l'entends parfois dire dans certains documentaires ou reportages.

Mais : "Un énorme INDIVIDU" ou "Un minuscule INDIVIDU" !

Un "spécimen" (mot latin francisé à l'aide de l'accent aigu) est en effet un "être ou un objet qui donne une idée de l'espèce, de la catégorie dont il fait partie".

On dit ainsi : "Cette cathédrale est un spécimen de l'architecture gothique".

Le spécimen étant représentatif de sa catégorie, il ne saurait être ni "énorme" ni "minuscule".

Il n'y a qu'un "individu" - être vivant ou végétal, distinct et délimité - qui peut s'avérer "énorme" ou "minuscule".

"Giscard à la Barre !".

Il s'agit de la devise des soutiens de l'homme politique français Valéry Giscard d'Estaing, lors de la campagne électorale présidentielle de 1974.

Être à la barre d'un navire c'est décider de la direction à prendre. Par extension, celui qui est à la barre est celui qui dirige.

Tel était donc le projet des soutiens de Giscard : qu'il dirige le pays !

Bien que raltivement jeune à l'époque, puisque je suis né en 1961, je m'étais largement étonné du choix de cette formule "à la barre", que je trouvais personnellement pour le moins malheureuse parce que parfaitement ambiguë, du fait de son caractère polysèmique.

 

"Le déconomètre fonctionne à plein tube !".

J'adore cette expression, utilisée le 28 février 2012, sur RMC, par l'homme politique français François Bayrou.

Elle fait référence au "Déconomètre", dont François Bayrou avait, par erreur, attribuée l'invention au dialoguiste Michel Audiard.

Mais c'est au romancier et auteur dramatique français Georges Courteline, que nous devons l'invention de cet appareil imaginaire servant à mesurer le degré de connerie

Relevant du registre argotique, la formule "Le déconomètre fonctionne à plein tube !" constitue en tous cas une magnifique façon de dire "C'est vraiment n'importe quoi !" ou "On nage en plein délire !".

"Un Cassandre", "Une Cassandre" ou "Jouer les Cassandre".

Ces différentes formules font référence à Cassandre, un personnage féminin de la mythologie grecque, qui avait reçu tout à la fois le don de prophétie mais également la malédiction de ne jamais être crue.

"Un Cassandre", "Une Cassandre" ou "Jouer les Cassandre" se disent aujourd'hui des individus qui annoncent des malheurs mais que l'on ne croit pas, que l'on n'écoute pas, que l'on n'entend pas.

Je note que ces formules sont assez systématiquement employées de manière très péjorative.

Et qu'elles s'appliquent majoritairement à des propos dérangeants, émanant de personnes dont on aspire le plus souvent à étouffer la parole.

On oublie par là même que dans la mythologie... toutes les prédictions de Cassandre se sont réalisées !

Source : www.labreche.fr