"L'apopatophobie".

L'apopatophobie ou peur d'aller à la selle, de déféquer ("faire caca") (© Doctissimo)

Cet étrange substantif féminin nou vient du grec "apopateo", qui signifie "déféquer" ; "apopatos" désignant l’excrément.

L'apopatophobie est donc tout simplement la peur d'aller à la selle ou d'en avoir envie et parfois le dégoût de la matière fécale.

La personne qui souffre de cette phobie est prise d'angoisse au moment où elle sent un besoin de déféquer.

Cette panique se manifeste par des sensations de vertiges et des maux de têtes insupportables. Si elle se retient la personne apopatophobe peut se créer des troubles intestinaux importants qui vont, de fait, contribuer à augmenter sa phobie.

Sources : www.doctissimo.fr et wiktionary.org

43 façons de dire "L'anus".

Un anus en très gros plan

"Le TDC", "Le Trou du cul", "Le troudu" et "Le trouduc" appartiennent au registre vulgaire.

De même que "La boîte à chocolat", "Le fion", "La pastille", "La rondelle", "Le trou à caca", "Le trou à merde", "Le trou de balle"  ou "La turbine à chocolat".

Ou "Le boyau cullier", qui relève également du registre désuet.

"Le borgne", "Le cyclope", "L'échalotte", "L'oeil de bronze", "L'oeillet", "L'oeillet plissé", "L'oeillet rose", "L'oeilleton", "L'oignon", "Le petit", "Le petit trou", "Le pétoulard", "Le pot", "Le pot d'échappement", "La rosette", "Le trou", "Le trou mignon", "Le trou plissé", "Le trou qui pète", "Le troufignard", "Le troufignon", "Le troufion" (ou "Le trouffion"), et "Le vase" relèvent du registre argotique.

Et "L'entrée des artistes", "La porte de derrière" ou "La porte de service" du registre familier.

"Le fondement" et "L'orifice anal" appartiennent au registre soutenu.

Et "L'orifice du rectum" ou "L'orifice rectal" au jargon médical.

Sources : www.languefrancaise.net, dictionnaire.sensagent.leparisien.fr et Le guide de poche des gros mots. 1001 insultes, injures et jurons pour toutes les occasions, de Jean-Michel Jakobowicz (2020)

"Axillaire".

Cet adjectif qui appartient au jargon médical désigne, selon le contexte :

  • en anatomie : ce qui est relatif... à l'aisselle.

On parle par exemple de "Ganglions axillaires".

Ou de "Béquilles axillaires".

Une paire de béquilles axillairesUne jeune femme marchant avec des béquilles axillaires

Celles-ci possèdent un point d'appui sous les aisselles.

Elles sont moins utilisées que les cannes anglaises - qui possèdent un point d'appui brachial - car leur utilisation génère quelquefois des troubles neurologiques, en traumatisant, à la longue, le creux axillaire, à cause de l'appui continuel de la tête de la béquille sur les différentes structures nerveuses et vasculaires qui y passent.

  • ou, en botanique : ce qui est situé à l'aisselle d'une feuille.

On parle par exemple de "Bourgeon axillaire".

Source : www.larousse.fr

 

"Brachial", "Brachiale", "Brachiales", "Brachiaux".

Des bras de femme, croisés

Cet adjectif peu connu du grand public qualifie ce qui appartient ou ce qui a rapport... au bras.

On parle par exemple du "muscle brachial", du "plexus brachial" ou de l'"artère brachiale".

Et l'on dit d'une canne anglaise qu'elle comporte un "appui brachial".

Une canne anglaise avec un appui "brachial"

Attention : il s'agit d'un "ch" qui se prononce "ke".

Et l'on dit donc : bra-ki-al ou bra-ki-o.

"L'aisselle".

Ce substantif féminin polysémique appartient au langage courant.

Et il désigne, selon le contexte :

  • en anatomie : la cavité (ou le creux) située au-dessous de la jonction du bras avec l'épaule, que l'on appelle dans le registre populaire "Le dessous-de-bras".

Celle-ci est naturellement poilue.

Une aisselle d'homme poilueUne aisselle de femme poilue

 

Mais parfois épilée.

Une aisselle d'homme épiléeUne aisselle de femme épilée

  • et en botanique : l'angle aigu que forme une feuille avec la partie terminale de la tige.

Des aisselles de feuilles (shéma) (© Alain-Pierre Sittler)Les différentes parties d'une feuille

Sources : Le Robert

On ne dit pas : "La poche des eaux a rompu" !

Mais : "La poche des eaux S'EST rompue" !

En obstétrique, le terme "poche des eaux" désigne la partie des membranes ovulaires ("amnios" et "chorion") qui contient le liquide amniotique dans lequel baigne l'embryon puis le foetus jusqu'à l'accouchement :

  • la membrane intérieure, l’"amnios", contient le liquide amniotique et le foetus,
  • et la membrane extérieure, le "chorion", contient l’"amnios" et fait partie du placenta.

Ces membranes sont fines et transparentes mais résistantes.

La poche des eaux est directement accessible au toucher vaginal. Et sa forme plus ou moins aplatie ou saillante est un indicateur de pronostic de l’accouchement. Plus la poche des eaux est plate (c'est-à-dire difficile à percevoir par l'examinateur), meilleur est le pronostic de l’accouchement, car cela indique une bonne accommodation entre la présentation du foetus et le bassin maternel.

L'intégrité de la poche des eaux au cours de l’accouchement normal est un élément important pour réduire les infections néo-natales. En effet la rupture de la poche des eaux avant l'apparition des contractions est appelée rupture prématurée des membranes. Le risque infectieux augmente de façon statistique dès que le délai depuis la rupture de la poche des eaux dépasse 12 heures. Il est par conséquent conseillé de limiter les touchers vaginaux après la rupture de la poche des eaux.

Source : wikipedia.org

"Le syndrome de la cabane", "Le syndrome de l'escargot" ou "Le syndrome du prisonnier".

Une jeune femme anxieuse à sa fenêtre

Ces trois locutions masculines entièrement synonymes ont été utilisées en mai 2020, à l'issue du premier confinement  par certains organes d'information, afin de désigner la peur sociale ou l'angoisse de sortir de chez soi, en particulier après une période de confinement.

Cette terminologie a notamment été utilisée à la fin du premier confinement lié à la pandémie de maladie à coronavirus 2019, pour évoquer la peur de se déconfiner et de se confronter au monde extérieur.

Une personne masquée, accoudée à une rembarde et assise sur un rebord de fenêtre

Et cela, en France mais aussi, préalablement, en Espagne ("sindrome de la cabana").

Ces différentes appellations ne sont normalement pas utilisée en psychiatrie. Mais mon psychiatre a employé la formule "syndrome de la cabane" me concernant.

  • La formule "syndrome du prisonnier" évoque naturellement l'angoisse des détenus confrontés au monde réel après avoir purgé une longue peine,
Un surveillant pénitentiaire ouvrant une porte, à la Prison de la Santé, à Paris (75) (© Dominique FAGET / AFP)
Un surveillant pénitentiaire ouvrant une porte, à la Prison de la Santé, à Paris (75) (© Dominique Faget / AFP)
La porte de sortie principale d'une prison française
La porte de sortie principale d'une prison française
  • celle de "syndrome de l'escargot" renvoit à l'image symbolique de l'escargot, un petit animal capable de vivre recroquevillé et reclus dans sa coquille, sans en sortir, en cas de sécheresse ou de danger,

Deux escargots dans leur coquille, fixés sur le tronc d'un arbuste

  • et celle de "syndrome de la cabane" proviendrait du ressenti des chercheurs d'or à l'issue de leur long isolement dans des cabanes pendant leurs campagnes de prospection.

Un trappeur, dans sa cabane, en Alaska

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mes articles consacrés au "Syndrome de Hikikomori" et au "Syndrome de Diogène" et à la "Syllogomanie".

Sources : sante.journaldesfemmes.fr et wiktionary.org

"Le syndrome de Hikikomori".

Cette appellation est utilisée au Japon, pour désigner l'état psychosocial et familial concernant les personnes - principalement des hommes, à plus de 70% - vivant coupées du monde et des autres, cloîtrées le plus souvent dans leurs chambres pendant plusieurs mois, voire plusieurs années, et ne sortant que pour satisfaire aux impératifs des besoins corporels.

Ces individus se sentent en effet tellement accablés par la société, en ayant le sentiment de ne pas pouvoir atteindre leurs objectifs de vie, que leur réaction consiste à s'isoler du monde qui les entoure.

Le terme japonais de "Hikikomori" définit très précisément une personne ne s’étant pas rendue à l’école ou au travail pendant au moins six mois et n’ayant eu, pendant cette période, aucune réelle interaction avec quiconque hors du cercle familial.

Et ce phénomène est loin d'être marginal, puisque, selon une étude (*) publiée par le gouvernement japonais le 26 mars 2019, 613.000 Japonais âgés de 40 à 64 ans vivent entièrement coupés de la société, restant chez eux plus de six mois d’affilée.

Un hikikomori japonais

On considérait jusque récemment que cet état concernait principalement des adolescents et des personnes de moins de 30 ans mais le Japon vieillissant constate avec effroi l'existence d'un nombre croissant de hikikomori plus âgés, qui se cloîtrent pendant des périodes plus longues.

"Le nombre est plus élevé que ce que nous imaginions. Et le phénomène des hikikomori ne concerne pas que les jeunes", a ainsi déclaré à l’AFP un responsable du gouvernement chargé de cette étude.

La durée d'isolement également tend à s'accroître, puisqu'environ la moitié des personnes prises en compte dans l’enquête s’étaient isolées pendant plus de... sept ans !

Et le nombre total évalué par l’enquête est supérieur à celui des hikikomori de moins de 39 ans, estimé lui à 541.000 par une étude similaire du gouvernement diffusée en 2016.

Deux jeunes hikikomori japonaisLa chambre d'un jeune hikikomori japonais

 

"Les données du gouvernement viennent corroborer notre propre enquête, selon laquelle il existe un grand nombre de personnes plus âgées dans cette situation", a déclaré à l’AFP Rika Ueda, qui travaille pour une ONG de soutien aux parents d’enfants hikikomori. "Mais nous ne nous rendions pas compte qu’il en existait parmi les sexagénaires", a-t-elle ajouté.
"Cela montre que la société japonaise est dure. Les hikikomori préfèrent rester à la maison plutôt que de rencontrer du monde", explique Mme Ueda, qui estime que le conformisme et la culture du tout travail du Japon exercent des pressions très fortes.

Sur un sujet contigu, je me permet de vous recommander la lecture de mes articles consacrés à :

(*) : 5.000 personnes âgées de 40 à 64 ans ont été interrogées à travers le Japon entre le 7 décembre et le 24 décembre 2018, sur leurs habitudes de vie, dont 65% ont répondu. En plus de ces personnes 2.812 adultes vivant avec elles ont été questionnées.

Sources : wikipedia.org, french.almanar.com.lb et AFP (Agence France Presse)

"Une piqûre de rappel".

Cette locution nominale féminine du langage courant signifie :

  • au sens propre, dans le domaine médical : une vaccination ultérieure destinée à stimuler le système immunitaire, c'est à dire une injection d’un vaccin, déjà reçu antérieurement par le patient, pour optimiser ses défenses immunitaires en stimulant la production d’anticorps.

On dit par exemple : "On vous fera une piqûre de rappel dans 12 mois".

Une "piqûre de rappel" au sens propre : l'injection d'un vaccin
Une "piqûre de rappel" au sens propre : l'injection d'un vaccin
  • et au sens figuré, dans le registre familier : un événement, rappelant à quelqu’un ce qu’il doit faire ou arrêter de faire.

On dit par exemple : "Ce match nul constitue une piqûre de rappel pour l'équipe de France, qui va devoir sérieusement renforcer sa défense".

Source : wiktionary.org

"Le syndrome de Diogène" et "La syllogomanie".

L'accumulation compulsive ou "Syllogomanie", également appelée "Syndrome de Diogène" (© Melody Ko for Boston University)

Ce syndrome a été décrit en 1975 par la gériatre états-unienne Allison N. Clark, pour caractériser un trouble du comportement conduisant à des conditions de vie négligées, voire insalubres.

Il comprend une forme extrême d'accumulation compulsive, appellée TAC (Trouble d'Accumultion Compulsive) ou "Syllogomanie", mais ne s'y limite pas.

L'accumulation compulsive ou "Syllogomanie", également appelée "Syndrome de Diogène"L'accumulation compulsive ou "Syllogomanie", également appelée "Syndrome de Diogène"

Ce nom de "Syndrome de Diogène", adopté en 1975, fait référence à Diogène de Sinope, le philosophe grec du IVe siècle av. J.-C., figure clé du cynisme et disciple d'Antisthène.

Diogène vivait dehors, dans un dénuement extrême, vêtu d'un simple manteau, et muni d'un bâton, d'une besace et d'une écuelle.

Dénonçant l'artifice des conventions sociales, il préconisait une vie simple, hors de la culture et de la civilisation grecques, plus proche de la nature.

Il se pliait à certaines restrictions susceptibles de lui apporter une plus grande indépendance vis-à-vis des biens matériels, une plus grande liberté morale.

Et se contentait pour dormir, d'une grande jarre renversée, couchée sur le flanc, ou d'un tonneau.

Le philosophe Diogène de Sinope vivant dans sa jarre renverséeLe philosophe Diogène de Sinope vivant dans son tonneau

Caractéristiques

Le syndrome associe entre autres :

  • une négligence parfois extrême de l'hygiène corporelle et domestique,
  • une accumulation d'objets hétéroclites, nommée également "Syllogomanie",
  • un déni de son état, et donc une absence de toute honte,
  • un isolement social selon les critères habituellement admis dans sa culture,
  • un refus d'aide, celle-ci étant vécue comme intrusive,
  • et une personnalité pré-morbide : soupçonneuse, astucieuse, distante, tendant à déformer la réalité (là encore selon les critères culturels en cours).

Historique

La première étude de ce modèle de conduite date de 1966. Cette année-là, deux psychiatres anglais, Mac Millan et Shaw, publient une étude sur 72 personnes âgées vivant dans des conditions d’hygiène personnelle et domestique inquiétantes.

Ils constatent chez ces patients un effondrement de leur norme de propreté personnelle et d'environnement et parlent de "Syndrome de décompensation sénile".

Symptômes

La personne présentant ce syndrome choisit un isolement social aussi grand qu'il lui est possible.

Elle en arrive à vivre presque recluse chez elle, n'ayant dès lors plus autant de raisons d'entretenir son logement et se désintéressant en même temps, à un degré plus ou moins grand, de son hygiène personnelle.

Le comportement du célèbre milliardaire états-unien Howard Hughes dans les dernières années de sa vie en constitue par exemple une parfaite illustration.

Se pensant à tort ou à raison en risque de pauvreté extrême, ce qui lui est suggéré par la vie peu gratifiante où elle s'installe, la personne atteinte du syndrome de Diogène essaie souvent d'économiser le plus possible pour parer à l'avenir, et accumule parfois des sommes importantes sans avoir réellement conscience de leur valeur.

Accumuler chez elle de grandes quantités de déchets ou du moins d'objets sans utilité immédiate l'amène à vivre dans des situations insalubres : d'abord simple encombrement, puis impossibilité d'entretenir ou même de faire entretenir son logement en raison même de cet encombrement devenu obstacle.

L'accumulation compulsive ou "Syllogomanie", également appelée "Syndrome de Diogène"L'accumulation compulsive ou "Syllogomanie", également appelée "Syndrome de Diogène"

L'accumulation compulsive ou "Syllogomanie", également appelée "Syndrome de Diogène"L'accumulation compulsive ou "Syllogomanie", également appelée "Syndrome de Diogène"

Patients

On trouve souvent un tel comportement chez des personnes d'âge avancé souffrant de solitude après la mort d'un conjoint ou d'un parent très proche.

Ce comportement peut être encouragé par un sentiment de fragilité financière, réelle ou non.

Et la solitude, voulue, ou l'isolement, subi, semble être le facteur de déclenchement principal.

Étiopathogénie

De 30 % à 80 % des personnes souffrant du syndrome de Diogène sont atteintes de maladies neuropsychiques.

Et presque 100 % chez les jeunes sujets.

Traitement

Le traitement doit commencer par la détection des cas de risque, puis l'admission dans un hôpital spécialisé ou une unité de gériatrie, avec étude des troubles médicaux. On prend ensuite des mesures adaptées de protection sociale pour éviter la rechute du patient dans ses conditions de vie antérieures. Dans quelques cas, il convient de traiter aussi une éventuelle pathologie psychiatrique associée (dépression, délire chronique).

S'il n'est pas possible d'assurer la vie en commun ou de placer le patient dans une institution sociale, il faut lui assurer un suivi régulier, des visites à domicile, et un travail coordonné de services sanitaires (médecin, infirmier/ère, ergothérapeute) et sociaux (travailleur social).

L'accumulation compulsive ou "Syllogomanie", également appelée "Syndrome de Diogène"

Bon, là, en ce qui concerne ces deux dernières photographies, j'aurais envie de dire que c'est très différent : rien que de très normal à mon sens.

Mais il est vrai que je suis bibliophile et bibliomane ! Et ceci explique peut-être cela...

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mes articles consacrés au "Syndrome de Hikikomori" et au "Syndrome de la cabane", "Syndrome de l'escargot" ou "Syndrome du prisonnier".

Et je vous signale à toutes fins utiles l'existence de l'association d'aide et de soutien des victimes du syndrome de Diogène et de leurs proches "Survivre à l'insécurité", dont je vous communique ci-après :

  • l'adresse électronique : accueil@diogene-asso.org

Source : wikipedia.org

"Des cannes anglaises".

Une paire de cannes anglaises avec coudières

Cette locution nominale féminine désigne : une variété de béquille, généralement délivrée par paire, avec appui brachial, situé au niveau des avant-bras, et que l'utilisateur tient avec ses mains.

Un homme, debout, tenant des cannes anglaises avec coudières
Un homme, debout, tenant des cannes anglaises avec coudières

Elles se distinguent des béquilles axillaires, qui possèdent un point d'appui sous les aisselles.

Une paire de béquilles axillaires

Ce sont les cannes anglaises qui sont le plus souvent utilisées car :

  • elles sont plus confortables,
  • et elles évitent la survenue de troubles neurologiques apparaissant quelquefois à la suite de l'utilisation des béquilles axillaires, celles-ci étant susceptibles de traumatiser, à la longue, le creux axillaire, à cause de l'appui continuel de la tête de la béquille sur les différentes structures nerveuses et vasculaires qui y passent.

Une jeune femme marchant avec des béquilles axillaires

Sources : www.pharmareflex.com et www.vulgaris-medical.com

"La triméthylaminurie", "Le FOS (Fish Odor Syndrom), "Le syndrome de l'odeur de poisson" ou "Le syndrome de l'odeur de poisson pourri"

Des poissons gâtés

Ces différentes appellations désignent une maladie métabolique rarissime, responsable d'une odeur désagréable de poisson pourri liée à la présence de TMA (TriMéthylAmine) dans les urines, la transpiration et la salive.

Cet étrange trouble métabolique n'a été découvert qu'en 1970 et n'affecterait que 300 à 600 personnes dans le monde.

Il ne menace pas la vie des personnes mais il s'avère particulièrement handicapant au quotidien puisque sa caractéristique principale est de faire émettre aux malades une gamme d’odeurs corporelles fortes comprenant celle du poisson pourri, mais aussi des oignons ainsi que - sinon cela ne serait pas drôle, hélas - des fèces !

En dehors de l’odeur en elle-même, il y a très peu d’autres symptômes, mais bien sûr des effets secondaires, liés à l’anxiété et à l’isolement social entraîné par cette puanteur permanente.

Une enzyme qui fait défaut

D'origine génétique le plus souvent, la triméthylaminurie est causée par une déficience en FMO3 (Flavine Mono-Oxygénase 3), une enzyme censée transformer la TMA (TriMéthylAmine), un composé malodorant issu de la dégradation de certains aliments dans l'organisme. Normalement, cette TMA est, grâce à l'enzyme, convertie en oxyde de triméthylamine qui n'a lui pas d'odeur.

Mais, sans cette enzyme, le corps des malades est incapable de décomposer la molécule qui se met alors à s'accumuler dans l'organisme et est évacuée à travers tous les fluides corporels : transpiration, respiration et urine. D'où l'odeur nauséabonde que les malades émettent sans même s'en rendre compte.

Que faire ?

Hélas, prendre quatre douches par jour, se changer matin, midi et soir et vider des tubes entiers de dentifrice et de déodorants afin de tenter de masquer l’odeur ne sert à rien voire fait empirer celle-ci !

On ne peut que prendre des médicaments améliorant quelque peu la capacité à métaboliser les molécules responsables et à rééquilibrer les bactéries de son corps.

Et surtout surveiller son alimentation, car cette maladie génétique est liée à ce que l'on mange. Il existe ainsi une série d'aliments à éviter, au premier rang desquels les oeufs, les cacahuètes, les petits pois, les abats, et bien évidemment le poisson et les fruits de mer, principaux déclencheurs de la triméthylaminurie.

Ces aliments contiennent en effet beaucoup de coline et de carnitine, des nutriments qui, lorsqu'ils sont dégradés, produisent la fameuse TMA (TriMéthylAmine) qui sent mauvais.

Ce syndrome touche beaucoup plus de femmes que d'hommes.

Les chercheurs n'excluent pas que la raison en soit hormonale, suspectant la progestérone et les oestrogènes d'aggraver le symptôme.

Mais s'il y a plus de femmes concernées, c'est peut-être aussi parce que les femmes se font diagnostiquer un peu plus facilement que les hommes, du simple fait qu'elles sont plus attentives à leur odeur corporelle que les hommes !

Sources : www.maxisciences.com et www.rtl.fr