"Jeter le manche après la cognée" et "Il ne faut pas jeter le manche après la cognée" ou "Il ne faut jamais jeter le manche avant la cognée".

Il ne faut pas jeter le manche après la cognée

J'aime beaucoup cette expression proverbiale française du registre désuet, qui remonte au XVIIe siècle et signifie :

  • "Jeter le manche après la cognée" : abandonner ou renoncer par découragement parce que l’on a rencontré un obstacle ou des difficultés.
  • et "Il ne faut pas jeter le manche après la cognée" ou "Il ne faut jamais jeter le manche avant la cognée" : il est plus sage de conserver son sang-froid et son courage face aux problèmes, en poursuivant avec persévérance la tâche entreprise ou le but fixé.

La "Cognée" est en effet un substantif féminin désignant une variété de haches, ou simplement la pièce métallique coupante de l’extrémité d’une hache, comme dans ce proverbe.

Et ce proverbe fait référence à une fable de Jean de La Fontaine, "Le Bûcheron et Mercure", première fable du livre V du premier recueil de ses célèbres Fables, édité en 1668.

La cognée d'un bûcheron en train d'abattre un arbre, était tombé dans une eau profonde après s'être malencontreusement détaché du manche. Dépité et jugeant qu'il ne pourrait récupérer son fer, le bûcheron, au lieu d'essayer de le retrouver, jeta aussi le manche, considéré comme devenu inutile, et renonça à son travail.

"Un Bûcheron perdit son gagne-pain,
C'est sa cognée ; et la cherchant en vain,
Ce fut pitié là-dessus de l'entendre.
Il n'avait pas des outils à revendre.
Sur celui-ci roulait tout son avoir.
Ne sachant donc où mettre son espoir,
Sa face était de pleurs toute baignée.
O ma cognée ! ô ma pauvre cognée !
S'écriait-il, Jupiter, rends-la-moi ;
Je tiendrai l'être encore un coup de toi".

Sources : l-express.ca et wikipedia.org

"Se mettre la rate au court-bouillon".

Se mettre la rate au court-bouillon

Cette expression du langage familier en forme d'idiotisme alimentaire et d'idiotisme corporel signifie, au sens figuré : être contrarié, s'inquiéter, se faire du souci inutilement, sans raison.

Elle est assez proche des idiotismes corporels "Se biler", "Se faire de la bile", "Se faire du mauvais sang" et "Se faire un sang d'encre".

Il existe en effet de nombreuses autres façons de dire "S'inquiéter" en français.

Cette expression fait référence au court-bouillon, qui est un liquide de cuisson.

Et bien que remontant sans doute à l'Antiquité, elle semble ne dater, sous cette forme, que du XXe siècle.

Sources : wiktionary.org, www.linternaute.fr et www.cnews.fr

"Droit dans ses bottes", "Être droit dans ses bottes", "Rester droit dans ses bottes" ou "Se tenir droit dans ses bottes".

J'aime bien cette expression du registre familier en forme d'idiotisme vestimentaire qui signifie, selon le contexte :

  • garder une attitude ferme, résolue et très déterminée, être inébranlable face aux difficultés,
  • ou : n'avoir rien à se reprocher, se sentir la conscience tranquille, être fidèle à ses principes.

L'origine de cette expression n'est pas certaine. Mais elle pourrait venir du milieu militaire où les cavaliers devaient se tenir bien droit sur leur selle et dans leurs bottes.

Garde à cheval (Horse-guard) britannique à Londres (Angleterre) (Grande-Bretagne), droit dans ses bottes
Garde à cheval (Horse-guard) britannique à Londres (Angleterre) (Grande-Bretagne), droit dans ses bottes

Elle a été remise au goût du jour parle premier ministre français Alain Juppé, le 6 juillet 1995, alors qu'il est interrogé sur TF1 à propos de son appartement parisien au loyer défiant toute concurrence et de la baisse de loyer qu'il avait demandée pour l'appartement de son fils, il déclare : "Je reste droit dans mes bottes et je ferai mon travail" .

Sources : www.expressio.fr, www.lesoir.be, www.larousse.fr et www.expressions-francaises.fr

"Un terrain miné", "Être en terrain miné" ou "Avancer en terrain miné".

La locution nominale masculine "Un terrain miné" appartient au langage courant désigne :

  • au sens propre : un terrain ou une zone garni de mines, d'explosifs,
  • par extension : un lieu ou une zone dangereuse,
  • et au sens figuré : un sujet délicat.

On dit par exemple : "Avec l'adoption pour les couples homosexuels, le gouvernement avance en terrain miné".

Ou : "Fais attention avec ce sujet : tu es en terrain miné".

Et l'on peut également utiliser - dans le même registre de langue - l'expression "Terrain glissant"Source : www.larousse.fr

"Dans les coulisses", "Dans la coulisse" ou "Se tenir dans la coulisse".

"Une coulisse" est un substantif féminin polysémique du langage courant désignant de nombreux objets ou pièces techniques sur lesquels je ne m'étendrai pas ici aujourd'hui.

L'un d'entre eux est un châssis de toile mobiles portant les décors d'un théâtre, situé sur les côtés de la scène.

Les coulisses d'un théâtre
Les coulisses d'un théâtre

"Dans les coulisses" et "Dans la coulisse" sont par conséquent des locutions adverbiales et "Se tenir dans la coulisse" une locution verbale du langage courant évoquant, par métonymie :

  • au sens propre :
    • la partie d'un théâtre, sur les côtés et à l'arrière d'une scène, cachée au public par les décors.

On dit par exemple : "Certains acteurs - même parmi les plus grands - ont tellement le trac, qu'ils sont pris de nausée sitôt qu'ils mettent les pieds dans les coulisses d'un théâtre".

Les coulisses de l'opéra Garnier
Les coulisses de l'opéra Garnier
    • ou : le monde du théâtre.

On dit par exemple : "Cet enfant de la balle a été élevé dans les coulisses de la Comédie française.

  • et au sens figuré : la partie d’un système invisible de l’extérieur, l'aspect dissimulé ou marginal d'une entité ou d'une organisation.

On dit par exemple : "Nous allons vous faire pénétrer dans la coulisse de l'équipe de France de football".

Ou : "Les coulisses du palais Bourbon et du palais du Luxembourg - qui abritent respectivement l'Assemblée nationale et le Sénat de la République française - recèlent bien des surprises".

Source : www.cnrtl.fr

"Un râteau", "Faire un râteau" et "Prendre un râteau" ou "Se prendre un râteau".

"Un râteau" est un substantif masculin désignant :

Un râteau

  • au sens propre, dans le langage courant : un outil de jardinage utilisé en horticulture pour ramasser les feuilles ou les brindilles et égaliser la terre fraîchement bêchée ou sarclée.

Le râteau est composé d'une pièce de travail en métal, en plastique, et à l'origine en bois, constituant une sorte de traverse munie de dents et fixée en son milieu à un manche en bois ou en métal.

Certains râteaux à lames flexibles disposées en éventail servent plus particulièrement à racler les feuilles mortes et les coupes de gazon.

Râteau éventail ou râteau à feuilles
Râteau éventail ou râteau à feuilles
  • et au sens figuré :
    • dans le langage courant : au football, un geste technique très efficace, permettant à un joueur en possession du ballon de le conserver sous la pression d’un adversaire.

Le râteau consiste à "tirer" le ballon vers soi à l'aide de la semelle afin d'empêcher le joueur adverse de s'en emparer.

Ce geste est souvent accompagné d'une accélération immédiate, le joueur adverse ne se trouvant plus sur ses appuis.

Bien réalisé, le râteau permet de se débarrasser à la fois de son adversaire direct mais aussi de pouvoir avoir le champ libre afin de passer la balle à un coéquipier ou tout simplement d’avancer balle au pied.

On dit par exemple : "Marco Verratti fait souvent des râteaux".

    • et dans le registre familier : un échec.

On dit par exemple :"On s'est pris un râteau avec ce produit la première année".

En particulier, pour un dragueur : se faire éconduire.

On dit par exemple : "Mon pote s'est pris un râteau en sortant dun cinoche".

Sources : wiktionary.org et www.lequipe.fr

"À la baguette" ou "Être à la baguette".

Cette locution adverbiale ("À la baguette") et cette locution verbale ("Être à la baguette") en forme d'idiotismes musicaux appartiennent au langage courant.

Et elles font naturellement référence à la baguette de chef d'orchestre et non à la baguette de pain ou à la baguette de sourcier.

Baguete de chef d'orchestre et son étui
Baguete de chef d'orchestre et son étui

Et elles signifient :

  • au sens propre : diriger un orchestre ou une formation musicale.

On dit par exemple : "Ce soir nous recevons l'orchestre de Paris, avec Daniel Barenboïm à la baguette".

Être à la baguette

  • et au sens figuré : diriger, organiser quelque chose.

On dit par exemple : "L'équipe du PSG réagit parfaitement bien et c'est Neymar qui est à la baguette".

"Avoir avalé la trompette" ou "Avaler la trompette"

"Avoir avalé la trompette" ou : être épuisé, dans le jargon du football

Cette curieuse expression en forme d'idiotisme musical relève du registre familier.

Utilisée dans le domaine du football, elle signifie, cela ne se devine pas forcément : être très fatigué, épuisé, exténué ; être cuit.

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les autres façons de dire "être très fatigué" en français.

"Mener en bateau" et "Monter un bateau".

Ces deux locutions verbales du registre familier, utilisées au sens figuré, ont des significations relativement proches :

  • "Mener en bateau (quelqu'un)" : abuser, berner, duper, mystifier, tromper ; faire croire n'importe quoi.

On dit par exemple : "Ma voisine est très âgée et assez crédule : la pauvre s'est fait menée en bateau par son frère durant des années et lui a prêté de l'argent pour une entreprise qui n'a jamais existé !".

  • et "Monter un bateau (à quelqu'un)" : mentir, mystifier, tromper, dire quelque chose de faux, faire croire une chose inventée de toutes pièces

On dit par exemple : "Lorsque nous étions étudiants, mes copains et moi montions des bateaux aux nouveaux arrivants en organisant de faux travaux dirigés et de faux cours".

Sources : www.expressio.fr, www.linternaute.fr, dictionnaire.reverso.net et dictionnaire.sensagent.leparisien.fr

"Ne pas courir les rues" ("Ça ne court pas ls rues") ou "Courir les rues" ("Ça court les rues").

  • "Ne pas courir les rues" est une locution verbale du registre familier signifiant au sens figuré : être rare, pas fréquent, peu courant, peu commun.

On dit par exemple : "Une épouse comme la tienne, mon vieux, ça ne court pas les rues, je te le dis !".

  • À l'inverse, "Courir les rues" signifie : abonder, être fréquent, courant, banal ; que l'on a l'habitude de voir.

On dit par exemple : "Des exemplaires en état moyen, comme le vôtre, je vous assure que ça court les rues".

Sources : www.languefrancaise.net, www.linternaute.fr et wiktionary.org

"Rouler dans la farine".

Des raviolis roulés dans la farine

Cette locution verbale en forme d'idiotisme alimentaire appartient au registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré : tromper (langage courant), arnaquer (registre argotique), duper, berner (registre soutenu), être malhonnête avec quelqu'un, lui mentir pour obtenir quelque chose.

On dit par exemple : "Je me suis fait roulé dans la farine avec cette voiture : je me ruine en réparations !".

On : "Le président a cru pouvoir rouler dans la farine ses interlocuteurs, mais la situation s'est retournée contre lui".

Source : www.francaisauthetique.com