"Le fruit ne tombe jamais loin de l’arbre", "La pomme ne tombe jamais loin de l’arbre" ou "Le gland ne tombe jamais loin du chêne".

Ces différentes expressions en forme d'idiotismes botaniques appartiennent au registre familier.

Et elles signifient, au sens figuré : les enfants ne sont jamais très différents des parents.

On peut ainsi la rapprocher de plusieurs autres expressions idomatiques : "Les chiens ne font pas des chats" ou "Les chats ne font pas des chiens", "Bon chien chasse de race" ou "Les corbeaux ne font pas d'agasses".

Ainsi que : "Tel père, tel fils".

Sources : wiktionary.org et WWW

"Comme un lapin pris dans les phares d'une voiture".

J'aime beaucoup cette expression en forme d'idiotisme animalier, que je trouve merveilleusement imagée.

Appartenant au registre familier, elle signifie : paralysé, tétanisé, incapable de bouger tellement l'on est décontenancé, surpris, abasourdi.

On dit par exemple : "L'autre soir, je suis tombé sur un reportage consacré à une ancienne vedette de la télé-réalité : j'étais comme un lapin pris dans les phares d'une voiture, incapable de m'en détacher !".

Curieusement, il semble que les anglo-saxons disent : "Comme un cerf/une biche ("Deer" en anglais) dans les phares d'une voiture".

"Être chargé comme un âne", "Être chargé comme un baudet", "Être chargé comme un bourricot", "Être chargé comme une mule" ou "Être chargé comme un mulet".

"Être chargé comme un baudet"

Ces locutions adjectivales en forme d'idiotismes animaliers appartiennent au registre familier.

Parfaitement synonymes elles signifient toutes, au sens figuré : être très lourdement chargé, porter de lourds fardeaux.

Mais il me semble que "Être chargé comme un baudet" soit la plus couramment utilisée.

On dit par exemple : "Donne-moi au moins un ou deux de tes sacs : tu es chargé comme un baudet !".

"Être chargé comme un baudet""Être chargé comme un baudet"

Source : usito.usherbrooke.ca

"Un Bec-fin" ou "Une fine-gueule".

Ces deux curieux substantifs en forme d'idiotismes animaliers désignent, au sens figuré, dans le registre familier : un gourmet.

C'est à dire :

  • un connaisseur en vin ; celui qui sait goûter et apprécier les vins,

Un "gourmet" est, au sens propre, un connaisseur en vin ; celui qui sait goûter et apprécier les vins

  • et par extension : celui qui apprécie la qualité, le raffinement d'une table, d'un mets particulier.

Source : www.cnrtl.fr

"Mettre la viande dans le torchon".

Cette amusante locution verbale en forme d'idiotisme alimentaire et d'idiotisme textile ne manque pas de surprendre nos jeunes enfants et nos amis étrangers.

Appartenant au registre familier, elle signifie tout simplement, au sens figuré : se mettre au lit pour dormir.

Dans l'excellent film d'Étienne Chatiliez "La vie est un long fleuve tranquille", sorti en 1988, Ghislaine Groseille (Sylvie Cubertafon) dit par exemple à son mari : "J'chuis crevée, j'vais mettre la viande dans l'torchon".

Cette expression très imagée a vraisemblablement pour origine le milieu de la charcuterie, où elle a dû commencé à être utilisée par analogie avec la locution nominale féminine "Jambon au torchon", qui désigne un jambon cuit dans un bouillon entouré d'une "Chaussettte à jambon" également appelée "Sac mousse" ou "Torchon".

Un jambon au torchon dans sa "Chaussette à jambon", également appelée "Sac mousse" ou "Torchon"
Un jambon au torchon dans sa "Chaussette à jambon", également appelée "Sac mousse" ou "Torchon"
Un charchutier en train d'emmailloter un jambon dans sa "Chaussette à jambon", également appelée "Sac mousse" ou "Torchon"
Un charchutier en train d'emmailloter un jambon dans sa "Chaussette à jambon", également appelée "Sac mousse" ou "Torchon"
Des jambons au torchon avant cuisson, en cours de ficelage
Des jambons au torchon avant cuisson, en cours de ficelage

Le jambon au torchon est fabriqué à partir des muscles de la cuisse du porc, qui sont rassemblés et comprimés aussi fort que possible, pour en faire une sorte de pain de viande, non pas dans un moule métallique comme pour le jambon industriel, mais plus traditionnellement dans une sorte de grande chaussette de textile, nouée à la fin, ce qui le fait ressembler avant cuisson à une sorte de grosse baudruche de viande.

Sources : www.consoglobe.com, www.caminteresse.fr et wiktionary.org

"L'orée" et "À l'orée".

"L'orée" est un joli substantif féminin du langage courant, s'utilisant essentiellement sous la forme "À l'orée" et désignant :

  • au sens propre :
    • le bord, la lisière d’un bois.

On dit par exemple : "Nous habitons à l'orée d'un petit bois".

Un faon broutant à l'orée d'une forêt (© Picasa)
Un faon broutant à l'orée d'une forêt (© Picasa)
    • ou, plus rarement : la bordure d’un champ, d'un pâturage, d’une pâture.

On dit par exemple : "J'ai laissé le tracteur à l'orée du champ".

Un champs à l'orée d'une forêt
Un champ à l'orée d'une forêt
Une pâture à l'orée d'une forêt
L'orée d'une pâture au sortir d'une forêt
  • et au sens figuré, dans le registre soutenu : le commencement, le début (idiotisme botanique).

Et cela, qu'il s'agisse par exemple d'une période .

On dit par exemple : "À l'orée du XXIe siècle" ou "À l'orée d'une brillante carrière".

Ou du corps humain.

On dit par exemple : "À l'orée de ses cheveux" ou "À l'orée de ses seins".

Source : wiktionary.org

"Un cautère sur une jambe de bois".

Cette curieuse locution nominale ne manque naturellement pas d'étonner nos jeunes enfants ou nos amis étrangers.

Elle désigne en effet : une mesure ou une action complètement inutile, parfaitement inefficace, sans aucun effet.

On dit par exemple : "Cette subvention tardive et limitée aura l'effet d'un cautère sur une jambe de bois".

Ou : "Ce changement d'appellation n'est qu'un cautère sur une jambe de bois".

L'expression "Un cautère sur une jambe de bois" fait référence :

D'anciens cautères vétérinaires
D'anciens cautères vétérinaires
  • au cautère, un instrument médical utilisé pour brûler les tissus vivants afin de cicatriser et guérir.

Une jambe de bois

  • ainsi qu'à la jambe de bois, ancêtre de la prothèse de jambe ou jambe artificielle, portée par les pirates des romans d'aventure, à l'instar du célèbre Long John Silver de "L'île au trésor" de Robert Louis Stevenson (1882).
Le pirate Long John Silver dessiné par Alberto Belmonte (© Alberto Belmonte)
Le pirate Long John Silver dessiné par Alberto Belmonte (© Alberto Belmonte)

Ou du Triple-Patte de la bande dessinée belge "Barbe Rouge, le pirate des Caraïbes", créé en 1958 par Victor Hubinon et Jean-Michel Charlier.

Les pirates Barbe-Rouge, Éric, Baba et Triple-patte, de la série belge "Barbe Rouge, le pirate des Caraïbes", créé en 1958 par Victor Hubinon et Jean-Michel Charlier
Les pirates Barbe-Rouge, Éric, Baba et Triple-Patte, de la série belge "Barbe Rouge, le pirate des Caraïbes", créé en 1958 par Victor Hubinon et Jean-Michel Charlier

Et caricaturé par Albert Uderzo et René Goscinny dans Astérix à partir de 1962.

Le pirate Triple-patte caricaturé par Albert Uderzo dans "Astérix", à partir de 1962, d'après le personnage de la série belge "Barbe Rouge, le pirate des Caraïbes", créé en 1958 par Victor Hubinon et Jean-Michel Charlier

Sources : www.expressio.fr et www.medecine-des-arts.com

"De la purée de pois".

De la purée de pois

Cette locution verbale fémine en forme d'idiotisme alimentaire appartient au registre familier.

Et elle désigne, au sens figuré : un brouillard très dense, très épais.

Elle est notamment utilisée dans le jargon aéronautique.

Et l'on parle également de "brouillard à couper au couteau".

"Un homme-tronc" et "Une femme-tronc".

Ces deux substantifs du langage courant en forme d'idiotisme botanique désignent :

L'artiste de cirque états-unien d'origine guyanaise Prince Randian, Randion ou Rardion (12 octobre 1871 - 19 décembre 1934), dans le film culte de Tod Browning "Freaks / La monstrueuse parade" (1932)
L'artiste de cirque états-unien d'origine guyanaise Prince Randian, Randion ou Rardion (12 octobre 1871 - 19 décembre 1934), dans le film culte de Tod Browning "Freaks / La monstrueuse parade" (1932)
  • au sens propre : un homme ou une femme ne possèdant ni membres inférieurs ni membres supérieurs.

Christophe Delay et Pascale de la Tour du Pin, homme-tronc et femme-tronc de "Première édition", sur BFM TV

  • et au sens figuré : un présentateur ou un présentatrice de journal télévisé, dont seule la partie supérieure du corps est en général apparente.

Curieusement, me semble-t-il, ces deux mots ne me semblent pratiquement plus utilisés au XXIe siècle, alors même qu'avec la multiplication des chaînes et l'apparition successive de quatre chaînes d'information, le nombre de présentateurs et présentatrices de journaux télévisés a connu un incroyable développement.

Sources : www.linternaute.fr et wiktionary.org

"Voler à l'aide" ou "Voler au secours" de quelqu'un.

Ces deux locutions verbales du langage courant en forme d'idiotisme animalier signifient, au sens figuré :

  • "Voler à l'aide" de quelqu'un : se précipiter pour lui venir en aide.
  • et "Voler au secours" de quelqu'un : porter secours avec célérité, rapidement.

"Se marrer comme une baleine".

"Se marrer comme une baleine" : Astérix, Idéfix et Obélix riant aux éclats

Cette locution verbale en forme d'idiotisme animalier appartient au registre argotique.

Et elle signifie : rire aux éclats, être plié de rire.

Assez étonnamment, je l'apprécie énormément, alors même que mon père n'avait de cesse de l'utiliser à mon égard, lorsque j'étais enfant ou adolescent... et pas forcément de façon positive, compte tenu de ma tendance au surpoids puis à l'obésité !

On dit également, mais moins couramment me semble-t-il, "Rigoler comme une baleine" ou "Rire comme une baleine", dans le registre familier.

Sur le même sujet, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à  "Toutes les façons de dire "Bien rire" ou "Rire beaucoup".

"Larguer les amarres", "Lever l'ancre", "Mettre les voiles" et "Prendre le large".

Ces différentes locutions verbales nous viennent bien évidemment du monde de la marine.

Et elles signifient toutes quatre, au sens figuré : partir, s'en aller, voyager.

On dit par exemple :

  • "Moi, fin juillet je largue les amarres, direction : ma maison familiale en Ardèche !",
  • "Vendredi je lève l'ancre à 16 heures car j'ai pas mal de route à faire pour arriver chez mes beauc-parents, en Normandie",
  • "Mon locataire a mis les voiles sans prévenir en me devant deux mois de loyer ",
  • et : "Les voleurs ont malheureusement pris le large avant l'arrivée de la police".

Au sens propre, ces différentes locutions signifient respectivement :

  • "Larguer les amarres" : détacher le bateau de son point d’attache,
  • "Lever l'ancre" : remonter l’ancre du fond,
  • "Mettre les voiles" : appareiller, quitter le mouillage, le port,
  • et "Prendre le large" : s’éloigner du rivage, gagner la haute mer.

Source : wiktionary.org