"Être malade comme un chien", "Être malade à crever" ou "Être malade à en crever".

Ces trois locutions verbales relèvent du registre argotique.

"Être malade comme un chien" est un idiotisme animalier et signifie, comme les deux autres formules, au sens figuré : être extrêmement malade.

 

"Baisser pavillon".

Cette locution verbale signifie :

  • au sens propre, dans le domaine de la marine et dans le domaine militaire : baisser le pavillon d'un navire, afin d'annoncer à son adversaire que l'on se rend.

Cette expression est née dans la marine à voile au XVIIe siècle, le substantif masculin "Pavillon" désignant le drapeau se trouvant sur un bateau (généralement à l’arrière), dont les couleurs indiquent la nationalité du bâtiment.

Lorsqu’un bateau était engagé dans un combat et que ce dernier mettait pavillon bas, c’est-à-dire descendait le drapeau de son mât, c’était pour signaler qu’il se rendait et cessait de combattre.

La locution exacte couramment utilisée dans la Marine est cependant "Amener pavillon" et non "Baisser pavillon".

  • et par extension, au sens figuré, dans le registre familier : s'avouer vaincu, abandonner, céder, renoncer, abdiquer ; se reconnaître inférieur à la personne à qui l'on se trouve comparé, avec qui l'on est en concurrence, en conflit.

Sources : wiktionary.org, www.linternaute.fr et www.defense.gouv.fr

"Un plumitif".

J'aime beaucoup ce substantif masculin du registre soutenu, qui désigne, selon le contexte :

  • dans le jargon juridique : un registre tenu par le greffier durant les audiences, sur lequel il note les diverses phases de l'audience et l'essentiel des décisions,
  • et, de façon péjorative :
    • une personne vivant de sa plume, telle que un greffier, un clerc de notaire, un commis aux écritures, un secrétaire ou un bureaucrate.
    • un écrivain ou un journaliste médiocre, besogneux.

On dit également, dans le registre familier : "Un gratte-papier" ou "Un scribouillard".

Sources : Le Robert, www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

"Être à quai" ou "Rester à quai".

Cette locution verbale du langage relève du jargon maritime et du jargon ferroviaire.

Et elle signifie :

  • au sens propre :
    • pour un bateau : être ou rester amarré, le long d'un quai, afin d'embarquer ou débarquer passagers ou marchandises, ne pas quitter le port et donc ne pas partir,

Un paquebot à quai

    • et pour un train : être ou rester en gare, le long d'un quai, afin d'embarquer ou débarquer passagers ou marchandises, ne pas quitter la gare et donc ne pas partir,

Un train à quai

  • et par extension, au sens figuré : être ou rester bloqué, figé dans un état ou une situation alors que les autres avancent.

On dit par exemple : "Malgré les soldes, la société est à quai".

Ou : "Cette équipe est restée à quai depuis la reprise du championnat".

Sources : www.linternaute.fr et www.francaisfacile.com

On n'écrit pas : "Être en difficultés" !

Mais plutôt : "Être en difficultÉ" !

Sans "s".

Cette locution adverbiale du langage courant, qui signifie "Être dans une situation difficile", "Connaître des difficultés" ou "Rencontrer des difficultés", nous viendrait - selon le Littré - du vocabulaire des courses hippiques !

Source : www.laculturegenerale.com

"Une république bananière".

Cette locution nominale féminine désigne :

  • à l'origine : un pays peu développé, dont l'industrie repose sur la seule production de bananes, et dirigé par une petite ploutocratie autoritaire mise en place, aidée ou soutenue par des grandes multinationales de l'agroalimentaire,
  • et par extension, de manière polémique ou satirique : toute forme de régime politique considéré comme dictatorial et corrompu, devant son existence aux services qu'il offre aux multinationales souvent états-uniennes et par conséquent aux États-Unis d'Amérique.

La formule est apparu en 1904 sous la plume de l'écrivain états-unien O. Henry, qui vivait alors au Honduras, et se référait à l'entreprise états-unienne United Fruit Company, grand producteur de bananes, qui finança et ordonna pendant environ 50 ans de nombreux coups d'État en Amérique centrale afin de faciliter ses activités.

Source : wikipedia.org

"Très peu pour moi !" ou "Très peu pour nous !".

Cette formule en forme d'intejection s'utilise couramment, au sens figuré, pour signifier poliment un refus offusqué, une dénégation.

Elle manifeste la méfiance ou le désintérêt du ou des locuteurs à l’égard de ce qui lui ou leur est proposé.

On dit par exemple : "Aller nous promener à la fête foraine ? Très peu pour moi !".

Ou : "Partir en vacances avec un couple d'amis ? Très peu pour nous !".

Sources : wiktionary.org et www.languefrancaise.net

"La tocophobie" ou "La tokophobie".

Ce curieux vocable nous vient du grec ancien "tokos" ("accouchement") et "phobos" ("peur").

"La tocophobie" ou "tokophobie" désigne en effet : la peur pathologique de l'enfantement, qu'il s'agisse de la grossesse ou de l'accouchement.

Cette phobie spécifiquement féminine peut amener certaines femmes à se priver de devenir mère ou même à se faire avorter, alors qu’elles désirent le bébé.

Sources : wiktionary.org et fr.style.yahoo.com

"Enfoncer des portes ouvertes" ou "Enfoncer une porte ouverte".

Cette locution verbale en forme d'idiotisme architectural appartient au registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré :

  • se vanter d'avoir surmonté des difficultés fictives, des obstacles qui n'existent pas ou qui ont déjà été vaincus.

Ou réalisé ce qui est déjà accompli.

  • ou : démontrer une évidence, énoncer une banalité en la présentant comme une découverte ou une nouveauté.

L'auteur de telles pratiques est appelé : un enfonceur de porte(s) ouverte(s).

Sources : wiktionary.org et www.expressio.fr

"Faire ceinture".

Cette locution verbale en forme d'idiotisme textile ou vestimentaire appartient au registre familier.

Constituant une ellipse de "Faire USAGE DE SA ceinture", elle signifie :

  • au sens propre : se priver de nourriture,
  • et au sens figuré : se priver de quelque chose, de gré ou de force.

On dit par exemple : "Mon mari étant au chômage partiel et moi en arrêt-maladie pour deux mois, il va falloir faire ceinture encore un bont moment".

Ou : "Sans télévision ni ordinateur à la maison pendant quelques jours jours, je vais devoir faire ceinture en matière de films ou de feuilletons !".

Sources : www.expressio.ft et Le Robert

On ne dit pas : "L'âge spatial" !

Un astronaute états-unien marchant sur la lune

Mais : "L'ÈRE spatialE" !

  • Ce chrononyme désigne la période couvrant les activités liées à la course à l'espace, la conquête de l'espace, la technologie spatiale et l'évolution culturelle influencée par ces événements.

Un missile V2 allemand

Elle a commencé en 1942, avec le missile ballistique V2 ("Vergeltungswaffe 2" ou "Arme de représailles 2"), développé par l'Allemagne nazie durant la Seconde Guerre mondiale et lancé à plusieurs milliers d'exemplaires en 1944 et 1945 contre les populations civiles, principalement au Royaume-Uni et en Belgique.

Le décollage d'un missile V2 allemand

  • Mais on utilise principalement la formule "Ère spatiale" pour parler des années 1960, durant lesquelles soviétiques et états-uniens s'affrontaient dans la course à l'espace.

La course à l'espace, opposant États-Unis d'Amérique et Union Soviétique

Une période durant laquelle on retrouva l'imagerie spatiale tout à la fois :

    • dans la mode,

La mode "Ère spatiale" ("Space age")

    • dans le mobilier,

Le mobilier "Ère spatiale" ("Space age")

    • dans la décoration,

Une décoration "Ère spatiale" ("Space age")Une suspension "Ère spatiale" ("Space age")

    • ou dans l'architecture.

Un exemple de bâtiment "Ère spatiale" ("Space age")

Le CNIT (Centre des Nouvelles Industries et Technologies), construit en 1958 à Puteaux-La Défense (92) et restructuré en 1988 et en 2009, dont la forme caractéristique est due à la parcelle triangulaire qu'il occupe, à l'emplacement des anciennes usines Zodiac
Le CNIT (Centre des Nouvelles Industries et Technologies), construit en 1958 à Puteaux-La Défense (92) et restructuré en 1988 et en 2009, dont la forme caractéristique est due à la parcelle triangulaire qu'il occupe, à l'emplacement des anciennes usines Zodiac
La célèbre "Aiguille de l'espace" ("Space needle"), à Seattle (Washington), une tour futuriste construite pour l'exposition universelle de 1962.
La célèbre "Aiguille de l'espace" ("Space needle"), à Seattle (Washington), une tour futuriste construite pour l'exposition universelle de 1962.

Source : wikipedia.org

"Le ver solitaire".

Une main d'homme tenant un ver solitaire de plus de deux mètres

Il s'agit du nom communément donné au "Ténia" ou "Taenia", un ver parasite se développant dans l’intestin grêle humain, où il peut vivre 30 à 40 ans, en provoquant parfois des troubles.

De forme plate et segmentée, présentant l’aspect d’un ruban (ou d'une immense tagliatelle !), le ver solitaire est hermaphrodite et peut mesurer jusqu’à 10 mètres de long à taille adulte !

Un ténia ou "ver solitaire" de plus de deux mètres de long
Un ténia ou "ver solitaire" de plus de deux mètres de long

Ces vers parasites se transmettent via l’ingestion de viande infectée par des larves vivantes : du boeuf ou du porc, généralement cru ou pas suffisamment cuit.

La tête d'un ténia - ou "ver solitaire" - en très gros plan
La tête d'un ténia - ou "ver solitaire" - en très gros plan

Il existe deux espèces de ténia pouvant affecter l’homme :

  • le Taenia Saginata ("Ténia inerme"), transmis par le boeuf, qui serait présent chez 0,5% de la population française,
  • et le Taenia Solium ("Ténia armé"), qui se transmet par le porc (il n’y a plus de cas décrits en France, mais il persiste dans certains pays de l’Union Européenne tel que la Pologne).

Mode de contamination et symptômes du ver solitaire

Une fois ingérée, la larve de ténia se fixe par sa tête à la paroi de l’intestin grêle. Elle s’y développe progressivement grâce à la nourriture ingérée par l’hôte et atteint sa taille adulte en trois mois. Le ver est alors en mesure de se reproduire : il se développe en fabriquant des anneaux (segments) pourvus d’un appareil reproducteur.

Régulièrement, des anneaux contenant les œufs se libèrent et sont expulsés par l’anus. Les anneaux du ver solitaire sont de forme plate, rectangulaire et peuvent mesurer jusqu'à 2 cm de long sur 6 à 8 mm de large. Ils sont souvent décrits comme ressemblant à des pâtes alimentaires.

La découverte de ces anneaux dans les sous-vêtements, les selles, les draps, ou sous la douche est souvent le premier signe de la présence du ténia dans l’organisme. Les anneaux s’expulsent souvent de manière active car ils sont mobiles, c’est pourquoi ils peuvent être retrouvés en dehors des selles.

En effet, l’infection passe inaperçue dans la plupart des cas et il est tout à fait possible d'abriter le parasite pendant des années sans s'en rendre compte.

On peut néanmoins observer plusieurs symptômes chez certains sujets : douleurs abdominales, nausées, troubles de l’appétit, éruptions cutanées, fatigue, céphalées

Une perte de poids anormale et rapide peut être également un signe de l’infection.

Traitement

On prescrit généralement un médicament antiparasitaire (ou vermifuge) afin de tuer le ténia.

Une fois détruit, le ténia est expulsé avec les selles par les voies naturelles.

Complications

Le ver solitaire est une affection relativement bénigne et les complications liées au parasite (appendicite, occlusion intestinale) sont très rares.

Dans le cas du Taenia Solium ("Ténia armé", se transmettant par le porc et absent en France), l’homme peut toutefois devenir lui-même un hôte intermédiaire par la consommation accidentelle d'oeufs de parasite, présents dans les selles d’autres humains.

Les oeufs ingérés passent dans les vaisseaux sanguins et se fixent dans différents tissus musculaires, voire cérébraux, dans les cas les plus graves, pour former des cysticerques (ou larves).

On parle alors de cysticercose humaine, une pathologie sérieuse qui entraîne des troubles oculaires et neurologiques.

Prévention

Le plus important est de veiller à une congélation prolongée (- 10°c pendant 10 jours minimum) ou une cuisson suffisante de la viande de boeuf ou de porc, afin de détruire les larves de ténia.

La consommation de boeuf crue (steak tartare) est à risque.

Les mesures d'hygiène alimentaire doivent être en particulier respectées dans des régions du monde où les contrôles sanitaires et vétérinaires sont moins développés.

Moins fréquemment, d’autres viandes peuvent transmettre le Ténia Saginata ("Ténia inerme", transmis par le boeuf et présent en France), telles que par exemple celle de l'antilope, du caribou, du chameau, de la gazelle, de la girafe, du gnou, du lama ou du lémur.

Il est important pour les humains de ne pas déposer leurs selles à portée d’animaux comme les bovins, car ce geste pourrait leur transmettre le Ténia Saginata.

Il est également essentiel de ne pas consommer de légumes pouvant avoir été souillés par des déjections humaines, à cause du risque de cysticercose humaine. C’est la raison pour laquelle l’engrais humain est interdit.

Source : www.passeportsante.net