"Hirsute" et "Hirsutisme".

Ces deux mots correspondent à des réalités bien différentes :

  • "Hirsute" est un adjectif qui signifie ayant le poil (de barbe, notamment), le cheveu très fourni et en désordre, ébouriffé, échevelé.

Enfant, j'adorais ce mot que je massacrais allègrement en le prononçant (dans ma tête) "isurte"' ! Et plus d'un demi-siècle plus tard, j'hésite toujours à l'utiliser verbalement tant je crains - à raison - de me ridiculiser en le prononçant comme je l'ai fait "dans ma tête" des années durant...

Je l'avais en effet découvert à la fin des années 1960 dans les aventures des "Six compagnons", une série française de romans pour la jeunesse écrits par Paul-Jacques Bonzon et publiés à compter de 1961 aux éditions Hachette, dans la célèbre Bibliothèque verte. La série, dont j'avais immédiatement dévoré tous les titres, narrait les aventures d'un groupe de six garçons et d'une jeune fille ainsi que de leur chien, Dagobert, qui vivaient à Lyon dans le quartier de la Croix-Rousse.

L'un d'eux, "Gnafron", surnommé ainsi parce qu'il habitait au-dessus de la boutique d'un cordonnier (Gnafron étant un personnage du guignol lyonnais, incarnant un savetier), très agile et futé, était cependant souvent moqué pour sa petite taille et sa tignasse hirsute !

  • Tandis que "Hirsutisme" est un substantif désignant l'apparition d'une pilosité répartie selon un type masculin, dans des zones normalement glabres chez la femme (visage, cou, thorax, ligne blanche, régions fessières et intergénitocrurales).

L'hirsutisme ne doit pas être confondu avec l'hypertrichose.

Il ne s'agit nullement d'une pilosité envahissante, mais d'une pilosité de type masculine normale mais chez la femme ; les poils du corps poussant selon une distribution masculine, ce qui s'avère souvent un sujet de préoccupation tant cosmétique que psychologique.

L'hirsutisme est un symptôme plutôt qu'une maladie mais peut être le signe d'une indication médicale plus sérieuse, surtout s'il se développe bien après la puberté.

Source : wikipedia.org

"Avoir le seum".

Est-il nécessaire de le préciser, j'exècre naturellement cette immonde expression du registre argotique, dérivée de l'arabe, que les jeunes français utilisent massivement depuis quelques années et qui signifie : être énervé, en colère, dégoûté, frustré.

Le gouvernement français - à travers sa DSCR (Délégation à la Sécurité et à la Circulation Routières) devenue DSR (Délégation à la Sécurité Routière) en 2017 - s'en était pitoyablement fait le porte-parole, en décembre 2012, à travers une lamentable campagne publicitaire pour la sécurité routière destinée aux jeunes, dont les devises étaient "Si t'as pas de Sam, t'as le seum" et "Si t'as un Sam, t'as le swag".

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Être énervé" ou "Énerver".

 

"Chromatique".

Palette de couleurs

Cet adjectif qualifie :

  • ce qui est relatif aux couleurs.

On parle par exemple de "cercle chromatique" ou de "gamme chromatique".

  • ou - en musique - ce qui est composé d'une suite de demi-tons (par opposition à "Diatonique").

On parle par exemple d'"échelle chromatique" ou de... "gamme chromatique" !

Mais non, il n'y a pas de risque de confusion ; ou si peu !

"Les fêtes johanniques".

Les fêtes johanniques à Orléans (45)

Les fêtes johanniques se déroulent à Orléans (45) depuis 1431 ou 1432.

Il s'agit d'une manifestation annuelle commémorant la délivrance, le 8 mai 1429, par Jeanne d'Arc et son armée, de la ville, alors  assiégée par les Anglais.

Il s'agit d'une pratique rituelle et festive inscrite à l'inventaire du patrimoine culturel immatériel en France depuis mars 2018.

"Un antipape".

Un antipape est une personne qui a exercé la fonction et porté le titre de pape, mais dont l'avènement à cette charge n'est pas ou plus reconnu aujourd'hui comme régulier et valable par l'Église catholique.

  • Lors de certaines périodes turbulentes de l'histoire de l'Église, des élections irrégulières ont porté sur le trône pontifical des prétendants alors que l'église catholique romaine était déjà dirigée par un pape.
  • D'autres antipapes ont été élus de façon irrégulière pendant une vacance du trône.
  • Enfin, il est arrivé que les électeurs se divisent en factions rivales et élisent deux papes différents le même jour.

Dans tous les cas, nombre de ces antipapes ont été simplement nommés par des souverains pour servir leur intérêt propre.

Les chaos de l'histoire de l'Église ne permettent pas toujours d'établir avec certitude qui était régulièrement pape et qui était antipape. Certains cas ont été tranchés bien plus tard. D'autres font encore débat.

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"Un professeur des écoles".

Il s'agit de la nouvelle appellation donnée par l'Éducation Nationale, depuis 1990, à celui qui enseigne dans une école primaire, publique ou privée ; que l'on appelait depuis le XVe siècle, de manière blessante, vexante et infamante - vils gredins que nous sommes  - ... "Un instituteur".

Gageons que cela a du changer la vie de cette profession !

Trêve de plaisanterie, je sais bien que la loi Jospin, qui a institué ce changement de nom, a par ailleurs eu le mérite de largement revaloriser cette profession :

  •  que ce soit par l'alignement de leur statut sur celui des PLC (Professeurs des Lycées et Collèges), avec :
    • un recrutement au niveau de la licence,
    • et une formation et une culture professionnelle commune à tous les enseignants du primaire et du secondaire, à travers la création des IUFM (Instituts Universitaires de Formation des Maîtres (IUFM),
  •  ou par la revalorisation de la grille indiciaire ; les "Professeurs des écoles" étant dorénavant rémunérés selon la grille A de la Fonction publique et non selon la grille B ainsi que l’étaient les "Instituteurs".

Mais je persiste à croire que le changement de nom ne s'avérait pas fondamental ni indispensable.

Et j'en veux pour preuve le fait que, comme souvent en pareil cas, il ne se soit guère imposé dans le langage courant, malgré les trois décennies écoulées !

"Valoir son pesant d'or", "Valoir son pesant de plomb" et "Valoir son pesant de cacahuètes".

  • L'expression proverbiale "Valoir son pesant d'or", apparue dès le XIIIe siècle semble-t-il, signifie :
    • au sens propre : être très précieux, très onéreux, valoir extrêmement cher.

On dit par exemple : "Certains épices valent leur pesant d'or".

    • et, au sens figuré, :
      • être excellent dans son genre.

On dit par exemple : "Ce lapsus de Jean-Pierre Foucault vaut véritablement son pesant d'or !".

      • Ou : dont on peut vanter les bonnes qualités, en parlant d’une personne.

On dit par exemple : "je ne me séparerais de ma femme de ménage pour rien au monde car je vous assure que cette femme vaut son pesant d'or !"

  • A contrario, l'expression "Valoir son pesant de plomb" est apparue au XVIIe siècle dans le but de se moquer des défauts d'une personne.

On disait par exemple : "Ce type est un parfait incapable : il vaut son pesant de plomb".

  • Et la forme récente (deuxième moitié du XXe siècle) "Valoir son pesant de cacahuètes" désigne quelque chose de ridicule.

On dit par exemple : "Je t'assure que ce navet vaut son pesant de cacahuètes".

"Forme longue" et "Forme courte" des noms de pays.

Carte du monde

La plupart des pays ont deux noms : un nom de "forme courte" et un de "forme longue".

  • La forme courte est le nom usuel, par exemple "Belgique" ou "Iraq".

Elle est utilisée dans la vie courante, l'enseignement et la cartographie.

  • La forme longue donne généralement une indication sur la forme de gouvernement de l'État, par exemple "Le royaume de Belgique" ou "La république d'Iraq".

Elle est utilisée dans les actes officiels des États : constitution, législation, traités, procès-verbaux, actes notariés etc. Ainsi que dans les publications et discours formels.

La forme longue peut ne reposer que sur des fondements historiques. C'est par exemple le cas de la Suisse qui conserve le nom officiel de "Confédération suisse" bien qu'elle ait abandonné le statut de confédération en 1848 pour devenir un État fédéral.

Il arrive également qu'un nom de forme longue soit davantage usité que la forme courte dans la langue courante. C'est notamment le cas de "La république tchèque", dont le nom sous forme courte, "Tchéquie", n'est que très rarement utilisé.

Quelques pays n'ont qu'une seule forme de nom, soit courte comme le "Canada", soit longue comme la "République dominicaine".

Source : wikipedia.org

"Johannique".

Cet adjectif qualifie ce qui est relatif :

L'apôtre Saint-Jean

  • à l'apôtre Jean.

On parle par exemple d'"Évangile johannique".

Jeanne d'Arc

  • ou à Jeanne d'Arc.

On parle par exemple des "Fêtes johanniques".

"Un hiatus".

Ce mot latin du registre soutenu - qui se prononce "i-a-tus" et non "yatus" - désigne :

  • au sens propre :
    • dans le domaine linguistique, une succession de deux voyelles appartenant à des syllabes différentes :
      • soit à l'intérieur d'un mot.

Par exemple : "AÉrer", "ÉOlienne" ou "rÉUssir".

      • soit à la frontière de deux mots :

Par exemple : "elle A Été" ou "il A Oublié".

    • et, dans le domaine médical, tout orifice anatomique de forme étroite et allongé.
  • et, au sens figuré, :
    • une coupure, une discontinuité, une interruption posant problème,
    • ou une contradiction dans une œuvre, un discours, une suite logique, une suite d'événements.

On dit par exemple : "On constate un hiatus entre les discours tenus et les réalisations concrètes".

Source : www.larousse.fr et wikipedia.org