"Appréhender".

Ce verbe du registre soutenu peut avoir différentes significations :

  • dans le domaine policier et judiciaire : saisir au corps, arrêter en vertu d'un pouvoir attaché à la fonction.

On dit par exemple : "Le meurtrier a été vigoureusement appréhendé par les forces de l'ordre à l'aube".

  • saisir par l'entendement, par l'esprit, concevoir.

On dit par exemple : "La lecture de cet excellent ouvrage m'a permis de mieux appréhender ce qu'était la situation des prisonniers, à l'époque".

  • par extension, saisir par les sens, percevoir.

On dit par exemple : "D'abord surpris par l'absence presque totale de luminosité, mes yeux se sont progressivement habitués à la pénombre et m'ont progressivement permis d'appréhender l'espace sordide dans lequel je me trouvais enfermé".

  • avoir peur, redouter, tenir pour dangereux ou nuisible.

On dit par exemple : "Ma fille de 13, qui est pourtant une excellente élève, appréhende déjà de passer son baccalauréat !".

Source : www.cnrtl.fr

"Un paltoquet".

J'aime beaucoup ce mot du registre familier, aujourd'hui souvent qualifié de "vieilli" ou "désuet", qui désigne :

  • un individu grossier dans ses manières, un rustre, un malappris,
  • mais également un homme insignifiant et prétentieux, insolent, imbu de lui-même.

"Un bélier" et "Un mouton".

Bélier

  • Le "Bélier" est le mâle adulte non châtré chez les ovins, réservé pour la reproduction (production d'agneaux),
  • tandis que le "Mouton" est le nom donné :
    • au mâle adulte châtré,

Mouton

    • mais également, dans le langage courant, à l'ensemble des individus de l'espèce, mâles (béliers) et femelles (brebis) confondus ; leurs petits s'appellant les "Agneaux" et les "Agnelles".

Source : wikipedia.org

"Faire écho", "Faire écho en moi", "Faire écho à" et "Se faire l'écho de".

Ces quatre locutions verbales contenant le mot "Écho" ont des significations radicalement différentes :

  • "Faire écho", c'est produire de l'écho, résonner ou répéter.

On dit par exemple :

    • "Débarrassé de tous ses meubles, le salon fait écho".
    • "L'ensemble des manifestants faisaient écho aux slogans initiés en tête de cortège".
  • "Faire écho en moi", c'est m'affecter, m'interpeller, me toucher, me parler, me dire quelque chose.

On dit par exemple : "La confession de cet homme a fait écho en moi".

  • "Faire écho à" c'est répondre à, régir à.

On dit par exemple : "Cette mesure faire écho à une attente des usagers".

  • tandis que "Se faire l'écho de", c'est répéter, propager, répandre une information ou une rumeur.

On dit par exemple : "La presse va rapidement se faire l'écho de la nouvelle".

"Articulation", "Diction", "Élocution", "Intonation" et "Prononciation".

Ces  cinq termes désignent des notions assez proches et, de ce fait, difficiles à distinguer et souvent confondues.

J'ai essayé de préciser brièvement ce qui les distingue les unes des autres, tout en étant conscient de la difficulté de l'exercice.

Et voici le résultat de mes recherches :

  • l'articulation est l'action d'ouvrir la bouche pour prononcer distinctement les syllabes.

On dit par exemple : "Nous devrions tous veiller à avoir une articulation correcte ! Et nous efforcer de systématiquement dire "Je re.viens sa.me.di pro.chain" et non pas "Je r'viens sam'di prochain", comme nous avons malheureusement trop souvent tendance à le faire !".

Je vous recommande à ce sujet la lecture des articles de ma collection : "Les mots ne sont pas comestibles : cessons donc de les avaler".

  • la diction est la manière de prononcer, d'articuler les sons.

On dit par exemple : "Une bonne articulation est indispensable pour avoir une bonne diction".

  • de même que l'élocution, qui désigne également, cependant, la manière de s'exprimer, la façon dont on choisit ses mots.

On dit par exemple : "Quelqu'un qui a "Un cheveu sur la langue" a un défaut d'élocution". Alors que l'on devrait plutôt - à mon sens - parler de "Défaut de diction" !

Mais également : "Je trouve très plaisante l'élocution de cet extraordinaire comédien qu'est Fabrice Luchini".

  • l'intonation est l'ensemble des variations en hauteur et en intensité prises par la voix en parlant ou en lisant, celles-ci formant ce que l'on appelle la courbe mélodique de la phrase.

On dit par exemple : "Connaître par coeur un poème est une chose. Mais être capable de le déclamer avec la bonne intonation est une autre paire de manches !".

  • et la prononciation, enfin, est la manière de réciter ou proclamer un texte.

On dit par exemple : "Cet homme politique est un orateur né : la prononciation de ses discours est toujours excellente".

"Asséner un coup" ou "Asséner un argument".

Ce verbe du registre soutenu peut signifier :

  • porter un coup violent et bien appliqué à quelqu'un.

On dit par exemple : "L'agresseur lui a asséner un coup sur la tête".

  • appliquer un coup vigoureux sur quelque chose.

On dit par exemple : "Il a asséner un coup de poing sur le photocopieur !".

  • ou exprimer, émettre, produire avec force une opinion, un propos.

On dit par exemple : "Le ministre nous a asséner son programme plus d'une heure durant !".

"Prendre ses cliques et ses claques".

Cette curieuse expression en forme d'idiotisme corporel et d'idiotisme vestimentaire appartient au registre familier.

Et elle signifie : filer, s’en aller précipitamment, en emportant avec soi toutes ses affaires.

Apparue dans la première moitié du XIXe siècle, elle fait en effet référence aux jambes (les "cliques" en argot) et aux doubles chaussures plates ou surchaussures de protection, que l'on enfilait alors au-dessus des souliers afin d'éviter de les salir en cas d'intempéries (les "claques" dans le registre désuet).

Des "claques" ou surchaussures de protectionDes "claques" ou surchaussures de protection

Sources : CNews du 23 septembre 2019 et www.cnrtl.fr

"Avoir le don d'ubiquité" ou "Ne pas avoir le don d'ubiquité".

  • Dans sa forme positive, cette locution verbale désigne, à l'origine, la faculté divine d'être présent partout en même temps ou "Omniprésence",
  • mais elle désigne également la faculté d'être présent physiquement en plusieurs lieux à la fois,
  • et, par analogie, le fait de donner l'impression d'être partout à la fois.

La forme négative "Ne pas avoir le don d'ubiquité" s'utilise souvent pour expliquer que, les journées n'ayant que 24 heures, on ne pourra pas tout faire à la fois, ni être partout en même temps.

"Une ganache".

Ce mot peut avoir de très nombreuses significations différentes, en fonction du contexte, :

Ganache

  • en matière culinaire, il s'agit d'une garniture à base de chocolat et de crème fraîche, utilisée en pâtisserie,
  • au théâtre, il s'agit d'un emploi de vieillard imbécile et crédule,
  • dans le registre familier, on utilise ce vocable pour qualifier une personne incapable et stupide,

On dit par exemple : "Cette vieille ganache a appelé la police !".

  • le mot désignait autrefois un fauteuil capitonné (registre désuet),
  • en anatomie animale, la ganache est la région située à la partie inférieure et à la partie postérieure de la mâchoire inférieure des quadrupèdes,
  • et l'on désigne donc ainsi le visage, au sens figuré,
  • enfin, en médecine vétérinaire, la ganache est une cachexie dont un des symptômes est un gonflement sous la mandibule.

"Le susseyement" ou "Le sigmatisme frontal".

Il s'agit d'un vice de prononciation, consistant notamment à prononcer incorrectement les "s". C’est-à-dire à les prononcer en mettant la langue entre les dents, au lieu d’en appliquer le bout sur les dents d’en haut. Ce qui a naturellement tendance à donner le son "Che" au lieu de "Se".

Par exemple :

  • "Il est caCHé" au lieu de "Il est caSSé",
  • ou "LâCHer ses souliers" au lieu de "LaCer ses souliers".

Voire - ce qui peut vraiment prêter à confusion et amener à des situations très ambiguës - : "LêCHe-moi !" au lieu de "LaiSSe-moi !"

Le "Susseyement" ou "Sigmatisme frontal" est plus communément appelé, dans le registre familier, "Zozotement", "Zézaiement", "Zézayement" ou désigné par le biais de l'expression très imagée en forme d'idiotisme corporel "Avoir un cheveu sur la langue".

"Une grille d'égout"

Cette locution nominale désigne :

  • au sens propre, dans le langage courant : une grille obturant les bouches ou sorties d'égout,

Grille d'égout

  • et au sens figuré, dans le registre familier : une mâchoire très édentée.

"Grille d'Égout" était ainsi le surnom  d'une célèbre danseuse du cabaret "Le Moulin Rouge", à qui il manquait une dent sur deux.

"Être sur la sellette" et "Mettre sur la sellette".

Ces deux expressions du registre familier signifient, au sens figuré :

  • "Être sur la sellette" : être mis en cause, soupçonné, soumis à un interrogatoire serré.

Et donc, par extension : être menacé, dans une situation fâcheuse.

On dit par exemple : "Le ministre de la santé est régulièrement mis sur la sellette depuis le début de cette pandémie".

  • et "Mettre sur la sellette" : mettre en cause, interroger longuement et précisément, soumettre à un interrogatoire serré ; exposer aux critiques les plus sévères.

On dit par exemple : "L'ancien grand patron a été mis sur la sellette par la presse".

Elles font toutes deux référence au mot "Sellette", un substantif féminin, qui désigne ici un petit siège de bois très bas, sur lequel on obligeait autrefois à s'asseoir les accusés, lorsqu'on les interrogeait afin de les juger. Un usage qui a disparu avec la révolution de 1789.

Mais qui peut, selon le contexte, désigner de nombreuses autres choses :

  • un petit siège accroché aux barreaux d’une échelle ou soutenu par des cordes sur lequel s’assoient, à défaut d’échafaudage, les ravaleurs et les peintres en bâtiment,
Une sellette en bois massif
Une sellette en bois massif
  • un banc haut sur pied, sorte de petit piédestal faisant partie du mobilier, ancien comme contemporain, pour exposer un objet (plante, statuette, etc.).
  • une pièce du harnais d’un cheval de trait, en forme de petite selle, placée sur le dos du cheval et supportant des courroies auxquelles sont attachés les brancards,
  • une petite selle de sculpteur,
  • la partie des anciennes charrues sur laquelle le timon était appuyé (registre désuet),
  • la plateforme sur laquelle vient reposer l’avant d’une semi-remorque accrochée à un tracteur routier,
  • l'ensemble siège-harnais du pilote de parapente, sur lequel sont fixées les suspentes de la voile, éventuellement d’un parachute de secours ou d’instruments de vol. Et généralement équipé d’un sac gonflable pour l’atterrissage,
  • ou : une pièce de bois en forme de moise, arrondie par les bouts, qui, accolant l’arbre d’un engin, sert avec deux liens à porter le fauconneau, un dispositif de levage (registre désuet).

Sources : www.cnrtl.fr, www.lefigaro.fr, www.expressio.fr et wiktionary.org