Sacrées paronomases : nous l'avons échappé belle ! ou Comment des fabricants d'aphrodisiaques biologiques (à distinguer des vulgaires maraîchers, producteurs de carottes ou de bananes !) espèrent multiplier leurs ventes grâce aux noms savamment étudiés de leurs produits.

Images de coeurs rouges

Sans doute l'avez-vous remarqué, les publicitaires raffolent des paronomases, ces figures de style consistant à employer dans une même phrase des mots au son à peu près semblables, mais au sens différent, du type « Qui vole un oeuf, vole un boeuf ! » ou « À la tienne, Étienne ! ».

De « Legal, le goût ! » ou « Sader, ça adhère ! » à « Vas-y Wasa », notre imaginaire collectif regorge donc de slogans en forme de paronomase.

Peu de noms de produits en revanche, à ma connaissance, avaient recours à ce procédé. Mais certains sont décidément capables de faire vraiment très fort lorsqu'il s'agit de baptiser leurs nouvelles créations.

Ainsi du service mercatique des Laboratoires Claude, sis à Paris (75) et spécialisés dans les aphrodisiaques « biologiques » (sic) , que la lecture d'une publicité au sein du magazine gratuit « Senior Régions, le magazine d'infos des + de 50 ans », m'a en effet permis de découvrir.

Jugez-en plutôt : cette honorable maison, à l'évidence dotée de personnels à l'imagination aussi torride que débridée, propose à sa clientèle féminine le « sublimateur de libido » « Céline féline » !

Mais aussi, pour ses clients masculins, le « provocateur d'érection » « Virgile viril ». Et, enfin, le « retardateur de jouissance » « Gaston étalon » !!

Sans doute frémissez-vous, comme moi, à l'idée qu'Hercule puisse prochainement être, lui aussi, mis à contribution !

Les députés des états généraux de 1789 n'ont nullement été de fervents promoteurs de la consommation de jus de fruits frais, et ce malgré leur demeuré célèbre devise. Mais si, souvenez-vous donc !

Jus de pomme
Réponse
« Serre-m’en du jus de pomme ! ».
Explication du calembour
Il résulte de la paronymie entre la locution verbale « Serre-m’en du jus de pomme ! » et la locution nominale « Serment du Jeu de paume« .

"Une erreur" ou "Une faute" ?

Ces deux mots sont fréquemment utilisés l'un pour l'autre alors qu'ils présentent une différence de signification, certes subtile, mais néanmoins réelle.

  • une faute (du latin "falsus" : faux) est un manquement à une règle (morale, scientifique, artistique...), à une norme.

On commet donc "une faute de français", en allant à l'encontre des règles régissant notre langue.

Ou "une faute de goût" lorsque l'on manque à la bienséance.

Et l'on devrait donc dire "une faute de calcul" plutôt que "une erreur de calcul" dès lors qu'elle ne relève pas de l'étourderie ou de la confusion !

  • tandis qu'une erreur (du latin "error" : errer) constitue une méprise, une action inconsidérée, voire regrettable, un défaut de jugement ou d'appréciation.

On commet ainsi "une erreur de numéro" lorsque l'on se trompe en composant un numéro de téléphone.

Ou "une erreur judiciaire" lorsque l'on condamne un innocent.

Et l'on devrait donc dire "une erreur d'étourderie" et "une erreur d'inattention", plutôt que "une faute d'étourderie" et "une faute d'inattention" !

Source : parler-francais.eklablog.com

L'origine du slogan "CRS - SS !".

Affiches "CRS - SS !" de mai 1968.

Ce slogan utilisé par les manifestants français, lors des confrontations avec les forces de l'ordre, s'est installé dans le répertoire contestataire et militant dans les années 1960 et nombre de français le croient même directement issu du mois de mai 1968.

Il fait naturellement référence :

  • aux CRS (Compagnies Républicaines de Sécurité), corps spécialisé de la Police nationale, chargé depuis le 8 décembre 1944 du maintien ou du rétablissement de l'ordre public, d'une part,
  • et d'autre part à la SS (SchutzStaffel) ("Escadron de protection" en allemand), l'une des principales organisations du régime national-socialiste (nazi), fondée en avril 1925 afin d'assurer la protection rapprochée d'Adolf Hitler, mais devenue au fil des années un État dans l'État, accumulant les compétences et les missions et passant du stade de groupuscule à celui d'une énorme organisation.

En réalité, ce slogan, à travers lequel les manifestants assimilent la brutalité des forces policières françaises à celle de l'une des pires organisations criminelles de l'histoire, date de... 20 ans auparavant, puisqu'il est apparu en 1948, lors de l'une des grèves les plus dures et les plus violemment réprimées de l'histoire sociale française.

Le dispositif répressif du ministre de l'Intérieur Jules Moch, qui utilisera massivement l'armée et les blindés, et dont les forces policières et militaires commettront d'importantes violences, fera 5 ou 6 morts, des milliers de blessés, des centaines de condamnations à la prison ferme et près de 3 000 licenciements de mineurs.

À peine 4 ans après la fin du régime de Vichy et des exactions de sa police à l'encontre des militants communistes résistants, les mineurs grévistes assimilent donc la répression policière du gouvernement socialiste alors en place à celle de la SS.

Certains cortèges de manifestants protestant contre la guerre d'Algérie feront de même au début des années 1960.

Et, en 1968, les étudiants reprennent le slogan "CRS - SS !", et le popularisent, grâce aux désormais célébrissimes affiches de l'atelier de l'École des Beaux-Arts de paris (75).

"Le Poiglier".

Un poisson à tête de sanglier

Cet incroyable animal hybride, découvert récemment, est un petit poisson originaire des Philippines, issu d'un POIsson et d'un sanGLIER ("POI-GLIER"), du moins d'une laie !

Il s'agit naturellement - vous l'aurez compris - d'un simple canular, publié le 1er avril 2017, dans le quotidien dijonnais "Le bien public" !

Ce qui n'est nullement le cas en revanche du "Cochonglier" et du "Sanglichon" ou "Sanglochon", qui sont - eux - parfaitement réels !

"L'homme est un loup pour l'homme"... Mais qui sait si le loup n'est pas plus solidaire que l'homme !

Le déplacement d'une meute de loups

On le sait, cette locution latine ("Homo homini lupus est") signifie que l'homme est le pire ennemi de son semblable, ou de sa propre espèce.

Mais comme le dit l'écrivain québecois Serge Bouchard, "Affirmer L'homme est un loup pour l'homme n'est pas très gentil pour le loup !".

S'il faut en croire le proverbe, en effet, - et contrairement peut-être aux hommes - "Les loups ne se mangent pas entre eux" !

Mais surtout, on peut s'interroger sur l'esprit de solidarité qui prévaut parmi les loups - peut-être bien plus développé que les hommes de notre temps -, à en juger tout du moins par la façon dont se déplacerait une meute de loups.

C'est en effet ce que semble démontrer l'étonnante photographie de cette meute de 25 loups se déplaçant dans la neige, à la queue leu-leu. L'image a été diffusée en 2011 par la BBC dans le cadre d'un documentaire sur les régions polaires intitulé "Planète gelée". Et a été prise par le britannique Chadden Hunter, dans le Parc National canadien Wood Buffalo, dans le Nord-Est de l'Alberta et le Sud des Territoires du Nord-Ouest.

  • En tête, se trouverait en effet un animal vigoureux, qui ouvre la marche et fraye un chemin à travers la neige pour le reste de la meute.
  • Suivent ensuite deux loups âgés ou malades, car si le groupe de tête n'avait réuni que des animaux forts et en pleine santé, le reste de la meute aurait pu avoir du mal à suivre. Ces deux animaux suivent les traces du loup de tête en pouvant économiser leur énergie et donnent donc indirectement le rythme de la marche à l'ensemble de la meute.

Ainsi, en cas de danger ou de risque (attaque, avalanche, tirs), ce sont les bêtes les plus âgées et les plus faibles qui seraient les premières à être sacrifiées, au profit des plus jeunes.

  • Ensuite suit le groupe des loups les plus forts, qui s'occupera de la défense de la meute et pourra se porter rapidement à l'avant en cas de danger.
  • Au centre se trouve le reste du groupe, les mâles les moins forts, les femelles et les petits.
  • Derrière eux, en arrière-garde, un autre groupe de loups vigoureux dédié à la défense.
  • Enfin, le dernier loup est le mâle alpha, qui, de cette position, surveille l'ensemble de la meute.

On ne dit pas : "Vous avez été puiser" !

Comme l'a fait l'animateur français Didier Varrod, dans son émission radiophonique hebdomadaire "Foule sentimentale" sur France Inter, le 05 avril 2019, en déclarant : "Vous avez été puiser dans la play-list de France Inter".

Mais : "Vous ÊTES ALLEZ puiser" !

Je suis positivement consterné de constater à quel point cette faute grossière continue d'être commise à longueur de journée et ce y compris dans les organes d'information et par des professionnels du verbe que sont les journalistes et les hommes ou femmes politiques !

 

"Pizzly" et "Grolar".

Un grolar ou pizzly

Il s'agit de deux mots-valises anglo-saxons.

Et dans les deux cas, il s'agit d'ours hybrides, nés de l'union d'un ours blanc et d'un grizzly :

  • mais tandis que le PIZZLY (Polar bear-grIZZLY) est issu d'un papa ours blanc et d'une maman grizzly,
  • le GROLAR (GRizzly-pOLAR bear) est issu d'un papa grizzly et d'une maman ours blanc.

Petit moyen mnémotechnique pour vous souvenir de la différence : la première partie de ce type de mots-valises correspond toujours au nom du mâle :

  • "PIZZLY" commence par "P", donc le papa est un ours blanc (Polar bear). Et la maman, par voie de conséquence, une grizzly.
  • "GROLAR" commence par "GR", donc le papa est un Grizzly. Et la maman, par voie de conséquence, une ourse blanche.

Est-il utile de préciser la raison pour laquelle la première appellation ("Pizzly") est davantage utilisée en France ?

Oui, sans doute, pour nos amis apprenants de FLE : c'est tout simplement en raison de l'homophonie entre le mot-valise anglo-saxon "Grolar" et la locution française "Gros lard" qui désigne familièrement et péjorativement un obèse, une personne de forte corpulence ou en surpoids !

La double particularité de la ville d'Achères (78).

Carte de situation du village de Faucon-de-Barcelonnette (04)de la ville d'Achères (78)

Achères (78) est une paisible localité de la banlieue parisienne, située dans les Yvelines, à 36 km de Paris (75) face à Conflans Sainte-Honorine (75), la ville où j'ai vécu de 8 à 25 ans.

Elle présente une double particularité, résultant de son emplacement, sur une plaine rigoureusement plate, située sur les bords de la rive gauche de la Seine :

La ligne droite d'Achères (78)

  • d'une part en effet, cela lui a valu d'être le théâtre des 6 premiers records du monde de vitesse automobile sur route, du 18 décembre 1898 (63,15 km/h) au 29 avril 1899, lorsque le français Camille Jenatzy, au volant de la "Jamais contente" dépassa pour la première fois les 100 km/h en atteignant la prodigieuse vitesse, pour l'époque, de 105,88 km/h.

La "Jamais contente"

Station d'épuration des eaux d'Achères (78)

  • et, d'autre part, la ville a ainsi pu créer, dès 1940, et développer une gigantesque station d'épuration des eaux usées, appelée aujourd'hui "Seine Aval", qui est la plus importante d’Europe, et la seconde au monde après celle de Chicago (Illinois) (États-Unis d'Amérique). Elle traite les déchets des huit millions d’habitants des départements de Hauts-de-seine (92), Seine Saint-Denis (93), Val-de-Marne (94) et Paris (75), répartis sur 180 communes d'Île-de-France, soit 140 000 tonnes de boues brutes déshydratées par an.

"Un cochonglier", "Un sanglichon" ou "Un sanglochon".

Un cochonglier, sanglichon ou sanglochon

Ce mot-valise  désigne une espèce hybride, résultant de l'accouplement d'un sanglier et d'une truie ou d'un cochon domestique et d'une laie.

Dans les trois cas, il s'agit naturellement d'animaux hybrides, nés de l'union d'un cochon domestique et d'un sanglier :

  • mais tandis que le COCHONGLIER (COCHON sanGLIER) est  issu d'un papa cochon et d'une maman laie,
  • le SANGLICHON (SANGLIer coCHON) ou SANGLOCHON (SANGLier cOCHON) est issu d'un papa sanglier et d'une maman truie.

Un cochonglier, sanglichon ou sanglochon

Petit moyen mnémotechnique pour vous souvenir de la différence : la première partie de ce type de mots-valises correspond toujours au nom du mâle :

  • "COCHONGLIER" commence par "COCHON", donc le papa est un... cochon (Bravo à ceux qui ont trouvé tout seuls ! Du moins s'ils ont moins de 6 ans...). Et la maman, par voie de conséquence, une laie.
  • "SANGLICHON" ou "SANGLOCHON" commence par "SANGL", donc le papa est un... sanglier. Et la maman, par voie de conséquence, une truie.

Nota Bene : Il existe aussi le POIGLIER (POIsson sanGLIER)... mais c'est une toute autre histoire !

28 façons de dire "Devenir fou".

Une femme qui devient folle

Comme souvent la richesse du registre argotique est assez étonnante, puisque nous pouvons tout aussi bien utiliser les verbes "Débloquer", "Déconner pleins tubes", "Déménager" et "Disjoncter", que les locutions verbales "Devenir dingo", "Devenir dingue", "Devenir givré", "Devenir marteau", "Fuir de la cafetière", "Perdre la boule", "Perdre les pédales", "Péter les plombs", "Péter un câble", "Péter un fusible", "Péter une durite" ou "Péter un plomb".

Les verbes "Déjanter", "Dérailler" et "Yoyoter" (ou "Yoyotter") relève du registre familier. Ainsi que les locutions verbales "Perdre la boussole" ou "Sortir de ses gonds".

Tandis que le verbe "Divaguer" ou les locutions verbales "Ne plus avoir toute sa tête", "Perdre le Nord" ou "Perdre la tête" appartiennent au langage courant.

Enfin, les locutions verbales "Perdre l'esprit" ou "Perdre la raison" et le verbe "Déraisonner" relèvent du registre soutenu.

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Être fou" ou "Être un fou".

 

12 façons de dire "Arrêter" un individu.

Les verbes "Alpaguer", "Choper", "Coincer", "Cueillir", "Ferrer", "Gauler" et "Serrer" relèvent du registre argotique.

La locution verbale "Passer les bracelets" relève du registre familier, tandis qu'"Attraper", "Interpeller" et "Passer les menottes" appartient au langage courant.

Enfin , le verbe "Appréhender" relève du registre soutenu.