"Pute vierge !".

Ce juron blasphématoire relevantdu registre vulgaire constitue à n'en pas douter, pour les Marseillais, une très nette remise en cause de la conception virginale du Christ par la mère de Jésus.

"Quand la légende est plus belle que la réalité, on imprime la légende !", "Quand la légende dépasse la réalité, on publie la légende", "Quand la légende est plus belle que la réalité, imprimez la légende !" ou "Quand la légende dépasse la réalité, publiez la légende".

Affiche de "L'homme qui tua Liberty Valance" de John Ford (1962)

Pour mémoire, le texte anglais d'origine est : "When the legend becomes facts, print the legend !".

Le journaliste Dutton Peabody et le futur sénateur Ransom Stoddard : "Quand la légende est plus belle que la réalité, on imprime la légende !"
Le journaliste Dutton Peabody et le futur sénateur Ransom Stoddard : "Quand la légende est plus belle que la réalité, on imprime la légende."

Cette phrase, elle-même entrée dans la légende du cinéma, est une réplique du superbe film états-unien de 1962 "L'homme qui tua Liberty Valance", l'avant-dernier western de John Ford, qui réunit à l'écran les deux légendes hollywoodiennes John Wayne et James Stewart.

James Stewart, John Ford et John Wayne que le tournage de "L'homme qui tua Liberty Valance" (1962)
James Stewart, John Ford et John Wayne sur le tournage de "L'homme qui tua Liberty Valance" (1962)

C’est le dernier grand film de ce réalisateur états-unien qui a déjà 68 ans. John Ford est un vétéran qui tourne des films depuis 1917. Ce fils d’immigrants irlandais a en effet débuté sa carrière à 22 ans avec un western muet sous le nom de Jack Ford. Et va s’imposer comme le maître du genre.

"L’homme qui tua Liberty Valance" est à la fois son chant du cygne et son dernier succès commercial. Mais aussi son film le plus important des années 1960. En cinquante ans de carrière et plus de 140 longs métrages (dont "La chevauchée fantastique", "La poursuite infernale" ou "La prisonnière du désert"), le cinéaste le plus oscarisé d’Hollywood, avec quatre trophées du meilleur réalisateur (pour "Le Mouchard" (1935), "Les Raisins de la colère" (1940), "Qu'elle était verte ma vallée" (1941) et "L'Homme tranquille" (1952)), décide de tourner pour la Paramount une œuvre intimiste.

Si les plaines désertiques et les rochers de la Monument Valley, à la frontière de l’Arizona et de l’Utah, forment le décor habituel de ses films, John Ford délaisse cette fois les grands espaces avec ce western tourné presque entièrement en studio.

D’ailleurs, les scènes de ce film essentiellement nocturne se déroulent principalement en intérieur (dans une cuisine, une salle de restaurant ou une chambre ; loin des paysages grandioses qui ont fait sa renommée).

Ford revient aussi au noir et blanc pour la dernière fois après avoir filmé en couleurs de nombreux westerns. Car "L'homme qui tua Liberty Valance" est une oeuvre teintée d’amertume.

Affiche à l'italienne de "L'homme qui tua Liberty Valance" de John Ford (1962)

C’est l’un des meilleurs scénarios tournés par John Ford. Construit autour d’un long retour en arrière, le film est l’adaptation -peu fidèle - d’une nouvelle de seize pages de la romancière Dorothy M. Johnson.

Après des années d’absence, le sénateur Ransom Stoddard (James Stewart) et son épouse Hallie (Vera Miles) arrivent en train à Shinbone pour assister aux funérailles d’un certain Tom Doniphon (John Wayne). Intrigué, un journaliste du "Shinbone Star" interroge le politicien à propos de sa présence aux obsèques d’un cow-boy oublié de tous, mort dans l’anonymat et l’indifférence. Stoddard lui raconte son passé dans cette petite ville où, jeune avocat, il a combattu avec le défunt un abject hors-la-loi, Liberty Valance (Lee Marvin), qui terrorisait les habitants.

Ransom Stoddard face à Liberty Valance
L'avocat Ransom Stoddard face au hors-la-loi Liberty Valance

On va découvrir au fur et à mesure du film que Stoddard est un imposteur qui a construit sa vie et sa carrière politique sur un mensonge. En effet, le jeune juriste devenu gouverneur puis sénateur a prétendu pendant des années avoir tué Valance alors qu’en réalité, c’est son ami Tom qui a abattu le dangereux bandit (car Stoddard était un tireur inexpérimenté).

Tom Doniphon, le véritable "homme qui tua Liberty Valance" (à droite, face à Ransom Stoddard)
Tom Doniphon, le véritable "homme qui tua Liberty Valance" (à droite, face à l'avocat Ransom Stoddard)

Tom Doniphon a en effet abandonné à son rival non seulement la gloire de son geste, mais aussi la main de Hallie (Vera Miles), la femme qu’ils aimaient l’un et l’autre… Avec cette réflexion sur la fondation des mythes américains, John Ford exprime un certain désenchantement à l’égard de la mythologie du western qu’il a lui-même forgé à travers ses films.

Il y a ainsi dans "Liberty Valance", un thème spécifiquement fordien, celui de l’ancienne Amérique qui fait place à la nouvelle. Vers la fin de cette oeuvre mélancolique, Dutton Peabody, le journaliste du journal local - qui incarne l'arrivée du "quatrième pouvoir", celui de la presse, achevant la transition vers la modernité américaine - lance à Stoddard : "Quand la légende est plus belle que la réalité, on imprime la légende !".

John Ford raconte ici la transformation d’un pays sans foi ni loi en un état de droit et une démocratie. C’est une métaphore de la civilisation où la loi du talion est remplacée progressivement par l’ordre et la justice. Même si l’on sent que la sympathie de Ford va au personnage interprété par John Wayne. Hallie (Vera Miles) dépose d’ailleurs sur son cercueil une fleur de cactus, fleur sauvage symbolisant le vieil Ouest du disparu.

Ce grand classique du septième art a inspiré et influencé par la suite toute une nouvelle génération de réalisateurs :

  • ce film que Steven Spielberg a découvert enfant dans un ciné de plein air de Phoenix (Arizona), a eu par exemple un énorme impact sur lui,
  • en 1996, Michael Cimino, le réalisateur de "La porte du paradis" (1980) - un autre chef d'oeuvre -, a aussi avoué qu’il admirait le film de Ford,
  • mais l’héritier le plus évident du réalisateur est naturellement Clint Eastwood. En particulier dans "Impitoyable" (1992), qui semble à la fois répondre et faire écho à "Liberty Valance", à travers le personnage de W. W. Beauchamp (Saul Rubinek), le biographe d’English Bob (Richard Harris), qui a tendance à déformer et embellir la réalité historique pour raconter, de façon romancée, les exploits de son "héros". Avant que le shérif Little Bill Daggett (Gene Hackman) ne rétablisse la vérité des faits. En interrogeant le rapport entre la légende et la réalité, Eastwood signe avec "Impitoyable" un hommage direct à "L'homme qui tua iberty Valance".

Une oeuvre immense, sans laquelle l’Amérique ne pourrait être comprise et aimée.

Source : www.programme-tv.net

Combien de personnes travaillent au Vatican ?

La place Saint-Pierre, à Rome

"Pas plus de la moitié !" avait très naturellement répondu à cette question le pape Jean XXIII.

Concrètement, on estime à environ 4 600 personnes le nombre total de personnes travaillant actuellement au Vatican.

Jean XXIII fut assurément le pape le plus drôle le l'histoire et sons sens de la répartie comme sa jovialité restent une marque de son pontificat.

Source : gloria.tv

"Une blonde hitchcockienne".

Le réalisateur britannique Alfred Hitchcock aurait-il un léger petit faible pour les femmes blondes ?

On peut, je crois, se laisser aller à l'imaginer, si l'on en juge par l'impressionnante galerie d'actrices blondes occupant dans ses films des rôles de premier plan :

  • Anny Ondra ("The manxman" (1929) et "Chantage" (1929)),

Anny Ondra

L'actrice américaine Joan Fontaine

  • Ingrid Bergman ("La maison du Docteur Edwardes" (1945), "Les enchaînés" (1946) et "Les amants du Capricorne" (1949)),

L'actrice suédoise Ingrid Bergman

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72 façons de dire "Manger" et en particulier "Manger abondamment".

Manger abondamment

Le verbe "babouiner" relève du registre argotique mais n'est plus vraiment utilisé (registre désuet).

Les verbes "becter", "becqueter", "béqueter", "bouffer", "claper", "croûter", "damer", "grailler", "jaffer", "mastiguer" (qui nous vient du provençal), "s'empaffer", "se morfaler" et "tortorer" relèvent du même registre argotique.

De même que les locutions verbales "bouffer comme un chancre", "casser la dalle", "s'en mettre plein la lampe", "s'en mettre plein la panse", "s'en mettre plein le cornet" ou "se taper la cloche".

"Être un mâche-dru" et "se piffrer" relèvent du registre populaire.

Et le registre familier nous propose "bâfrer" (et non "se bâfrer !"), "boulotter", "casser la croûte", "casser la graine", "faire ripaille", "s'empiffrer", "se bourrer" (de quelque chose), "se goberger", "se goinfrer" ou "se remplir la panse".

Tandis que le langage courant - pour une fois très étoffé - met à notre disposition les verbes "absorber", "dévorer", "enfourner" et "engloutir", ainsi que les locutions berbales "absorber de la nourriture", "avoir un appétit d'ogre", "avoir une faim de loup", "être goulu", "être un estomac sur pattes", "être un goinfre", "être un glouton", "être un ventre sur pattes", "manger avec gloutonnerie", "manger comme un goinfre", "manger comme un glouton", "manger comme un goinfre", "manger comme un morfale", "manger comme un ogre", "manger gloutonnement", "n'être qu'un ventre", "s'alimenter", "s'en mettre plein la panse", "se garnir l'estomac", "se garnir la panse" ou "se garnir le ventre", "se gaver", "se nourrir", "se remplir l'estomac", "se remplir la panse" ou "se remplir le ventre".

Enfin "assouvir sa faim", "faire bombance", "faire bonne chère", "ingérer", "ingurgiter", "manger goulûment", "se rassasier", "se repaître", "se restaurer" ou "se sustenter" relèvent du registre soutenu.

"Il va tomber de la merde !".

Cette expression du registre vulgaire et du registre scatologique souligne le caractère totalement exceptionnel et surprenant de ce que l'on vient d'apprendre.

On dit par exemple :

- Le mari : "Chérie : va donc te reposer sur le canapé : je couche les enfants et ensuite je ferai la vaisselle et étendrai le linge pour que tu puisses profiter de ton émission préférée !".

- Son épouse : "Et bien : il va tomber de la merde !".

Ne dites pas : "Je l'ai envoyé péter !", "Je l'ai envoyé bouler !", "Je l'ai envoyé chier" ou "Je l'ai envoyé se faire foutre !" !

Ces quatre locutions relèvent du registre argotique et peuvent être bien avantageusement remplacées.

En disant par exemple : "Je l'ai rembarré !" ou "Je l'ai envoyé promener" (registre familier).

On encore : "Je l'ai expédié sur les roses" (langage courant).

Voire "Je l'ai rabroué !" (registre soutenu).

"Ennuyant" et "Ennuyeux" : quelle est la différence exactement ?

Ces deux adjectifs paronymes du langage courant sont souvent confondus et utilisés de manière interchangeable à mauvais escient.

Ils désignent en effet des réalités quelque peu différentes puisque, si les deux adjectifs évoquent un sentiment de lassitude :

  • "Ennuyant" qualifie un objet ou une personne provoquant un sentiment de désagrément passager, temporaire.

On dit par exemple : "Ce film est ennuyant : je change de chaîne !".

Ou : "J'ai trouvé l'oncle Ignace assez ennuyant lors du déjeuner".

  • tandis que "Ennuyeux" qualifie ce qui est propre à contrarier, fâcheux, regrettable ; ce qui suscite un sentiment de préoccupation. Et sous-entend par conséquent un désagrément assez constant, durable.

On dit par exemple : "Les résultats de mon bilan sanguin ne sont pas très bons : mon médecin trouve cela ennuyeux".

Ou : "Cette arrivée massive de moustiques est très ennuyeuse".

L'adjectif "Ennuyant" induit donc un sentiment transitoire tandis que le terme "Ennuyeux", sous-entend une constance dans le tracas et l'embarras.

Quelqu'un peut par exemple ne pas aimer un auteur parce qu'il le trouve ennuyeux, là ou un autre l'apprécie de manère générale, en dépit de certains passages jugés ennuyants.

Ainsi que l'observe le dictionnaire Littré, "L'homme ennuyant est celui qui ennuie par occasion ; cela est accidentel ; l'homme ennuyeux est celui qui ennuie toujours".

Sources : www.lefigaro.fr et bdl.oqlf.gouv.qc.ca

"N'être que du baragouin" et "Baragouiner".

Ce mot de "Baragouin", ainsi que le verbe qui en découle, proviennent presque directement du breton, puisqu'ils sont constitués d'une contraction des mots "Bara" ("pain") et "Gwin" ("vin"), qui étaient très souvent prononcés par les premiers conscrits bretons !

Mais je ne me permettrais pas pour autant d'effectuer le moindre sous-entendu ou allusion douteuse sur la réputation actuelle de mes amis bretons à l'égard des boissons alcoolisées.

Source : Almanach Hachette. Petite encyclopédie populaire. 1906

"Le tarmac".

Aire de trafic ("Tarmac") d'un aérodrome

Sans doute vais-je surprendre plus d'un parmi vous, amis lecteurs, mais il s'agit là d'un nom de marque !

Il s'agit d'une apocope du mot "Tarmacadam", juxtaposition de "tar" ("goudron" anglais) et "macadam".

  • Cette marque enregistrée est à l'origine un matériau breveté en 1901 par l'entrepreneur britannique Edgar Purnell Hooley. 

Composé de goudron et d'agrégats, le tarmac est étendu sur une surface, puis est compacté avec un rouleau compresseur.

La marque appartient aujourd'hui à la société britannique Tarmac Holdings Limited, l'une des plus grandes entreprises de matériaux de construction du Royaume-Uni.

  • L'"aire de trafic", souvent appelée "tarmac", est, sur un aérodrome, la zone sur laquelle on procède à l'embarquement, au débarquement, au chargement, au déchargement et à l'avitaillement des "appareils" ou "avions".
  • Et l"'aire de stationnement", que l'on appelle fréquemment aussi "tarmac", désigne, comme son nom l'indique, la partie d'un aérodrome, où l'on stationne les "appareils" ou "avions".
  • Le terme "tarmac" est parfois utilisé dans le jargon aéronautique et très souvent de manière abusive par les organes d'information pour désigner, à tort, l'ensemble de la surface extérieure bétonnée, y compris la "piste" ("L'avion s'est posé sur le tarmac de Roissy à 15H".) : l'avion ne peut se poser que sur la "piste", qui peut être en herbe, en béton ou en béton goudronné, avant d'aller stationner sur le "tarmac"/"aire de trafic" ; le déplacement entre la "piste" et l'"aire de trafic" se faisant sur les "voies de circulation".

Autres articles sur le même thème : La différence exacte qui existe entre un "aérodrome" et un "aéroport" et  La surprenante origine du mot "Avion".

Source : wikipedia.org

"Je vous sonne" ou "Je te sonne" et "Je ne t'ai pas sonné !".

Pour un belge, cette formule signifie tout simplement "Je vous appelle" ou "Je t'appelle" (sous-entendu : par téléphone).

Ce qui peut parfois prêter à confusion lorsqu'un belge annonce à un français "Je te sonnerai si j'ai besoin de toi".

Car, pour le français, "Je te sonnerai" sous-entend un rapport de domination de type maître-domestique, remontant au temps où les personnes fortunées disposant de domestiques tiraient sur un long cordon pour appeler leur servante ou leur valet.

D'où la formule, toujours en vigueur de nos jours mais dont a souvent oublié l'origine : "Je ne t'ai pas sonné !", pour signifier à quelqu'un que l'on ne lui a rien demandé (registre familier).

"L'avers" et "Le revers" d'une pièce ou d'une médaille.

Ces deux mots, utilisés par les numismates, désignent ce que nous appelons plus communément le coté "Face" et le côté "Pile" d'une pièce de monnaie.

  • "L'avers" (ou "Face") désigne le côté de la pièce autrefois décoré du visage d'un souverain, et aujourd'hui d'un dessin quelconque,

Avers et revers d'une pièce canadienne de 1 cent de 1970

  • tandis que "Le revers" (ou "Pile") désigne le côté jadis illustré d'un "Pilum", ce lourd javelot utilisé par les légions romaines. Et sur lequel figure de nos jours la valeur de la pièce.