On ne dit pas : "Bah ça c'est pas acceptable" ni "Bah c'est dommage" !

Et j'en passe !

Surtout lorsque l'on est secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances et diplômé de l'ENA - comme Agnès Pannier-Runacher - et que l'on a à sa disposition des collaborateurs pour vous aider à préparer vos interventions télévisées, comme cet entretien télévisé du 30 juillet 2019 sur la chaîne de télévision française d'information en continu LCI !

Mais plutôt : "CELA N'est pas acceptable" ou, à tout le moins, "C'est INacceptable" !

Et : "EH BIEN c'est dommage" !

Cet usage populaire répété de l'interjection "Bah" constitue un tic de langage indigne, à mes yeux, d'un ministre, par ailleurs incapable de s'exprimer correctement dans notre langue et, à ce titre, digne lauréate de mon label de médiocrité "Fâchés avec le français".

Jugez-en en effet par vous-même à la lecture de mes autres articles relatifs à son intervention de ce jour là (et encore : j'ai arrêté de l'écouter après à peine quelques minutes, ne pouvant en supporter davantage !) :

  • On ne dit pas : "Ils manifestent un doute sur la globalisation",
  • On ne dit pas : "On est en capacité de",
  • On ne dit pas : "Rester compétitif dans la compétition mondiale".

On ne dit pas : "Ça m'pose une interrogation" ni "C'est des sujets sur lesquels c'est pas si simple d'y répondre" !

Comme l'a déclaré le député LREM Richard Ramos, le 14 août 2019, sur la chaîne de télévision française d'information en continu LCI.

Mais : "CELA M'AMÈNE À M'INTERROGER" et "CE SONT des sujets AUXQUELS IL N'est pas si simple DE répondre" !

Pour ces deux déclarations pitoyables je décerne sans hésiter à cet élu de la Nation mon label de médiocrité "Fâchés avec le français"

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On ne dit pas : "Faire des griefs" !

Comme l'a malheureusement déclaré Catherine Nayl, directrice de l'information de France Inter, le 25 janvier 2019, au micro d'Emmanuelle Daviet dans l'émission radiophonique "Le rendez-vous de la médiatrice", se félicitant de ce que les auditeurs prenaient la peine de contacter ses journalistes afin de leur faire part de leurs reproches concernant la couverture médiatique du mouvement des "Gilets jaunes", souvent jugée abusive.

Mais : "Faire grief" ou "Faire part de griefs" !

En raison de son niveau de responsabilité, du domaine dans lequel elle travaille (l'information), de ce qu'elle est une professionnelle du verbe, exerçant au plus haut niveau et donc, à ce titre, entourée d'une équipe de spécialistes de la communication dont certains l'aident à préparer ses interventions, ainsi que du cadre dans lequel elle a sorti cette formule (entretien préalablement préparé), je lui décerne sans hésiter mon label "Fâchés avec le français" !

On ne dit pas : "Redonner la monnaie de la pièce" mais "Rendre la monnaie de sa pièce" !

"Rendre la monnaie de sa pièce" à quelqu'un, c'est lui faire subir la même chose que ce qu'il nous a fait subir, prendre sa revanche. On dit également "C'est un prêté pour un rendu" (registre familier dans les deux cas).

Mais cela n'a, de toute façon, strictement rien à voir avec ce que le joueur international de football français Paul Pogba souhaitait dire aux journalistes à qui il s'adressait, en conférence de presse à Istra (Russie), le dimanche 24 juin 2018, en leur déclarant : "Comme on m'aime beaucoup, il faut que je vous donne, que je vous redonne la monnaie de la pièce"...

À l'évidence, ce qu'il voulait en effet leur dire, c'était qu'il souhaitait "leur rendre la pareille" ; les remercier de la faveur qu'ils lui faisaient en l'aimant bien, en leur offrant en retour des moments ou des images privilégiés.

Voir éventuellement mon article sur la différence entre "Rendre l'appareil" et "Rendre la pareille".

 

On ne dit pas : "Y a des moments que moi ch'uis un peu d'accord" !

Comme l'a "déclaré l'artiste et programmateur musical français "Kiddy Smile", dans l'émission radiophonique française "Par Jupiter", de Charline Van Hoenacker et Alex Vizorek, sur France Inter, le 6 juin 2019.

Mais (du moins, je pense, car la pertinence du charabia de ce personnage m'échappe peut-être, hélas !) :

"IL y a des moments que, personnellement, j'approuve" !

Pour l'incommensurable bêtise de cette déclaration, je lui décerne sans hésitation mon label de médiocrité "Fâchés avec le français" !

On ne dit pas : "Ça peut être aussi que'que chose qu'i' faut t'nir en compte" !

Comme l'a fait l'ancien joueur international français Olivier Rouyer, dans l’émission télévisée française « L’Équipe du Soir », sur la chaîne L’Équipe, le 1er juin 2019.

Mais : "Cela peut également être quelque chose dont il faut tenir compte" !

Cela vous permettra de passer du registre populaire au registre normal.