"Refiler la patate chaude" ou "Renvoyer la patate chaude".

Cette expression du registre familier signifie : se défausser, se débarrasser d'une affaire embarrassante, gênante, difficile ou délicate en confiant sa gestion à une autre personne.

On dit par exemple : "Comme à son habitude, le ministre a refilé la patate chaude à l'un de ses collaborateurs".

Sources : Le Robert, www.expressio.fr, www.languefrancaise.net et www.joellerochette.com

"Luxuriant" ou "Luxuriante" et "Luxurieux" ou "Luxurieuse".

Ces adjectifs paronymiques du registre soutenu ont des significations totalement différentes et ne doivent donc surtout pas être confondus :

  • "Luxuriant" ou "Luxuriante" signifie en effet :

Une végétation luxuriante

    • qui foisonne, pousse et se développe en abondance et avec vigueur.

On parle ainsi souvent d'une "forêt luxuriante", d'une "jungle luxuriante" ou d'une "végétation luxuriante".

Voire, par analogie, d'une "chevelure luxuriante".

Une pilosité masculine luxuriante

Ou d'une "pilosité luxuriante".

    • ou : qui déborde de richesse, de vigueur.

Une santé luxuriante

On parle par exemple d'un "style luxuriant", d'une "description luxuriante" ou d'une "santé luxuriante".

  • tandis que "Luxurieux" ou "Luxurieuse" signifie : débauché(e), lascif(ve), lubrique, voluptueuse, sensuelle ; s'adonnant à la luxure.

Ou : empreint(e) d'une sensualité lascive ; incitant au plaisir sexuel.

Une danseuse du ventre

On parle par exemple d'une "danse luxurieuse".

L'actrice espagnole Penelope Cruz, dans une pose luxurieuse
L'actrice espagnole Penelope Cruz, dans une pose luxurieuse

Ou d'une "pose luxurieuse".

Sources : Le Robert, www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

Ne pas confondre : "Infecter" et "Infester" !

Ces deux verbes paronymiques du langage courant sont souvent confondus, alors qu'ils possèdent des significations sensiblement différentes :

  • "Infecter" signifie en effet :
    •  contaminer ; communiquer, transmettre des germes infectieux ou des microbes susceptibles de produire une infection générale ou locale.

On dit par exemple : "Il faudra vérifier que cette plaie ne s'infecte pas".

    • par analogie :
      • empester, empuantir, répandre une odeur infecte ; imprégner l'air ou un lieu d'émanations malsaines, puantes.

On dit par exemple : "Un ivrogne assoupi infecte le wagon".

      • contaminer un ordinateur par un logiciel malveillant.

On dit par exemple : "Ce virus risque d'infester tous nos ordis".

    • et au figuré : contaminer, corrompre, rendre infect, souiller moralement.

On dit par exemple : "Cette revue infecte l'esprit de nos enfants".

  • tandis que "Infester" signifie :
    • lorsqu’on parle d’animaux ou de plantes nuisibles : envahir et foisonner, pululler ; se répandre à profusion au point de causer des dommages.

On dit par exemple : "Les mauvaises herbes infestent mon jardin".

Ou : "Les souris infestent le grenier de ma maison de campagne".

    • lorsque l'on parle de personnes, dans le registre soutenu : ravager (un lieu) par des actes violents, des attaques incessantes ou réitérées.

On dit par exemple : "Des bandes organisées infestent certaines banlieues".

Ou : "Les pirates infestent nos côtes".

    • et en médecine, lorsqu'on parle de parasites : entrer dans l'organisme et l'envahir.

On dit par exemple : "L'organisme de mon patient est infesté de parasites".

Ce dernier sens se rapproche évidemment du premier sens du verbe "Infecter", mais l'idée de contamination est absente du verbe"Infester".

Ce qui n'empêche pas un agent qui infeste l'organisme d'être une cause d'infection ! Ainsi, une gorge "infestée" de staphylocoques peut s'"infecter".

Mais qui a dit que le français était une langue compliquée ?

Sources : Le Robert, www.cnrtl.fr, bdl.oqlf.gouv.qc.ca et www.larousse.fr

Un "saprophyte" n'est pas un vil capitaliste !

Mais un micro-organisme végétal, fongique ou bactérien, vivant aux dépens de matières organiques inertes (non vivantes), dont il peut provoquer la décomposition ou la putréfaction en libérant des enzymes digestives.

Il n'est donc ni pathogène ni parasite.

Ce mot du registre soutenu est également un adjectif signifiant "relatif aux saprophytes".

Explication du calembour
Il résulte de l’homophonie entre le substantif masculin « saprophyte » et la locution « ça profite ».

"Creuse comme un bambou" ou "Creux comme un bambou".

J'utilise régulièrement cette expression du registre familier en forme d'idiotisme botanique signifiant, selon le contexte :

  • en parlant d'un texte ou document : vide de sens, sans intérêt.

On dit par exemple : "Comme à chaque fois, le porte-parole du gouvernement nous a sagement récité un communiqué creux comme un bambou".

  • et en parlant d'une personne : sans intérêt, creuse, n'ayant rien à dire d'intéressant.

On dit par exemple : "Ce type est creux comme un bambou : il te fait mourir d'ennui en cinq minutes à peine".

"Bon sang de bois !" ou "Bon sang de bonsoir !".

J'adore ces expressions du registre familier et du registre désuet en forme d'interjection, qui marquent l'étonnement ou l'indignation.

Et que j'utilise régulièrement dans J'aime les mots.

On dit par exemple : "Je ne supporte plus les anglicismes bon sang de bois !".

Ou : "Bon sang de bonsoir : je n'en peux d'entendre ces tics de langage, ces mots, locutions ou expressions à la mode et ces pléonasmes à longueur de journée !".

L'origine de ces deux formules est très ancienne. Elle trouve même son origine au Moyen Âge, lorsqu'il existait de nombreux jurons comportant le nom de Dieu. Ce qui était par exemple le cas de "Par le sang de Dieu", "Nom de Dieu" ou "Bon sang de Dieu".

La mention de Dieu étant considérée comme blasphématoire par le clergé devenu extrêmement puissant au XVe siècle, le nom de Dieu a disparu, cédant la place à des formules du type "Palsambleu", "Bon sang de bois" ou "Bon sang de bonsoir", qui évitaient d'avoir à le prononcer.

"Bon sang de bois !" est un idiotisme botanique et un idiotisme corporel.

Et "Bon sang de bonsoir !" est un idiotisme corporel.

"La fleur de la Toussaint", "La fleur des cimetières", "La plante des cimetières" ou "Le roi des cimetières".

"La plante des cimetières" : le chrysantème

Ces trois formules désignent le chrystantème, une plante annuelle ou vivace, dont certaines espèces sont très cultivées comme plantes d'ornement et dont le nom signifie étymologiquement "Fleur d'or".

"La fleur de la Toussaint : le chrysantème"La fleur des cimetières" : le chrysantème

Les plus connus sont les chrysanthèmes d'automne, ou "Chrysanthèmes des fleuristes" ("Pomponnettes"), consacrés au fleurissement des tombes, pour le jour des défunts.

Dès le milieu du XIXe siècle apparaissent sur les tombes des défunts les chrysanthèmes qui remplacent la flamme des bougies.

Mais cette tradition s'est surtout répandue, en France comme en Belgique, après la Première Guerre mondiale, lorsque Georges Clemenceau, lors du premier anniversaire de l'armistice, le 11 novembre 1919, a appelé les Français à fleurir les tombes des soldats tombés au front.

On a  alors choisi les chrysanthèmes d'automne car ils fleurissent tard dans l’année et peuvent résister à un gel modéré.

À mesure du temps, l’arrivée des chrysanthèmes dans les cimetières a glissé du 11 novembre à la fête des morts du 2 novembre.

Le chrysantème "roi des cimetières"

En 2010, pas moins de 21,3 millions de pots avaient été achetés en France à la charnière des mois d'octobre et novembre.

Source : wikipedia.org

"Faire ombrage à quelqu'un" ou "Porter ombrage à quelqu'un".

Ces deux locutions verbales du registre soutenu en forme d'idiotisme botanique signifient, au sens figuré : inspirer, susciter un sentiment de jalousie, de dépit, naissant de l'inquiétude d'être éclipsé par une autre personne.

On dit par exemple : "La beauté de sa fille fait malheureusement ombrage à ses cousines".

Ou : "Je crains que la réussite de ton frère ne te porte ombrage".

Sur un sujet contigu, je vous recommande la lecture de mon article consacré à l'expression "Prendre ombrage".

Source : www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

"Prendre ombrage".

J'aime assez cette jolie locution verbale du registre soutenu en forme d'idiotisme botanique qui signifie :

  • s'offenser, s'offusquer.

On dit par exemple : "L'épouse de mon patron a pris ombrage de ce que mon fils avait eu de meilleurs résultats scolaires que le sien".

La formule "Prendre la mouche" a une signification assez proche.

  • ou : ressentir de l'inquiétude, de la jalousie à propos de quelque chose, de quelqu'un.

On dit par exemple : "Ma compagne s'offusque des mensurations de rêve de ma nouvelle assistante".

Sur un sujet contigu, je vous recommandre la lecture de mon article consacré aux expressions "Faire ombrage à quelqu'un" ou "Porter ombrage à quelqu'un".

Sources : www.expressio.fr et www.larousse.fr

"Adventice" et "Une adventice".

Ces jolis adjectif et substantifs féminins très peu connus sont issus du latin "adventicius", provenant lui-même du verbe "advenire" ("qui vient de l'extérieur") et signifient respectivement:

  • "Adventice" :
    • qui ne fait pas naturellement partie de quelque chose, qui survient incidemment, qui s'ajoute accessoirement.

On dit par exemple : "Je trouve cette histoire surchargée de remarques adventices".

    • ou : qui pousse spontanément dans une culture sans avoir été semé, et dont la présence est plus ou moins nocive à celle-ci (pour une plante).

On dit par exemple : "Le chiendent ou les orties sont des plantes adventices".

Des orties

  • et "Une adventice" : une plante poussant spontanément dans une culture sans avoir été semé, et dont la présence est plus ou moins nocive à celle-ci.

La nocivité des plantes adventices s'explique en effet par des effets de compétition avec la plante cultivée, vis-à-vis de l'eau, de la lumière et des éléments minéraux contenus dans le sol.

Adventice (renoncule rampante) dans un champs de céréales
Adventice (renoncule rampante) dans un champs de céréales

Ce qui explique que les jardiniers et les cultivateurs appellent communément ces "plantes adventices" ou "adventices" : "les mauvaises herbes" ou "les herbes folles".

Des adventices dans un semis de betteraves potagères
Adventices dans un semis de betteraves potagères

Sources : www.larousse et wikipedia.org

"Un aspic".

Ce substantif masculin polysémique peut avoir quatre significations différentes en français, puisqu'il peut désigner, selon le contexte :

Un aspic de poulet
Un aspic de poulet
  • en gastronomie : un plat froid comprenant divers ingrédients, pris dans de la gelée fabriquée à partir de bouillon de viande, ou de consommé.

Presque tous les types d'aliments peuvent être mis en aspics : oeufs, morceaux de viande, de volaille, de poisson, de fruits ou de légumes, etc.

Le bouillon peut être clarifié au blanc d’oeuf et assaisonné avant d'être utilisé. Une fois cuit, il se fige à cause de la gélatine naturelle contenue dans la viande.

Les aspics sont habituellement servis sur des assiettes froides, pour éviter que la gelée fonde avant d'être consommée.

Celle-ci peut être aromatisée, notamment au madère.

L'aspic mythologique
L'aspic mythologique
  • dans la mythologie : un serpent mortel couronné d'une escarboucle.

Il peut être sans pattes mais peut aussi en avoir quatre ou deux. Il raffole de la musique mais sait s'en protéger. Afin de se protéger des paroles de l'enchantement permettant de lui dérober l'escarboucle, il plaque une oreille contre le sol et bouche l'autre avec sa queue de manière à ne plus entendre les conjurations.

Il existe plusieurs espèces d'Aspic :

    • l'Aspic, qui fait mourir de soif ceux qu'il mord,
    • le Prialis, qui fait mourir ceux qu'il mord, en leur donnant l'impression de tomber dans le sommeil,
    • l'Haemorrhoïs, qui fait perdre tout son sang à ses victimes,
    • et le Praester, dont la victime enfle tellement qu'elle finit par en mourir.

L'"Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers" de 1751 décrit ainsi l'aspic :

"Selon ces descriptions, l’aspic est un petit serpent plus allongé que la vipère ; ses dents sont longues & sortent de sa bouche comme les dents d’un sanglier. Pline dit qu’il a des dents creuses qui distillent du venin comme la queue d’un scorpion. Agricola rapporte que l’aspic a une odeur très-mauvaise, & qu’il a la même longueur & la même grosseur qu’une anguille médiocre. Élien prétend que ce serpent marche lentement ; que ses écailles sont rouges ; qu’il a sur le front deux caroncules qui ressemblent à deux callosités ; que son cou est gonflé, & qu’il répand son venin par la bouche. D’autres assurent que ses écailles sont fort brillantes, surtout lorsqu’il est exposé au soleil ; que ses yeux étincellent comme du feu, qu’il a quatre dents revêtues de membranes qui renferment du venin ; que les dents percent ces membranes lorsque l’animal mord, & qu’alors le venin en découle".

Lavande aspic
Lavande aspic
  • en botanique : une variété de lavande, présente en Espagne, en France et dans le Sud de l’Angleterre.

Cet arbrisseau affectionne les zones de petite montagne, au climat méditerranéen, où il pousse en buissons. On le trouve également dans les Pyrénées, dans les montagnes séparant la province de Valence de l’Aragon et en Catalogne.

Peu appréciée en parfumerie, cette lavande entre dans la composition du célèbre "baume du tigre".

  • et en zoologie : trois serpents.
Une vipère aspic
Une vipère aspic
    • la "vipère aspic", un serpent venimeux européen, présent surtout en France et en Italie, mais également en Suisse et dans le Nord de l'Espagne.

D'une longueur moyenne de 0,50 à 0,70m il peut atteindre les 0,90m. Mais tous ceux que j'ai croisé dans ma jeunesse, dans le Lot (46) faisaient de 0,60 à 0,75m. J'aimais déjà les serpents avant d'y aller en vacances, à Payrac, à partir de l'âge de 5 ans, en 1966, mais leur présence en abondance dans le bois de mon père a clairement renforcé ma fascination pour ces animaux que j'ai ensuite collectionné dans les années 1991-1994...

Un "Aspic d'eau", également appelé "Couleuvre vipérine" ou "Couleuvre mauresque"
Un "Aspic d'eau", également appelé "Couleuvre vipérine" ou "Couleuvre mauresque"
    • l'"aspic d'eau" ou "couleuvre vipérine" ou "couleuvre mauresque", une couleuvre aquatique non venimeuse qui ressemble par sa robe à une vipère.

D'une longueur ne dépassant généralement pas 0,70m, on la rencontre dans le Sud-Ouest de l'Europe et dans l'Ouest de l'Afrique du Nord : en France au Sud du parallèle passant par Paris (75),en Espagne, îles Baléares comprises où elle a été introduite, au Portugal, à Gibraltar, dans le Sud-Ouest de la Suisse, en Italie dans le Nord-Ouest et en Sardaigne, au Maroc, en Algérie et en Tunisie.

L'"aspic" ou "Cobra égyptien"
L'"aspic" ou "Cobra égyptien"
    • et l'"aspic" ou "Cobra égyptien", un serpent venimeux d'Afrique du Nord, mesurant de 1,40 à 2,50m notamment présent au Maroc, en Algérie, en Libye, en Tunisie, en Égypte, au Sénégal, au Mali, au Burkina, en Côte d'Ivoire, au Ghana, au Togo, au Bénin, au Nigeria, au Niger, au Tchad, au Cameroun, en Centrafrique, au Soudan, en Éthiopie, en Érythrée, en Somalie, au Kenya, en Ouganda, en Tanzanie, au Congo-Kinshasa, au Zimbabwe et au Yémen.

La reine Cléopâtre se serait d'ailleurs suicidée en se laissant mordre par un aspic. Au sein selon la légende, mais certaines sources rapportent que le serpent l'a attaquée au bras.

Sources : wikipedia.org et www.lesanciennesterres.com