On ne dit pas : "Une végétation luxurieuse" !

Mais : "Une végétation LUXURIANTE" !

Je me permets ici de vous recommander la lecture de mon article consacré à la distinction existant entre les adjectifs paronymiques "Luxuriant(e)" et "Luxurieux(se)", qu'il convient de ne pas confondre.

"Refiler la patate chaude" ou "Renvoyer la patate chaude".

Cette expression du registre familier signifie : se défausser, se débarrasser d'une affaire embarrassante, gênante, difficile ou délicate en confiant sa gestion à une autre personne.

On dit par exemple : "Comme à son habitude, le ministre a refilé la patate chaude à l'un de ses collaborateurs".

Sources : Le Robert, www.expressio.fr, www.languefrancaise.net et www.joellerochette.com

"Luxuriant" ou "Luxuriante" et "Luxurieux" ou "Luxurieuse".

Ces adjectifs paronymiques du registre soutenu ont des significations totalement différentes et ne doivent donc surtout pas être confondus :

  • "Luxuriant" ou "Luxuriante" signifie en effet :

Une végétation luxuriante

    • qui foisonne, pousse et se développe en abondance et avec vigueur.

On parle ainsi souvent d'une "forêt luxuriante", d'une "jungle luxuriante" ou d'une "végétation luxuriante".

Voire, par analogie, d'une "chevelure luxuriante".

Une pilosité masculine luxuriante

Ou d'une "pilosité luxuriante".

    • ou : qui déborde de richesse, de vigueur.

Une santé luxuriante

On parle par exemple d'un "style luxuriant", d'une "description luxuriante" ou d'une "santé luxuriante".

  • tandis que "Luxurieux" ou "Luxurieuse" signifie : débauché(e), lascif(ve), lubrique, voluptueuse, sensuelle ; s'adonnant à la luxure.

Ou : empreint(e) d'une sensualité lascive ; incitant au plaisir sexuel.

Une danseuse du ventre

On parle par exemple d'une "danse luxurieuse".

L'actrice espagnole Penelope Cruz, dans une pose luxurieuse
L'actrice espagnole Penelope Cruz, dans une pose luxurieuse

Ou d'une "pose luxurieuse".

Sources : Le Robert, www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

"Faire ombrage à quelqu'un" ou "Porter ombrage à quelqu'un".

Ces deux locutions verbales en forme d'idiotismes botaniques relèvent du registre soutenu.

Elles font toutes les deux référence au substantif masculin "Ombrage", qui relève lui aussi du même registre et désigne tout à la fois : l'ensemble de branches et de feuilles qui donnent de l’ombre, et l’ombre que donnent les feuillages.

"Faire ombrage" ou "Porter ombrage".

"Faire ombrage à quelqu'un" ouet "Porter ombrage à quelqu'un" signifient ainsi, au sens figuré : inspirer, susciter un sentiment de jalousie, de dépit, naissant de l'inquiétude d'être éclipsé par une autre personne.

On dit par exemple : "La beauté de sa fille fait malheureusement ombrage à ses cousines".

Ou : "Je crains que la réussite de ton frère ne te porte ombrage".

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à l'expression "Prendre ombrage".

Source : www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

Ne pas confondre : "Infecter" et "Infester" !

Ces deux verbes paronymiques du langage courant sont souvent confondus, alors qu'ils possèdent des significations sensiblement différentes :

  • "Infecter" signifie en effet :
    •  contaminer ; communiquer, transmettre des germes infectieux ou des microbes susceptibles de produire une infection générale ou locale.

On dit par exemple : "Il faudra vérifier que cette plaie ne s'infecte pas".

    • par analogie :
      • empester, empuantir, répandre une odeur infecte ; imprégner l'air ou un lieu d'émanations malsaines, puantes.

On dit par exemple : "Un ivrogne assoupi infecte le wagon".

      • contaminer un ordinateur par un logiciel malveillant.

On dit par exemple : "Ce virus risque d'infester tous nos ordis".

    • et au figuré : contaminer, corrompre, rendre infect, souiller moralement.

On dit par exemple : "Cette revue infecte l'esprit de nos enfants".

  • tandis que "Infester" signifie :
    • lorsqu’on parle d’animaux ou de plantes nuisibles : envahir et foisonner, pululler ; se répandre à profusion au point de causer des dommages.

On dit par exemple : "Les mauvaises herbes infestent mon jardin".

Ou : "Les souris infestent le grenier de ma maison de campagne".

    • lorsque l'on parle de personnes, dans le registre soutenu : ravager (un lieu) par des actes violents, des attaques incessantes ou réitérées.

On dit par exemple : "Des bandes organisées infestent certaines banlieues".

Ou : "Les pirates infestent nos côtes".

    • et en médecine, lorsqu'on parle de parasites : entrer dans l'organisme et l'envahir.

On dit par exemple : "L'organisme de mon patient est infesté de parasites".

Ce dernier sens se rapproche évidemment du premier sens du verbe "Infecter", mais l'idée de contamination est absente du verbe"Infester".

Ce qui n'empêche pas un agent qui infeste l'organisme d'être une cause d'infection ! Ainsi, une gorge "infestée" de staphylocoques peut s'"infecter".

Mais qui a dit que le français était une langue compliquée ?

Sources : Le Robert, www.cnrtl.fr, bdl.oqlf.gouv.qc.ca et www.larousse.fr

Un "saprophyte" n'est pas un vil capitaliste !

Mais un micro-organisme végétal, fongique ou bactérien, vivant aux dépens de matières organiques inertes (non vivantes), dont il peut provoquer la décomposition ou la putréfaction en libérant des enzymes digestives.

Il n'est donc ni pathogène ni parasite.

Ce mot du registre soutenu est également un adjectif signifiant "relatif aux saprophytes".

Explication du calembour
Il résulte de l’homophonie entre le substantif masculin « saprophyte » et la locution « ça profite ».

"Creux comme un bambou" ou "Creux comme un tambour".

J'aime beaucoup ces deux locutions adverbiales en forme d'idiotisme botanique et d'idiotisme musical.

Relevant du registre familier, elles signifient, selon le contexte :

  • en parlant d'un texte ou document : vide de sens, sans intérêt.

On dit par exemple : "Comme à chaque fois, le porte-parole du gouvernement nous a sagement récité un communiqué creux comme un bambou".

Ou : "La circulaire reçue ce matin est creuse comme un tambour".

  • et en parlant d'une personne : sans intérêt, creuse, n'ayant rien à dire d'intéressant.

On dit par exemple : "Ce type est creux comme un bambou : il te fait mourir d'ennui en cinq minutes à peine".

Ou : "La nouvelle femme de mon père est creuse comme un tambour"

"Bon sang de bois !" ou "Bon sang de bonsoir !".

J'adore ces expressions du registre familier et du registre désuet en forme d'interjection, qui marquent l'étonnement ou l'indignation.

Et que j'utilise régulièrement dans J'aime les mots.

On dit par exemple : "Je ne supporte plus les anglicismes bon sang de bois !".

Ou : "Bon sang de bonsoir : je n'en peux d'entendre ces tics de langage, ces mots, locutions ou expressions à la mode et ces pléonasmes à longueur de journée !".

L'origine de ces deux formules est très ancienne. Elle trouve même son origine au Moyen Âge, lorsqu'il existait de nombreux jurons comportant le nom de Dieu. Ce qui était par exemple le cas de "Par le sang de Dieu", "Nom de Dieu" ou "Bon sang de Dieu".

La mention de Dieu étant considérée comme blasphématoire par le clergé devenu extrêmement puissant au XVe siècle, le nom de Dieu a disparu, cédant la place à des formules du type "Palsambleu", "Bon sang de bois" ou "Bon sang de bonsoir", qui évitaient d'avoir à le prononcer.

"Bon sang de bois !" est un idiotisme botanique et un idiotisme corporel.

Et "Bon sang de bonsoir !" est un idiotisme corporel.

"La fleur de la Toussaint", "La fleur des cimetières", "La plante des cimetières" ou "Le roi des cimetières".

"La plante des cimetières" : le chrysantème

Ces trois formules désignent le chrystantème, une plante annuelle ou vivace, dont certaines espèces sont très cultivées comme plantes d'ornement et dont le nom signifie étymologiquement "Fleur d'or".

"La fleur de la Toussaint : le chrysantème"La fleur des cimetières" : le chrysantème

Les plus connus sont les chrysanthèmes d'automne, ou "Chrysanthèmes des fleuristes" ("Pomponnettes"), consacrés au fleurissement des tombes, pour le jour des défunts.

Dès le milieu du XIXe siècle apparaissent sur les tombes des défunts les chrysanthèmes qui remplacent la flamme des bougies.

Mais cette tradition s'est surtout répandue, en France comme en Belgique, après la Première Guerre mondiale, lorsque Georges Clemenceau, lors du premier anniversaire de l'armistice, le 11 novembre 1919, a appelé les Français à fleurir les tombes des soldats tombés au front.

On a  alors choisi les chrysanthèmes d'automne car ils fleurissent tard dans l’année et peuvent résister à un gel modéré.

À mesure du temps, l’arrivée des chrysanthèmes dans les cimetières a glissé du 11 novembre à la fête des morts du 2 novembre.

Le chrysantème "roi des cimetières"

En 2010, pas moins de 21,3 millions de pots avaient été achetés en France à la charnière des mois d'octobre et novembre.

Source : wikipedia.org

"Prendre ombrage".

J'aime assez cette jolie locution verbale en forme d'idiotisme botanique.

Relevant du registre soutenu, elle fait référence au substantif masculin "Ombrage", qui relève lui aussi du même registre et désigne tout à la fois : l'ensemble de branches et de feuilles qui donnent de l’ombre, et l’ombre que donnent les feuillages.

"Prendre ombrage"

"Prendre ombrage" signifie ainsi, selon le contexte:

  • s'offenser, s'offusquer.

On dit par exemple : "L'épouse de mon patron a pris ombrage de ce que mon fils avait eu de meilleurs résultats scolaires que le sien".

La formule "Prendre la mouche" possède une signification assez proche.

  • ou : ressentir de l'inquiétude, de la jalousie à propos de quelque chose, de quelqu'un.

On dit par exemple : "Ma compagne s'offusque des mensurations de rêve de ma nouvelle assistante".

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré aux expressions "Faire ombrage à quelqu'un" ou "Porter ombrage à quelqu'un".

Sources : www.expressio.fr et www.larousse.fr

"Adventice" et "Une adventice".

Ces jolis adjectif et substantifs féminins très peu connus sont issus du latin "adventicius", provenant lui-même du verbe "advenire" ("qui vient de l'extérieur") et signifient respectivement:

  • "Adventice" :
    • qui ne fait pas naturellement partie de quelque chose, qui survient incidemment, qui s'ajoute accessoirement.

On dit par exemple : "Je trouve cette histoire surchargée de remarques adventices".

    • ou : qui pousse spontanément dans une culture sans avoir été semé, et dont la présence est plus ou moins nocive à celle-ci (pour une plante).

On dit par exemple : "Le chiendent ou les orties sont des plantes adventices".

Des orties

  • et "Une adventice" : une plante poussant spontanément dans une culture sans avoir été semé, et dont la présence est plus ou moins nocive à celle-ci.

La nocivité des plantes adventices s'explique en effet par des effets de compétition avec la plante cultivée, vis-à-vis de l'eau, de la lumière et des éléments minéraux contenus dans le sol.

Adventice (renoncule rampante) dans un champs de céréales
Adventice (renoncule rampante) dans un champs de céréales

Ce qui explique que les jardiniers et les cultivateurs appellent communément ces "plantes adventices" ou "adventices" : "les mauvaises herbes" ou "les herbes folles".

Des adventices dans un semis de betteraves potagères
Adventices dans un semis de betteraves potagères

Sources : www.larousse et wikipedia.org