"Il s'en faut de beaucoup" ou "Tant s'en faut".

Ces deux locutions adverbiales du registre soutenu signifient "Loin de là", "La différence est sensible".

On dit par exemple :

  • "Je ne suis pas fortuné, il s'en faut de beaucoup, mais je peux tout de même participer aux frais !".
  • Après trois jours de voyage nous n'étions toujours pas parvenus à destination, tant s'en faut !".

Leurs antonymes sont "Il s'en faut de peu" et "Peu s'en faut".

"De troisième part" ou "De quatrième part".

Ces deux locutions nominales, qui relèvent du vocabulaire juridique, sont utilisées dans les contrats pour désigner respectivement les troisième et quatrième entités ou personnes parties au contrat ; les deux premières étant quant à elles désignées par les locutions nominales "D'une part" et "D'autre part", sensiblement plus connues du grand public.

On dit ainsi :

"Entre M. HOCHON Paul, d'une part,
Et : M. ADY Jacques, d'autre part,
Et : Mme ENFAILLITE Mélusine, de troisième part,
Et : M. PTICOU Justin, de quatrième part,
Il a été convenu ce qui suit : ..."

8 animaux dont le nom peut s'écrire sous forme d'allographes.

Quelques animaux présentent en effet cette particularité de posséder un nom susceptible de s'écrire sous forme d'allographes.

Surtout des oiseaux à vrai dire, puisqu'il s'agit de la Π (pie) et de l'M E (émeu). Ainsi que, avec un peu de bonne volonté, du G (geai) et de la K I (caille).

Mais également quelques mammifères comme l'OK Π (okapi), la I N (hyène) ou les 7AC (cétacés).

Et enfin de ce petit insecte, dont la durée de vie n'excède pas trois heures, qu'est l'FMR (éphémère).

 

Ne pas confondre : "Les ors" et "Les Orres" !

  • "Les ors" constituent le pluriel du mot "or". Il est souvent utilisé dans la locution "Les ors du pouvoir" ou "Les ors de la république", qui désigne :
    • Au sens propre : les caissons des plafonds et autres éléments de décoration dorés ornant les palais abritant les institutions de la République Française (palais de l’Élysée, palais Bourbon, palais du Luxembourg, hôtel de Matignon, etc.).
    • Et au sens figuré : le pouvoir politique national.
  • Tandis que "les Orres" sont une station de ski alpin des Hautes-Alpes (05), située à 1 650 m d'altitude, dont le domaine skiable culmine à 2 720 m.

 

 

Ne dites pas : "I' z'ont traité c't'empaffé de fils de pute pasqu'i' s'était gouré et qu'il avait chouravé la tire à m'sieur Paulot." !

Mais au moins : "Ils ont traité ce salaud de fils de pute parce qu'il s'était trompé et avait volé la voiture de monsieur Paul !". (langage courant)

Et, idéalement, : "Ils ont attribué à ce malandrin une ascendance douteuse pour avoir malencontreusement dérobé l'automobile de M. Paul !". (registre soutenu)

 

 

 

"Jésus-Christ... et la caravane passe !" ou "Jésus crie... et la caravane passe !".

Ce superbe calembour de Coluche extrait de son sketch "Le blouson noir" n'a pas pris une ride depuis 1975 !

Explication du calembour
Il résulte de l’homophonie entre le nom « Jésus-Christ » et la locution nominale « Jésus crie », associée au proverbe « Le chien aboie, la caravane passe« .

Coluche dans "Le blouson noir" (1975)

"Un hétéronyme".

Ce mot polysémique peut revêtir pas moins de 6 significations différentes et désigner, selon les cas :

  • dans le domaine de la traduction d'une langue à une autre, des mots au sens très proche, mais ne décrivant toutefois pas exactement la même réalité.

Par exemple : l'anglais "river" et le français "rivière".

  • des mots désignant des objets ou des êtres étroitement unis par le sens au point de constituer des couples, paires ou groupes naturels, mais que l'on ne peut classer ni comme synonymes, ni comme antonymes.

Par exemple : "frère" et "sœur" ou "chaise", "fauteuil" et "banc",

  • des mots homographes, c'est à dire identiques par la graphie, mais qui diffèrent par la prononciation et la signification.

Par exemple : des poules qui "couvent" et un "couvent".

  • en biologie, deux organes ou deux parties d'un même organe, situés de chaque côté du plan médian ou se trouvant en relation d'opposition.

Par exemple : les poumons.

  •  en littérature, un pseudonyme utilisé par un écrivain pour incarner un auteur fictif, possédant une vie propre imaginaire et un style littéraire particulier.

Par exemple : "Danielle Sarréra", pour l'écrivain et poète français Frédérick Tristan. Cet auteur imaginaire fut longtemps considérée comme une jeune poétesse, dont l'œuvre (publiée en 1951-1953) faisait partie des "textes poétiques importants du XXe siècle" ("Histoire de la poésie française" en 9 volumes de Robert Sabatier, 1975-1982) !

  • voire un pseudonyme auquel un écrivain a cherché à donner une existence concrète, en lui prêtant une biographie et une œuvre distinctes de la sienne.

L'un des exemples les plus célèbres en la matière est celui de l'écrivain français d'origine lituanienne Romain Gary, né Roman Kacew, le 21 mai 1914 et mort le 2 décembre 1980. Cet aviateur, militaire, résistant, diplomate, romancier, réalisateur et scénariste a en effet d'abord été lauréat une première fois du prix Goncourt, en 1956, sous son nom de plume de Romain Gary, pour "Les racines du ciel". Puis une seconde fois, en 1975, pour "La vie devant soi", publié sous l'hétéronyme d'Émile Ajar, qu'il avait décidé de faire incarner, de 1974 à 1981, par son petit-cousin Paul Pavlowitch, un écrivain, journaliste et éditeur français, présenté comme son neveu et l'auteur de quatre de ses romans.

"CHR", "CHRD", "CAHORE" ou "HORECA".

Ces sigles et acronymes ou mots-valise désignent tous à peu près le même type d'établissements :

  • Les sigles "CHR" et CHRD" désignent en effet les "Cafés-Hôtels-Restaurants" ou les"Cafés, Hôtels, Restaurants et Discothèques",
  • tandis que les acronymes ou mots-valise "CAHORE" et "HORECA" signifient "CAfés HOtels REstaurants" et "HOtellerie, REstauration et CAfés".

"Les BRSA".

Ce sigle désigne les Boissons Rafraichissantes Sans Alcool.

Autrement dit : les boissons gazéifiées ou non, contenant des extraits de fruits ou de plantes aromatiques, que les anglo-saxons appellent "Soft drinks".

Il s'agit d'un sigle quasiment inconnu du grand public, relevant du jargon des professionnels de la restauration (eux-même appelés CHR, CHRD, CAHORE ou HORECA !), dont j'avais appris l'existence en 1993 en fabriquant des aimants publicitaires (ou "magnets"...) pour le compte de la direction marketing de Schweppes Cadbury France et sa marque "Oasis".