On ne dit pas : "Qui faut qui soit" !

L'ancien conseiller sportif français Gilles Favard

Comme l'a déclaré, le mercredi 21 mars 2018, l'ancien conseiller sportif du FC Nantes Gilles Favard, dans l'émission vespérale d'Olivier Ménard "L'Équipe du soir", sur la chaîne de télévision française L'Équipe, en parlant des qualités requises pour être un meneur de jeu.

Mais : "Qui doit nécessairement être" !

Parce qu'il ne sait pas parler correctement le français, assassinant systématiquement notre langue lors de la plupart de ses interventions, je lui décerne sans hésiter mon label de médiocrité "Fâchés avec le français".

"Laisser pisser" ou "Laisser pisser le mérinos".

Cette expression idiomatique, qui relèvent du registre vulgaire signifie "Laisser faire sans rien dire, laisser aller, laisser couler, laisser les choses suivre leur cours".

Elle date du XIXe siècle et fait référence aux conducteurs d'attelages ou de troupeaux, qui avaient pour habitude de laisser les animaux faire leurs besoins à l'arrêt pour éviter les soucis en route.

Quant au "Mérinos", il s'agit d'une race de mouton.

Moutons mérinos

"En route, mauvaise troupe !".

Cette expression du registre désuet signifie "En avant !" et s'adresse à un groupe amical ou familial.

Un père de famille peut par exemple dire à ses enfants, au moment de partir à la plage, - surtout s'ils sont relativement nombreux - : "En route, mauvaise troupe !".

Contrairement à ce que pense, je crois, l'immense majorité des gens, cette formule ne constitue en rien un idiotisme militaire, mais a directement pour origine... un poème de Paul Verlaine, publié en 1884 dans le recueil "Jadis et naguère" et intitulé "Prologue", dont elle constitue le premier vers !

Prologue de Paul Verlaine (1884)

"En route, mauvaise troupe !
Partez, mes enfants perdus !
Ces loisirs vous étaient dus :
La Chimère tend sa croupe.

Partez, grimpés sur son dos,
Comme essaime un vol de rêves
D’un malade dans les brèves
Fleurs vagues de ses rideaux.

Ma main tiède qui s’agite
Faible encore, mais enfin
Sans fièvre, et qui ne palpite
Plus que d’un effort divin,

Ma main vous bénit, petites
Mouches de mes soleils noirs
Et de mes nuits blanches. Vites,
Partez, petits désespoirs,

Petits espoirs, douleurs, joies,
Que dès hier renia
Mon coeur quêtant d’autres proies.
Allez, aegri somnia".

"Un rot" et "Un rôt".

Ces deux substantifs homophones ne relèvent pas du même registre de langue et ont naturellement des significations fort différentes :

  • "Un rot" désigne - dans le registre familier - cette réaction physiologique de l'être humain qui consiste à émettre par la bouche, de façon plus ou moins bruyante, du gaz provenant de l'estomac .

On dit également parfois : "un renvoi", "un rejet" ou même "un rapport".

Mais le terme idoine, très peu connu du grand public, est "une éructation".

  • et "Un rôt" - avec un accent circonflexe sur le "o" - désigne, dans le registre soutenu, un rôti.

Rôti de boeuf avant cuisson  Rôti de viande après cuisson à la cocotte

Sources : www.linternaute.fr et www.larousse.fr

"Un questionnement".

Ce mot assez peu usité du registre soutenu désigne :

  • le fait de poser un ensemble de questions sur un problème,

On dit par exemple : "L'ensemble des spécialistes doit actuellement faire face à un questionnement pour lequel ils n'ont encore que très peu de réponses ou de solutions à offrir."

  • par extension : l'ensemble de ces problèmes,

On dit par exemple : "Le questionnement à propos du réchauffement climatique n'a pas encore été assez pris en compte par la majorité des habitants de notre planète."

  • ou le fait d'être interpellé par quelque chose qui pose problème.

On dit par exemple : "La crise de la maladie à coronavirus 2019 génère un questionnement".

"Une réduction de corps" et "Une réunion de corps".

Afin d'augmenter la capacité d’accueil de son caveau familial, il est possible de recourir à une "réduction de corps" ou à une "réunion de corps".

éunir certains de vos défunts proches dans une même sépulture

  • La "réduction de corps" consiste à replacer les ossements d’un de ses défunts dans un "coffret de réduction", appelé "Reliquaire".

L’objectif principal de cette opération est de gagner de la place au sein d’un caveau familial, de façon à augmenter sa capacité d’accueil.

Mais une réduction de corps peut également être réalisée pour d’autres raisons, notamment un transfert de concession.

  • La "réunion de corps", quant à elle, permet de regrouper les ossements de plusieurs de ses proches :
    • dans un même reliquaire, afin de gagner de la place,
    • ou dans une même sépulture, afin de rapprocher physiquement deux ou plusieurs défunts, tels que des conjoints ou des parents d’une même famille par exemple.

Source : www.generali.fr

"À leurs yeux", "À mes yeux", "À nos yeux", "À ses yeux", À tes yeux" ou "À vos yeux".

Ces différentes expressions du langage courant en forme d'idiotismes corporels signifient respectivement :

  • "À leurs yeux" : pour elles ou pour eux,
  • "À mes yeux" : pour moi, personnellement,
  • "À nos yeux" : pour nous,
  • "À ses yeux" : pour elle ou pour lui,
  • "À tes yeux" : pour toi,
  • et "À vos yeux" : pour vous.

"Éructer" et "Une éructation".

Ce verbe et ce substantif appartenant au registre soutenu et relevant du vocabulaire et du jargon médical désignent :

    • au sens propre : expulser par la bouche, du gaz provenant du tube digestif ; principalement de l'oesophage et de l'estomac.

Cette manifestation physiologique du corps humain s'accompagne souvent d'un son plus ou moins bruyant et parfois d'une odeur caractéristique.

Dans le registre familier on utilise essentiellement le verbe "roter" et le substantif  "un rot". Mais aussi quelques autres, tels que "un renvoi", "un rejet" ou même "un rapport".

On dit par exemple : "Culturellement, il est très impoli de roter en public dans la société actuelle", "Les adolescents s'amusent parfois à organiser entre eux des concours de rot" ou "Après son biberon, le nourrisson doit absolument faire son rot".

  • et au sens figuré : exprimer bruyamment, grossièrement, une idée ou un sentiment.

On dit par exemple : "Je reprendrai mon discours lorsque ce sinistres bouffons auront cessé d'éructer !".

Sources : www.linternaute.fr, www.larousse.fr, www.cnrtl.fr et wikipedia.org