"Mettre de l'eau dans son vin".

Cette expression, qui remonte à plusieurs siècles, signifie :

  • au sens littéral, ajouter de l'eau à son vin, afin d'en atténuer les effets,
  • et au sens figuré, où on l'utilise essentiellement, :
    • s'assagir, se calmer, modérer son impétuosité, son tempérament, se radoucir,
    • ou transiger, être davantage indulgent, moins sévère, réduire ses ambitions, ses exigences ou ses prétentions.

 

On ne dit pas : "Y a qu'à", "C'qu'i' faut" ou "T'as qu'à" !

Mais : "IL N'y à qu'à", "CE qu'iL faut" et "TU N'as qu'à" !

Cela vous permettra de passer du registre familier au registre normal.

Ou mieux encore : "Il suffit de", "Il convient de" et "Il te suffit de" !

Vous serez ainsi passé du registre familier au registre soutenu.

"Le contexte".

Ce terme désigne :

  • soit l'ensemble du texte qui entoure un mot ou une phrase.
On dit par exemple : "Vous sortez la citation de son contexte !".
  • soit l'ensemble des circonstances dans lesquelles se produit un fait.

On dit par exemple : "Selon le contexte - réunion professionnelle ou rencontre amicale - l'expression pourra être diversement appréciée".

 

"Trier des lentilles avec des gants de boxe" ou "Mettre des gants de boxe pour trier des lentilles".

Cette expression très imagée s'utilise pour caractériser une tâche qui risque de prendre beaucoup de temps, en raison d'une totale inadaptation de l'équipement ou des moyens disponibles.

Par exemple : "Espérer pouvoir contrôler le contenu des conteneurs transitant par les ports français au regard des moyens humains et matériels dont disposent les services de douane, c'est comme trier des lentilles avec un gant de boxe !".

"Birdy Nam Nam".

Le groupe français Birdy Nam Nam

C'est dans le cinéma que ce groupe français d'électro, créé en 2001, est allé chercher son étrange nom en forme de gémination.

Plus exactement dans "La party", un film culte américain de 1968 de Blake Edwards, avec le génial et regretté Peter Sellers.

Dans ce chef d'oeuvre du nonsense, en effet, l'acteur britannique dit au perroquet de son hôte producteur, en se risquant à le nourrir, : "Birdy num num" (beur-di neum-neum). Autrement dit, quelque chose comme "Miam-miam le zoziau" en français.

La scène figure d'ailleurs dans le clip de "Ready for War, ready for Whut ?", un morceau de Birdy Nam Nam sorti en 2005.

Ainsi "Birdy num num" (beur-di neum-neum) est-il devenu "Birdy Nam Nam" (beur-di nam-nam).

À l'instar du groupe anglais Duran Duran, (du-rane du-rane), qui avait légèrement anglicisé le nom du savant fou "Durand Durand" (duran duran), en en supprimant les "d", nos jeunes français ont, pour leur part, quelque peu francisé cette réplique en remplaçant les "u" par des "a".

"Duran Duran".

Le groupe britannique Duran Duran

C'est dans le cinéma que ce groupe de new wave britannique, fondé en 1978 à Birmingham (Angleterre) (Royaume-Uni) est allé chercher son curieux nom en forme de gémination.

Plus exactement dans "Barbarella", un film franco-italien de science-fiction réalisé, en 1968, par le français Roger Vadim, un homme fondamentalement dénué de tout sens esthétique et à la vie sentimentale décidément marquée par la déveine, puisque successivement obligé de vivre avec la célèbre pléiade de boudins difformes : Annette Stroyberg, Brigitte Bardot, Jane Fonda, Catherine Deneuve et Marie-Christine Barrault !

Affiche du film "Barbarella"

Le film constitue une adaptation de la bande dessinée avant-gardiste du même nom, créée en 1962 par le français Jean-Claude Forest, et mettant en scène celle qui fut considérée comme la première héroïne "pour adultes", pourtant bien innocente au regard de nos critères actuels !

On y trouve, quoi qu'il en soit, le savant fou "Durand Durand", dont nos jeunes musiciens ont anglicisé le nom en en supprimant les "d" pour en faire celui de leur célèbre groupe.

Ainsi "Durand Durand" (duran-duran) est il devenu "Duran Duran" (durane-durane).

À l'instar du groupe français "Birdy Nam Nam" (beur-di nam-nam), qui francisera quelques années plus tard la réplique "Birdy Num Num" (beur-di neum-neum), du film "La party", en en remplaçant les "u" par des "a".

Pour vous rajeunir un peu : des images de ce groupe, avec leur tube planétaire de 1983, "The reflex" :

"Elles sont fortes sans être en surpoids".

Certes une "femme forte" est, au sens propre, une femme corpulente ou grosse.

Mais cette locution peut également désigner une femme dotée d'une forte personnalité. Ainsi, des personnalités politiques telles que Ségolène Royal ou Michelle Alliot-Marie ont souvent été qualifiées de "femmes fortes" tout en arborant des silhouettes des plus élégantes.

De nombreuses autres locutions utilisant l'adjectif "forte" n'ont également aucun lien avec le surpoids.

Ainsi parle-t-on d'une "carte forte", d'une "chambre forte", de "colle forte", d'"eau forte", de l'emploi de la "manière forte", de "moutarde forte", d'une "monnaie forte", d'une "place forte", d'une "sensation forte", d'une "terre forte" ou d'une "ville forte".

Enfin, on notera que, comme souvent en français, la place de l'adjectif a son importance, puisque l'on parle également d'une "forte tête" ou de "fortes pluies" et de "faire forte impression".

Et non, bien sûr, d'une "tête forte", de "pluies fortes" ou de "faire impression forte" !

"Une bière d'abbaye" et "Une bière trappiste".

Attention : "Une bière trappiste" est aussi "Une bière d’abbaye" mais "Une bière d’abbaye" n’est pas "Une bière trappiste" !

  • Une bière d’abbaye est en effet une bière faisant référence à la vie monastique ou à une abbaye particulière, en activité ou non.

Jadis brassée sur place par les moines, il s’agit aujourd’hui d’une licence délivrée à un brasseur par une communauté monastique, ou de la référence à une abbaye disparue.

Seules quelques bières sont encore brassées dans les murs de l’abbaye, comme la Val-Dieu.

Exemples de bière d’abbaye : la Grimbergen, Maredsous, Floreffe ou Affligem.

Des bières d'abbaye

  • Tandis qu'une bière trappiste doit être produite par des moines trappistes, ou du moins, brassée sous leur supervision. Elle doit être fabriquée au sein d’une abbaye trappiste et une part des revenus doit être consacrée à des œuvres à caractère social.

Les bières trappistes sont généralement hautement fermentées et respectent un procédé prescrit par l’Association Trappiste Internationale.

L’appellation "bière trappiste" requiert donc des conditions nettement plus strictes que celle de "bière d'abbaye".

Aussi n'existe-t-il aujourd’hui que 10 bières trappistes dans le monde, dont :

    • six belges : la Chimay, Orval, Rochefort, Westmalle, Westvleteren et Achel,
    • deux hollandaises,
    • une autrichienne
    • et une américaine.

Des bières trappistes

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Une bière".

Source : www.lesbieresbelges.be

"À double détente".

  • Cette locution adjectivale qualifie d'abord, au sens propre, un fusil de chasse à deux canons et à deux détentes,
  • mais également, par extension, quelque chose qui agit en deux temps.

On parle par exemple d'un "calembour à double détente" ou d'une "stratégie à double détente".

"Peaufiner".

  • Ce verbe signifiait initialement, au sens propre : finir de préparer sa peau, de se maquiller, de se pomponner.
  • puis, par extension, : nettoyer, passer une peau de chamois sur une surface.
  • mais il signifie désormais essentiellement, au sens figuré : apporter un soin minutieux dans l'exécution de quelque chose.

On dit par exemple que l'on peaufine un texte ou un travail.

Sources : wiktionary.org et www.larousse.fr

"Suranné" ou "Surannée".

Cet adjectif signifie :

  • au sens propre, en droit, autrefois : ayant dépassé la date d'expiration, n'étant plus valide.

On dit par exemple : "Le passeport de ce passager est suranné" ou "Il s'agit d'une concession surannée".

  • et au sens figuré, dans le registre soutenu : ayant cessé(e) d'être en usage, tombé(e) en désuétude, datant d'une époque révolue, se rattachant à un passé lointain.

On dit par exemple : "J'adore employer des expressions délicieusement surannées ; ce que je fais régulièrement dans J'aime les mots".

Sources : www.larousse.fr et wiktionary.org