"Tirer à boulets rouges".

Cette expression d'origine militaire signifie :

  • au sens propre, autrefois, expédier des boulets rougis par le feu dans des forges  les fours à boulet - sur les vaisseaux ennemis, lors des batailles, afin de les incendier.

En plus des dégâts matériels, ces boulets provoquaient donc également des incendies. L’ennemi, déstabilisé, ne savait donc plus où donner de la tête entre le feu et l’arrivée incessante des boulets.

  • et, au sens figuré, attaquer quelqu'un verbalement de manière répétée et virulente, critiquer quelqu'un avec véhémence, l'assaillir de critiques et de reproches tellement nombreux et virulents qu’elle peut à peine se défendre.

Source : www.linternaute.fr et www.defense.gouv.fr

"Que j'aille".

Cette locution verbale peut avoir deux significations totalement différentes, puisqu'il peut s'agir :

  • du subjonctif présent de la première personne du verbe "Aller".

On dit par exemple : "Il faudrait que j'aille voir ma grand-mère".

  • ou de l'indicatif présent de la première personne du verbe "Ailler", qui signifie garnir ou frotter d'ail.

On dit par exemple : "J'aille ensuite mon gigot avant de l'enfourner".

 

Ne dites pas : "Préférer le pain au levain" !

Pain au levain

Comme l'a écrit Anissa Boumédiène (*), le 27 novembre 2019, dans le quotidien gratuit 20 Minutes.

Mais : "PRIVILÉGIEZ le pain au levain" !

  • L'utilisation de la troisième personne du pluriel me semble en effet préférable dès lors qu'il s'agit d'une recommandation.
  • Et l'emploi du verbe "Privilégier" plutôt que "Préférer", évite d'imaginer qu'il faille manger du "pain" plutôt que du "levain", mais bien du "pain au levain".

(*) : Veuve de l'ancien président algérien (1965-1978) Mohamed Boukharouba dit Houari Boumédiène (né le 23 août 1932 et mort le 27 décembre 1978).

Ou une simple homonyme ?

"Un oeil au beurre noir".

Deux yeux au beurre noir

Fort heureusement, il ne s'agit pas d'un plat exotique originaire de contrées barbares, consistant à cuire un oeil au "beurre noir", mais du surnom donné - dans le registre familier - à un hématome sur l'oeil, qui empêche le plus souvent de voir à cause du gonflement de la paupière.

Cette jolie expression imagée ne manque naturellement pas d'interloquer les enfants ou les étrangers, puisqu'elle présente l'étonnante particularité d'être à la fois un idiotisme corporel ("Un oeil"), un idiotisme alimentaire ("au beurre") et un idiotisme chromatique ("noir.") !

On parle également de "Coquard" ou de "Gnon" ("Coup") dans le registre familier.

"Le Poiglier".

Un poisson à tête de sanglier

Cet incroyable animal hybride, découvert récemment, est un petit poisson originaire des Philippines, issu d'un POIsson et d'un sanGLIER ("POI-GLIER"), du moins d'une laie !

Il s'agit naturellement - vous l'aurez compris - d'un simple canular, publié le 1er avril 2017, dans le quotidien dijonnais "Le bien public" !

Ce qui n'est nullement le cas en revanche du "Cochonglier" et du "Sanglichon" ou "Sanglochon", qui sont - eux - parfaitement réels !

"L'homme est un loup pour l'homme"... Mais qui sait si le loup n'est pas plus solidaire que l'homme !

Le déplacement d'une meute de loups

On le sait, cette locution latine ("Homo homini lupus est") signifie que l'homme est le pire ennemi de son semblable, ou de sa propre espèce.

Mais comme le dit l'écrivain québecois Serge Bouchard, "Affirmer L'homme est un loup pour l'homme n'est pas très gentil pour le loup !".

S'il faut en croire le proverbe, en effet, - et contrairement peut-être aux hommes - "Les loups ne se mangent pas entre eux" !

Mais surtout, on peut s'interroger sur l'esprit de solidarité qui prévaut parmi les loups - peut-être bien plus développé que les hommes de notre temps -, à en juger tout du moins par la façon dont se déplacerait une meute de loups.

C'est en effet ce que semble démontrer l'étonnante photographie de cette meute de 25 loups se déplaçant dans la neige, à la queue leu-leu. L'image a été diffusée en 2011 par la BBC dans le cadre d'un documentaire sur les régions polaires intitulé "Planète gelée". Et a été prise par le britannique Chadden Hunter, dans le Parc National canadien Wood Buffalo, dans le Nord-Est de l'Alberta et le Sud des Territoires du Nord-Ouest.

  • En tête, se trouverait en effet un animal vigoureux, qui ouvre la marche et fraye un chemin à travers la neige pour le reste de la meute.
  • Suivent ensuite deux loups âgés ou malades, car si le groupe de tête n'avait réuni que des animaux forts et en pleine santé, le reste de la meute aurait pu avoir du mal à suivre. Ces deux animaux suivent les traces du loup de tête en pouvant économiser leur énergie et donnent donc indirectement le rythme de la marche à l'ensemble de la meute.

Ainsi, en cas de danger ou de risque (attaque, avalanche, tirs), ce sont les bêtes les plus âgées et les plus faibles qui seraient les premières à être sacrifiées, au profit des plus jeunes.

  • Ensuite suit le groupe des loups les plus forts, qui s'occupera de la défense de la meute et pourra se porter rapidement à l'avant en cas de danger.
  • Au centre se trouve le reste du groupe, les mâles les moins forts, les femelles et les petits.
  • Derrière eux, en arrière-garde, un autre groupe de loups vigoureux dédié à la défense.
  • Enfin, le dernier loup est le mâle alpha, qui, de cette position, surveille l'ensemble de la meute.

"Nature needs heroes".

Tel est la devise que la marque états-unienne de vêtements Timberland se permet d'imposer au public français sur ses affiches de novembre 2019, se considérant naturellement, comme tant d'autres, en pays conquis.

Au surplus, non contents de nous polluer avec leur devise en langue étrangère, ces scélérats induisent en erreur les malheureux qui - ne comprenant pas l'anglais - prendraient la peine de lire la traduction imprimée en bas des affiches, en traduisant "Nature needs heroes" par "La nature recherche ses héros", alors que - à ma connaissance - leur phrase signifie "La nature A BESOIN DE héros".

Ce type de pratique ne peut décidément pas perdurer.

"Life is a beautiful sport".

Affiche française Lacoste de décembre 2019

Telle est la devise publicitaire anglaise de la marque textile française "Lacoste" sur ses affiches françaises de décembre 2019 !

L'astérique renvoit à la traduction "La vie est un sport magnifique", dont on se demande vraiment pourquoi elle n'est pas utilisée directement dans notre pays...

"Une torpille".

Ce mot féminin désigne à la fois :

Torpille (arme)

  • un engin automoteur, se déplaçant dans l'eau et destiné à la destruction de navires ou de sous-marins. Elle peut être lancée depuis un navire, un sous-marin, un avion de patrouille maritime, un hélicoptère ou encore portée par un missile.

Torpille (poisson)

  • et un genre de poisson marin plat cartilagineux, cousin des raies, vivant près du sol, ayant la capacité de produire de l'électricité comme moyen de défense ou de prédation.

"Ne pas laisser de".

J'apprécie beaucoup cette locution verbale du registre désuet et du registre soutenu, qui signifie :

  • "Ne pas cesser de".

On dit par exemple : "La qualité du jeu d'acteur de Robert de Niro ne laisse pas de me surprendre".

  • ou "Ne pas manquer".

On dit par exemple : "La culture cinématographique de ma fille ne laisse pas de me surprendre".

"À la queue-leu-leu".

Personnes marchant à la queue leu-leu

Cette locution nominale signifie l'un derrière l'autre, à l'instar de loups en train de marcher ; le mot "Leu" n'étant autre que l'ancien nom du "Loup".

Loups à la queue-leu-leu

Cette expression est à rapprocher de l'expression "En file indienne", dont la signification est identique.