"Finir en eau de boudin", "Partir en eau de boudin", "S'achever en eau de boudin", "S'en aller en eau de boudin", "Se terminer en eau de boudin" ou "Tourner en eau de boudin".

Ces différentes locutions verbales du registre familier en forme d'idiotismes alimataires signifient : échouer, finir mal, tourner mal.

On dit par exemple : "L'association a commencé à partir en eau de boudin ; plus personne ne voulait plus s'occuper de rien".

Ou : "Je sens que ce projet va finir en eau de boudin".

On ne dit pas : "Je suis content que l'évolution ait été en ce sens" !

Le Premier ministre français Jean Castex

Comme l'a déclaré le Premier Ministre Jean Castex, le 13 juillet 2020.

Mais : "Je suis content que l'évolution SOIT ALLÉE en ce sens" !

"Rentrer dans le lard".

Cette locution verbale du registre familier en forme d'idiotisme alimentaire signifie :

  • au sens propre : agresser physiquement une personne, l'attaquer, la frapper, la heurter, la bousculer.

On dit par exemple :"Les deux gamins ont alors commencé à se rentrer dans le lard pour une affaire de jeu vidéo égaré".

  • et au sens figuré : agresser verbalement une personne, pour lui faire des reproches, sans respecter les conventions sociales habituelles de politesse.

On dit par exemple : "Je n'ai pas compris ce qui lui arrivait : il m'est rentré dans le lard en pleine réunion, m'accusant de ne pas faire mon boulot correctement".

Sources : wiktionary.org et www.languefrancaise.net

"Un bouillon d'onze heures", "Boire le bouillon d'onze heures" ou "Servir un bouillon d'onze heures".

La locution nominale "bouillon d'onze heures" relève du registre familier (on ne dit et écrit que beaucoup plus rarement "bouillon dE onze heures") et elle signifie : poison, breuvage empoisonné.

  • "Boire le bouillon d'onze heures" signifie donc : mourir.
  • Et "Servir un bouillon d'onze heures" : empoisonner quelqu'un.

Source : wiktionary.org

"Courageux mais pas téméraire".

J'aime beaucoup cette amusante locution adjectivale du registre familier qui signifie : craintif ; ne ne témoignant pas d’un grand courage.

Elle se dit par ironie d'une personne très prudente, voire timorée, sous un air un peu bravache.

On dit par exemple : "Courageux, mais pas téméraire, le type a attendu que ses copains soient sortis pour s'en prendre à moi".

Sources : wiktionar.org et www.larousse.fr

"Être dans un état proche de l'Ohio".

Localisation de l'Ohio

Comme nombre d'entre vous j'imagine, j'aime beaucoup cette jolie formule du registre familier en forme de calembour, jouant sur le double sens du mot "état" et signifiant, au sens figuré : être épuisé, fatigué, sur les nerfs (*)

L'expression est assez largement entrée dans le langage courant depuis qu'elle a servi de refrain à la chanson à "Ohio" (o-aï-o), écrite par Serge Gainsbourg pour l'actrice Isabelle Adjani en 1983.

Disque 45 tours d'Isabelle Adjani de 1983, comportant les chansons "Beau oui comme Bowie" et "Ohio"

Sortie en 45 tours en 1983, avec la chanson "Beau oui comme Bowie", elle figurait sur le disque "Pull marine".

Le disque 33 tours "Pull marine" d'Isabelle Adjani (1983)
Le disque 33 tours "Pull marine" d'Isabelle Adjani (1983)

Ainsi que le revèle la lecture des paroles, Isabelle Adjani y répète pas moins de dix fois la formule "J'suis dans un état proche de l'Ohio", ce qui a contribué à ancrer durablement la formule dans notre imaginaire collectif.

Paroles de la chanson "Ohio" (1983)

"J'suis dans un état proche de l'Ohio
J'ai le moral à zéro
J'suis dans un état proche de l'Ohio
J'approche peu à peu du Nevada
J'ai envie de m'évader
D'passer les frontières et de m'extrader

J'suis dans un état proche de l'Ohio
J'ai le moral à zéro
J'suis dans un état proche de l'Ohio
Je me suis perdue dans le Colorado
On m'a laissée en radeau
J'imaginais trouver l'Eldorado

J'suis dans un état proche de l'Ohio
J'ai le moral à zéro

J'suis dans un état proche de l'Ohio
Je marche forcée dans le Massachusetts
A côté de mes chaussettes
J'ai un p'tit scarabée d'or dans la tête

J'suis dans un état proche de l'Ohio
J'ai le moral à zéro
J'suis dans un état proche de l'Ohio
Et dans quel état serai-je en Utah
Je n'en ferai pas état
Etat second j'suis dans tous mes états

J'suis dans un état proche de l'Ohio
J'ai le moral à zéro
J'suis dans un état proche de l'Ohio".

(*) Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Être très fatigué".

Source : www.languefrancaise.net

"Traîner les pieds".

Cette expression du registre familier en forme d'idiotisme corporel signifie :

  • au sens propre : marcher sans lever suffisamment les pieds, et par conséquent avoir du mal à avancer.
  • et au sens figuré, dans le registre familier :
    • faire preuve de mauvaise volonté, se faire prier.

On dit par exemple : "Comme souvent, une partie des parlementaires de la majorité ont voté le texte du gouvernement en traînant les pieds".

    • agir ou obéir sans empressement, prendre excessivement son temps pour faire quelque chose.

On dit par exemple : "J'ai fait ce que l'on me demandait mais en traînant les pieds".

Sources : www.linternaute.fr et www.larousse.fr

"Un saucisson à pattes", "Une saucisse à pattes", "Un saucisson sur pattes" ou "Une saucisse sur pattes".

Ces différentes locutions nominales du registre familier en forme d'idiotismes alimentaires désignent - au sens figuré - un chien de petite ou de moyenne taille, doté de pattes très courtes et d'un corps très allongé.

On surnomme généralement ainsi le "Basset".

Un basset artésien normand
Un basset artésien normand

Ainsi que le "Teckel".

Un teckel à poil ras
Un teckel à poil ras

Les formes "Un saucisson SUR pattes" et "Une saucisse À pattes"sont moins courantes que "Un saucisson À pattes" et "Une saucisse SUR pattes".

Source : wiktionary.org

On n'écrit pas : "Ah ça !" !

Mais : "Ah çÀ !" !

Avec un "à".

Cette interjection du registre familier est utilisée pour appuyer une phrase, pour signifier une surprise, une exclamation, une émotion.

On dit par exemple : "Ah çà ! mais je croyais que tu ne rentrais que dans deux jours, ma chérie ! Sinon je n'aurais pas proposé à ma secrétaire de rester dormir avec moi !".

Source : wiktionary.org

"Dégun".

Ce pronom indéfini invariable marseillais appartient au registre familier.

Et il signifie : personne, aucun être, nul individu.

On dit par exemple : "On craint dégun", "Je connais dégun ici" ou "Y avait dégun".

Ignorant totalement ce vocable à mon arrivée à Aix-en-Provence (13), en juillet 1999, j'avoue voir été quelque peu surpris la première fois que je l'ai entendu...

Sources : wiktionary.org et www.larousse.fr

"Sucrer les fraises".

J'aime beaucoup cette expression du registre familier en forme de locution verbale et d'idiotisme alimentaire.

"Sucrer les fraises" s'utilise depuis le tournant du XXe siècle et signifie, par plaisanterie (un tantinet douteuse), au sens figuré : avoir les mains qui tremblent de façon visible, être agité de tremblements nerveux incontrôlés.

Et par extension : être gâteux, atteint d'une maladie dégénérative, manifester des signes de vieillesse.

On dit par exemple : "La grand-mère de ma copine est vraiment très très âgée : elle sucre les fraises".

Ou : "J'espère bien pouvoir un jour m'offrir un beau voyage avec mes filles avant de sucrer les fraises".

Ce type de tremblement des mains ressemble en effet beaucoup au mouvement que font celles-ci lorsque l'on sucre les fraises au sens propre :

Coupelle de fraises en morceaux

  • armé d'une main d'une coupe pleine de ces fruits rouges,

Main en train de sucrer avec une cuillère

  • et de l'autre d'un sucrier à trous ou d'une cuillère à sucre (percée de trous), il faut secouer la seconde main au-dessus de la première afin d'obtenir des fraises au sucre.

Cette expression ne doit pas être confondue avec la locution verbale "Être aux fraises".

Sources : www.expressions-francaises.fr, www.expressio.fr et wiktionary.fr