"Une plastique avantageuse".

Le mannequin et chanteur français Baptiste Giabiconi

Cette locution féminine du registre soutenu est souvent utilisée par les journalistes pour qualifier un beau corps.

On dit par exemple : "Dotée d'une plastique avantageuse, cette actrice a rapidement été repérée par les réalisateurs".

La mannequin états-unienne Marisa Miller
La mannequin états-unienne Marisa Miller

23 façons de dire "Vomir".

Vomir dans la cuvette des toilettes

"Dégueuler", "Gerber" et "Quicher" relèvent du registre argotique.

Ainsi que les idiotismes animaliers particulièrement imagés : "Aller au renard", "Balancer un renard", "Cracher un renard", "Écorcher le renard", "Faire un renard", "Lâcher un renard", "Piquer un renard" (le substantif masculin "renard" constitue ici une ellipse de la locution nominale féminine "queue de renard") et "Renarder".

"Renarder", "Aller au renard", "Balancer un renard", "Cracher un renard", "Écorcher le renard", "Faire un renard", "Lâcher un renard" ou "Piquer un renard", c'est à dire "Vomir".

Ou encore "Débecter", "Débecqueter" et "Débequeter", mais ces trois derniers ne sont guère employés en ce sens.

"Dégobiller" et "Dégurgiter" (restituer presque intact un aliment que l'on avait avalé) appartiennent au registre familier.

Ainsi que "Quicher", qui n'est toutefois usité qu'à Marseille (13) et en Provence.

"Rendre" ou "Rendre tripes et boyaux" relèvent du langage courant.

De même que les verbes "Expulser", "Rejeter" ou "Restituer", qui sont parfois utiliser en ce sens, accompagnés de locutions nominales du type "Son repas".

Tandis que "Régurgiter" relève du registre soutenu.

Sources : crisco2.unicaen.fr, wiktionary.org, www.languefrancaise.net et Le Robert

 

Pourquoi dire : "Un mediator" ou "Un médiator" ?

Gros plan montrant comment saisir un plectre ("médiator") entre le pouce et l'index

Et pas : "Un plectre à guitare" !

Puisqu'il s'agit du véritable nom français de ce petit accessoire permettant de pincer ou gratter les cordes d'un instrument à cordes (dit "Cordophone") tels que la guitare, la mandoline et les instruments semblables.

Gros plan montrant comment tenir un plectre ("médiator") entre le pouce et l'indexMain utilisant un plectre ("Médiator") pour jouer de la guitare électrique

 

  • On tient le plectre entre le pouce et l'index.

Et il en existe de différentes formes (souvent triangulaires ou en "goutte d'eau" pour les guitares), diverses épaisseurs (le plus souvent, entre 0,4 et 1,5 mm) et matières, afin de s'adapter au musicien.

Jeu de six plectres, allant de 0,58 à 1,5mm d'épaisseur
Jeu de six plectres, allant de 0,58 à 1,5mm d'épaisseur
  • Pour les instruments tels que la cithare ou les styles requérant l'utilisation individuelle de plusieurs doigts pour gratter les cordes, on parle d'"Onglet" et non de "Plectre".

Main utilisant des onglets pour jouer de la guitare

Et celui-ci s'enfile sur le bout du doigt, sachant qu'il en existe pour les doigts et pour les pouces.

Onglets métalliques utilisés pour jouer de la guitare

Source : wikipedia.org

Être à couteaux tirés".

Cette expression du langage courant signifie, au sens figuré : être en situation d'opposition, de conflit, de grande hostilité ; être en très mauvais termes.

On dit par exemple : "Je m'entend à peu près bien avec mon beau-père mais je suis à couteaux tirés avec ma belle-mère".

Sources : www.larousse.fr, www.languefrancaise.net et www.expressions-francaises.fr

On ne dit pas : "Possiblement" pour "Peut-être" ou "Vraisemblablement" !

Je n'en peux plus d'entendre à longueur de journée, dans la bouche de nos dirigeants politiques et économiques comme dans celle des communiquants et autres journalistes, l'adverbe "Possiblement" ainsi utilisé en lieu et place des traditionnels adverbes "Peut-être" et "Vraisemblablement" :

  • Emmanuel Macron "possiblement" contaminé lors d’un sommet européen,
  • de nouveaux variants du virus "possiblement" bien plus contagieux,
  • mais une solution "possiblement" en vue grâce aux vaccins.

Ce mot à la mode n'est certes pas un anglicisme, car il est bien français. Et cela depuis si longtemps, d'ailleurs, que l’Académie française le jugeait déjà "vieux" en… 1762.

Mais il ne signifie jamais que : de façon possible.

Et avant cette mode récente, naturellement apparue sous l'influence omniprésente de l'anglais, son emploi était très peu courant. À peine disait-on parfois, par exemple : "Ce film médiocre peine à nous faire esquisser le moindre sourire, en l'absence de toute situation ou du moindre dialogue possiblement drôle".

Massivement apparu dans les organes d'information au cours de l'année 2020, il constitue, à mon sens, un anglicisme détestable, en étant un calque de l'anglais "Possibly" signifiant "Peut-être".

Et relève de la novlangue, sa sonorité technocratique masquant l’incertitude qu’il exprime.

Les dirigeants politiques, comme les dirigeants économiques, pourraient bien évidemment dire "Peut-être" ou "Vraisemblablement" et s’exprimer au conditionnel.

Ils pourraient même, parfois, dire qu’il y a des choses qu’ils ignorent. Mais ne pas tout savoir leur semble être une faute impardonnable, à laquelle ils ne parviennent manifestement pas à se résigner.

Seul l'usage du terme "Possiblement" permet donc ce tour de force : reconnaître sa totale ignorance en feignant d'être totalement sûr de soi !

Source : timetosignoff.fr

"Des heures durant" ou "Des jours durant".

J'aime beaucoup ces différentes locutions adverbiales relevant du registre soutenu et signifiant :

  • "Des années durant": pendant des années.

On dit par exemple : "J'ai été un grand collectionneur des années durant".

  • "Des heures durant" : pendant des heures.

On dit par exemple : "J'ai attendu ton appel des heures durant sans même parvenir à te joindre".

  • et "Des jours durant" : pendant des jours.

On dit par exemple : "Des jours durant, j'ai dû aller à mon bureau à bicyclette".

  • et "Des mois durant" : pendant des mois.

On dit par exemple : "Après mon opération j'ai souffert des mois durant".

  • et "Des semaines durant" : pendant des semaines.

On dit par exemple : "Cet hiver il a gelé des semaines durant".

"Un col mandarin" ou "Un col Mao".

Une veste portant un "col Mao"

Ces deux locutions nominales masculines parfaitement synonymes désignent un type de col originaire de Chine, se distinguant par son pied-de-col ouvert au niveau de la gorge.

Ce col non fermé à vocation décorative se présente comme une alternative originale au classique col retombant, ou col boutonné.

Élégant et original avec ses pans de col qui s’embrassent au lieu de se chevaucher, il met le port de tête en valeur et offre une grande liberté de mouvement.

Dans la tradition chinoise, les pans de col sont fermés à la base du cou grâce à une passementerie. En Chine, on le retrouve tantôt sur les tuniques, tantôt intégrés aux kimonos en soie.

Et chez nous sur les vestes.

Une veste portant un "col Mao"

Ou sur les chemises.

Chemise "col Mao ou "col mandarin"

Le nom de "col Mao" est naturellement hérité du nom de l'homme d'État chinois Mao Tsé-Toung, fondateur de la République populaire de Chine, qui lui préférait pourtant souvent la veste à col retombant.

Le dirigeant communiste chinois Mao Tsé-Toung jeune (1893-1976), portant un "col Mao"
Le dirigeant communiste chinois Mao Tsé-Toung jeune (1893-1976), portant un "col Mao"

Comme elle ne dispose pas d’un col boutonné, et que de surcroît elle est ouverte au niveau du pied de col, la chemise col Mao pour homme se porte toujours sans cravate. Et si elle est à l’origine considérée comme exotique, elle a été largement démocratisée depuis les années 1960, d’abord par les étudiants, puis par des créateurs reconnus.

Elle se porte facilement avec une tenue de ville et offre une alternative décontractée et confortable aux autres types de col, tout en restant suffisamment élégante pour être portée sur le lieu de travail.

Le 17 avril 1985, la veste col Mao arborée par le ministre de la Culture Jack Lang au sein de l'hémicyle avait suscité une polémique, le ministre socialiste ne portant pas de cravate visible.

Source : www.hast.fr

"Becter", "Becqueter" ou "Béqueter".

Ce verbe, qui peut s'écrire de trois façons différentes est construit à partir du substantif masculin "Bec".

Et il signifie :

  • au sens propre, dans le langage courant, pour un oiseau :
Un cormoran bectant un cygne blanc sur le lac d'un parc londonien, c'est à dire : le frappant à coups de bec
Un cormoran bectant un cygne blanc sur le lac d'un parc londonien, c'est à dire : le frappant à coups de bec
Des perroquets qui se bectent, c'est à dire : se frappent du bec et même se mordent
Des perroquets qui se bectent, c'est à dire : se frappent du bec et même se mordent
    • frapper, piquer plus ou moins fortement à coups de bec,Becter, bécqueter ou béqueter
      • saisir de la nourriture ; prendre par becquées.
Des perruchent qui se bectent, c'est à dire : se caressent du bec
Des perruchent qui se bectent, c'est à dire : se caressent à coups de bec
Des pigeons qui se bectent, c'est à dire : se caressent du bec
Des pigeons qui se bectent, c'est à dire : se caressent à coups de bec
    • ou : caresser à coups de bec.
  • et au sens figuré, dans le registre argotique, pour un être humain :

Un couple hétérosexuel en train de s'embrasser

    • embrasser.

On dit par exemple : "Regarde-les ces deux-là : toujours en train de se béqueter".

  • Une femme qui mange
    • ou : manger.

On dit par exemple : "Le temps que j'aille aux toilettes, ce goinfre m'a becté mon dessert !".

J'ai consacré un article aux très nombreuses façons de dire en français "Manger" et notamment "Manger abondamment", dont je permets de vous recommander la lecture.

Sources :wwww.cnrtl.fr et wiktionary.org