Non Môssieur : ce n'est pas ce que vous croyez ! Pas de cela ici, vous êtes dans une maison correcte !
Cette locution adverbiale parafitement honorable appartient au langage courant et date du début du XIXe siècle.
Elle signifie au sens figuré : tout compte fait, en prenant en compte tous les paramètres d'une situation, les avantages compensant les désavantages, et des éléments, souvent indépendants, pouvant se combiner pour créer une situation finalement favorable alors qu'elle pouvait sembler d'abord défavorable.
On dit par exemple : "L'un dans l'autre, ce licenciement m'arrange".
Ou : "Ne penses-tu pas que, l'un dans l'autre, tu verras peut-être davantage tes enfants en étant divorcé ?".
Ces trois curieuses locutions verbales avec le mot "sac" relèvent du registre familier.
Et elles trouvent leur origine dans le "sac à procès", un sac en toile de jute, de chanvre ou de cuir qui était utilisé au XVIIe siècle), lors des affaires judiciaires, et qui contenait tous les éléments du dossier à des fins d’archivage : dépositions et requêtes, les pièces à conviction, etc. Une fois l’affaire terminée, ces différentes pièces étaient rassemblées et suspendues dans le sac suspendu par un crochet à un mur ou accroché à une poutre, dans le cabinet de l’avocat, afin que les parchemins ne soient pas dévorés par les rats. D'où la formule "Une affaire pendante", désignant toujours, de nos jours, au sens figuré, une affaire pour laquelle un tribunal a été saisi, mais n'a pas encore prononcé (selon le cas) le jugement ou l'arrêt.
Elles signifient ainsi respectivement :
"Avoir plus d'un tour dans son sac" :
ausens figuré, dans le registre familier : ne pas être arrêté par les obstacles ; être débrouillard, malin ou rusé ; avoir plus d'une idée en tête.
On dit par exemple : "Mon adjoint a plus d'un tour dans son sac : je sais qu'il trouvera une solution".
À l'image de l'avocat ou du procureur rusé, qui, autrefois, savait bien exploiter toutes les pièces du "sac à procès". Ou de celui qui fait des tours de prestidigitation, sortis de son "sac à malice" (sens propre).
"L'affaire est dans le sac" :
autrefois, au sens propre : le dossier judiciaire est prêt et l’ensemble des pièces est archivé dans le sac scellé.
et de nos jours, ausens figuré, dans le registre familier : l'affaire est conclue et ne peut échouer.
On dit par exemple : "L'affaire est dans le sac : je vais pouvoir acheter la maison dont je t'ai parlé".
et "Vider son sac" :
autrefois, au sens propre : après avoir descendu le "sac à procès" pour l’audience, le procureur (ou l"avocat) pouvait plaider devant la cour et en sortir les pièces nécessaires à sa plaidoirie.
et de nos jours, ausens figuré, dans le registre familier : dire tout ce qu’on a à dire, tout ce que l’on a sur le coeur.
On dit par exemple :"Mon épouse a vidé son sac dimanche, et dit à sa soeur ce qu'elle pensait vraiment de cette situation".
Attention : l'adjectif et le substantif n'ont absolument rien à voir l'un avec l'autre !
"Juteux" est en effet un adjectif qualifiant :
au sens propre, dans le langage courant : un aliment ayant beaucoup de jus, comme par exemple de nombreux fruits, ou rendant beucoup de jus après cuisson, certaines viandes.
On dit par exemple : "Goûte-moi donc ces abricots, comme ils sont bien juteux !".
et ausens figuré, dans le registre familier :
une grande abondance, spécialement en argent.
On l'utilise notamment pour qualifier une activité lucrative, rémunératrice, qui rapporte beaucoup.
On dit par exemple : "Le trafic d'animaux protégés est, avec le trafic d'armes, l'un des plus juteux".
ce qui réjouit parce que croustillant, amusant, grivois.
On dit par exemple : "Aujourd'hui encore, Le Canard enchaîné publie de juteuses révélations sur cette affaire".
tandis que "Un juteux" est un mot masculin du registre argotique appartenant au vocabulaire militaire.
Et qui désigne "Un adjudant".
On dit par exemple : "Attention : le juteux arrive !".
Depuis 1972, le grade d'adjudant est le troisième dans la hiérarchie des sous-officiers, après ceux de major et d'adjudant-chef.
Et il s'écrit "Adj" en abrégé.
Sources : Le Robert, www.larousse.fr, wikipedia.org et wiktionary.org
Cette locution adverbiale appartient au registre familier.
Et elle signifie, au sens figuré : et un peu plus.
On l'utilise notamment pour signaler qu’une durée, une quantité, une valeur ou un montant est arrondi à la baisse. Et qu'un certain nombre d'unités s'ajoutent au chiffre rond que l'on donne.
On dit par exemple :
"Ma grand-mère maternelle est morte à 93 ans et des poussières",
Cette locution verbale en forme d'idiotisme corporel et d'idiotisme numérique relève du registre familier.
Et elle signifie, au sens figuré : rassembler toutes ses forces pour entreprendre quelque chose ; faire un effort sur soi-même afin d'accomplir un acte ou une tâche difficile, face auquel on a longtemps hésité; surmonter ses craintes pour faire quelque chose ; oser ; se dépasser malgré sa peur.
On dit par exemple : "Prenant mon courage à deux mains, j'ai écrit à mon père, que je n'avais pas revu depuis plus de trente ans".
Ou : "Il faut que tu prennes ton courage à deux mains et que tu sortes de ta penderie tous les vêtements de ton épouse : il y a plus de deux ans qu'elle est morte".
J'aime beaucoup cette expression en forme d'idiotisme alimentaire appartient au registre familier.
Elle est construite à partir de l'image du pot de confiture, symbolisant - il y a de cela encore un demi-siècle - la gourmandise suprême des enfants, objet de toutes leurs tentations. À l'instar, me semble-t-il, du pot de Nutella, de nos jours.
Et elle signifie par conséquent, au sens figuré :
"Être pris la main dans le pot de confiture" ou "Être pris les doigts dans le pot de confiture" : être pris en flagrant délit, en train de faire de quelque chose, alors même que l'on ne souhaitait pas être vu.
On dit par exemple : "Des gamins du quartier ont été pris la main dans le pot de confiture, en train de voler du muguet dans le jardin du voisin".
et "Prendre quelqu'un la main dans le pot de confiture" ou "Prendre quelqu'un les doigts dans le pot de confiture" : surprendre quelqu'un en flagrant délit, en train de faire de quelque chose, alors même que cette personne ne souhaitait pas être vue.
On dit par exemple : "J'ai pris mon petit-fils les doigts dans le pot à confiture, en train de me voler un billet de cinq euros dans mon porte-monnaie !".
"Un bouc émissaire" est une locution nominale masculine en forme d'idiotisme animalier et d'idiotisme religieux.
Elle trouve son originedans la Bible, Dieu prescrivant, dans le Lévitique, d’envoyer dans le désert, vers Azazel, un bouc expiatoire, chargé de toutes les fautes d’Israël.
Et elle désigne :
au sens propre, dans le langage courant : un bouc que l’on chassait dans le désert, après l’avoir chargé des malédictions que l’on voulait détourner du peuple.
et au sens figuré, dans le registre familier : une personne sur laquelle on fait retomber les torts des autres, victime expiatoire.
On dit par exemple : "Dans cette affaire, le député mis en cause sert, à l'évidence, de bouc émissaire à la majorité présidentielle".
Ou : "Je veux bien assumer mes responsabilités, mais pas servir de bouc émissaire à la société".
au sens propre, afin d'exprimer le bruit fracassant de la chute brutale d'une chose ou d'une personne.
On dit par exemple :"Tout était calme chez moi hier soir, lorsque tout à coup, patatras ! L'énorme tableau de famille accroché dans l'escalier s'est détaché du mur !".
Ou : "Ma fille a voulu essayer de faire du vélo sans petites roues. Tout allait bien les vingt premiers mètres et puis patatras ! Elle s'est retrouvée par terre".
et au sens figuré, pour signifier : Catastrophe ! Malheur !
On dit par exemple : "Tout allait bien durant la première heure et puis soudain : patatras ! Deux buts encaissés en moins de dix minutes".
Ou : "Mes finances allaient mieux depuis quelque temps. Mais cette semaine, patatras ! Je dois à la fois changer mon réfrigérateur et faire réparer la toiture après la tornade d'avant-hier".
Sources : Le Robert, www.larousse.fr et www.cnrtl.fr