Ces deux locutions verbales en forme d'idiotisme corporel appartiennent au registre argotique.
Et elles signifient respectivement, au sens figuré :
"Avoir le cul propre" : ne pas être fautif, être innocent ; être exempt de tout reproche.
On dit par exemple : "Tant mieux pour toi si t'es certain d'avoir le cul propre dans cette affaire".
et "Avoir le cul sale" : être fautif, coupable ; pouvoir être mis en cause dans une affaire.
On dit par exemple : "C'quej'saism'sieurl'commissaire, c'est qu'moij'y suis pour rien dans c't'histoire. Par contre j'crois bien qu'pourle casse du casinoRiton le stéphanois il a le cul sale !".
au sens propre, dans le domaine juridique : l'anéantissement, du fait de l'écoulement d'un délai fixé par la loi, de certains actes de procédure judiciaire,
On dit par exemple : "Votre possibilité de recours est malheureusement frappée de péremption".
et au sens figuré : le caractère de ce qui est démodé, dépassé par le temps, périmé.
On dit par exemple : "On peut utiliser sans danger de nombreux produits bien après leur date de péremption".
On ignore généralement l'origine littéraire de cette locution verbale en forme d'idiotisme animalier.
Appartenant au registre familier, elle signifie, au sens figuré : revenons au sujet dont nous parlions, à ce dont il était question.
Et elle s'utiliselorsque l'on désire reprendre le fil d’un discours interrompu après une digression.
On dit par exemple : "Oui, oui. J'ai bien compris que tu avais très faim et étais impatient de sortir dîner. Mais revenons à nos moutons si tu le veux bien : je te faisais part de mon étonnement concernant les rayures et les bosses décorant la voiture neuve que ta mère et moi t'avons offert il y a 48 heures...".
Cette expression provient en effet de la pièce de théâtre française "La Farce de Maître Pathelin", publiée pour la première fois en 1485, et dont l’auteur reste inconnu, même si on l'attribue parfois à Guillaume Alexis.
Le héros éponyme, un avocat douteux du nom de Pathelin, a escroqué le drapier Guillaume Joceaulme, afin de lui acheter à bas prix une étoffe. Au moment de payer, Pathelin feint d’être mourant et de délirer. Le marchand se demande alors si lui-même ne délire pas et si la transaction a réellement eu lieu. Le même drapier est ensuite à nouveau trompé, cette fois par le berger Thibault, qui lui vole tous ses moutons. Décidant de porter ces deux affaires devant le juge, il finit par mélanger les deux histoires et confondre les draps et les moutons. En sorte que le juge, agacé, lui demande fermement de "Revenir à ses moutons".
La citation d'origine est la suivante :
"De par le diable, vous bavez !
Eh ! Ne savez-vous revenir,
Au sujet, sans entretenir,
La cour de telles baveries ?
Sus, revenons à ces moutons !
Qu’en fut-il ?".
Sources : wikitionary.org, www.expressio.fr et www.linternaute.fr
Cette locution nominale en forme d'idiotisme numérique désigne :
ausens propre : une séquence d'un ballet ou d'une chorégraphie exécutée par deux interprètes, hommes ou femmes.
On parle également de "Pas de trois" ou de "Pas de quatre" lorsque ces séquences sont exécutées par trois ou quatre interprètes.
7 des plus beaux "Pas de deux" de l'histoire du ballet
et au sens figuré : une relation de connivence entre deux personnes.
On dit par exemple : "On sait déjà que pendant la campagne électorale le président et son Premier ministre vont nous encore se livrer à leur pas de deux habituel".
Ou : "L'élaboration des scénarios des frères Coen comme des frères Dardenne s'organisent autour d'un pas de deux".
"Un bon vent" est une locution nominale désignant : un vent portant directement un navire à voile vers le point où les marins souhaitent se rendre.
"Quel bon vent vous amène" est une expression relevant du registre familier et signifiant au sens figuré : quelle bon augure vous amène; qu'est-ce qui me vaut le plaisir de votre visite ?
et "Bon vent !" est une locution interjective signifiant, au sens figuré, selon le contexte :
Cette curieuse locution verbale en forme d'idiotisme textile et vestimentaire appartient au registre populaire.
Et elle signifie, au sens figuré : assurer le rôle dominant dans un couple ; être celui ou celle qui décide, qui détient et exerce l'autorité.
À l'instar du mari, qui, seul autrefois, détenait tout à la fois l'autorité conjuguale et le droit de porter la culotte (au sens propre).
On dit par exemple : "Dans ce couple, c'est la femme qui porte la culotte".
Ou : "Moi je peux te dire que je ne risque pas de laisser ma femme porter la culotte".
Que l'on ne s'y trompe pas en effet : la "culotte" en question ne désigne absolument pasle sous-vêtement féminin actuel qui porte ce nom, mais ce que nous appelons de nos jours un "pantalon".
Autrement dit, un vêtement aujourd'hui mixte, mais qui était à l'origine strictement masculin.
Et qu'il était parfaitement inconcevable de porter pour une femme jusqu’au début du XXe siècle.
Une loi de 1800 en interdisait même officiellement le port jusqu'en 2013, en complète contradiction, bien sûr, avec l'évolution des pratiques vestimentaires !
Du moins celles en vigueur dans la rue, puisque nos élues féminines à l'Assemblée et au Sénat ont dû attendre 1980 pour pouvoir porter un pantalon en séance.
Et cela, malgré le célèbre coup d'éclat de 1972 de la jeune députée gaulliste Michèle Alliot-Marie, qui, habillée d'un pantalon, s'était vu refuser l'entrée dans l'hémicycle. Et avait alors rétorquédu tac au tac à l'huissier : "Si c’est mon pantalon qui vous gêne, je l’enlève dans les plus brefs délais" (selon Christine Bard dans Une histoire politique du pantalon, 2014).
Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à l’expression "Porter le chapeau".
Sources : wiktionary.org, www.cnews.fr et www.rtl.fr
Cette locution adverbiale nous vient du monde de l'escrime.
Et elle signifie :
depuis le milieu du XIXe siècle, en escrime : vivement et immédiatement ; avec la rapidité de l'éclair.
"Riposter du tac au tac" signifie ainsi : riposter immédiatement à un assaut, l'onomatopée "Tac" désignant le bruit des fers qui s'entrechoquent.
et par extension, depuis le début du XXe siècle : avec de la répartie ; avec vivacité ; de façon cinglante ; en employant le même ton que l’interlocuteur.
On dit par exemple : "Je ne me suis pas laissé faire : je lui ai répondu du tac au tac".