"En terrain conquis".

Cette locution adverbiale en forme d'idiotisme militaire appartient au registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré : comme si l'on était chez sois, sans aucun ménagement, sans tenir compte des autres.

On dit par exemple : "Surtout, lorsque vous serez chez vos correspondants, n'agissez pas comme en terrain conquis".

Ou : "Certains touristes se comportent comme en terrain conquis".

Sources : wiktionary.org et www.larousse.fr

"C'est l'hôpital qui se fout de la charité", "C'est l'hôpital qui se moque de la charité", "Être l'hôpital qui se fout de la charité" ou "Être l'hôpital qui se moque de la charité" !

Une entrée d'hôpital

Cette expression en forme d'idiotisme médical relève du registre familier lorsque l'on utilise le verbe "moquer" et du registre vulgaire lorsque l'on utilise le verbe "foutre".

On l'utilise couramment, au sens figuré, pour signifier qu'une personne ou une entité se permet de reprocher à autrui une chose qui la caractérise elle-même.

On dit par exemple : "L'opposition reproche au gouvernement d'agir sans informer la population : c'est vraiment l'hôpital qui se moque de la charité !".

Ou : "Tu oses m'accuser d'égoïsme, toi : c'est vraiment l'hôpital qui se fout de la charité !".

Cette expression constitue une variante de l’expression lyonnaise "C’est la Charité qui se moque de l’Hôpital", attestée à partir de 1865 et tombée en désuétude. L’hospice de la Charité (détruit en 1933) et l’Hôtel-Dieu - couramment appelé "l’Hôpital" - étaient en effet deux grands hôpitaux lyonnais, proches de la place Bellecour, qu’opposait une rivalité de prestige.

L'hôtel-Dieu de Lyon (69)
L'hôtel-Dieu de Lyon (69)
Hôpital de la Charité, à Lyon (69)
L'hôpital de la Charité, à Lyon (69)

Source : wiktionary.org

"N'écouter que son courage".

Enfant, cette locution verbale me faisait sourire, à l'instar de "Prendre son courage à deux mains".

Elle signifie en effet, au sens figuré : agir sans tenir compte des dangers, en se laissant conduire par son courage.

On dit par exemple : "N'écoutant que mon courage, j'ai goûté le plat cuisiné par mon époux".

Ou : "N'écoutant que son courage, ces courageux soldats sont sortis de leurs tranchées baïonnette au canon".

Source : wiktionary.org

"Une resucée".

Non, non : pas de ça ici ! N'ayez donc pas l'esprit mal placé, je vous prie !

Ce substantif féminin appartient certes au registre populaire, mais il ne fait que désigner, de manière parfaitement honorable :

  • au sens propre : une nouvelle quantité d'une boisson que l'on vient de boire,

On dit par exemple : "Je te sers encore une petite resucée ?".

Servir une "resucée" de café

  • et au sens figuré : une reprise ou répétition d'un sujet déjà traité ; une chose qui a déjà été dite, faite, lue, vue, entendue, utilisée, etc.

On dit par exemple : "Les trois suites du film états-unien Sex crimes, réalisé en 1998 par John MacNaughton, n'en constituent que de pâles resucées".

Sources : www.cnrtl.fr et Le Robert

"Arriver à la fumée des cierges".

Cette locution verbale en forme d'idiotisme religieux signifie :

  • au sens propre : arriver juste après la messe, lorsque l'on éteint les cierges, ce qui dégage de la fumée.
  • et au sens figuré : arriver trop tard, être en retard.

On dit par exemple : "Ton mari est arrivé à la fumée des cierges, tout le monde était déjà parti..."

Ou : "Je vais prendre ma voiture pour gagner du temps : je ne veux pas arriver à la fumée des cierges".

On dit également : "Arriver comme les carabiniers" ou "Arriver comme les carabiniers d'Offenbach".

Ou : "Arriver après la bataille".

Source : wiktionary.org

"Être carbonisé" ou - par apocope - "Être carbo".

Cette locution verbale polysémique signifie, selon le contexte :

  • au sens propre :
    • transformé en charbon, pour une matière organique,

On dit par exemple : "Tout cet énorme tas de bois va être carbonnisé par le charbonnier, afin de fabriquer du charbon de bois".

Fabrication de charbon de bois par un charbonnier
Fabrication de charbon de bois par un charbonnier
    • détruit après un incendie.

On dit par exemple : "Après avoir été la proie des flammes deuxx heures durant, l'entrepôt était complètement carbonisé".

Un entrepôt carbonisé
Un entrepôt carbonisé
    • rôti à l'excès, pour un plat.

On dit par exemple : "J'ai oubli mon gigot au four dimanche midi : il était carbonisé".

Des poivrons farcis carbonisés
Des poivrons farcis carbonisés
    • ou : brûlé superficiellement, afin de l'empêcher de pourrir, pour un pieu destiné à être enfoncé en terre,
Carbonisation de pointes de pieux
Carbonisation de pointes de pieux
Des pieux aux pointes carbonisées
Des pieux aux pointes carbonisées
  • et au sens figuré, dans le registre familier :
    • être démasqué, percé à jour, découvert, repéré.

On dit également : "Être cramé" ou "Être grillé".

    • ou dans le domaine sportif : être épuisé, à bout de forces.

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Être épuisé".

Un athlète carbonisé, à Doha (Qatar), lors des 17e championnats du monde d'athlétisme, à l'automne 2019 (© Mustafa Abumunes)
Un athlète carbonisé, à Doha (Qatar), lors des 17e championnats du monde d'athlétisme, à l'automne 2019 (© Mustafa Abumunes)

Sources : www.cnrtl.fr et www.languefrancaise.net

 

"Faire de la dentelle" et "Ne pas faire de la dentelle".

Faire de la dentelle artisanale avec un "Dentellier"

Ces deux locutions verbales font référence à la "Dentelle", un ouvrage de passementerie originaire de la région de Venise (Vénétie) (Italie), où elle serait apparue au XVIe siècle.

Tissée à la main, la dentelle nécessite un travail de longue haleine basé sur la patience, la persévérance et la méticulosité, ce qui en fait le symbole de la délicatesse et de la précision.

En vertu de quoi, ces deux expressions signifient respectivement, au sens figuré :

Faire de la dentelle artisanale avec un "Dentellier"
Faire de la dentelle artisanale avec un "Dentellier"
  • "Faire dans la dentelle" (langage courant) : être méticuleux, délicat, précis ; entrer dans les détails.

On dit par exemple : "Ta maison de poupée est incroyable ; tu as vraiment fait dans la dentelle".

Ou : "Toutes les hypothèses possibles - ou presque - ont été envisagées par les auteurs de ce texte, qui ont vraiment fait dans la dentelle".

Une dentellière au travail

  • et "Ne pas faire de la dentelle"  (registre familier) : travailler ou agir de façon brutale, sans faire attention, sans aucun raffinement ni aucune délicatesse.

On dit par exemple : "Ton oncle a voulu m'aider pour l'entretien du jardin, mais il ne fait pas dans la dentelle".

Ou : "Robert est un collaborateur efficace, mais on ne peut pas dire qu'il fasse dans la dentelle".

Sources : wiktionary.org et www.expressions-francaises.fr

"Sur les chapeaux de roues".

Cette locution adverbiale appartient au registre familier.

Elle fait référence aux "enjoliveurs de roue", ces pièces métalliques sans rôle fonctionnel, qui ornent les moyeux des roues de voiture automobile. Et sont par conséquent surnommés, dans le registre familier "chapeaux de roues".

Une roue d'automobile et son "enjoliveur" ou "chapeau de roue"Une roue d'automobile et son "enjoliveur" ou "chapeau de roue"Une roue d'automobile et son "enjoliveur" ou "chapeau de roue"

Et elle signifie :

  • au sens propre : rapidement, très vite, et le plus souvent trop vite, en parlant d’un véhicule automobile qui démarre.

On dit par exemple : "Mon frère avait tellement peur d'être en retard qu'il a démarré sur les chapeaux de roue".

  • et au sens figuré : rapidement, très vite.

On dit par exemple : "Les ventes de la société ont démarré sur les chapeaux de roue cette saison : pourvu que cela dure !".

Source : wiktionary.org

Il ne faut pas confondre "Déboisage" et "Déboisement" !

Bien que possédant des significations fort différentes, ces deux substantifs masculins paronymiques sont malheureusement souvent confondus :

  • Le "Déboisage" désigne en effet : l'action de dégarnir une galerie de mines, un puits de mine ou une construction de son soutènement en bois ; de défaire un boisage, un coffrage, d'enlever les poteaux et les planches.
  • tandis que le "Déboisement" désigne :
    • au sens propre :
      • l'action de déboiser, c'est à dire : dégarnir un terrain des bois qui le couvraient,

On dit par exemple : "Cette vallée est en plein déboisement".

An Arborist Cutting Down a Maple Tree Piece by Piece
      • ou : le résultat de cette action.

On dit par exemple : "Le déboisement de cette région est une catastrophe".

"Le déboisement" ou "Un terrain déboisé"

On dit par exemple : "Un début de déboisement est visible sur le crâne de mon frère".

Un déboisement du front

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Être chauve".

Sources : www.universalis.fr, www.larousse.fr, wiktionary.org et www.cnrtl.fr

"Avoir le verbe haut".

Cette locution verbale signifie :

  • au sens propre : parler fort ou très fort.

On dit par exemple : "Mon grand-oncle a le verbe haut mais il est la gentillesse faite homme".

  • et au sens figuré :
    • prendre aisément le dessus dans les conversations et être, de ce fait, très enclin à persuader son auditoire de la véracité de ses propos.

On dit par exemple : "Jean-Luc Mélenchon est un orateur né qui a le verbe haut".

    • ou : parler de façon présomptueuse et autoritaire.

On dit par exemple : "Emmanuel Macron, l'omniscient, a le verbe haut de l'adolescent attardé pensant tout connaître".

Sources : wiktionary.org et www.linternaute.fr

"Du même tonneau".

J'aime beaucoup cette locution adjectivale invariable appartenant au registre familier.

Elle signifie, au sens figuré : du même genre, équivalent(e), similaire, pareil(le)s.

Et elle possède une connotation légèrement péjorative.

On dit par exemple : "Si tu as d'autres idées du même tonneau, je t'en prie : garde-les donc pour chez toi !".

Et l'on dit de la même façon : "Du même acabit", "À l'avenant", "De la même farine" ou "De même farine".

Source : wiktionary.org

"C'est le bout du monde" ou "Être le bout du monde".

Cette formule appartient au registre familier.

Et elle s'utilise - au sens figuré - pour évoquer, selon le contexte :

  • un endroit perdu, isolé.

On dit par exemple : "Tes amis habitent vraiment le bout du monde !".

  • ou : un maximum possible, envisageable.

On dit par exemple : "Tu peux bien déposer ton fils à l'école en passant. Si tu as une dix minutes de retard c'est le bout du monde".

Ou : "Si tu parviens à obtenir cinquante euros de cette armoire, c'est le bout du monde".

Sources : www.dictionnaire-academie.fr et www.languefrancaise.net